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Casque Modèle 26/27

Fiche

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Modèle 26 initial

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Modèle 26/27

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Modèle 26/31

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Variante de fabrication du modèle 26/31

Historique

Après la première guerre mondiale, les équipages des régiments de chars de combat et les militaires des escadrons d'autos-mitrailleuses de cavalerie, sont équipés du casque, issu de l'Adrian, dit "modèle 19".
En mars 1922, une commission est constituée aux fins de décider du casque nouveau modèle général. L'acier au manganèse est retenu à cause de ses qualités d'étirement permettant d'une part une facilité d'emboutissage et d'autre part une déformation maximum avant rupture. La forme retenue est celle de l'Adrian, symbole de la victoire. Il sera embouti en une seule pièce dans une plaque d'acier au manganèse.
Une version pour les chars de combat et les autos-mitrailleuses de cavalerie, est également réalisée.
Ces casques, considérés comme expérimentaux, ne sont pas décrits au bulletin officiel (BO) et sont simplement désignés comme "nouveau modèle". Par commodité on les appelle aussi "modèles de transition", les collectionneurs leur donnent la désignation non officielle de "modèle 23".
Le casque modèle 23 pour régiments de chars de combat (RCC) et escadrons d'autos-mitrailleuses de cavalerie (EAMC), conserve la même forme que le casque modèle 19 mais sans raccord entre la bombe et le couvre-nuque (bombe formée d'un seul tenant). Le système de coiffe et de gaufrettes en aluminium maintenues par des agrafes-crampons, est conservé. Sa fragilité est certaine, c'est pourquoi en 1926 le système de coiffe est modifié. La coiffe repose désormais sur quatre lames ressort. En mai 1926,"le casque nouveau modèle" est décrit au BO. Cette modification s'applique tant au casque du modèle général qu'au casque pour les régiments de chars de combat et escadrons d'autos-mitrailleuses de cavalerie. Ces "casques nouveau modèle" sont connus sous la désignation globale de casques modèle 26.
Le couvre-nuque est identique, dans un premier temps, à celui du casque modèle 23 pour RCC et EAMC avec une pente de 60° par rapport à l'horizontale. Mais dès 1927 apparaît une variante dont la pente du couvre nuque est portée à 70°, modifiant sensiblement la silhouette du casque. Il semble que cette variante soit exclusive des entreprises Franck à Aubervilliers.
Avec l'apparition des premières radios de bord, le couvre-nuque enveloppant n'est guère compatible avec le port des écouteurs. C'est pourquoi en 1931, apparaît une ultime variante munie d'un couvre-nuque à pente de 35°, identique à celui du modèle général. Ces modifications de couvre-nuque, le reste du casque restant par ailleurs inchangé, ne font pas l'objet d'une désignation officielle. Par commodité nous nommerons les casques en résultant, modèle 26/27 et modèle 26/31, la première mouture étant le modèle 26 tout court.
En 1935, dans le cadre de la modernisation de l'armée, une collection d'effets destinés aux troupes motorisées est décrite au BO. Parmi ceux-ci le casque pour troupes motorisées modèle 35, premier casque sans cimier, va remplacer les casques modèles 26 en tant que casque réglementaire au sein des RCC et EAMC. Cependant à l'entrée en guerre de la France en 1939, bon nombre de casques modèle 19, 23 et 26 seront encore en service.

Casque modèle 23.
Casque modèle 23
Casque modèle 26 de char.
Casque modèle 26 de char. Casque modèle 26 de char. Casque modèle 26 de char.

Constitution

La bombe :

Modèle 26.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de côté.
Vue de côté.
Vue arrière.
Vue arrière.

Comme pour le casque du modèle général, la bombe du casque Mle 23 pour chars est conservée. Elle est emboutie en une seule pièce, dans une plaque d'acier au manganèse. Elle a la forme d'une demi-sphère ovalisée à la base. Le bord vif de la tôle, est recouvert, sur toute la périphérie du casque, par un jonc de tôle d'une largeur après pose de 4 mm.
L'aération est assurée par une série de 8 trous disposés en quinconce. Ces trous ont, exclusivement, un diamètre de 4 mm.
Comme sur le Mle 23, l'avant de la bombe est recouvert par un bandeau de cuir collé à la colle forte et fixé à ses extrémités par deux agrafes parisiennes. D'une épaisseur d'environ 2,5 mm, il est formé par deux ou trois bandes de cuir de chèvre ou de mouton, superposées et solidement assemblées entre elles par une piqûre établie à environ 3 mm des bords. La partie apparente est noircie et glacée. Il comporte en outre, un retour en mouton glacé, d'environ 45 mm de large dans sa partie centrale, qui s'adapte à l'intérieur du casque dans lequel elle est collée.
Le couvre-nuque, identique au Mle 23, vient d'emboutissage avec la bombe, il forme un angle de 60° avec le plan passant par la pliure et le rebord avant du casque. Il mesure environ 5 cm dans sa partie la plus large.
Deux fentes de 7 mm espacées de 35 mm sont percées sur l'avant, à 70 mm du bord du casque. Destinées à recevoir l'attribut des chars de combat Mle 19, elles sont remontées par rapport au modèle général, du fait de la présence du bandeau. En contre partie, le cimier est raccourci sur l'avant d'environ 4 cm et adopte un profil plat sur l'avant comme les Mle 19 et 23. Il est embouti en duralumin. Il est maintenu à la bombe à l'aide de quatre rivets fendus.
Comme pour le nouveau modèle général, les bombes sont fabriquées en trois tailles, B, C et D, de mêmes dimensions que le Mle 23. La taille A n'existe pas. La bombe la plus petite est donc la taille B de 63 cm de développement comme la taille B du Mle 15 et la taille A du Mle 19. La plus grande est la taille D de 69 cm de développement, correspond à la taille C du Mle 19 et n'existe pas sur le Mle 15.

Retour de cuir intérieur.
Retour de cuir intérieur.
Rivet de fixation du bandeau.
Rivet de fixation du bandeau.
Fixation de l'attribut.
Fixation de l'attribut.
Fentes d'attribut.
Fentes d'attribut.
Aération et rivets de fixation du cimier.
Aération et rivets de fixation du cimier.

Modèle 26/27.

Dès 1927 apparaît une fabrication munie d'un couvre-nuque plus enveloppant. Sa pente par rapport au plan contenant la base de la bombe est portée à ±70°, c'est-à-dire quasiment verticale. Il mesure environ 5 cm dans sa partie la plus large. Le reste de la bombe est inchangé.
Il semble que les Ets Franck soient à l'origine de cette version dont on ignore la motivation.


Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Intérieur muni de quatre lames ressort support de coiffe.
Intérieur muni de quatre lames ressort support de coiffe.
Détails point de fixation du bandeau en cuir et rivet de fixation de la lame support de coiffe avec passant de jugulaire.
Détails point de fixation du bandeau en cuir et rivets de fixation de la lame support de coiffe.

Modèle 26/31.

En 1931 enfin, apparaît une troisième variante munie à contrario d'un couvre-nuque affectant une pente de 35°, c'est-à-dire identique à celui du modèle général. Il mesure environ 5 cm dans sa partie la plus large. Il existe plusieurs variantes de découpe du décrochement au niveau de l'oreille, dues aux différents fabricants. Le reste de la bombe est inchangé.
Là non plus la motivation n'est pas connue, bien que l'on suppose qu'il s'agit de faciliter le port du matériel acoustique de tête.
Rappelons que ces variantes ne sont pas décrites au BO et que les désignations millésimées ne sont pas officielles mais propres au monde de la collection. Les documents officiels mentionnent uniquement un "casque nouveau modèle".

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Intérieur muni de quatre lames ressort support de coiffe.
Intérieur muni de quatre lames ressort support de coiffe.
Détails rivet de fixation du bandeau en cuir, échancrure.
Détails rivet de fixation du bandeau en cuir, échancrure.
Variante de fabrication.
Variante de fabrication.
Détails échancrure.
Détails échancrure.

La coiffe :

Intérieur modèle 26/27, muni de quatre lame ressort de support de coiffe.
Intérieur modèle 26/27, muni de quatre lame ressort de support de coiffe.
Intérieur modèle 26/31, muni de quatre lame ressort de support de coiffe.
Intérieur modèle 26/31, muni de quatre lame ressort de support de coiffe.
Lame ressort.
Lame ressort.
Agrafes de coiffe.
Agrafes de coiffe.
Couture d'une agrafe.
Couture d'une agrafe.
Agrafe de coiffe. Agrafe de coiffe. Agrafe de coiffe.
Agrafe de coiffe (trois vues).
Coiffe dépliée.
Coiffe dépliée.
Coiffe dépliée (envers).
Coiffe dépliée (envers).

Elle se compose d'une suspension assurée par quatre lames ressorts et de la coiffe proprement dite, de conception identique à celle du modèle général.
La garniture d'aération en tôle d'aluminium ondulée ainsi que les agrafes crampons en tôle d'acier sont abandonnées.
Aux quatre points cardinaux de la bombe, quatre lames ressorts sont maintenues, chacune par une paire de rivets tubulaires, en laiton ou en acier. Ce rivetage se loge dans des trous percés à cet effet, 8 mm au dessus du plan de base de la bombe.
Chaque lame est découpée dans une plaque d'acier doux de 6/10èmes. Elle affecte la forme d'une raquette de 12 cm de long, dont le manche de 2 cm de large se raccorde en accolade à une palette de 4 x 8 cm à coins arrondis. Cette palette est évidée de sorte que les trois cotés extérieurs aient une largeur de 1 cm. Ces cotés sont rigidifiés par un repli de métal de 4 mm préalablement réservé à cet effet. La lame est ensuite pliée en deux, c'est-à-dire à 6 cm exactement de chaque extrémité, les replis de métal tournés vers l'intérieur. Chaque lame est percée de deux trous à 8 mm de l'extrémité aux fins d'être rivetée à la bombe.
La coiffe proprement dite est composée d'un bandeau de cuir de mouton noirci et glacé, de 7 cm de large et d'une longueur variant en fonction du tour de tête souhaité. Sur l'un des bords est cousu intérieurement un bandeau de feutre de 5 mm d'épaisseur et de 4 cm de large. Les deux bandeaux se recouvrent de 15 mm. Sur l'autre bord, six dents du même cuir sont maintenues par deux coutures parallèles espacées de 5 mm, parcourant intégralement la totalité du bandeau. Ces dents, de forme triangulaire à sommet arrondi, ont une base de 7 cm et une hauteur de 9 cm et une perforation à 1 cm de leur extrémité, destinée au passage du ruban de réglage en profondeur. Elles sont réparties uniformément sur le bandeau. In fine, le bandeau est refermé sur lui-même par une forte couture en zigzag. Les dents sont réunies par un ruban de toile noire passant dans chacune des perforations. Le nouage plus ou moins serré de ce ruban permet le réglage de la coiffe en profondeur.
Huit agrafes sont cousues par paire aux points cardinaux de la coiffe, à cheval sur la couture solidarisant le bandeau de feutre et le cuir. Pour chaque paire les agrafes sont espacées de 35 mm. Chaque agrafe est composée d'une plaquette de ± 20 x 10 mm terminée par une languette qui se replie sur elle en "S", de manière à former une pince. Une perforation à chaque coin de la plaquette permet de la coudre sur la coiffe. Les agrafes se clipsent sur le rebord des lames ressorts dont le renfort métallique évite tout glissement.
Une fois la coiffe en place, le cuir est remplié par-dessus le feutre, à l'intérieur du casque.
Les coiffes existent en neuf tailles allant du 54 au 62. Chaque taille de bombe est prévue pour trois tailles de coiffe. Bombe B = 54, 55, 56 ; bombe C = 57, 58, 59 ; et bombe D = 60, 61, 62.

Coiffe en place.
Coiffe en place.

La jugulaire :

Passant de jugulaire et enchapure.
Passant de jugulaire et enchapure.
Bouton obtenu à partir d'un rivet tubulaire.
Bouton obtenu à partir d'un rivet tubulaire.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.

Chaque paire de rivets maintenant les lames de coiffe latérales, maintient également une petite enchapure de tôle dans la quelle pivote librement un dé carré de fil d'acier de 20 x 20 mm. Ces dés ont fonction de passant de jugulaire.
La jugulaire est identique à celle du nouveau modèle général. Elle est constituée d'une sangle de cuir fauve naturel de vachette ou cheval de 57 cm de long pour 15 mm de large. Une de ses extrémités enchape une boucle carrée à échelle, à l'aide d'un rivet tubulaire.
L'autre côté coulisse librement dans un des dés du casque puis dans la boucle de réglage et enfin se fixe sur le deuxième dé grâce à un bouton passant dans les deux boutonnières ménagées sur la jugulaire. Le bouton est en général un rivet tubulaire dont l'extrémité, matée à vide, tient lieu de deuxième tête. La jugulaire est ainsi facilement démontable.

En raison de l'utilisation de ces casques prolongée jusqu'au début des années 40, avec l'entrée en guerre de la France, on peut supposer que des jugulaires détériorées ont pu être remplacées par des jugulaires du modèle général appliqué à partir de 1937 et mis en place à l'aide d'une vis/écrou modèle 37.

La peinture :

Quelques casques des premières fabrications ont reçu la peinture bleue des casques modèle 23. Mais la quasi-totalité des casques Mle 26 a été peinte en kaki. Ils sont souvent repeints en unité en noir brillant, surtout dans les autos-mitrailleuses pour être assortis à la veste de cuir noir en dotation. Les cimiers et les attributs sont parfois décapés et polis.
Cependant ceux encore en service en 39/40 seront repeints en kaki. Les casques peuvent ainsi être repeints, plusieurs fois au cours de leur carrière.

Les marquages :

Comme sur le nouveau modèle général, ils sont apposés à l'encre noire au fond de la bombe. Il s'agit d'abord de la lettre indiquant la taille de la bombe, B, C ou D.
En ce qui concerne la coiffe, on peut trouver la taille, un tampon du fabricant ainsi que parfois des tampons de réception. Ces inscriptions sont portées au verso des dents de la coiffe ou du bandeau, en blanc ou en noir, en fonction de la couleur du fond.

Marquage du fabricant FRANCK et taille D.
Marquage du fabricant FRANCK et taille D.
Marquage du fabricant JAPY et taille B.
Marquage du fabricant JAPY et taille B.
Coiffe, réception.
Coiffe, réception.
Coiffe, fabricant.
Coiffe, fabricant.
Coiffe, fabricant et réception.
Coiffe, fabricant et réception.

Les attributs :

Pour les escadrons d'autos-mitrailleuses de cavalerie (EAMC), l'attribut est celui de la cavalerie, c'est-à-dire la grenade toutes armes Mle 15.
Pour les chars de combat, c'est toujours l'attribut créé en 1919, le heaume fermé, brochant sur deux canons croisés et entouré des lettres RF. Il est estampé sur une rondache de tôle ou de fer blanc de 4/10èmes, d'un diamètre de 65 mm. Il en existe deux dessins, un heaume à cou court et un heaume à cou long.
Les attributs sont fixés au casque par leurs agrafes-crampons passant dans les fentes de la bombe prévues à cet effet.

Attribut des EAMC.
Attribut des EAMC.
Attribut modèle 19 des chars de combat (cou court).
Attribut modèle 19 des chars de combat (cou court).
Attribut modèle 19 des chars de combat (cou long).
Attribut modèle 19 des chars de combat (cou long).

Quelques exemples

Modèle 26/27. Modèle 26/27.
Casque Mle 26/27 d'un régiment de chars de combat, repeint en noir.

Modèle 26/31. Modèle 26/31.
Casque Mle 26/31 repeint en noir du sous-lieutenant Durlemann (504 RCC ?). La rondache et le cimier ont été décapés et polis.
Propriétaire.
Etiquette de propriété du sous-lieutenant Durlemann.
Modèle 26/27.
Casque Mle 26/27 peint en noir brillant d'un escadron d'autos mitrailleuses de cavalerie.
Modèle 26/31. Modèle 26/31.
Casque Mle 26/31 d'un escadron d'autos mitrailleuses de cavalerie.