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Casque GK 82 - FT

Fiche

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Casque GK 82 - FT.

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Casque GK 82 - FT avec bavolet.

Historique

Devenue une république populaire depuis la fin de la guerre civile en 1949 avec la victoire de l'armée populaire de libération de Mao Zedong.
Ruinée par une succession de luttes armées qui font rage dans le pays depuis 1921, avec l'éclatement de la guerre civile entre forces nationalités et forces communistes, puis ensuite avec le conflit sino-japonais à partir de 1931, la Chine ressort en 1949 économiquement très affaiblie.
A cette époque les rares casques coiffant les soldats de l'armée populaire furent quelques casques Ssh 40 issus de l'aide soviétique, et essentiellement des casques Type 90 japonais repris de l'ancien occupant lors de leur départ en 1945. Autant dire que la protection de tête du soldat de l'époque n'était pas une priorité, la majorité des soldats du rang portant une simple casquette souple ornée de l'étoile rouge du régime communiste.
Après 1949, la Chine connaît un relatif calme, car n'est en proie à aucune tension frontalière, hormis contre les dernières troupes nationalistes retranchées dans leur dernier bastion de Taïwan et autres îles environnantes, mais ceci étant du ressort de la marine, le seul corps en capacité de les combattre dans le détroit de Formose.
La marine restant fidèle de nombreuses années au casque Type 90 japonais repeint en vert bouteille et ornant l'étoile rouge du régime en place.
Seul l'éclatement de la guerre en Corée en 1950 troublera ce calme presque parfait, durant laquelle la Chine apportera son soutien à la Corée du Nord par l'apport de matériels et surtout l'envoi de 500 000 volontaires, non issus de l'armée régulière.
Dans ces conditions, où la reconstruction du pays est la priorité du gouvernement, il faut attendre les années 60 avant de voir un projet de casque national voir le jour.
Ainsi, en pleine guerre du Vietnam, un casque fait son apparition, annonçant l'arrivée du casque GK 80. Ce casque très semblable au futur modèle qui équipera les troupes de l'armée populaire de libération sera principalement distribué aux soldats du Vietminh pour les aider à combattre les soldats Sud-Vietnamiens et les troupes américaines.
Premier casque de fabrication nationale depuis l'instauration de la chine communiste, le casque GK 80 fera sa première apparition au grand jour sur la tête de soldats albanais à Tirana lors d'un défilé militaire au début des années 70 ! En effet, la république populaire et démocratique d'Albanie était inféodée à Pékin et non à Moscou comme la plupart des pays situés derrière le rideau de fer.
Ce n'est qu'en février 1979, que le casque GK 80 A fit son apparition de manière massive sur la tête des soldats chinois durant la guerre punitive contre le Vietnam pour avoir envahi le Cambodge. Il faut dire qu'équiper chaque soldat d'une armée aussi important que celle de la Chine n'est pas une mince affaire.
En cours de production, une variante du casque GK 80 A fit son apparition, et ayant une très forte ressemblance au casque italien modèle 933. Ce casque ne sera que très peu utilisé par les militaires chinois ne l'appréciant guère, car possédant une silhouette trop différente de la version A, peu représentative de l'armée populaire de libération. Désigné comme casque GK 80 B, ce casque sera principalement réservé à l'exportation.
La désignation du casque GK 80, toute version confondue, n'a donc aucun rapport avec son année de création/adoption et peut faire référence à plusieurs variantes, notamment au niveau de la coiffe et de la jugulaire. Le casque GK 80 A sera principalement utilisé par les hommes de troupes jusque dans les années 90 et est encore en usage de nos jours en raison du grand nombre de soldats composant l'armée chinoise.
Alors que le casque GK 80 se révèle adapté à un usage dans les troupes d'infanterie, il est tout à fait inadapté à un usage dans l'aéroporté. Son encombrement, ainsi que la coiffe et la jugulaire extractibles ne répondent pas à un usage spécifique aux unités parachutistes.
Afin d'équiper les troupes aéroportées de l'armée populaire de libération, il fut décidé d'adapter le casque GK 80 de l'infanterie. Pour mieux répondre aux stricts besoins de l'arme aéroportée, l'acier fut délaissé au profit de fibres balistiques afin de gagner en légèreté, alors que les matières composites commencent à être utilisées à travers le monde pour la fabrication de casques militaires.

Casque GK 80 - A.
Casque GK 80 - A.

Ce nouveau casque muni d'une coiffe assemblée sur une suspension "Riddel", rembourrée pour mieux amortir les chocs occasionnés lors de la réception d'un saut en parachute. Un bavolet amovible en mousse de caoutchouc est prévu pour mieux assurer la protection de la tête du soldat. Créé en 1982, ce casque est désigné comme GK 82 - FT.
Le casque GK 82 - FT fut modernisé en 1990 avec la création d'un modèle très similaire munie d'une coiffe extractible, désigné comme casque GK 90 - FT. Ces deux versions sont encore en dotation à l'heure actuelle (2012) au sein de l'armée chinoise forte de plus d'un million d'hommes, au sein de laquelle il est difficile de rééquiper l'ensemble des troupes dans leur intégralité.

Casque GK 82 - FT. Casque GK 82 - FT. Casque GK 82 - FT.
Casque GK 82 - FT. Casque GK 82 - FT. Casque GK 82 - FT.
Casque GK 82 - FT. Casque GK 82 - FT.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Etoile rouge appliquée au pochoir.
Etoile rouge appliquée au pochoir.
Marquage, tampon rouge (illisible).
Marquage, tampon rouge (illisible).

La coque du casque chinois GK 82 - FT destiné aux troupes parachutistes est de forme similaire au casque GK 80 - A destiné aux unités d'infanterie. Cependant sa visière avant est rétrécie afin de réduire la résistance à l'air durant le saut obtenant une forme plus aérodynamique et réduisant par la même occasion l'encombrement du casque.
Produit en taille unique comme le casque GK 80 - A, le modèle GK 82 - FT est fabriqué en fibre balistique noyé dans de la résine contrairement au casque de l'infanterie dont la bombe est réalisée en acier.
La bombe du casque parachutiste est formée de plusieurs couches de toile tissée en trame noyées dans de la résine de couleur verte, et le tout placé dans un moule puis formé sous vide.
La coque est ensuite percée de dix trous répartis au premier tiers à partir de la base du casque. Ces trous sont destinés à la fixation ultérieure des éléments internes du casque : coiffe et jugulaire. Ils sont répartis pour chaque point de fixation de la suspension de type "Riddel" de la coiffe, complété d'un trou pour chaque trou latéral pour la mise en place des points d'ancrage de la jugulaire.

La bombe est peinte de couleur vert olive foncé appliqué de manière satinée à l'extérieur de la bombe et la bordure interne de la coque seulement, laissant les fibres noyées dans la résine visible au fond du casque.
Une étoile rouge à cinq branches est appliquée à l'avant du casque à l'aide d'un pochoir passé à l'aérographe.
A noter que la bombe ne comporte aucun marquage de fabrication excepté un numéro en relief au fond de la coque inscrit lors du moulage. Ce numéro correspond sans doute au numéro de moule ayant servi à la fabrication. Aussi, on note sur l'exemplaire présenté dans cette fiche des traces d'un tampon appliqué à l'encre rouge totalement illisible, qui pourrait être un tampon de contrôle.

La coiffe :

Rivets de fixation de la suspension, point de maintien de la jugulaire.
Rivets de fixation, suspension et jugulaire.
Suspension de type Riddel.
Suspension de type "Riddel".
Jointure cerclage de la suspension.
Jointure cerclage de la suspension.
Bandeau de mousse doublé de cuir, monté sur la suspension.
Bandeau de mousse doublé de cuir, monté sur la suspension.
Tampon de contrôle.
Tampon de contrôle.
Lacet de réglage en profondeur.
Lacet de réglage en profondeur.
Bandeau de tour de tête en cuir, et lacet de maintien.
Bandeau de tour de tête en cuir, et lacet de maintien.
Passage du lacet pour former les anneaux maintenant le bandeau à la suspension.
Passage du lacet pour former les anneaux maintenant le bandeau à la suspension.
Bandeau de cuir mis en place, sans lacet.
Bandeau de cuir mis en place, sans lacet.
Détail du laçage du bandeau.
Détail du laçage du bandeau.
Jointure du bandeau, points de réglage.
Jointure du bandeau, points de réglage.

La coiffe est constituée d'une suspension de type "Riddel" tout comme le casque GK 80. Cependant elle est totalement différente sur le casque GK 82 - FT et plus adapté à une utilisation au sein des troupes parachutistes.
La suspension "Riddel" est fabriquée à partir de bande de toile de nylon de couleur verte. Constituée d'un cerclage de toile sur lequel sont maintenus trois bandes de toile pliée en "V" pour former la suspension. Ces bandes sont jointives à l'aide d'un long lacet formé d'une fine bande de toile synthétique identique à celle employée dans la fabrication de la suspension.
La suspension enferme à chaque intersection du cerclage de toile et les bandes pliées en "V" un bandeau de mousse couvert d'une doublure en cuir fin de couleur marron. Cette doublure est appliquée par deux bandes de cuir jointives à l'avant et à l'arrière de la coiffe. Ce bandeau est maintenu à la suspension par passage du cerclage de toile dans deux fentes effectuées à chaque point de fixation de la coiffe.
La suspension est fixée à l'intérieur de la bombe à l'aide de rivets mécaniques à tête bombée et peinte en vert olive à l'extérieur, renforcé à l'intérieur avec une petite rondelle.
Les points de fixation de la suspension, excepté le point avant, maintiennent un petit morceau de toile de nylon terminé d'un bouton pression mâle pour la mise en place du bavolet amovible.
Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tête fabriqué en cuir. Il est constitué de deux bandes de cuir assemblées ensemble par couture, renforcé d'une pièce de cuir au dos.
Une ligne de couture est pratiquée sur une fine pliure sur toute la longueur du bandeau. Six bandes de cuir terminées de deux trous sont cousues au bandeau à intervalle régulier. Au niveau de chacune de ces bandes, deux trous sont pratiqués à la base du bandeau et qui sont alignés avec les trous des bandes de cuir. Cette disposition des trous permet le maintien du bandeau sur la suspension à l'aide d'un fin lacet de toile utilisé pour joindre le bandeau de cuir et les six bandes cousues à l'arrière de celui-ci.
Ce lacet se ferme à l'arrière au niveau de six trous pratiqués à chacune des extrémités du bandeau, permettant trois tailles de coiffe.

Coiffe.
Coiffe.

Le bavolet :

Bavolet amovible, fixation par bouton pression, fermeture par bande velcro - intérieur.
Coiffe avec suspension fixée en quatre points.

Bavolet avec bande velcro crochets - extérieur.
Bavolet avec bande velcro crochets - extérieur.
Dégagement au niveau de l'oreille.
Dégagement au niveau de l'oreille.
Tête bouton pression.
Tête bouton pression.
Pression femelle.
Pression femelle.
Pression mâle.
Pression mâle.
Détail fixation.
Détail fixation.
Fermeture avec bande velcro.
Fermeture avec bande velcro.
Bavolet en place.
Bavolet en place.

La coiffe peut être complétée d'un large bavolet fixé dans la bombe à l'aide des cinq boutons pressions mâles rivetés en même temps que la coiffe. Il permet d'accentuer la protection du cou et des cotés du visage du soldat, cependant, il est peu utilisé.
Le bavolet est constitué d'un large morceau de mousse d'environ 1 centimètres d'épaisseur et découpé en forme de "U" inversé. Cette forme en mousse est doublée de toile de couleur beige, assemblée en quatre morceaux et épousant parfaitement la forme du bavolet.
Le bavolet comporte un trou de 2,5 centimètres de diamètre au niveau des parties les plus larges destinées à être plaquées au niveau des oreilles et ainsi ne pas obstruer l'audition du porteur. La mousse et la doublure de toile sont assemblées ensemble sur toute la circonférence de l'orifice à la machine à coudre.
Le bavolet est fixé dans le casque à l'aide de cinq boutons pression femelle rivetés à la base du bavolet. Ces boutons ont la particularité d'avoir une tête bombée sur laquelle est estampée une étoile. Afin de ne pas s'arracher lors du saut, le bavolet est monté sous la jugulaire se refermant dessus et plaquant ainsi celui-ci contre les joues du soldat.
En plus du maintien assuré par la jugulaire du casque, les deux parties latérales du bavolet sont jointives par une seconde petite jugulaire solidaire de celui-ci. Au départ cette jugulaire est composée de deux bandes de toile cousues de chaque coté du bavolet et se fermant en pratiquant un nœud. Au cours de la production, cette jugulaire fut changée au profit d'une seule bande de toile cousue coté gauche et se fermant à l'aide de son extrémité en velcro : la partie crochets étant cousue sur la partie droite du bavolet.
A noter que la mousse constituant le bavolet durci avec le temps et finit par se casser s'il est mal entreposé.

La jugulaire :

Fixation passant de jugulaire.
Fixation passant de jugulaire.
Extrémité de la jugulaire indémontable, réglable sur une boucle coulissante à tirette.
Extrémité de la jugulaire indémontable, réglable sur une boucle coulissante à tirette.
Boucle.
Boucle.

La jugulaire est montée sur quatre supports rivetés à 1 centimètre à l'extérieur des quatre points de fixation de la suspension. Chacun de ces supports est constitués d'une bande de toile forte en nylon pliée en deux et enfermant une boucle rectangulaire aux cotés arrondies et peinte en noir.
La jugulaire, fixée en quatre points, est composée de deux bases en forme de "V", constituées de deux bandes de toile cousues ensembles. Chaque extrémité est cousue directement à la boucle métallique enfermée à la bande de toile rivetée à la coque.
Ces deux parties de la jugulaire se termine par une boucle à double passant muni d'une tirette en toile de nylon. Ces boucles sont destinées à maintenir la longue jugulaire aussi fabriquée en toile de nylon de couleur verte.
La jugulaire, longue de 45 centimètres, comporte en son centre une seconde bande de toile dont les extrémités sont cousues à la première bande pour former une mentonnière.
Une des extrémités de la jugulaire est pliée sur elle-même et cousue afin qu'elle soit inamovible de la boucle où cette extrémité a été insérée. L'autre extrémité est simplement brulée pour éviter qu'elle ne s'effiloche.

Jugulaire avec mentonnière, extrémité libre à droite.
Jugulaire avec mentonnière, extrémité libre à droite.

Le camouflage additionnel :

Alors qu'aucun couvre-casque ne fut prévu pour ce casque lors de sa principale période d'utilisation, le casque GK 82 - FT encore en usage de nos jours au sein de l'armée populaire de libération est utilisé avec des couvre-casques créés pour d'autres casques de l'armée chinoise et modifiés pour s'adapter à ce casque.