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Casque Modèle 21

Fiche

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Historique

L'Espagne, étant un pays neutre durant la première guerre mondiale et n'ayant une expérience de combat uniquement en climat chaud (guerre coloniale en Afrique du Nord) où le port d'un casque en acier est déconseillé, mis du temps avant d'étudier la création d'un casque moderne pour équiper ses troupes.
La neutralité de l'Espagne vis à vis de la première guerre mondiale n'empêcha pas l'état-major de s'intéresser aux évènements du conflit et par la même occasion à l'avancée des techniques de guerre moderne.
A l'époque, seule l'artillerie était dotée d'un casque en caoutchouc dont la protection balistique était inexistante.
L'Espagne se lança donc à la recherche d'un modèle national, pour cela plusieurs fabricants tants espagnols qu'étrangers se lancèrent dans l'étude de projets plus ou moins poussés.
De ces essais, seuls deux projets aboutirent à un stade expérimental, le premier de la société Hijo De B. Castels à Barcelone, fabricant de casques de parade pour le compte de la cavalerie. Ce projet ne fut pas retenu en raison d'une fabrication complexe et artisanale inadaptée à une production à grande échelle.
Le second projet, dirigé par le commandant d'artillerie Don Antonio Ramirez de Arellano, au sein de l'arsenal d'artillerie de Trubia, aboutit à un prototype qui sera fabriqué à 150 exemplaires environ. Ce projet dont la ligne aboutira au casque modèle 21 fut toutefois refusé.
Souhaitant réduire son coût de production et par la même occasion le perfectionner, le commandant Antonio Ramirez poursuivi ses recherches pour aboutir au casque modèle 21 au cours de l'année 1930.
Au cours de cette année, l'arsenal de Trubia proposa deux modèles dérivés, l'une sans visière et une autre muni de bords évasés vers l'extérieur dans le but de les reconnaître rapidement.
Ainsi, au cours de l'année 1930, un plan de production fut lancé afin de produire 12 000 unités de casques sans visière pour seulement 1500 exemplaires avec visière.
C'est dans ces conditions un peu chaotique que le casque modèle 26 avec visière fut retenu officiellement par l'arrêté royale du 3 novembre 1930. Les casques sans visière, déjà fabriqué, furent mis en stock en prévision d'une vente à un pays étranger.
La dégradation du gouvernement et l'éclatement de la guerre civile en 1936 amenèrent à l'utilisation de ces casques sans visière qui furent utilisés durant toute la guerre civile aussi bien au sein des troupes nationalistes que des troupes républicaines.
En ce qui concerne la désignation officielle de ces casques, initialement le premier projet de casque remonte à 1921, mais ce n'est qu'en 1926 que l'arsenal de Trubia lança son projet de casque modèle 26, qui aboutira en 1930 avec l'apparition de deux modèles assez proche dans leur conception : c'est l'année du lancement du projet qui prévaut pour la désignation.
Pour plus de facilité, on pourra désigné ce casque comme modèle 21. Sa désignation officielle est casque modèle 26 "sin ala", sa variante est désigné comme modèle 26 "con ala".
Le casque modèle 21 sera utilisé jusqu'à la fin de la guerre civile en 1939, les exemplaires inventoriés par l'armée franquiste seront reconditionnés après 1943 puis mis en stock dans l'attente d'une mobilisation.

Casque modèle 21. Casque modèle 21. Casque modèle 21.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de la coiffe.
Vue arrière.
Rivet de coiffe.
Rivet de coiffe.
Rivet avec évent.
Rivet de jugulaire avec évent.

Le casque modèle 21 est formé d'un bloc, par emboutissage progressif d'une feuille d'acier laminé, dont l'épaisseur pouvait varier de 1,1 à 1,8 millimètres : ce qui fait que le poids est donné de manière approximative.
La coque est ensuite percée à sept reprises pour la fixation ultérieure des éléments internes du casque (coiffe et jugulaire).
La forme du casque modèle 21 reste très proche de son homologue le casque modèle 26, dont le dôme semblable est celui du casque modèle 26 dont on aurait supprimé les visières : ce qui donna naissance à la désignation officielle du casque modèle 21, considéré comme modèle 26 "sin ala" (sans aile). Le modèle 26 est lui appelé modèle 26 "con ala" (avec ailes).
Les casques modèle 21 étaient à l'origine peints de couleur gris ciment et ne possédaient pas la fixation pour l'insigne franquiste.


Casque Mle21 dans sa configuration d'origine. Il est peint en gris. Les rivets de fixation de la coiffe sont plus petits et bombés. Les deux rivets latéraux sont creux afin de faciliter l'aération.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Fixation de l'insigne franquiste.
Fixation de l'insigne franquiste.

On reconnaît les casques restaurés à partir de 1943 par leur couleur vert kaki et l'ajout d'une petite patte métallique, coudée en son centre et fixée à la coque par deux points de soudures électrique. Ce support de fixation servait à la fixation de l'insigne de l'armée de terre ("Ejército de Tierra") apparu en 1943.
Le rivet de jugulaire creux disparaît, tous les rivets sont désormais plats, le rivet de jugulaire est légèrement plus grand.

Insigne Franquiste.
Insigne Franquiste.

La coiffe :

Coiffe en cuir.
Coiffe en cuir.
Détails pattes de cuir et lacet.
Détails pattes de cuir et lacet.
Patte en cuir doublée de feutre.
Patte en cuir doublée de feutre.
Fixation patte de cuir et cerclage.
Fixation patte de cuir et cerclage.

La coiffe est constituée de trois pattes en cuir (de couleur noire ou marron) très large, dont la découpe est de qualité médiocre. Un morceau de feutre, de forme rectangulaire et dont un demi cercle est découpé en haut de chacun d'eux, est cousu en bas de chacune des pattes en cuir. Ce morceau de feutre a pour but de rembourrer la coiffe en épaississant la patte de cuir afin de réduire le contact avec le cerclage.
Ces pattes sont ensuite cousues à un cerclage en cuir, dont les extrémités sont rejointes par un rivet maintenant à la fois la coiffe dans la coque (rivet arrière), à noter que la couture parcoure l'intégralité de la longueur du cerclage.
Chaque patte de cuir a sa partie inférieure scindée en deux parties. Chacune de ces parties possède deux trous afin d'y faire passer la cordelette de réglage en hauteur de la coiffe.
La coiffe est ensuite fixée à la coque grâce à sept rivets tubulaires à têtes plates, dont deux plus gros maintenant par la même occasion les passants de jugulaire.
Enfin, durant la guerre civile espagnole, à cause des pénuries en matières premières, certaines coiffes étaient fabriquées à partir de plusieurs pièces de cuir.

Cerclage en cuir.
Cerclage en cuir.
Rivet de fixation de coiffe.
Rivet de fixation de coiffe.

A noter aussi, qu'en raison du reconditionnement subit après 1943, les coiffes furent bien souvent démontées pour permettre une remise en peinture intégrale de la coque et aussi pour être changée si l'état n'était pas jugé satisfaisant.
A chaque reconditionnement le cuir sera plus fin et la jugulaire moins épaisse. La coiffe restera brune mais très souvent la jugulaire sera noire.

Coiffe d'origine.
Coiffe d'origine.
Coiffe reconditionnée.
Coiffe reconditionnée.
Coiffe reconditionnée.
Coiffe reconditionnée.

La jugulaire :

Rivet de fixation de jugulaire.
Rivet de fixation de jugulaire.
Boucle de fixation.
Boucle de fixation.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Jugulaire fixée.
Jugulaire fixée.

La jugulaire, composée de deux parties, est fabriquée en cuir (de couleur noire ou marron). La partie la plus longue, mesurant environ 40 centimètres, comporte environ six trous pour se fixer à la boucle à ardillon fixée à l'extrémité de la partie la plus courte, mesurant environ 11 centimètres.
La jugulaire est fixée au casque à deux passants mobiles, constituées d'une boucle rectangulaire, dont la base est prise dans une patte en laiton repliée sur elle-même. Ce support en laiton est ensuite percé afin de pouvoir pivoter sur le gros rivet tubulaire de fixation, maintenant par la même occasion le cerclage en cuir de la coiffe.

En raison du reconditionnement effectué après la guerre civile, on peut rencontrer des passants de jugulaire différents sur un même casque : un pouvant avoir été changé, ou même les deux avec deux passants différents.