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Casque Mark IV

Fiche

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Historique

Au cours de la seconde guerre mondiale, les autorités anglaises s'aperçurent que l'équipement traditionnel du combattant anglais n'était pas correctement adapté pour être utilisé en environnements inhospitaliers, comme la jungle tropicale : il ne faut pas oublier que l'Angleterre prit une part importante dans le combat contre les troupes japonaises dans le Pacifique.
Pour cette raison, le nouveau casque mis en service : le casque Mark III, fut critiqué car il ne pouvait être utilisé comme récipient pour la toilette personnelle, ou bien pour le transport de l'eau, comme le casque américain US M-1.
Ainsi, le 8 juin 1944, la direction de la logistique d'intendance, dirigée par le général Richards, demanda au ministère de l'approvisionnement la mise en place d'un nouveau casque possédant une coiffe extractible, à l'image de l'US M-1 américain.
Après des échecs successifs, l'idée du sous-casque fut abandonnée, en raison des difficultés de fabrication et du manque de matériel approprié.
En mars 1944, le projet concernant l'étude de la mise en place d'un sous-casque en carton goudronné, afin de remplacer la coiffe classique, fut très rapidement suspendu.
Mais la compagnie B.M.B Ltd (Briggs Motor Bodies) proposa une solution, qui fut d'utiliser la coiffe déjà en service (celle du casque Mark II) à laquelle on ajoutait un supplément pour faciliter son extraction.
Cette méthode consiste simplement à ajouter un bouton pression (Lift Dot : pièce mâle) sur la coiffe qui se fixe sur le casque à la pièce femelle.
A la fin mai 1944, la compagnie présenta un rapport à l'ordonnance sur l'impossibilité d'utilisation du sous-casque US M-1, en raison de la forme irrégulière de la coque du casque Mark III ; en même temps, elle présente son nouveau système de fixation, qui est rejeté en raison du déséquilibre dû aux fixations de la jugulaire lors d'un transport d'eau. En septembre 1944, la compagnie B.M.B apporte sa solution : un déplacement des fixations de la jugulaire sur les bords du casque afin de compenser le déséquilibre.
Ce nouveau modèle est finalement accepté sur la lignée du casque Mark III, et prend la dénomination de casque Mark IV.
En octobre 1944, on ordonne à la compagnie B.M.B Ltd et Owen Ltd la construction de 1 368 000 casques (étant donné que l'on pensait à l'époque que la guerre durerait plus longtemps dans le Pacifique), ainsi qu'un sous contrat pour la fabrication des coiffes et de l'assemblage finale. La fabrication des jugulaires, attaches, œillets est ordonnée à la compagnie Carr Ltd.
La fabrication continua jusqu'en 1946, puis repris dans les années 50 pour combler le besoin des troupes anglaises en poste dans le conflit coréen. Le casque Mark IV resta en service jusque dans les années 80, bien qu'il fut démontré un problème sérieux avec la coiffe, qui ne tenait pas assez à la tête et aveuglait le soldat en cas de chute sur le visage (notamment avec le corps expéditionnaire anglais en Corée). L'adoption du casque Mark VI abandonna définitivement la forme "tortue" du dernier casque en acier de l'armée britannique.

Casque Mark III
Casque Mark III.
Mark IV. Mark IV. Mark IV.
Mark IV. Mark IV. Mark IV. Mark IV.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Jointure jonc.
Jointure jonc.

La coque du casque Mark IV est strictement identique à celle du casque Mark III, elle est fabriquée d'un seul bloc par emboutissage progressif d'une feuille d'acier au manganèse amagnétique. Sa bordure est adoucie par l'adjonction d'un jonc en acier inoxydable amagnétique aussi et se rejoignant à l'arrière du casque : cette jonction est soit effectuée par chevauchement, soit renforcée par deux petits points de pression.
Le sommet du casque est légèrement enfoncé puis percé pour la fixation de la tige support de coiffe maintenue par rivetage. La tête de ce rivet peut être bombée ou plate pour les casques produits en 1945, et sera creuse pour les casques produits dans les années 50.
Un trou est ensuite pratiqué de chaque coté du casque à 2 centimètres du jonc pour la fixation des fourreaux de jugulaire, chacun d'eux maintenu par un rivet mécanique.
A noter aussi qu'en 1953, la firme B.M.B fabriqua un grand nombre de casques Mark IV à bord vif, dépourvu de jonc.

 

Rivet rond - 1945.
Rivet rond - 1945.
Rivet plat - 1945.
Rivet plat - 1945.
Rivet creux - 1953.
Rivet creux - 1953.

Le casque est peint de couleur vert/marron granité pour les exemplaires produits en 1945, puis lorsque la production reprit dans les années 50, les casques Mark IV furent peints de couleur vert olive granité ou noir satiné. A noter que certains exemplaires furent directement peints en bleu brillant pour le compte de la police d'occupation en Allemagne.
Enfin, le fabricant et l'année de production sont estampés sur la paroi interne arrière du casque.

Marquage.
Marquage.
Marquage.
Marquage.
Marquage.
Marquage.

Comparatif entre les casques Mark III et Mark IV :

Comparatif entre un casque Mark III de 1944, et un casque Mark IV de 1945, possédant une couleur identique.
Comparatif entre un casque Mark III de 1944, et un casque Mark IV de 1945, possédant une couleur identique.
Positionnement des rivets.
Positionnement des rivets.

Le casque Mark IV est très semblable de son prédécesseur le casque Mark III, d'autant plus pour les fabrications de 1945 dont la couleur est identique avec les casques Mark III fabriqués à la fin de l'année 1944.
Quelques caractéristiques extérieures permettent de discerner les deux modèles :
    - Les fourreaux de jugulaire sont rivetés à 2 centimètres du jonc sur le casque Mark IV, contre 6 centimètres sur le casque Mark III.
    - Le sommet du casque Mark IV présente un léger renfoncement destiné à masquer l'aspérité du rivet maintenant la tige supportant la coiffe. Le sommet du casque Mark III est, quant à lui, percé et la vis maintenant la coiffe est visible de l'avant.

La coiffe :

La coiffe est reprise de la coiffe Mark II présente dans les casques Mark II et particulièrement dans le casque Mark III. Elle est donc constituée d'un cerclage en carton compressé de couleur noire, dont la jointure est assurée par trois rivets fendus à tête plate.
Sur ce cerclage est cousue, sur toute la circonférence, une bande de mousse néoprène prise dans une bande de tissu, intercalée entre le cerclage et la coiffe en toile cirée. La coiffe, cousue sur toute la circonférence du cerclage, est constituée d'une bande de toile cirée dont la base se scinde en cinq parties, l'extrémité de chacune de ces parties est cousue sur elle-même (couture triple en forme de "Z") pour le passage du lacet de réglage en profondeur.
Deux arceaux sont ensuite rivetés au cerclage par deux rivets à chacune de leurs extrémités, et sont positionnés en forme de croix, un rivet creux est disposé à leur intersection pour le passage de la tige de maintien.
Huit tampons en caoutchouc en forme de "L" sont disposés autour de la coiffe, 4 disposés entre chaque branche de l'arceau de maintien, les 4 autres étant maintenus à chaque extrémité des arceaux en position inverse de ceux fixés au cerclage. Ces tampons de taille variable en fonction de la taille de la coiffe permettent d'assurer le contact entre la coiffe et la paroi interne de la bombe. Ils sont fixés aux éléments structuraux de la coiffe, par une protubérance s'insérant dans les orifices prévus dans les bandes de carton compressé.
A noter que le signe et l'année de fabrication sont estampés sur un des éléments en carton compressé de la coiffe (généralement, un des arceaux).
Dans l'ensemble très proche du précédent modèle de coiffe, cette nouvelle coiffe se fixe désormais au fond de la coque à la tige rivetée à l'aide d'un bouton pression "Lift The Dot" présent au milieu du tampon cruciforme présent au fond de la coiffe. De part cette modification qui consiste à solidariser la coiffe à l'aide du tampon amortisseur comprenant l'élément de fixation, cette nouvelle coiffe sera désignée comme coiffe Mark III.
Cette nouvelle coiffe subira cependant quelques modifications dans les années 50 pour plus de praticités.

Mark III - 1er modèle.

Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Tampon arceau.
Tampon arceau.
Tampon cerclage.
Tampon cerclage.
Coiffe.
Coiffe.
Détail fabrication.
Détail fabrication.
Couture passage lacet.
Couture passage lacet.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.
Pression Lift the Dot.
Pression Lift the Dot.
Marquage.
Marquage.

Sur les coiffes Mark III du premier modèle uniquement fabriquées durant l'année 1945, le tampon amortisseur en forme de croix est solidaire de la coiffe et est fixé directement au croisement des deux arceaux maintenant la coiffe.

Mark III - 2ème modèle (petite taille).

Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Tampon en caoutchouc.
Tampon en caoutchouc.
Coiffe.
Coiffe.
Marquage.
Marquage.

Mark III - 2ème modèle (grande taille).

Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Tampon en caoutchouc.
Tampon en caoutchouc.
Coiffe.
Coiffe.
Marquage.
Marquage.
Structure.
Structure.

La coiffe Mark III fut légèrement modifiée lors de la reprise de la production au début des années 50.
Ainsi, les différences notables de cette nouvelle variante sont un orifice sensiblement plus grand à l'intersection des deux arceaux de coiffe pour le passage de la tige de maintien.
Les huit tampons en caoutchouc en forme de "L" comporte désormais le numéro de pattern "PAT 534207").
A noter aussi que chaque bande de carton compressé comporte les inscriptions du fabricant et l'année de production apposés par estampage.
Enfin, principale différence, le tampon amortisseur de fond de coiffe est maintenant fixé par une extension d'une de ses branches, maintenue par un rivet (Cf partie Fixation).

Fixation (2ème modèle).

Tige de maintien.
Tige de maintien.
Trou de fixation.
Trou de fixation.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.
Languette de tirage.
Languette de tirage.
Pression Lift The Dot.
Pression Lift The Dot.

La fixation de la coiffe Mark III s'effectue avec un bouton pression de type "Lift The Dot" largement employé sur les équipements américains de la seconde guerre mondiale.
Ce bouton pression est présent au centre du traditionnel tampon amortisseur cruciforme de fond de coiffe. Ce tampon est désormais solidaire de la coiffe, directement fixé au fond de la coiffe pour la coiffe Mark III de 1945, puis par une extension d'une de ses branches, maintenue par un rivet, pour les coiffes fabriquées dans les années 50 (et dont la fixation renforcée d'un morceau de carton compressé pour éviter que cette languette de caoutchouc ne s'arrache).
L'extrémité inverse du tampon amortisseur comporte une tirette en caoutchouc comportant l'inscription "LIFT" (littéralement traduit par "lever"), permettant de dégrafer le bouton pression de la tige maintenant la coiffe au fond de la bombe.

La jugulaire :

La jugulaire du casque Mark IV est maintenue de manière identique au casque Mark III, aux deux fourreaux de jugulaire rivetés de part et d'autre du casque, à 2 centimètres du jonc. Ils sont constitués d'une plaque métallique pliée en son sommet pour former une gouttière, qui sera destinée à maintenir les boucles de la jugulaire en étant simplement clipser.
Ils sont ensuite percés pour être fixé à la coque à l'aide d'un rivet mécanique.
La jugulaire fabriquée en toile élastique sera d'abord du modèle Mark III reprise du casque du même nom (Cf Fiche technique et historique du casque Mark III), puis seront fabriqués des modèles de jugulaires spécifiques au casque Mark IV.

Mark III.

Jugulaire en toile élastique Mark III.
Jugulaire en toile élastique Mark III.
Boucleteau de réglage et de fixation.
Boucleteau de réglage et de fixation.

Le premier modèle de jugulaire utilisé sur le casque Mark IV fut la jugulaire Mark III employée dans le casque du même nom et ceci dans l'optique d'épuiser les stocks disponibles.
Cette jugulaire, fabriquée à partir d'une bande de toile élastique (par adjonction de fibre en caoutchouc dans le tissage) longue d'environ 55 centimètres pour 2,6 de large, comporte à une de ses extrémités une fine boucle, maintenue par couture, destinée à être clipsée à un des fourreaux de jugulaire.
L'autre extrémité est surépaissie par couture triple, et maintient la seconde boucle de maintien de la jugulaire. Cette seconde boucle, faisant aussi office de boucle de réglage, est constituée d'une boucle rectangulaire dont la base est renforcée d'un fin tube fendu et dont le coté opposé est ondulé. Cette boucle comporte en son centre une barre autobloquante coulissante, constituant ainsi une boucle à double passant.
Enfin, les éléments métalliques de cette jugulaire sont fabriqués en laiton chromé.

Jugulaire fixée.
Jugulaire fixée.

Mark IV - 1ère variante.

Jugulaire Mark IV premier type, en toile élastique beige, à trame identique à la jugulaire Mark III.
Jugulaire Mark IV premier type, en toile élastique beige, à trame identique à la jugulaire Mark III.
Boucleteau de réglage.
Boucleteau de réglage.
Boucle libre et triple couture de maintien.
Boucle libre.
Renfort métallique.
Renfort métallique.

La jugulaire du casque Mark IV est légèrement différente de la jugulaire Mark III utilisée sur le casque du même nom. Désignée comme jugulaire Mark IV, elle est d'abord de même composition que la jugulaire Mark III, fabriquée à partir d'une bande de toile élastique de couleur beige (d'une longueur de 60 centimètres pour 2,5 de large). La jugulaire Mark IV n'est plus directement cousue à la petite boucle de fixation rectangulaire, mais coulisse librement dans celle-ci, étant retenue par couture triple de son extrémité. L'autre extrémité, renforcée d'une pièce métallique pour éviter qu'elle ne s'effiloche, comporte une boucle à double passant identique au modèle Mark III.
Les éléments métalliques de cette première version, principalement installée dans des casques produits durant l'année 1945, sont en laiton bronzé noir.

Mark IV - 2ème variante.

Jugulaire Mark IV second type, en toile élastique verte, à trame plus fine.
Jugulaire Mark IV second type, en toile élastique verte, à trâme plus fine.
Boucleteau de réglage.
Boucleteau de réglage.

Le second type de jugulaire que l'on rencontre sur le casque Mark IV est de couleur verte, fabriquée à partir d'une bande de toile élastique à trame plus fine (d'une longueur de 50 centimètres pour 2,6 de large). Cette variante se rencontre principalement sur les exemplaires de casques Mark IV fabriqués dans les années 50, et sera reprise sur le casque Mark V.
La fixation de cette jugulaire s'effectue toujours avec une fine boucle maintenue par couture en triple épaisseur d'une des extrémités de la jugulaire.
L'autre extrémité, renforcée d'une pièce métallique, comporte le boucleteau de réglage avec barre autobloquante.

Boucle de fixation.
Crochet de fixation.
Fourreau de jugulaire.
Fourreau de jugulaire.
Jugulaire fixée.
Jugulaire fixée.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque DPM desert.
Couvre-casque DPM desert.
Maintien par lacet.
Maintien par lacet.

En ce qui concerne le camouflage du casque Mark IV, rien d'officiel ne fut prévu. On peut donc rencontrer le casque Mark IV muni d'un filet, souvent issu des importants stocks de la seconde guerre mondiale, ou bien muni d'un morceau de toile de jute en guise de couvre-casque.
Certains exemplaires furent directement camouflés en étant bariolés avec de la peinture.
Toutefois, on peut rencontrer des couvre-casques accompagnant ce casque, fabriqués de manière non officielle, ces couvre-casques furent fabriqués très proprement à partir de morceau de toile arborant le camouflage DPM ("Disruptive Pattern Material", apparut dans les années 70) "regular" ou "desert".
Ces couvre-casques sont munis d'un lacet parcourant la base, leur permettant d'être maintenu sur la coque du casque par serrage.

Quelques exemples

Exemple 1. Exemple 1.
Exemplaire de 1945, repeint en vert dans les années 50.

Exemple 2. Exemple 2.
Exemplaire peint en noir, daté 1953.

Exemple 3. Exemple 3.
Exemplaire de la police d'occupation en Allemagne, daté 1957.

Exemple 4. Exemple 4.
Exemplaire vert des années 50.