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Casque Mark III

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Historique

Alors que l'armée britannique est équipée du casque plat depuis 1915, avec successivement les casques Mark I, Mark I * puis Mark II, il faut attendre l'automne 1940 pour que soit lancée une nouvelle étude pour remplacer ce casque désuet, à l'allure moyenâgeuse.
En effet le 26 juin 1940, après consultation d'éminent spécialistes médicaux, la Royal Society of Medicine (RSM) conclut que le casque en dotation, peut et doit être amélioré au moyen d'une collaboration entre le corps médical et les experts compétents de l'amirauté, du ministère de la guerre et du ministère de l'air.
Quelques jours plus tard, le rapport de la RSM au sujet des casques, des visières de protection et autres gilets protecteurs est soumis au premier ministre Winston Churchill, qui transmet ensuite ce document à l'état-major.
Lors d'une réunion en date du 16 octobre 1940, le conseil supérieur de la guerre commande au ministère de la guerre la formation d'une commission d'étude pour l'introduction et l'amélioration de toutes les formes de protection physique alors que le pays est plongé au cœur de la seconde guerre mondiale.
Comme la question semble relever dans un premier temps du corps médical, le ministère de la guerre contacte en premier lieu le conseil de la recherche médicale de Londres pour prise en charge de la constitution de la commission d'étude. Est ainsi formé le "Body Protection Committe" (BPC), constitué des meilleurs experts médicaux ainsi que des représentants du ministère de la guerre, du ministère de l'approvisionnement, et de délégués de leurs services scientifiques et techniques respectifs. En mars de l'année suivante le BPC devient le "Military Personnel Research Commitee" (MRPC).
L'étude sur la modification du casque d'acier Mark II est lancée dès la seconde session du BPC le 11 novembre 1940 par le brigadier C.G Ling, conseiller militaire et officier de liaison avec le ministère de la guerre.
Cette étude a pour but de modifier la forme du casque Mark II afin d'assurer une meilleure protection latérale, alors qu'il fut conçu pour protéger les troupes positionnées dans des tranchées des explosions aériennes. Alors que les techniques de guerre ont beaucoup évoluées depuis la première guerre mondiale, la protection contre des projectiles à trajectoire horizontale est nécessaire.
En raison des difficultés d'approvisionnement, le pays étant soumis au blocus allemand, la mise en service d'un casque entièrement nouveau est exclue. Cette étude devait en priorité revoir la forme du casque Mark II et un casque Mark II ré-embouti selon les indications du professeur Sully Zuckerman (expert en blessure par balles auprès de l'hôpital militaire d'Oxford, et ayant participé à la conception du "Civilian Steel Helmet" destiné à la population civile) est présenté au BPC.
Ce modèle d'essai est modifié par abaissement de la visière sur les côtés et à l'arrière du casque, à l'instar du modèle allemand. Le BPC forme alors une sous-commission chargée de l'étude de la forme du casque dans le but de réduire l'incidence des blessures à la tête.
Suite à ce prototype, W.A Carter du service de recherche du ministère de l'approvisionnement et représentant cette administration auprès de la sous-commission, est chargé de déterminer les moyens de production du casque Mark II modifié.
Le 16 décembre 1940, accompagné des membres de la sous-commission, Carter se rend dans les locaux de la firme Briggs Motor Bodies (fabriquant le casque Mark II) de Dagenham afin de connaître les possibilités de ré-emboutissage des casques Mark II existants. Le 20 décembre, B.M.B informe la sous-commission de l'impossibilité de cette modification en raison des opérations de découpage et soudure nécessaires et que cette procédure altèrerait la capacité de protection de l'acier. Aussi des essais sont menés afin de déterminer si cette modification peut être effectuée dans les ateliers du Royal Army Ordnance Corps, et sont vite abandonnées en raison du temps important nécessaire au remodelage des casques et l'altération des qualités balistiques.
En cette fin d'année 1940, un constat apparaît et le casque Mark II est impossible à remodeler et la recherche d'une meilleure protection doit désormais s'orienter vers un nouveau modèle, solution qui était au départ écartée. Afin qu'une nouvelle forme soit déterminée, le BPC doit étudier la manière dont les soldats encourent des blessures au combat. A cette période, les statistiques les plus récentes se rapportent à la campagne du British Expeditionary Force en France jusqu'au rembarquement de Dunkerque. Toutefois, ces données se révèlent insuffisantes et le BPC suggèrent que des informations plus complètes soient rassemblées au Moyen-Orient sur les blessures des soldats britanniques et italiens. A l'examen de ces statistiques, des faits nouveaux justifient la mise au point d'un casque plus protecteur.

Casque Mark II.
Casque Mark II.

Est ainsi établi le cahier des charges suivant :
    - Le casque Mark II conférant une protection horizontale insuffisante, en particulier au niveau de la zone temporale, le nouveau casque doit posséder une meilleure couverture des zones incriminées et avoir une surface inclinée et lisse exempt d'angles aigus à l'instar du casque allemand ou Mark II.
    - Un espace doit être laissé entre la bombe et la coiffe pour que les bosses profondes provoquées par les projectiles n'occasionnent pas de blessures.
    - Le nouveau casque doit présenter une ventilation suffisante, l'audition ne doit pas être réduite et l'utilisation de tout équipement radio doit être permis.
    - La forme générale du casque doit présenter une apparence militaire convenable et doit se distinguer des autres nations, tout en conservant une similitude avec le modèle existant.
    - Le nouveau casque doit être équilibré et conçu autour de la coiffe Mark II (considérée par les anglais comme la meilleure des coiffes de casques militaires !).
    - Le port du masque à gaz doit être compatible et la nuquière du casque ne doit pas heurter le paquetage du soldat.
    - Le casque doit être facilement emboutissable dans une plaque d'acier au manganèse comme celle employée dans la fabrication du casque Mark II.
En avril 1941, trois prototypes furent réalisés et un modèle répondant aux exigences suivantes fut sélectionné :
    - Comparé au casque Mark II, la protection générale est augmenté de 12% (15% contre les projectiles à trajectoire horizontale et de 11% contre les projectiles à trajectoire verticale.
    - Le casque est bien équilibré sur la tête et offre une surface lisse aux projectiles venant de toute direction.
    - L'utilisation des appareils de communication est aisée et l'audition est satisfaisante.
    - La forme du casque est caractéristique et se distingue facilement du casque allemand.
Toutefois, l'utilisation du masque à gaz se révèle plus compliqué que prévu et l'arrière du casque frotte le haut du havresac, des essais doivent alors être mené pour corriger ce défaut.
Ce nouveau casque peut être embouti dans une plaque d'acier de 35,56 cm de côté, cependant la pose d'un jonc en acier sur sa circonférence s'annonce difficile et il est impossible de retourner la bordure du casque. Il est donc décidé de meuler la bordure du casque après mise en forme afin de réduire les risques de blessure, mais l'absence de jonc fragilise la rigidité latérale du casque. Pour remédier à ce problème, la visière du casque est étirée vers l'extérieur permettant alors la pose d'un jonc en acier inoxydable.
Ce nouveau casque est soumis par le MPRC le 21 avril 1941 au ministère de la guerre pour des essais au sein des troupes et le 3 juillet le conseil supérieur de la guerre informe le MPRC que son rapport est accepté et qu'une pré-série de 500 casques sera produite pour essais. Désigné comme "Helmet, Steel, Mark III", sa production est confiée à la firme B.M.B.
Les essais au sein de la troupe sont menés par les troupes en faction en Angleterre d'août à septembre 1941 et des échantillons sont envoyés aux forces en Afrique du Nord.
Malgré l'avis favorable du MPRC, le grand état-major des forces en métropole ne recommande pas l'adoption du casque Mark III en raison de sa ressemblance avec les casques étrangers, pouvant conduire à des risques de confusion alors que ce nouveau casque n'est pas destiné à être distribué en masse, mais seulement à titre de remplacement unitaire. Toutefois, le ministère de la guerre est d'avis que lorsque toutes les nations tendent vers la meilleure efficacité de leur casque, il est inévitable d'avoir des casques de forme semblable et qu'une meilleure solution ne doit pas être écartée sous prétexte qu'un autre pays soit parvenu à celle-ci avant les Britanniques.
Le ministère de la guerre et l'état-major tombèrent alors d'accord pour attendre la conclusion des tests effectués au Moyen-Orient, dont le rapport n'arrive en Angleterre qu'en avril 1942 en raison des délais de livraison des échantillons de casques. Ce rapport conforte les craintes de l'état-major, bien qu'elles évoluent dans le cours de l'année en faveur de l'introduction du nouveau casque.
Entre temps, les Etats-Unis rentrèrent dans le conflit et le nouveau casque américain M-1 fit l'objet d'une enquête menée par l'hôpital militaire d'Oxford et révéla que ce casque est supérieur aux casques Mark II et Mark III. En août 1942, le conseil supérieur de la guerre se prononce en faveur de l'adoption du casque américain pour l'armée britannique. Un tel choix présenterait l'avantage d'avoir une uniformité au sein des troupes alliées à l'instar de la grande guerre, de recourir aux ressources considérables de l'industrie américaine et enfin le casque M-1 se révèle plus confortable et sa fabrication ne comporte pas de caoutchouc, facteur important en raison de la pénurie de cette matière première.
Le 7 septembre 1942, le MPRC est averti de cette préférence et une réunion extraordinaire de la sous-commission a lieu le 24 septembre au sein de laquelle participent tous les services concernés ainsi que des militaires américains. Le casque M-1 est donc soumis au cahier des charges imposé au casque Mark III et il en résulte que le casque M-1 est plus lourd que le Mark III, incompatible avec l'équipement radio et la nuquière anti-gaz, plus encombrant, la jugulaire non élastique présente des risques de strangulation, la partie arrière ne protège pas le cou de la pluie et enfin sa fabrication s'annonce difficilement réalisable en Angleterre. Le MPRC conclut qu'avant l'adoption du casque américain il faudrait modifier celui-ci pour répondre aux standards britannique, ce que les Etats-Unis répondent par la négative, proposant même d'équiper l'armée britannique à l'américaine.
Une telle décision causerait un grand gaspillage qui irait à l'encontre du dessein du conseil supérieur de la guerre. Le casque M-1 est rejeté courant de l'année 1943 sur décision du chef-adjoint de l'état-major impérial, suite à une discussion avec le chef des services de l'intendance.

Rapport de comparaison des casques Mark II, Mark III et US M-1.
Rapport de comparaison des casques Mark II, Mark III et US M-1.

En attendant que la production du nouveau casque Mark III soit suffisante, la fabrication du casque Mark II est poursuivie. Pour l'année 1943, les besoins en casques d'acier sont estimés à 2 365 000 pièces, dont 1 350 000 exemplaires de type Mark II, 520 000 unités pour les troupes aéroportées et 500 000 unités du nouveau modèle d'infanterie. Les contrats de fabrication sont accordés à la firme B.M.B et la production est lancée en novembre 1943. En raison des difficultés d'approvisionnement des plaques d'acier au manganèse, une livraison de 200 000 unités est reportée à l'année 1944, s'ajoutant aux 100 000 casques de tout type devant être produits chaque mois. La production fut ensuite étendue aux firmes RO & Co. (Rubery Owen & Co., situé à Darleston) et F&L (Fisher & Ludlow Ltd., basé à Dudley), tout deux fabricants de casques Mark II depuis 1939. La production de ces deux firmes s'étalant de 1944 à début 1945.
L'introduction du casque Mark III est effectuée graduellement selon le système du remplacement unitaire, la priorité étant donnée aux troupes des théâtres d'opérations, à l'instar du 21ème groupe d'armées qui fut entièrement rééquipé de casques Mark III la veille du débarquement en Normandie.
Etant donné que la coiffe du nouveau casque reste le modèle Mark II, certaines unités, principalement canadienne, furent dotées seulement de coques Mark III dans lesquelles les soldats devaient placer les coiffe et jugulaire de leur casque Mark II.
Le casque Mark III fut utilisé principalement sur le théâtre d'opérations européen de 1944 à 1945. Il fut remplacé à la fin de la guerre par le casque Mark IV, apportant quelques améliorations à ce casque qui sera le standard de l'armée britannique jusque dans les années 80.

Casque Mark III. Casque Mark III. Casque Mark III.
Casque Mark III. Casque Mark III. Casque Mark III. Casque Mark III.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Peinture sablée anti-reflet.
Peinture sablée anti-reflet.
Rivet de fixation des fourreaux de jugulaire.
Rivet de fixation des fourreaux de jugulaire.
Jointure jonc.
Jointure jonc.
Bombe de fabrication RO & Co, 1944.
Bombe de fabrication RO & Co, 1944.

La bombe est fabriquée à partir d'une plaque d'acier produite par la firme Hadfields Ltd. de Sheffield, dont la composition comporte 1,22% de carbone, 0,42% de silicone, 0,001%, de soufre, 0,066% de phosphore et 12,70% de manganèse.
Une coulée d'acier de 10,16 tonnes permet la fabrication d'environ 5154 plaques d'acier au manganèse, dont 57 sont affectés au contrôle de qualité, les autres étant destinées à l'emboutissage des casques.
Le casque Mark III est fabriqué par emboutissage progressif d'une plaque d'acier. Après mise en forme, les contours sont découpés et la bordure brute du casque est ensuite recouverte d'un jonc en acier amagnétique jointif à l'arrière par superposition de ses extrémités.
Le sommet du casque est percé pour la mise en place de la coiffe à l'aide d'une vis et d'un écrou. Un trou est effectué de chaque côté à environ 6 cm de la bordure pour la fixation des fourreaux de jugulaire de type Mark III fixés à l'aide d'un rivet mécanique à têtes bombées en cuivre.
Le casque est ensuite peint et la peinture est additionnée de sable afin d'obtenir une surface granitée pour réduire les reflets du soleil. Les casques Mark III sont peints de couleur vert kaki foncé durant la fin de l'année 1943, puis de couleur kaki brun à partir de 1944 ; cette couleur devient de plus en plus foncé jusqu'en 1945. A noter que la peinture employée par le fabricant RO & Co. est simplement matifiée.
A noter que les casques Mark III peuvent présenter un marquage estampé à froid dans l'acier au niveau de la nuquière du casque ou plus occasionnellement sur le côté, contenant l'acronyme du fabricant et l'année de fabrication accompagnés d'un numéro de lot et la mention III (ou MK.III ou plus rarement simplement 3) pour la désignation Mark III de la bombe. Toutefois ces marquages sont souvent illisibles en raison de la peinture granitée du casque.

Casque Mark III 1944. Casque Mark III 1944.
Casque Mark III peint en vert kaki brun dès 1944.

Les marquages :

BMB - 1944.
BMB - 1944.
BMB - 1945.
BMB - 1945.
RO & Co - 1944.
RO & Co - 1944.
RO & Co - 1944.
RO & Co - 1944.
RO & Co - 1945 (marquage estampé sur le côté).
RO & Co - 1945 (marquage estampé sur le côté).

Les bombes des casques Mark III furent fabriquées par trois fabricants, tous historiquement fabricants de casques Mark II pour le compte de l'armée britannique.
Le principal fabricant est la société Briggs Motor Bodies Ltd. (B.M.B) situé à Dagenham. Cette firme fut la première à produire le casque Mark III à partir de 1943 jusqu'au début de l'année 1945.
La production fut ensuite effectuée pour les années 1944 et début 1945 par les sociétés :
    - Rubery Owen & Co. (RO & Co), basé à Darleston.
    - Fisher & Ludlow Ltd. (F&L), localisé à Dudley.

F&L - 1945.
F&L - 1945.

La coiffe :

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Vis et écrou Mark III.
Vis et écrou Mark III.
Coiffe - intérieur.
Coiffe - intérieur.
Coiffe - vue de l'armature de maintien.
Coiffe - vue de l'armature de maintien.
Coiffe - vue de côté.
Coiffe - vue de côté.
Amortisseur cerclage.
Amortisseur cerclage.
Amortisseur arceau.
Amortisseur arceau.
Croissillon amortisseur.
Croissillon amortisseur.
Revers.
Revers.
Fabrication CCL - 1943.
Fabrication CCL - 1943.
Fabrication TTC - 1943.
Fabrication TTC - 1943.
Fabrication FFL - 1943.
Fabrication FFL - 1943.
Fabrication B.M.B - 1944.
Fabrication B.M.B - 1944.
Coiffe montée.
Coiffe montée.
La coiffe du casque Mark III est du modèle Mark II, de conception identique, seule les arceaux des coiffes Mark II destinées aux bombes Mark III différent sur leur mise en forme par rapport aux coiffes des casques Mark II, ce qui est sans doute du à une déformation des arceaux dans les bombes Mark III. Aussi, il n'est pas rare de rencontrer des casques Mark III équipés de coiffe antérieur à 1943 et issues de casques Mark II. Notamment lorsque certaines unités furent fournies uniquement en bombe Mark III dans lesquelles les soldats devaient installer leur coiffe et leur jugulaire (et ainsi économiser des coiffes et du temps, chaque soldat n'ayant pas besoin de trouver sa taille).
La coiffe est montée sur une armature en carton compressé de couleur noire. Cette armature est composée de deux bandes se croisant en leur centre, dont le maintien est assuré par un œillet métallique creux (pour le passage de la vis de maintien). Les extrémités de chacune des bandes sont fixées par deux rivets plats en laiton au cerclage de la coiffe constitué du même matériau. Ces bandes forment ainsi deux arceaux dont l'arrondie est légèrement plié pour s'adapter à la profondeur du casque Mark III (alors que les arceaux des coiffes des casques Mark II sont parfaitement arrondis).
La coiffe est constituée d'une large bande de toile cirée noire dont la surface est lisse. La base de la coiffe est découpée pour former cinq pattes et l'extrémité de chacune d'elle est repliée sur elle-même puis cousue pour former le fourreau de passage du lacet en profondeur de la coiffe, joignant les pattes de la coiffe entre elles. La bande de toile cirée est jointive à l'arrière par deux traits de couture verticale solidarisant les extrémités sur une bande de toile cirée.
La coiffe est ensuite cousue sur toute sa circonférence au cerclage en carton compressé de l'armature. Une bande de mousse néoprène prise dans un fourreau de toile est intercalée entre la toile cirée et le cerclage avant couture de celle-ci afin d'assurer un minimum de confort. Le cerclage est jointif sur le côté à l'aide de trois rivets en laiton plat disposés en L.
Un croisillon en mousse de caoutchouc noir, doublé d'un morceau de toile enduite découpé à la forme exacte, est placé au fond de la coiffe, dont le maintien est assuré par la vis et l'écrou retenant la coiffe. Le dos du croisillon est muni de quatre ergots en mousse de caoutchouc collés afin de coincer ces ergots entre les arceaux de la coiffe et d'éviter que le croisillon tourne sur lui-même.
La coiffe est retenue dans la bombe à l'aide d'une vis de type Mark III et d'un écrou hexagonal en laiton autobloquant de type Simmonds. Cet écrou comporte une petite rondelle en fibre en son centre l'empêchant de se desserrer.

La coiffe est calée à l'intérieur de la bombe à l'aide de huit tampons amortisseur en caoutchouc noir de forte densité. Ces blocs de caoutchouc, en forme de L très arrondi, sont répartis par groupe de 4 sur le cerclage de coiffe et les quatre autres répartis sur chaque extrémité des arceaux de la coiffe. Muni d'un ergot plat à leur dos, ces tampons sont mis en place dans des trous ovalisés prévus à cet effet sur l'armature de la coiffe. A noter que l'épaisseur de ces amortisseurs dépend de la taille de la coiffe, devenant de plus en plus large lorsque la taille diminue (la plus grande taille étant démunie de tampon amortisseur).
La taille de la coiffe est indiquée à proximité du marquage du fabricant et de l'année de production, dont le marquage est estampé sur un des arceaux de maintien. On distingue plusieurs fabricants de coiffes que l'on rencontre fréquemment dans des casques Mark III : B.M.B, CCL (Charles Collett Ltd. de Londres), FFL et TTC (Teddy Toy & Co Ltd. de Dagenham). A noter que l'on peut trouver la taille de la coiffe indiquée à la craie côté extérieur sur un des arceaux, appliquée durant la fabrication afin de mieux discerner les différentes tailles lors de l'assemblage du casque.

    Plus

Les fabricants des coiffes britanniques !

La jugulaire :

La jugulaire du casque Mark III est monté sur des fourreaux de jugulaire Mark III conçus en 1939 et fabriqués à partir d'une petite plaque d'acier inoxydable amagnétique de dimension 19 x 28,5 mm. Contrairement aux fourreaux Mark III montés sur les casques Mark II dont une de ses extrémités forme une gouttière, les fourreaux Mark III montés dans les casques Mark III ont l'extrémité extérieure pliée pour former un crochet. Ces fourreaux sont identiques à ceux utilisés dans les casques Mark I RAC.
Ce type de fourreau autorise le changement rapide de la jugulaire en soulevant l'extrémité du crochet à l'aide de la lame d'un tournevis. Ils sont fixés à environ 6 cm de la bordure du casque à l'aide d'un rivet mécanique à têtes bombées fabriqué en cuivre.
Bien que le casque Mark III fut destiné à être utilisé avec la jugulaire élastique Mark III ou la jugulaire d'austérité Mark III A, il n'est pas rare de rencontrer des exemplaires munis de jugulaire Mark II à ressort en raison de l'approvisionnement de certaines unités en bombe Mark III uniquement.

Fourreau de jugulaire Mark III.
Fourreau de jugulaire Mark III.
Vue de biais.
Vue de biais.

Mark II.

Jugulaire Mark II à ressort.
Jugulaire Mark II à ressort.

La jugulaire Mark II à ressort est constituée d'une sangle en coton filé d'une longueur de ?? cm pour ?? cm de large et de couleur beige. Elle est reliée par un anneau rectangulaire en laiton à deux ressorts amagnétiques placés dans une ganse de coton. L'autre moitié de la jugulaire, très courte, comporte la boucle de réglage en laiton bronzé maintenue sur une courte bande de toile en coton filé. Cette partie est aussi munie de deux ressorts contenus dans un fourreau de toile. Les extrémités des ressorts de la jugulaire sont fixées à une boucle en laiton de dimension 22,5 x 10 cm, qui sont fixées dans les fourreaux de jugulaire.

Mark III.

Jugulaire Mark III élastique.
Jugulaire Mark III élastique.
Boucle de maintien et de réglage.
Boucle de maintien et de réglage.

La jugulaire Mark III est apparu en mars 1941 en raison de la difficulté d'approvisionnement en ressorts amagnétiques employés pour les jugulaires Mark II, sur décision de l'administrateur en chef délégué à la confection au ministère de l'approvisionnement. Fabriquée en toile élastique (long fils de caoutchouc tissés sur la longueur avec du fil de coton), la jugulaire Mark III mesure 55 cm de long pour 2,6 de large. Une de ses extrémité reçoit un fin anneau en laiton chromé, dont la partie cousue est renforcé d'un rouleau métallique, permettant la fixation à un des fourreaux de la bombe. L'autre extrémité reçoit un boucleteau métallique pour le réglage en longueur et la fixation (cette boucle comporte en son centre une barre autobloquante coulissante, constituant ainsi une boucle à double passant). Cette extrémité est par ailleurs surépaissie en étant plié trois fois sur elle-même, puis cousue, empêchant la jugulaire de s'échapper de la boucle de réglage.

Mark III A.

Jugulaire d'austérité Mark II A.
Jugulaire d'austérité Mark II A.

La jugulaire Mark III A apparut suite aux restrictions d'approvisionnement en caoutchouc qui amènent au nouveau tampon amortisseur Mark II. La proportion de caoutchouc de la jugulaire Mark III est réduite à partir de janvier 1943 et comprend désormais une section en coton filé non élastique de ?? cm de long entre deux longueurs de jugulaire élastique. La production de cette jugulaire semble avoir été assez faible.

Le camouflage additionnel :

Filet canadien bicolore. Filet canadien bicolore.
Filet canadien bicolore.

Filet petite maille vert. Filet petite maille vert.
Filet britannique petite maille vert (exemplaire repeint en vert pomme).

Les casques anglais sont très souvent camouflés à l'aide de filets apparus durant l'été 1940. Produits par la plupart des pays du Commonwealth, ces filets présentent un maillage différent en terme de structure et de taille, de couleur en fonction des fabrications et sont souvent complétés de bande de toile de jute de couleurs variées.
Les casques Mark III furent de manière générale utilisés avec des filets de fabrication anglaise (petite et moyenne maille) et de fabrication canadienne (petite maille bicolore).
Les filets avaient pour but de casser la forme du casque, et de réduire la réflexion des rayons du soleil.

    Plus

Les filets de camouflage utilisés par les troupes alliées durant la seconde guerre mondiale !