Retour à la rubrique France
Casque Gueneau, maintien de l'ordre en zone tropicale

Fiche

Preview

Historique

Depuis que la France s'est construit un empire colonial principalement en Afrique et en Asie, l'intendance militaire a toujours fourni à ses troupes des équipements adaptés aux zones chaudes.
La protection du crâne n'échappa pas à la règle, bien que ces casques furent conçus plus pour la protection contre le soleil que contre des projectiles à haute vélocité.
Ainsi, le premier casque tropical créé pour le compte des troupes françaises, en place dans les colonies pour le maintien de l'ordre ou la conquête de nouveaux territoires, fut le modèle 1886, surnommé "pain de sucre" en raison de sa forme.
Les corps de gendarmerie en furent dotés. Ce casque, fabriqué en liège recouvert de tissu, arborait à l'avant une grenade métallique. Le modèle 1886 restera en dotation au sein des forces française en place en "zone chaude" jusqu'à la fin des années 30, période durant laquelle fut mis au point le casque de liège modèle 31, calqué sur les casques en dotation dans l'armée anglaise.
Le casque de liège M31 équipa également la Gendarmerie durant les années 30, mais aussi durant la seconde guerre mondiale. Au lendemain de la guerre, ce casque servira notamment lors de la guerre d'Indochine.
Le casque M31 qui est une coiffure de ville et de service ordinaire destinée au personnel Européen, était totalement inadapté aux taches de maintien de l'ordre et il n'existait aucun casque spécifiquement conçu pour cet usage en zone tropicale.
C'est pourquoi la société Guéneau-Géno développa à la fin des années 40, un casque destiné au maintien de l'ordre en zones tropicales.
Les unités de la Gendarmerie, tant départementale que mobile, en furent dotées dans les départements et territoires d'outre-mer, ainsi qu'en Afrique noire dans le contexte d'après guerre où émergèrent de nombreux mouvements pour l'indépendance des colonies.
Ce nouveau casque, fabriqué en stratifié polyester doublé de liège, est isotherme, léger, aéré et confortable et offre une bonne protection aux coups. Sa forme circulaire n'est pas sans rappeler le casque plat Mark II britannique.
Durant sa production, le casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les Tropiques évolua peu à peu, donnant ainsi naissance à trois variantes bien distinctes.
Le premier modèle a équipé plus particulièrement la Gendarmerie Départementale. Il est équipé d'une coiffe maintenue par un lacet, comme certains casques de chantier ou le "Civilian, Steel, Helmet" (Zuckerman) britannique.
Le second modèle, le plus répandu, a une suspension de coiffe rivetée tandis qu'à la fin des années 50 une troisième version comporte tous les éléments intérieurs du sous-casque modèle 51 du troisième type.
Ces casques, destinés à équiper la Gendarmerie en Afrique noire et dans les DOM-TOM (Département d'Outre-mer et Territoire d'Outre-mer), connaîtront un important succès à l'exportation, notamment au Dahomey (devenu le Bénin depuis 30 novembre 1975), au Tchad ou en Côte d'Ivoire, après leur indépendance. On note aussi des cas d'utilisation en Irak.

Casque modèle 31 de la Gendarmerie.
Casque modèle 31 de la Gendarmerie.
Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques. Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques. Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques.
Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques. Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques. Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques.
Casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les tropiques.

Constitution

La coque :

La coque est formée par moulage d'une seule pièce en stratifié polyester dur et rigide et teintée kaki dans la masse. La surface de moulage est fortement grenelée, donnant ainsi au casque un aspect granité, réduisant ainsi les reflets du soleil.
La bombe a une base elliptique de 19,5 centimètres d'axe transversal et de 22,5 cm d'axe longitudinal. Elle a une profondeur de 10 cm et elle est prolongée par un rebord évasé, d'une largeur constante de 4,5 cm, formant un angle de 120° avec l'axe vertical.
La coque est ensuite percée d'un nombre de trous variables en fonction de la version du modèle, dont il existe trois variantes.

1er type.

La première variante du casque Gueneau de maintien de l'ordre sous les Tropiques se caractérise par douze trous pratiqués sur toute la périphérie du casque et dans lesquels passe un lacet servant au maintien de la coiffe.
Ce modèle ne possède aucun trou d'aération et comme pour les casques Adrian modèle 15 et 26, deux fentes sont pratiquées à l'avant afin de permettre la fixation de l'attribut métallique à l'aide des deux pattes de celui-ci.
Afin d'accroitre les qualités isotherme du casque, le fond de la bombe est tapissé d'une couche de liège recouvert d'une toile de coton.
De chaque coté de ce modèle, deux trous sont pratiqués pour la fixation des deux passants de jugulaire identique à ceux équipant le casque Adrian modèle 26, chacun d'eux fixé avec deux rivets mécaniques.
Enfin, ce modèle est peint de couleur vert kaki.

2ème type.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Peinture texturée.
Peinture texturée.
Fixation insigne.
Fixation insigne.
Gendarmerie départementale.
Insigne gendarmerie.
Trou d'aération.
Trou d'aération.

Sur le modèle du second type, la fixation de la coiffe ne s'effectue plus à l'aide d'un lacet et pour cette raison, les douze trous pratiqués sur la périphérie disparaissent.
De plus, les deux fentes frontales, permettant la fixation d'un attribut, disparaissent au profit de deux petits pontets métalliques rivetés à l'avant du casque. Ce modèle est désormais muni de deux trous d'aération pratiqués de chaque coté sur le tiers supérieur du casque, qui sont renforcés d'un œillet métallique.
Le fond de la bombe est recouvert d'une couche de liège recouverte d'une toile de coton de couleur brun/pourpre de manière identique au premier modèle, mais sur lequel sont fixées deux bandes de toile en croix par une couture parcourant la périphérie du milieu de la bombe.
Ce double fond comporte aussi deux trous d'aération plus gros que ceux de l'extérieur, destinés à communiquer avec le flux d'air passant par les trous extérieurs. Ces deux trous sont renforcés d'un œillet métallique posé par dessus la bande de toile transversale.
La base de cette coque est percée de six trous pour la fixation du cerclage de toile maintenant la coiffe, complété de deux trous de chaque coté pour la fixation des deux passants de jugulaire. Ce modèle est peint de couleur vert kaki.

3ème type.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Peinture texturée.
Peinture texturée.

La bombe du modèle de troisième type est d'une fabrication simplifiée et ne présente plus le double fond. Sa surface est moins grenelée et il est désormais peint de couleur vert armée.
La coque présente toujours deux trous d'aération de chaque coté renforcé d'un œillet métallique, présent sur le tiers supérieur de la bombe.
La base de la coque est présente huit trous pour la fixation de la coiffe et les deux tenons de fixation de la jugulaire.
Les deux supports frontaux de fixation d'insigne disparaissent, la fixation d'un insigne s'effectuant désormais en pratiquant des trous à l'avant du casque.
Du fait de la suppression de la doublure de la bombe, et pour amortir les chocs, le fond de la coque est muni d'un tampon de la forme d'un losange collé au fond du casque.

Modèle export.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Œillet d'aération.
Œillet d'aération.
Œillet - vue intérieure.
Œillet - vue intérieure.
Rivets de fixation de coiffe.
Rivets de fixation de jugulaire et de coiffe.

La coiffe :

1er type.

La coiffe est constituée par une bande de cuir dont le repli est cousu sur une bande de toile à gros grain. Ainsi doublée, elle s'enfile sur elle-même, ce qui permet le réglage du tour de tête. Six bandes de cuir y sont fixées. Leurs deux extrémités sont repliées et cousues en fourreau. Elles se rejoignent au sommet grâce à un lacet passant dans les six fourreaux supérieurs, constituant ainsi le fond de coiffe. Cet ensemble est suspendu à l'intérieur de la bombe par un long lacet qui passe par les douze trous périphériques de la coque et les six fourreaux inférieurs de la coiffe.

2ème type.

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Armature et doublure.
Armature et doublure.
Doublure.
Doublure.
Œillet d'aération.
Œillet d'aération.
Suspension de coiffe.
Suspension de coiffe.
Détails des coutures de la suspension, agrafes et bandeau.
Détails des coutures de la suspension, agrafes et bandeau.
Lacet de réglage du tour de tête.
Lacet de réglage du tour de tête.
Jointure bandeau de sudation.
Jointure bandeau de sudation.
Agrafe de fixation.
Agrafe de fixation.
Détail fixation et doublure.
Détail fixation et doublure.
Coiffe.
Coiffe.

Le système de lacet de fixation de la coiffe disparaît. La bombe est munie d'un cerclage constitué d'une bande de toile forte de coton, riveté à chaque extrémité des deux bandes de toile, et aussi entre chacune d'elle aux six trous pratiqués sur le pourtour de la coque. Les points de fixation de ce cerclage de toile comportent une rondelles en liège permettant de créer un espace entre la coque du casque et la doublure de liège d'isolation.
La coiffe, en elle-même, est composée aussi d'une bande double de toile et cuir. A chaque extrémité de ce bandeau sont percés 3 trous dans lesquels passe un petit lacet qui permet de la régler la circonférence de la coiffe au tour de tête souhaité.

La coiffe du second type existe en trois tailles, chacune permettant trois tours de tête : 53/55, 56/58 et 59/61. Ce bandeau comporte une suspension de type "Riddel" formée par 3 rubans de toile pliés en V et réunis entre eux par un lacet permettant le réglage en profondeur de la coiffe. Sur la périphérie intérieure de la coiffe, sont fixées six crochets de coiffe, identique à ceux équipant les coiffes de cuir des casques Adrian modèle 26. Ces six crochets se clipsent sur le cerclage de toile forte riveté sur la circonférence de la bombe.

3ème type.

La coiffe du 3ème type est purement et simplement reprise du sous-casque modèle 51 du 3ème type. Cette coiffe est constituée d'une suspension de type "Riddel" et est directement fixée dans la bombe à l'aide de 6 écrous et 6 vis (ce qui rend la coiffe amovible), dont le maintien est assurée par 6 plaques métalliques de forme triangulaire, et peintes en vert.
Cependant, les modèles du 3ème type destinés à l'export possèdent leur coiffe fixée directement dans la coque à l'aide de rivets, ceci s'expliquant sans doute du fait que les pays étrangers destinataires de ces casques ne possèdent pas de stock de coiffes neuves comme c'est le cas en France.
Les six points de fixation de la suspension de coiffe sont tous placés à équidistance l'un de l'autre (11,5 centimètres), la suspension étant désormais parfaitement symétrique, il est possible de la placer dans n'importe quel sens. La toile composant la suspension est désormais de couleur vert armée.

Coiffe du 3ème type.
Coiffe du 3ème type.
Rembourrage de fond.
Rembourrage de fond.
Rivet de fixation, modèle export.
Rivet de fixation, modèle export.

Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête, constitué d'une bande de cuir de couleur marron foncé, cousue sur une bande de toile réglable à l'aide d'une boucle à double passant. Ce bandeau est muni de 6 agrafes métalliques permettant de placer le bandeau sur le cerclage de toile de la suspension.
Afin de mieux amortir les chocs, un morceau de feutre en forme de losange est directement collé au fond de la bombe.

La jugulaire :

Modèle 26 équipant les casques du 1er et 2ème type.

Têtes de rivets.
Têtes de rivets.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Partie fixe de la jugulaire.
Partie fixe de la jugulaire.
Partie coulissante.
Partie coulissante.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Extrémité boucle.
Extrémité boucle.
Extrémité bouton de fixation.
Extrémité bouton de fixation.
Détail bouton métallique.
Détail bouton métallique.

La jugulaire, équipant les modèles du 1er et 2ème type, est du modèle 26, qui équipa notamment les casques Adrian modèle 26, modèle 36 de la DCA et plus récemment le casque modèle 45.
Cette jugulaire est montée sur des passants très proche de ceux montés sur le casque Adrian modèle 26 et modèle 36 de la DCA. Les passants sont constitués d'une boucle métallique rectangulaire, dont la base est prise dans une patte métallique pliée sur elle-même, jouant le rôle de charnière et rivetée à l'aide de deux rivets métalliques de chaque coté du casque (ces rivets ont la particularité d'avoir leur tête déjà peint en vert kaki).
La jugulaire est fabriquée à partir d'une bande de cuir épaisse, longue de 54 centimètres pour 1,5 cm de large. Une de ses extrémités est munie d'une boucle à double passants rivetée.
L'autre extrémité de la jugulaire passe ainsi dans un des passants de jugulaire, puis passe dans les deux fentes de la boucle de réglage, et est fixée à l'autre passant de jugulaire à l'aide d'un bouton métallique à double tête, qui est amovible grâce aux deux trous fendus présents à l'extrémité de la jugulaire.

Modèle 51 équipant les casques du 3ème type.

Jugulaire modèle 51 en cuir vert.
Jugulaire modèle 51 en cuir vert.
Boucle de réglage et triangle de fixation.
Boucle de réglage et triangle de fixation.
Détail fixation.
Détail fixation.

La petite jugulaire en cuir équipant le casque de maintien de l'ordre sous les Tropiques du 3ème type reprend celle du sous-casque modèle 51 du 3ème type (largement inspirée de la jugulaire du liner américain), de même que sa coiffe.
Elle est fabriquée à partir d'une bande de cuir teinté en vert, d'une largeur de 1,2 centimètres, pour une longueur d'environ 45 centimètres. Cette lanière de cuir est repliée à une de ses extrémités et est rivetée, retenant boucle de maintien de forme triangulaire, l'autre extrémité est passée dans une boucle identique puis fixée par un rivet à une boucle de serrage.
La boucle de serrage est copiée sur la boucle à clip américaine, elle est fabriquée en acier et peinte en kaki.
Cette jugulaire se clipse à l'aide de ses deux boucles triangulaires aux deux tétons rivetés de chaque coté du casque.

Les marquages :

Etiquette du fabricant.
Etiquette du fabricant.

Les 1er et second modèle comporte l'étiquette en fine toile du fabricant collé au fond du casque, souvent absente en raison de la fragilité de celle-ci.
Cette étiquette comporte la raison sociale de l'entreprise qui est Guéneau - Geno située au 6, Faubourg Saint Honoré à Paris 8ème.
Cette étiquette comporte aussi le numéro et la date du contrat, et à la suite la taille de la coiffe apposé à l'aide d'un tampon à l'encre. Cette étiquette est terminée par la désignation officielle du casque, soit Type maintien de l'ordre sous les Tropiques.

Les utilisations étrangères :

République Centre Africaine.
République Centre Africaine.
Casque d'un instructeur français au Dahomey.
Casque d'un instructeur français au Dahomey.
République du Dahomey.
République du Dahomey.

Il n'est pas rare de retrouver des exemplaires classiques, munis d'attribut de gardes républicaines africaines. Il s'agit souvent de casques ayant appartenu à des gendarmes français, chargés d'encadrer les jeunes gardes, dans les premières années de l'indépendance.
Le modèle exportation a un succès important, notamment dans nos anciennes colonies. Il a été également exporté en Irak.

Modèle export du Tchad.
Modèle export du Tchad.
Insigne.
Insigne.
Fixation insigne.
Fixation insigne.