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Casque Mark I

Fiche

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Historique

Lorsque le premier conflit mondiale s'enlisa dans une guerre de tranchées, qui est en effet menée avec des projectiles à dispersion (obus de mortier, obus de shrapnells... etc), les trois quarts des blessés portaient des lésions à la tête, dont 88% furent mortelles.
C'est donc pour cette raison que l'intendance française créa le premier casque moderne en 1915 : le casque Adrian modèle 15.
Avec l'arrivée du casque Adrian sur les têtes des soldats français en juin juillet 1915, attira l'attention d'une commission spéciale, qui décida de commander 495 exemplaires, qui seront livrés aux 1ère, 2ème et 3ème armée à titre d'expérimentation.
Malgré des avis favorables sur le terrain, le casque Adrian fut rejeté par le "War Office" de Londres pour une protection inefficace et une fabrication trop complexe.

C'est donc durant cette période de recherche d'un casque pour les forces britanniques, que l'ingénieur John Leopold Brodie proposa son brevet de casque de fabrication simple et protégeant suffisamment la tête ainsi que les épaules d'un soldat en position dans une tranchée.
De cette proposition, deux prototypes furent construits : le modèle type A et le modèle type B, suivant le brevet original de Brodie. Chacun de ces casques possédant la coiffe créée par celui-ci.
Cent casques de type B et quarante-neuf casques de type A sont distribués en France en octobre à titre expérimental.
Suite à ces essais sur le terrain, le casque type A fut choisie pour devenir le casque "Brodie War Office pattern" après modification de la fixation des fourreaux de jugulaire, qui seront désormais fixé à l'aide d'un rivet fendu et plus par un rivet mécanique.
En octobre 1915, la production atteint le chiffre de 850 exemplaires fabriqués par jour et on décide ensuite de fabriquer ce modèle avec de l'acier au manganèse amagnétique, qui présente une résistance triplement supérieur à l'acier doux.
Le casque "Brodie War Office pattern" subira d'autres modifications jusqu'à mars 1916, où l'on compte environ 270 000 exemplaires construits, pour environ 140 000 unités distribuées en France (le reste étant attribué pour les autres théâtres d'opérations).
Malgré l'adoption du modèle précédent, plusieurs défauts commencent à être sérieusement critiqués. En effet, on reproche à ce modèle de n'être pas assez profond, de posséder une coiffe trop chaude et glissante, qui fait que le casque ne tient pas bien sur la tête. De plus, le bord, sans jonc, se révèle trop coupant et la peinture lisse, tirant sur le vert pomme, se montre trop réfléchissante.
Le "War department" décida donc de palier ses problèmes en adoptant une nouvelle coiffe, et une nouvelle jugulaire, puis de poser un jonc sur la bordure du casque et enfin de peindre les casques de couleur vert kaki, granité avec du sable.
Ainsi, ce casque qui sera désigné par "Helmet, Steel, Mark I", sera équipé d'une coiffe en deux parties : le fond du casque se retrouve tapissé d'un rembourrage circulaire confectionné de plusieurs épaisseurs de coton ouaté, d'amiante et de feutre.
La seconde partie de la coiffe est constituée de toile cirée, cousue sur un cerclage en cuir espacé de douze tubes de caoutchouc.
Ces deux parties de la coiffe sont maintenues ensemble par une bande de cuir, et cet ensemble est fixé à la coque à l'aide d’un rivet.
Cette bande de cuir servira à maintenir la jugulaire non ouverte et réglable avec une boucle coulissante. Celle-ci passera dans des fourreaux de jugulaires, qui se sont vus agrandis.
En mai 1917, l'état major ordonne l'ajout d'un anneau en caoutchouc sous le tampon de coiffe, afin de mieux amortir les chocs.
Puis la bande de cuir de la coiffe sera remplacée par de la toile cirée de couleur brune, et le rembourrage reçoit une épaisseur de feutre supplémentaire.
La fabrication du casque Mark I se terminera en février 1919, date à laquelle les contrats viennent à expiration.

Le casque Mark I fut fabriqué à environ 7 000 000 d’exemplaires de 1916 à 1919 par les fabricants suivants :
    - D : James Dixon & Sons (à partir de décembre 1915).
    - H : W Hutton & Sons (à partir de décembre 1915).
    - HH : Harrison Bros. & Howson Ltd (à partir de décembre 1915).
    - M : J&J Maxfield & Sons (à partir de décembre 1915).
    - R : John Round & Sons (1916).
    - V : W&E Viener (à partir de décembre 1915).
Jusqu'à août 1916, la plupart des feuilles d'acier produites ont été fournies à la société Joseph Sankey and Son Ltd. pour l'emboutissage des bombes. Les 75 000 autres feuilles furent livrées à Bleriot Ltd à Londres ou "Army & Navy Cooperative" .

L'acier fut fourni par les entreprises suivantes :
    - FS : Thomas Firth and Sons (de septembre 1915 à 1919).
    - HS : Hadfields Ltd (de janvier 1916 à 1919).
    - BS : W Beardmore & Co. Ltd (de janvier 1916 à 1919).
    - MS : Miris Steel Co. Ltd (de mars 1916 à 1917).
    - A : Edgar Allen and Co. Ltd (de 1916 à 1918).
    - F : Thomas Firth and Sons (de 1916 à 1918).
    - O : Samuel Osborne & Co Ltd (de 1916 à 1918).
    - V : Vickers Ltd (de 1916 à 1917).
    - B : Bury's & Co (de 1916 à 1918).

Brodie War Office pattern
Brodie War Office pattern.

Brodie War Office pattern
Brodie War Office pattern sur le terrain.

La plupart des fabricants cités ci-dessus font partie du groupe "Sheffield Munitions Committee Group" excepté HS, BS, MS, et aussi d'autres fabricants non inclus dans ce groupe participèrent à la fabrication du casque Mark I :
    - Army & Navy Cooperative Society (de septembre 1915 à janvier 1916) : non marqué.
    - Joseph Sankey & Sons Ltd (d'octobre 1915 à octobre 1916) : non marqué excepté le marquage du fournisseur d'acier.
    - Bleriot Ltd (de mai à october 1916) : non marqué excepté le marquage du fournisseur d'acier.

Par ailleurs, d'autres marquages de sociétés n'ont pas été officiellement identifiés :
    - MLS : inconnu.
    - FKS supposé Thomas Firth and Sons (FS).
    - M&S supposé J&J Maxfield & Sons.

Casque Mark I. Casque Mark I. Casque Mark I. Casque Mark I.
Casque Mark I. Casque Mark I. Casque Mark I.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Jointure jonc avec point de soudure.
Jointure jonc avec point de soudure.
Autre exemple.
Autre exemple.
Peinture texturée.
Peinture texturée.

La coque du casque Mark I est formée d'un seul bloc à partir d'une feuille d'acier au manganèse de 0,9 mm d'épaisseur. Cette feuille d'acier est formée par emboutissage progressif afin de donner la forme bombée du casque. L'excédent est ensuite découpé, puis reprochant au bord d'être trop coupant, un jonc sera ajouté sur la bordure du casque à partir de mars 1916. La jointure de ce jonc est effectuée par superposition des deux extrémitées du jonc et le maintien est assuré par un point de soudure.
A noter que la construction par emboutissage est encore à son balbutiement, on note souvent un mauvais centrage de la bombe par rapport à la visière faisant le tour du casque.
Ensuite, le casque est percé à trois reprises. Un trou en son sommet afin de fixer ultérieurement la coiffe à l'aide d'un rivet clou, puis un trou aux cotés du casque afin de fixer les passants de jugulaire à l'aide d'un rivet fendu.
Enfin, la coque est peinte de couleur marron/vert et la peinture extérieure est mélangée avec du sable afin de donner un effet granité à la surface du casque, dans le but d'éviter les reflets.
On peut noter les initiales du fabricant et/ou du fournisseur d'acier, suivi du numéro de lot d'acier qui sont estampés à froid sur la face intérieure du casque, indifféremment du coté de la jointure du jonc ou l'inverse.

FKS 2.
FKS 2.
FS 30.
FS 30.
D/F 73.
D/F 73.
M/V 37.
M/V 37.
MLS 45.
MLS 45.
HV | 531.
HV | 531.
HS 106.
HS 106.
BS 56.
BS 56.
M/A 137.
M/A 137.
A//S 32.
A//S 32.

En ce qui concerne les marquages du casque Mark I, celui-ci peut être simple pour un seul fabricant ou fournisseur d'acier ou composé comme par exemple le code M/A qui indique un casque fabriqué par J&J Maxfield & Sons avec une feuille d'acier fourni par Edgar Allen and Co. Ltd suivi d'un numéro de lot pour l'acier.

La coiffe :

Vue intérieure avant.
Vue intérieure avant.
Vue intérieure arrière.
Vue intérieure arrière.
Fond de coiffe.
Fond de coiffe.
Jointure toile cirée.
Jointure toile cirée.
Bandeau en toile cirée avec amortisseur.
Bandeau en toile cirée avec amortisseur.
Tube en caoutchouc.
Tube en caoutchouc.
Fond de coiffe en feutre.
Fond de coiffe en feutre.
Détails fond de coiffe.
Détails fond de coiffe.
Rivet fixation de coiffe.
Rivet fixation de coiffe.
Vue extérieure.
Vue extérieure.
Rivet sommital.
Rivet sommital.
Instruction de réglage.
Instruction de réglage.
Marquage taille.
Marquage taille.
Tampon de coiffe.
Tampon de coiffe.

La coiffe est constituée d'une bande de toile cirée noire (au dos de laquelle est tamponné à l'encre rouge le numéro de brevet déposé par Brodie) jointive à l'arrière par une simple ligne de couture verticale. Cette bande de toile cirée est d'abord maintenue à une bande de cuir (ce cerclage sera confectionné en toile cirée brune à partir de l'année 1917) sectionnée à intervalle régulier pour la mise en place de 12 petits tubes en caoutchouc placés toute les deux fentes, et maintenus entre la bande de cuir et l'intérieure de la coiffe constituée d'un rembourrage circulaire confectionné en toile doublée d'ouate. Sur ce rembourrage est cousu sur la partie intérieure un filet de couleur brune, dont la base est parcourue par un lacet de serrage permettant d'adapter la coiffe à la tête du soldat.
Ce mode de réglage permet de répartir uniformément le poids du casque et les chocs sur la tête du soldat.
L'extérieur de la coiffe est doublé d'une bande de feutre de couleur grise sous le cerclage, une bande de cette même matière double aussi la quasi totalité de la partie interne de la coiffe entre le rembourrage de toile et la bande de toile cirée noire.
La coiffe est maintenue à la coque à l'aide d'une bande de cuir possédant à chacune de ses extrémités une boucle en laiton rectangulaire pour la fixation de la jugulaire.

Cette bande de cuir est rivetée à l'aide d'un rivet fendu de part et d'autre de la coiffe, sur le cerclage en cuir ou en toile cirée brune en fonction de la période de fabrication.
Un tampon de forme ovale tapissant le fond du casque est confectionné de plusieurs épaisseurs de coton ouaté, d'amiante et de feutre. A partir de mai 1917, il sera décidé d'ajouter un anneau en caoutchouc, d'un centimètre de section, entre deux couches de feutre du tampon de coiffe, afin de mieux amortir les chocs.
Le tampon de fond de coiffe est maintenu en son centre par le point de fixation centrale de la coiffe.
Le centre de la bande de cuir, qui supporte la coiffe, est ensuite riveté au fond de la coque à l'aide d'un rivet/clou dont la tête est écrasée au sommet du casque. La fixation est par ailleurs renforcée grâce à une large rondelle, maintenant par la même occasion l'étiquette où est inscrit le manuel sommaire de réglage de la coiffe, sur lequel est inscrit "TIGHTEN CORD and Adjust Net to fit the Head" (Tirer la corde et ajuster le filet pour adapter la tête).
A noter que la taille de la coiffe est estampée sur le cuir au niveau du rivet central de fixation.

Enfin, il est important de préciser que cette coiffe trop complexe et difficile à sécher, ne favorisait pas l'hygiène au sein des tranchées très humide en automne et en hiver.

Fond de coiffe sans anneau.
Fond de coiffe sans anneau.
Anneau en caoutchouc.
Anneau en caoutchouc.
Fond de coiffe avec anneau.
Fond de coiffe avec anneau.
Détail anneau.
Détail anneau.

La jugulaire :

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Passant de jugulaire et partie de la jugulaire fixe maintenue avec un rivet fendu.
Passant de jugulaire et partie de la jugulaire fixe maintenue avec un rivet fendu.
Revers partie fixe.
Revers partie fixe.
Partie libre.
Partie libre.
Revers partie libre.
Revers partie libre.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.

La jugulaire est constituée d'une bande de cuir large de 1,8 centimètres pour environ 52 cm de longueur. Cette bande de cuir comporte à une de ses extrémités une boucle coulissante à double passant permettant de régler la longueur souhaitée. La boucle de réglage, dont un de ses cotés est incurvé, peut être placé coté incurvé vers l'intérieur ou vers l'extérieur.
La jugulaire est ensuite maintenue aux deux boucles rectangulaires en laiton présentent à chaque extrémité de la bande de cuir maintenant la coiffe au fond du casque. L'extrémité libre de la jugulaire va se loger dans une des boucles de guidage maintenu à la coque, pour ensuite passer dans la boucle attenante à la coiffe. Cette même extrémité va ensuite passer dans la boucle de réglage pour enfin être maintenue à l'autre boucle attenante à la coiffe, ayant au préalable été passé dans la seconde boucle de guidage.
Les boucles de guidage sont constituées d'une tige métallique plié en forme de rectangle large, dont la base est passée dans une patte pliée en deux, et rivetée à la coque à l'aide d'un rivet fendu à tête plate. A noter que les angles extérieurs de la patte de maintien des boucles de guidage sont coupés.
Enfin, les deux bandes de cuir constituant la jugulaire et l'arceau de maintien de la coiffe sont maintenus ensemble à l'aide de rivets fendus à tête plate.

Comparatif entre le casque britannique Mark I et le casque US model 1917 :

Casque britannique Mark I.
Casque britannique Mark I.
Casque US model 1917.
Casque US model 1917.

Etant donné que le casque anglais Mark I a servi de modèle dans la conception du casque US model 1917, très proche de son homologue britannique, seul quelques petites différences permettent de distinguer les deux modèles. Les caractéristiques des deux modèles sont :

    1. Les passants de jugulaire sont fixés par des rivets fendus sur le modèle britannique, et par un rivet mécanique pour le modèle US. La tête de rivet du modèle anglais est par ailleurs plus plate et plus large que le modèle américain.

    2. Bien que les deux casques soient bordés d'un jonc (à partir de mars 1916 pour le Mark I anglais), la jointure du jonc de ces deux casques se chevauche, mais elle est renforcée d'un point de soudure pour le modèle britannique (par ailleurs, la jointure du jonc du casque Mark I est très longue contrairement au casque M1917).

    3. Les casques US sont marqués d'un numéro de lot d'acier ayant la nomenclature suivante : Z[A-Z]xx ou XH[A-Z] ou encore Y[A-Z]xx où xx correspond au numéro. Ce marquage est estampé à froid à proximité de la jointure du jonc.
Le marquage du casque anglais Mark I correspond au fabricant du casque et/ou du fournisseur des plaques d'acier. Voici la liste exhaustive de ces marquages :
    - D : James Dixon & Sons.
    - H : W Hutton & Sons.
    - HH : Harrison Bros. & Howson Ltd.
    - M : J&J Maxfield & sons.
    - R : John Round & Sons.
    - V : W&E Viener.

L'acier fut fourni par les entreprises suivantes :
    - FS : Thomas Firth and Sons.
    - HS : Hadfields Ltd.
    - BS : W Beardmore & Co. Ltd.
    - MS : Miris Steel Co. Ltd.
    - A : Edgar Allen and Co. Ltd.
    - F : Thomas Firth and Sons.
    - O : Samuel Osborne & Co Ltd.
    - V : Vickers Ltd.
    - B : Bury's & Co.

    4. Le filet de la coiffe est blanc pour le modèle 17 américain, avec le fond de coiffe en feutre bleu alors que le filet est brun pour le modèle anglais avec un fond de coiffe en feutre gris/beige.

    5. Enfin, le modèle anglais peut être muni d'un anneau de fond de coiffe en caoutchouc d'1 centimètre de diamètre (visible dans le cas où le fond de coiffe en feutre est détérioré) pour les casques fabriqués à partir de mai 1917.

Marquage de coiffe britannique.
Marquage de coiffe britannique.
Marquage d'inspection et de fabricant US. Marquage d'inspection et de fabricant US.
Marquage d'inspection et de fabricant US.

Pour finir les casques britanniques comportent un tampon à l'encre rouge comportant le numéro de brevet déposé par l'ingénieur John Leopold Brodie, créateur du casque Mark I anglais.
Les casques US ne sont pas obligatoirement munis d'un tampon de fabrication, qui est appliqué à l'encre noir comportant la désignation du fabricant, accompagnée du mois et de l'année de fabrication.