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Casque Modèle 26

Fiche

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Historique

L'Espagne, étant un pays neutre durant la première guerre mondiale et n'ayant une expérience de combat uniquement en climat chaud (guerre coloniale en Afrique du Nord) où le port d'un casque en acier est déconseillé, mis du temps avant d'étudier la création d'un casque moderne pour équiper ses troupes.
La neutralité de l'Espagne vis à vis de la première guerre mondiale n'empêcha pas l'état-major de s'intéresser aux évènements du conflit et par la même occasion à l'avancée des techniques de guerre moderne.
A l'époque, seule l'artillerie était dotée d'un casque en caoutchouc dont la protection balistique était inexistante.
L'Espagne se lança donc à la recherche d'un modèle national, pour cela plusieurs fabricants tants espagnols qu'étrangers se lancèrent dans l'étude de projets plus ou moins poussés.
De ces essais, seuls deux projets aboutirent à un stade expérimental, le premier de la société Hijo De B. Castels à Barcelone, fabricant de casques de parade pour le compte de la cavalerie. Ce projet ne fut pas retenu en raison d'une fabrication complexe et artisanale inadaptée à une production à grande échelle.
Le second projet, dirigé par le commandant d'artillerie Don Antonio Ramirez de Arellano, au sein de l'arsenal d'artillerie de Trubia, aboutit à un prototype qui sera fabriqué à 150 exemplaires environ. Ce projet dont la ligne aboutira au casque modèle 21 fut toutefois refusé.
Souhaitant réduire son coût de production et par la même occasion le perfectionner, le commandant Antonio Ramirez poursuivi ses recherches pour aboutir au casque modèle 21 au cours de l'année 1930.
Au cours de cette année, l'arsenal de Trubia proposa deux modèles dérivés, l'une sans visière et une autre muni de bords évasés vers l'extérieur dans le but de les reconnaître rapidement.
Ainsi, au cours de l'année 1930, un plan de production fut lancé afin de produire 12 000 unités de casques sans visière pour seulement 1500 exemplaires avec visière.
C'est dans ces conditions un peu chaotique que le casque modèle 26 avec visière fut retenu officiellement par l'arrêté royale du 3 novembre 1930. Les casques sans visière, déjà fabriqué, furent mis en stock en prévision d'une vente à un pays étranger.
La dégradation du gouvernement et l'éclatement de la guerre civile en 1936 amenèrent à l'utilisation de ces casques sans visière qui furent utilisés durant toute la guerre civile aussi bien au sein des troupes nationalistes que des troupes républicaines.
En ce qui concerne la désignation officielle de ces casques, initialement le premier projet de casque remonte à 1921, mais ce n'est qu'en 1926 que l'arsenal de Trubia lança son projet de casque modèle 26, qui aboutira en 1930 avec l'apparition de deux modèles assez proche dans leur conception : c'est l'année du lancement du projet qui prévaut pour la désignation.
La désignation officielle de ce modèle est casque modèle 26 "con ala", sa variante est désigné comme modèle 26 "sin ala" (modèle 21).
Le casque modèle 26 "con ala" sera utilisé jusqu'à la fin de la guerre civile en 1939, les exemplaires inventoriés par l'armée franquiste seront reconditionnés après 1943 puis mis en stock dans l'attente d'une mobilisation.

Modèle 21.
Modèle 21 ou modèle 26 "sans visière".
Casque modèle 26. Casque modèle 26. Casque modèle 26. Casque modèle 26.
Casque modèle 26. Casque modèle 26. Casque modèle 26.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Rivet creux.
Rivet creux.
Rivet bombé.
Rivet bombé.

Le casque modèle 26 est formé d'un bloc, par emboutissage progressif d'une feuille d'acier laminé, dont l'épaisseur pouvait varier de 1,1 à 1,8 millimètres : ce qui fait que le poids est donné de manière approximative.
La coque est ensuite percée à sept reprises pour la fixation ultérieure des éléments internes du casque (coiffe et jugulaire).
Les casques modèle 26, fabriqués avant et durant la guerre civile, étaient peints de couleur gris ciment et ne possédaient pas la fixation pour l'insigne de l'armée de terre ("Ejército de Tierra").
Sur les premiers modèles de teinte grise, le rivet de jugulaire est un rivet creux, les rivets de coiffe sont bombés.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Support insigne franquiste.
Support insigne franquiste.

On reconnaît les casques restaurés après la guerre civile par leur couleur vert kaki et l'ajout d'une petite patte métallique, coudée en son centre et fixée à la coque par deux points de soudures électrique. Ce support de fixation servait à la fixation de l'insigne franquiste créé en 1943.
Les rivets creux pour la fixation de la jugulaire ainsi que les rivets de coiffe sont remplacés par des rivets plats.

Insigne Franquiste.
Insigne Franquiste.

La coiffe :

Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Fixation du cerclage.
Fixation du cerclage.
Jointure cerclage.
Jointure cerclage.
Rembourrage en feutre.
Rembourrage en feutre.
Patte de coiffe.
Patte de coiffe.

La coiffe est constituée de trois pattes en cuir (de couleur noire ou marron) très large, dont la découpe est de qualité médiocre. Un morceau de feutre, de forme rectangulaire et dont un demi cercle est découpé en haut de chacun d'eux, est cousu en bas de chacune des pattes en cuir. Ce morceau de feutre a pour but de rembourrer la coiffe en épaississant la patte de cuir afin de réduire le contact avec le cerclage.
Ces pattes sont ensuite cousues à un cerclage en cuir, dont les extrémités sont rejointes par un rivet mécanique, à noter que la couture parcoure l'intégralité de la longueur du cerclage.
Chaque patte de cuir a sa partie inférieure scindée en deux parties. Chacune de ces parties possède deux trous afin d'y faire passer la cordelette de réglage en hauteur de la coiffe.
La coiffe est ensuite fixée à la coque grâce à sept rivets tubulaires, dont deux plus gros maintenant par la même occasion les passants de jugulaire.
Enfin, durant la guerre civile espagnole, à cause des pénuries en matières premières, certaines coiffes étaient fabriquées à partir de plusieurs pièces de cuir.

A noter aussi, qu'en raison du reconditionnement subit après la guerre civile, les coiffes furent bien souvent démontées pour permettre une remise en peinture intégrale de la coque (Cf image 2, où on peut voir l'ancien trou de fixation du cerclage).

Coiffe.
Coiffe.

La jugulaire :

Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Passant.
Passant.
Autre modèle de passant.
Autre modèle de passant.
Boucle à ardillon.
Boucle à ardillon.
Jugulaire fixée.
Jugulaire fixée.

La jugulaire, composée de deux parties, est fabriquée en cuir (de couleur noire ou marron). La partie la plus longue, mesurant environ 40 centimètres, comporte environ six trous pour se fixer à la boucle à ardillon fixée à l'extrémité de la partie la plus courte, mesurant environ 11 centimètres.
La jugulaire est fixée au casque à deux passants mobiles, constituées d'une boucle rectangulaire, dont la base est prise dans une patte en laiton repliée sur elle-même. Ce support en laiton est ensuite percé afin de pouvoir pivoter sur le gros rivet tubulaire de fixation, maintenant par la même occasion le cerclage en cuir de la coiffe.

En raison du reconditionnement effectué après la guerre civile, on peut rencontrer des passants de jugulaire différents sur un même casque : un pouvant avoir été changé, ou même les deux avec deux passants différents.