Retour à la rubrique France
Les casques Adrian de la police

Les casques Adrian Mle 26 de la police

Historique :

En France, la police est un corps civil, contrairement à la Gendarmerie qui est un corps militaire. Le maire a le pouvoir de police dans sa commune, c'est pourquoi, jusque dans les années 20, la police est municipale.
- La loi du 5 avril 1884, définit les compétences de la "police municipale" : Le maire nomme les agents et inspecteurs de police qui ont donc le statut dÂ’'agents communaux, alors que les commissariats de police municipale sont dirigés par des commissaires nommés par le gouvernement. Il existe en outre, des commissaires cantonaux nommés par le Préfet dans les villes de moins 6 000 habitants et par le Président de la République pour les villes de plus de 6 000 habitants. Enfin, des commissaires départementaux coiffent l'ensemble du dispositif. A Paris, la Police parisienne dépend de la Préfecture de Police (PP) et est placée sous l'autorité du préfet de police.
- Dès 1930, certains maires de grandes villes, comme Nice, Strasbourg, Metz et Toulouse, demandent et obtiennent l'étatisation de leur police. D'autres suivent, surtout à partir de 1936. C'est le cas aussi de nombreuses villes d'Algérie. Cette police prend le nom de "Police d'état".
- Par la loi du 23 avril 1941, le Gouvernement de Vichy étatise d'autorité les polices municipales des communes urbaines (plus 10 000 habitants) sauf Paris. Les anciens policiers municipaux prennent le nom de gardiens de la paix et sont désormais recrutés par l'État. Ce nouveau corps prend l'appellation de "Police nationale" et est placé sous l'autorité des préfets au lieu des maires. La police parisienne conserve son statut sous l'autorité du préfet de police de Paris.
Les structures de la police sont alors remaniées et ses diverses missions clairement identifiées : police judiciaire, renseignements généraux (RG) et sécurité publique. Le territoire est réparti en trois échelles d'autorité : la région est associée au préfet de région, le district (un département) au préfet, la circonscription au commissaire. Cette organisation sera conservée sous les IVe et Ve Républiques.
En outre pour pallier le vide laissé par le transfert de la Garde Républicaine Mobile (GRM) à la cavalerie sous le nom de la Garde, il est créé une branche de la police dédiée au maintien de l'ordre. Il s'agit des Groupes Mobiles de Réserve (GMR).
- En 1944, à la libération, cette administration prend le nom de "Sûreté Nationale". Parallèlement, les Groupes Mobiles de Réserve (GMR) donnent naissance aux Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).
- Finalement, la loi du 10 juillet 1966 crée l'actuelle "Police nationale" en y incluant la Préfecture de police de Paris. Elle a compétence sur l'ensemble des villes de plus de 10 000 habitants. Le reste du territoire est dévolu à la Gendarmerie.

Mle 15, Mle 15, police montée de Paris.
Mle 15, police montée de Paris (1923-1936).
Police montée Paris 1936.
Pol. montée Paris 1936.
GMR 1943.
GMR 1943.
CRS 1945.
CRS 1945.

Les casques militaires reconvertis :

Police municipale de Bordeaux, années 30.
Police municipale de Bordeaux, années 30.
Police d'état de Seine et Oise, années 30.
Police d'état de Seine et Oise, années 30.

Dans l'entre-deux-guerres, les polices municipales, sont plus ou moins équipées en fonction des budgets communaux. Les casques quand ils existent, sont des Adrian Mle 15 repeints en noir ou en bleu foncé, voire en blanc. Il en est de même à la Préfecture de Police de Paris. Certaines villes, dont celles dépendant de la Police d'état, voient apparaître les premiers Mle 26 dans les années 30.
Pendant la guerre, la Police Nationale de province est équipée de Mle 26 militaires repeints en noir. Les GMR récupèrent les Mle 26 noirs restitués par la Garde mobile.

Ancien casque de GRM reversé aux GMR, vue avant.
Ancien casque de GRM reversé aux GMR, vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessous.
Vue de dessous.

Le casque Mle 26/36 de la police :

A Paris, en 1936, la Préfecture de Police équipe ses gardiens d'une version spécifique du Mle 26 avec un cimier alu brillant et un jonc nickelé. Ce casque sera utilisé par les gardiens parisiens jusqu'en 1953. Après guerre, les casques du type 1936 s'étendent à la police urbaine de province.
Tous ces casques seront remplacés progressivement, à partir de 1953, par le casque en fibres Mle 53.

Vue avant.
Vue avant.
   Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
   Vue de dessous.
Vue de dessous.

Ces casques sont des mle 26 peints bleu nuit en usine.
Le cimier est en aluminium poli non peint. Le jonc lui est chromé. Cette décoration très esthétique, fige la silhouette des policiers pour quelques années, elle est reprise sur les casques mle 53.
Très peu de ces casques possèdent un marquage. Le seul fabricant recensé à ce jour est Franck.
Les casques de la Préfecture de Police, reçoivent en outre une perforation circulaire au dessous de chaque pontet de jugulaire. Ce dispositif, destiné à fixer une protection faciale en maintien de l'ordre, ne semble pas être utilisé fréquemment. Par contre, il sert quotidiennement, a accrocher le casque au passant à mousqueton du ceinturon.

Fixation de la protection faciale en M.O.
Fixation de la protection faciale en M.O.
FRANCK, taille B.
FRANCK, taille B.
Passant de ceinturon.
Passant de ceinturon.
Vue en situation.
Vue en situation.
Passant de ceinturon, porte-casque (recto et verso).
Passant de ceinturon, porte-casque (recto et verso).

Variante à lames soudées.

Un lot de mle 26/36 avec des lames-ressorts de coiffe soudées dans la bombe, sera aussi fabriqué par Franck. Il en ressort une absence de rivets périphériques qui donne à ces casques de faux airs de mle 23.

Vue de côté.
Vue de côté.
   Vue de dessus.
Vue de dessus.
Vue arrière.
Vue arrière.
   Vue de dessous.
Vue de dessous.

Le casque Mle 26/45 des CRS :

De 1945 à 1948, les CRS conservent les Mle 26 noirs des GMR, mais sans attribut. La société Franck leur propose une variante du Mle 26 équipée de la suspension et de la coiffe du Mle 45. Le cimier, également du Mle 45, est quant à lui chromé et amovible grâce à deux vis. Il n'y a pas de fentes d'attribut. Finalement on lui préfèrera, en 1948, le Mle 45, muni de ce cimier et du nouvel attribut en forme de flambeau, adopté la même année. Les quelques casques Mle 26/45 fabriqués se retrouveront au gré des mutations, dans d'autres branches de la Sureté Nationale, munis de l'écusson réglementaire, mêlés à des Mle 26 traditionnels.

Vue avant.
Vue avant.   (Collection Lescure 40)
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
   Vue de dessus.
Vue de dessus.
Vue de dessous.
Vue de dessous.
Vis de cimier.
Vis de cimier.
Lame de suspension.
Lame de suspension.
Vue extérieure et intérieure du cimier et des vis de fixation.
Vue extérieure et intérieure du cimier et des vis de fixation.

La bombe du casque est une classique bombe Mle 26 peinte en bleu nuit en usine. Le jonc est chromé. En dehors des 8 trous d'aération habituels, elle n'est percée que de deux trous, servant à la fixation du cimier.
La suspension et les passants de jugulaire sont ceux du Mle 45 "Jeanne d'arc", maintenus par soudure. Il n'y a pas de fentes d'attribut.
Le cimier est également celui du Mle 45, mais il est chromé et rendu amovible grâce à deux vis intérieures. La coiffe et la jugulaire sont identiques à celles du "Jeanne d'Arc". Seule différence, la coiffe est en cuir fauve et son bandeau est doublé de tissu blanc.
Tous ces éléments seront repris en 1948 sur le Mle 45 SN, qui lui aura des fentes d'attribut (le flambeau a été créé à la même date).

Vue de dessous.
Vue de dessous.   (Collection Lescure 40)
Système de réglage de la coiffe.
Système de réglage de la coiffe.
Vue d'ensemble de la coiffe.
Vue d'ensemble de la coiffe.
Vues de coté.
Vues de coté.

Les attributs :

Les polices municipales ont en général un attribut reprenant les armoiries de la ville ou son nom. Pour celles qui ont été étatisées dans les années 30, les armoiries ou le nom de la région figurent sur fond tricolore ainsi que la mention "Police d'état" ou simplement "PE".
Sous le régime de Vichy, la Police nationale y compris les GMR arbore un faisceau de licteur brochant un écu tricolore.
La Sureté nationale adopte un attribut orné d'un bonnet phrygien, le sigle RF y figure désormais.
Enfin en 1966, la Police nationale est dotée de l'insigne encore en usage de nos jours, une France tricolore sur fond de feuilles de chêne et de laurier.
Les Polices d'anciennes possessions françaises, notamment en AFN, ont gardé quelques temps des casques Mle 26 laissés par la police française en y adaptant leur propre attribut.

Police municipale de Bordeaux, années 30.Police municipale de Bordeaux,
années 30 jusqu'à 1941.
Police municipale de Nancy, années 30.Police municipale de Nancy,
années 30 jusqu'à 1941.
Police municipale du Havre, années 30.Police municipale du Havre,
années 30 jusqu'à 1941.
Police d'état de Seine et Oise, années 30 jusqu'à 1941.Police d'état de Seine et Oise,
années 30 jusqu'à 1941.
Police d'état d'Algérie, années 30 jusqu'à 1941.Police d'état d'Algérie,
années 30 jusqu'à 1941.
Police montée de Paris, 1923 à 1936.Police montée de Paris,
1923 à 1936.
Préfecture de Police de Paris, jusqu'en 1966.Préfecture de Police de Paris,
jusqu'en 1966.
PP exemplaire non émaillé.PP exemplaire non émaillé
.
Police Nationale, Etat français, de 1941 à 1944.Police Nationale, Etat français
de 1941 à 1944.
Police Nationale, Etat français variante de 1941 à 1944.Police Nationale, Etat français (variante)
de 1941 à 1944.
Compagnies Républicaines de Sécurité, à partir de 1948.Compagnies Républicaines de Sécurité
à partir de 1948.
Sureté Nationale, de 1944 à 1966.Sureté Nationale,
de 1944 à 1966.
Sureté Nationale, de 1944 à 1966.Sureté Nationale (variante)
de 1944 à 1966.
Police Nationale, à partir de 1966.Police Nationale,
à partir de 1966.
Police marocaine.Police marocaine
époque à déterminer.
Police de la République algérienne, après 1962.
Police de la République algérienne
après 1962.