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Casque "Plum Blossom"

Fiche

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Historique

Avec la chute du pouvoir impérial et la création de la république de Chine proclamée en 1912 en Chine du Sud avec la montée d'organisations révolutionnaires regroupées pour former le Kuomintang dans la province du Guangdong fondé le 25 août 1912 sous l'égide de Sun Yat-sen. Ce parti se définit alors comme un parti démocratique et socialiste modéré en vue des prochaines élections.
Mené par Song Jiaoren, le parti gagne la majorité à la première Assemblée nationale, mais Song Jiaoren est assassiné le 20 mars 1913 à la gare de Shanghai. En tant que président, Yuan Shikai voulait solliciter d'importants prêts à l'étranger. Le Kuomintang s'opposant à cette politique est alors chassé de l'Assemblée et Yuan Shikai finit même par dissoudre le Parlement. Le Kuomintang est interdit et plusieurs de ses partisans sont arrêtés ou tués. Sun Yat-sen fuit alors au Japon, où il met longtemps à se réorganiser. Il y fonde finalement le Parti révolutionnaire et retourne en Chine en 1918 pour tenter de former un gouvernement rival.
Alors qu'éclate la première guerre mondiale en 1914, la Chine du Nord décide de se ranger aux cotés des alliés et déclare la guerre à l'Allemagne le 17 août 1914. Cependant, l'engagement de la Chine dans le conflit se révèle très modeste avec l'envoie de 27 000 travailleurs chinois en France employés à creuser des tranchées près du front. L'enclave allemande de Jiao-Zhu, d'une superficie de 552 km2 et située sur la côte orientale de Chine, sera attaquée et conquise par le Japon rangé aux cotés des alliés.
Alors que la première guerre mondiale prend fin en 1918, révoltes, révolutions et guerre civile se succèdent en Chine alors que le pays est tiraillé par les rivalités des seigneurs de la guerre. Le retour de Sun Yat-sen en 1918 à la tête d'un mouvement révolutionnaire n'arrange rien au désordre, du fait d'un manque d'argent, de moyens militaires et d'expérience. En 1922, des agents du Komintern lui proposent leur aide et l'incitent à reformer le Kuomintang. Sun Yat-sen se base à Canton, où il reçoit des fonds, du matériel militaire et l'aide d'experts en provenance d'Union soviétique. Le Parti communiste chinois (PCC : créé à Shangaï le 1er juillet 1921) est alors allié au Kuomintang dans le cadre d'un front uni pour lutter notamment contre les seigneurs de la guerre.
Tchang Kaï-chek décide d'entamer l'expédition du Nord et met sur pied l'armée nationale révolutionnaire, pour pacifier la Chine en réduisant les seigneurs de la guerre et, à terme, s'emparer du pouvoir. Il prend dans les faits les rênes du parti, se retournant contre ses alliés communistes, qu'il élimine à Shanghai puis à Hankou.
En 1928, le Kuomintang s'empare du pouvoir et instaure un régime de parti unique, mêlant le confucianisme au fascisme. Ses forces armées deviennent l'armée officielle de la République. Avec l'abandon du drapeau à cinq couleurs, le drapeau national de la Chine arbore l'emblème du Kuomintang.
Cependant, l'intégralité du pays n'est pas sous l'emprise du Kuomintang et le reste de la Chine reste sous l'emprise de fief militaire contrôlé par des seigneurs de la guerre, maréchaux aventuriers ayant leurs propres armées. Ils vivent de brigandage et font régner l'insécurité dans leur zone d'influence et monnaye leur alliance.
Profitant des luttes intestines qui déchirent le pays, les japonais prétextent des attentats pour mieux justifier une occupation militaire de la Mandchourie en septembre 1931, constituant les prémices de la seconde guerre mondiale. Cette province est rebaptisée le 9 mars 1932 Mandchoukouo, empire indépendant intégralement vassalisé au Japon, lui permettant de lancer ses troupes à l'attaque du pays voisin.
En Chine, la lutte contre les communistes s'intensifie et en 1934, ces derniers doivent fuir au Shaanxi au cours de l'épisode dit de la "Longue Marche", au cours de laquelle ils parcourent plus de 12 000 kilomètres en 369 jours au prix de pertes colossales.
Le 7 juillet 1937, les troupes japonaises franchissent la frontière chinoise à la suite d'un faux incident orchestré par le gouvernement japonais. L'armée japonaise s'empare rapidement de Pékin, Shangaï puis la capitale Nankin. Afin de lutter contre la politique expansionniste du Japon, le Kuomintang est conduit à s'allier avec ses ennemis de la veille dans le cadre du deuxième front uni, interrompant la guerre civile, mais cette alliance demeura toujours superficielle. à partir de 1938, la guerre est désormais ouverte avec le Japon. Les forces armées chinoises résistèrent mieux que prévu face à l'envahisseur japonais, toutefois les troupes communistes se contentèrent de maintenir les japonais en dehors de leurs zones d'influence. Alors que les différentes forces armées présentent en Chine furent disparates en raison des divisions responsables de la guerre civile, elles ne délaissèrent pas pour autant l'utilisation d'un casque en acier devenu un standard dans toutes les armées du monde depuis la première guerre mondiale.
En raison du très grand nombre de soldats présents en Chine, quel que soit leurs appartenances politiques, il y a toujours eu plus de tête que de soldats, et équiper une aussi grande armée d'un seul et unique casque se révèle impossible en ces temps difficiles.
Alors que la France adopte dès 1926 un nouveau casque Adrian, celle-ci propose à l'exportation un grand nombre de casques Adrian modèle 15 déclassé dont la Chine se porte acquéreuse d'un certains nombre d'exemplaires. Ces casques feront une brève apparition dans certaines unités d'infanterie vers 1930. Afin de palier à un approvisionnement extérieur, les troupes nationalistes s'équipèrent d'une copie de casque Adrian modèle 26 dont elles reçurent quelques exemplaires. Le casque Adrian modèle 15 n'échappa pas à cette règle.
Le maréchal Tchang Kaï-chek très proche de l'Allemagne nationale-socialiste, est aidé d'une mission militaire dirigée par les généraux Seeckt, Wetzel, et Falkenhausen. Son fils adoptif, Chiang Wei-kuo, fut d'ailleurs envoyé par son père étudier à la "Kriegshochschule" (école supérieure de guerre) de Munich dont il sortit diplômé en 1939. Alors que l'Allemagne vient d'adopter le nouveau casque modèle 35 pour son armée, les troupes nationalistes dirigées par Tchang Kaï-chek passèrent commande auprès de l'Allemagne pour 220 000 unités de ce nouveau casque. La livraison de cette commande fut effectuée en priorité par les usines de fabrication allemande, retardant de près de six mois les livraisons destinées à l'armée allemande.
Ces casques furent livrés en 1936, peints de couleur gris/bleu, ils étaient ornés sur le coté gauche du soleil blanc chinois. Cette commande honorée par l'Allemagne, ne fut pas renouvelée en raison du rapprochement d'Adolf Hitler du Japon. Parallèlement à la livraison des casques modèle 35, la Chine reçut aussi un certain nombre de casques modèle 16 allemands. Ne pouvant se réapprovisionné auprès de l'Allemagne, une copie du casque allemand modèle 35 fut réalisée vers 1938-1939, à l'instar des casques français.
En raison de la difficulté à équiper l'ensemble des forces armées nationalistes d'un casque d'acier, les troupes de Tchang Kaï-chek peu soucieuse d'harmoniser ses uniformes n'hésitèrent pas à s'équiper de casques japonais capturés et peints aux couleurs chinoises. Ainsi de nombreux casques Type 82 ("start vent" et "cherry blossom") et Type 90 se retrouvèrent sur la tête de soldats chinois.
Tout comme l'ensemble des casques étrangers adoptés par la Chine, le casque japonais Type 82 "cherry blossom" fut aussi copié afin de palier le manque d'approvisionnement durant les années 30. Le casque Type 90, généralisé dans l'armée japonaise au début des années 30 échappa à cette règle, sans doute par souci de distinction sur le terrain.
La copie du casque japonais, dont on ignore la désignation officielle, fut produite en une forme plus volumineuse, se rapprochant du casque plat anglais. Muni d'une pièce métallique en forme de fleur rivetée au sommet du casque, son dessin se rapprochant d'une fleur de prunier prévalut à ce casque d'être appelé "plum blossom" par le milieu des collectionneur, en analogie au casque japonais "cherry blossom" dont il est proche.
Fabriqué en acier doux, on peut supposer que ce casque était principalement destiné aux troupes auxiliaires, dont la production relativement faible ne permit pas une distribution généralisée au sein de l'armée nationaliste. Avec l'attaque japonaise sur Pearl Harbor en 1941 et l'entrée en guerre des Etats-Unis, les troupes chinoises furent aidées durant le conflit par l'approvisionnement de matériel américain, et anglais installés dans la région. C'est ainsi qu'une grande quantité de casques model 1917, US M-1 et Mark II anglais furent utilisés par les forces chinoises.
La fin de la seconde guerre mondiale et l'évacuation des troupes japonaises du territoire chinois en 1945 raniment les querelles entre nationalistes et communistes. Avec la paix, la guerre reprend, malgré une trêve signée entre les deux parties le 10 octobre 1945 qui fut de courte durée.
Les forces armées dirigées par Tchang Kaï-chek épuisées par huit années de guerre n'arriveront pas à reprendre la main malgré une importante aide américaine. Les forces communistes dirigées par Mao Tsé Toung se rendront maître du pays quatre années plus tard, imposant une déroute du Kuomintang sur l'île de Formose devenu Taïwan par métonymie pour distinguer la république de Chine de la république populaire de Chine.

Casque chinois Plum Blossom Casque chinois Plum Blossom Casque chinois Plum Blossom Casque chinois Plum Blossom

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Couvre évents en forme de fleur.
Couvre évents en forme de fleur.
Events d'aération.
Events d'aération.
Bordure du casque - extérieur.
Bordure du casque - extérieur.

La forme de la bombe du casque "plum blossom" chinois s'inspire largement du casque japonais Type 82 "cherry blossom" (modèle 1922) et du casque britannique de type Brodie (Mark I).
Ce casque est formé d'une bombe arrondie, s'étendant à l'extérieur par une imposante visière sensiblement plus large à l'avant. Très large, ce casque se rapproche d'un casque de type tropical, très utile dans des régions de type subtropical comme c'est le cas dans le Sud de la Chine.
La bombe est formée par emboutissage progressif d'une plaque d'acier doux laminée. La bordure brut du casque est adoucie en étant repliée vers l'intérieur. Cette opération, effectuée mécaniquement, forme un léger évasement à l'extérieur sur toute la circonférence du casque.
Le point sommital du casque est percé et quatre orifices ovalisés sont effectués aux quatre points cardinaux du trou. Ces orifices, destinés à l'aération du casque, sont protégés à l'extérieur par une pièce métallique bombée découpée en forme de fleur à cinq pétales, rappelant la forme de la fleur du prunier, d'où la désignation de "plum blossom" (fleur de prunier).

Insigne du <i>Kuomintang</i>.
Insigne du Kuomintang.
Bordure du casque repliée - intérieur.
Bordure du casque repliée - intérieur.

C'est cette pièce qui prévaut la désignation officieuse de ce casque, en rapport au casque Type 82 japonais muni d'une pièce en son sommet de forme similaire rappelant la fleur de cerisier (dont les pétales sont fendus à leur base), d'où sa désignation officieuse de "cherry blossom".
Quatre séries de trois trous chacune sont effectuées à quatre points du casque sur la bombe pour la fixation de quatre supports de coiffe. Ces supports sont constitués d'une lame métallique légèrement bombée, dont les extrémités sont arrondies. Cette lame est percée à chacune de ses extrémités pour être fixée dans la bombe à l'aide de rivets mécaniques à tête arrondie. Le centre de la lame comporte un trou sensiblement plus large pour le passage du rivet maintenant la coiffe.
La coiffe étant maintenue par un seul des trois rivets de chaque série, on peut se demander la réelle utilité de cette pièce métallique rivetée. Or l'étude de photos d'époque et d'autres exemplaires laisse paraître que les quatre points de fixation de la coiffe peuvent avoir été muni de seulement deux rivets chacun, le support de coiffe ayant donc une réelle utilité ou encore aucun rivet apparent à l'extérieur, la coiffe étant fixée d'une autre manière. Ce constat atteste que la fabrication de ce casque répondait à un cahier des charges peu rigoureux.
Le casque est peint de couleur vert kaki très pâle (proche du vert pomme) appliquée à l'aérographe de manière satinée. Certains exemplaires furent peint de couleur gris satiné, sans doute en rapport avec la couleur grise des uniformes de l'armée nationaliste chinoise.
Un trou est percé à l'avant du casque pour la fixation de l'insigne du Kuomintang, constituée d'un disque métallique de forme bombée, sur lequel est peint l'emblème du Kuomintang (représentant un soleil de forme géométrique sur fond bleu), puis verni. L'insigne est monté sur le casque à l'aide d'une double patte métallique soudée au dos, formant un rivet fendu.
L'absence de marquage, et le coté plutôt archaïque de la coiffe laisse supposer que ce casque fut fabriqué en taille unique.

La coiffe :

Rivets de fixation d'un support de coiffe et rivet de suspension.
Rivets de fixation d'un support de coiffe et rivet de suspension.
Support de coiffe riveté.
Support de coiffe riveté.
Cerclage de coiffe en carton.
Cerclage de coiffe en carton.
Fixation bande de toile de la suspension et jugulaire.
Fixation bande de toile de la suspension et jugulaire.
Bandeau en toile cirée, doublé de toile.
Bandeau en toile cirée, doublé de toile.
Coiffe avec suspension fixée en quatre points.
Coiffe avec suspension fixée en quatre points.

Ce casque étant peu connu, la description de la coiffe se résumera à l'exemplaire présenté dans cette fiche, plusieurs types de coiffe ayant pu exister en raison de l'existence de plusieurs configurations des rivets de fixation.

La coiffe est montée sur un cerclage en carton compressé relativement souple de couleur noire. Plusieurs épaisseur de toile sont cousues ensemble, et dont l'extérieur est muni d'une bande de toile cirée de couleur brune. Ce bandeau ainsi formé est cousu au cerclage de carton, contre la bande de toile cirée, puis est repliée vers l'intérieur du casque.
Cet ensemble est riveté à quatre points équidistants à deux bandes de toile forte se croisant au centre de la coiffe, dont la jointure est assurée à l'aide d'un rivet mécanique plat. Ces deux arceaux de toile constituent ainsi une suspension, constituant ainsi la coiffe.
Les extrémités de chacune des deux bandes de toile se joignent pour former sur les deux cotés de grandes boucles, sur lesquelles sera fixée la jugulaire.
La coiffe est maintenue à l'intérieur de la bombe à l'aide de quatre rivets à tête ronde passant au centre de chacun des supports rivetés à la paroi intérieure du casque. C'est pour cette raison qu'on peut se demander la réelle utilité de ces pièces métalliques. Le rivet emprisonne ainsi le cerclage en carton doublé de toile, ainsi que la bande de toile forte constituant la suspension.
L'absence de marquage sur la coiffe et dans la bombe, ainsi que l'absence de système de réglage de la coiffe, on peut supposer que la coiffe du casque "plum blossom" fut fabriquée en taille unique, et destiné à être porté par dessus une coiffure plus conventionnelle.

La jugulaire :

Extension de la suspension pour former les deux passants de jugulaire.
Extension de la suspension pour former les deux passants de jugulaire.

La jugulaire est constituée de deux larges bandes de toile forte rivetées à chaque boucle latérales disposées de part et d'autre de la coiffe. Ces deux boucles sont constituées par le prolongement de la suspension de coiffe, composée de deux bandes de toile forte croisées aux extrémités jointives.
Les deux parties de la jugulaire à proprement parlée sont rivetées à ces deux boucles à l'aide de trois petits rivets mécaniques à tête plate. Les deux boucles, constituant ainsi les passants de jugulaire, et confère à la jugulaire une topologie en quatre points assurant un maintien palliant une coiffe instable.
La fermeture de la jugulaire s'effectue en nouant les deux parties de même longueur sous le menton à l'instar des casques japonais de l'époque.







Jugulaire maintenue à l'aide de trois rivets mécaniques.
Jugulaire maintenue à l'aide de trois rivets mécaniques.