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Casque Modèle 36

Fiche

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Historique

L'utilisation d'aéronefs pendant la première guerre mondiale, amena à développer des moyens de défense adaptés.
Lors de la déclaration de guerre, on ne compte que très peu de matériels spécialisés dans la DCA et encore moins de méthode pour tirer sur les avions. Ce sont d'abord des armes terrestres existantes, qui sont pointées vers le ciel, souvent de façon empirique, avec plus ou moins de bonheur. Sous l'impulsion du chef de bataillon Pagesy, considéré comme le père de la DCA (Défense Contre Aéronefs), les grands principes du tir anti-aérien sont mis au point. A la fin de la guerre, l'armée française possédera six régiments d'artillerie à vocation anti-aérienne. Ils ne seront plus que cinq dans les années 20.
Appartenant à l'artillerie, les personnels sont équipés du casque Adrian Mle 15, puis Mle 26 avec l'attribut à la grenade brochant deux canons croisés.
Cependant, les matériels se perfectionnent et dans les années 30 la DCA est munie d'appareils de détection acoustique et de télémètres, qui nécessitent d'approcher le visage des oculaires ou de porter des écouteurs. Le casque du modèle général n'est plus adapté et l'on cherche à doter les unités de DCA d'un casque spécifique. Après avoir repoussé des tentatives de modification de la bombe Mle 26, il est décidé, en 1936, d'adopter un casque issu du modèle pour troupes motorisées mis en service l'année précédente. Ceci offre l'avantage d'éviter la trop longue étude que nécessiterait la mise au point d'un casque entièrement nouveau.
Le casque Mle 36 est donc élaboré à partir d'une coque Mle 35, dans laquelle sont pratiquées des échancrures semi circulaires au dessus des oreilles, pour permettre le port d'écouteurs. De ce fait, les lames ressort latérales sont raccourcies Le bourrelet épais étant inutile, le bandeau de cuir des modèles 19 et 26 de chars est reconduit. La coiffe est celle du Mle 26, avec simplement un retrait au niveau des échancrures. La jugulaire est aussi celle du Mle 26, cependant ses passants sont avancés pour ne pas gêner le port d'écouteurs, faisant apparaître une seconde paire de rivets latéraux. On retrouve bien entendu les mêmes variations de couvre nuque que sur le casque Mle 35, entrainant une variation dans la dimension de l'échancrure.
Le casque Mle 36 sera distribué de façon très inégale, certaines unités en étant intégralement pourvues, d'autres montrant un panachage de Mle 26 et 36, d'autres enfin n'en percevront jamais. A noter que ce casque est également utilisé par les sections anti-aériennes de régiments d'infanterie et par quelques éléments de chasseurs à pieds.
Quelques exemplaires existeront encore dans l'armée de libération, mais le casque Mle 36 ne survivra pas à la seconde guerre mondiale.

Casque modèle;le 36.
Casque Adrian modèle 26 de l'artillerie.
Casque Adrian modèle 26 de l'artillerie.
Casque modèle 36. Casque modèle 36. Casque modèle 36.
Casque modèle 36. Casque modèle 36. Casque modèle 36.
Casque modèle 36. Casque modèle 36.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Vue du repli intérieur du bandeau.
Vue du repli intérieur du bandeau.
Tête du rivet de fixation du bandeau.
Tête du rivet de fixation du bandeau.
Pattes du rivet de fixation du bandeau.
Pattes du rivet de fixation du bandeau.
Fentes de fixation de l'attribut.
Fentes de fixation de l'attribut.
Vue de l'intérieur.
Vue de l'intérieur.

La coque du casque modèle 36 est conçue sur la base de celle du Mle 35, avec les modifications nécessaires à son usage par les personnels de la DCA. Elle est emboutie en une seule pièce dans une feuille d'acier au manganèse. Elle est fabriquée en trois tailles : B, C, et D.
Elle se compose d'une bombe hémisphérique légèrement ovalisée, prolongée par un couvre-nuque arrondi. Elle est dépourvue de cimier et l'aération se fait par deux paires de trous de 4 mm espacés de 37 à 38 mm. Ces perforations sont situées sur les cotés, horizontalement, au tiers supérieur de la bombe. Chez certains fabricants, ces trous sont déplacés vers l'avant et leur alignement légèrement incliné. Les deux fentes habituelles, destinées à la fixation de l'attribut, sont pratiquées sur l'avant.
Le couvre-nuque (ou garde-nuque) est un croissant cintré, offrant une pente de 60° par rapport au plan de la base de la bombe.
De chaque coté, une échancrure semi-circulaire est pratiquée au niveau du décrochement du garde-nuque, découvrant les oreilles du porteur.
Un jonc métallique, d'une largeur posé de 4 à 5 mm, est serti sur la totalité du pourtour de la bombe.
L'avant de la bombe est recouvert par un bandeau de cuir identique à celui des casques de chars du Mle 26. Il est collé à la colle forte et fixé à ses extrémités par deux rivets fendus. D'une épaisseur d'environ 2,5 mm, il est formé par deux ou trois bandes de cuir de chèvre ou de mouton, superposées et solidement assemblées entre elles par une piqûre établie à environ 3 mm des bords. La partie apparente est noircie et glacée. Il comporte en outre, un retour en mouton glacé, d'environ 45 mm de large dans sa partie centrale, qui s'adapte à l'intérieur du casque dans lequel elle est collée.

La coiffe :

De conception identique à celle du modèle général, elle se compose d'une suspension assurée par quatre lames ressorts et de la coiffe proprement dite. Simplement, une adaptation est faite pour éviter d'obstruer les échancrures latérales.

Le système de suspension.

Disposition des lames ressorts à l'intérieur de la coque.
Disposition des lames ressorts à l'intérieur de la coque.
Lame ressort support de coiffe latérale.
Lame ressort support de coiffe latérale.
Lame ressort support de coiffe arrière.
Lame ressort support de coiffe arrière.
Lame ressort support de coiffe avant.
Lame ressort support de coiffe avant.
Lame ressort support de coiffe latérale.
Lame ressort support de coiffe latérale.
Lame ressort support de coiffe arrière.
Lame ressort support de coiffe arrière.

Aux quatre points cardinaux de la bombe, quatre lames ressorts sont maintenues, chacune par une paire de rivets tubulaires, en laiton ou en acier. Ce rivetage se loge dans des trous percés à cet effet, 8 mm au dessus du plan de base de la bombe, pour les lames avant et arrière et au dessus du sommet de l'échancrure, pour les lames latérales.
Chaque lame est découpée dans une plaque d'acier doux de 6/10èmes.
Les lames ressorts avant et arrière affectent la forme d'une raquette de 12 cm de long, dont le manche de 2 cm de large se raccorde en accolade à une palette de 4 x 8 cm à coins arrondis. Cette palette est évidée de sorte que les trois cotés extérieurs aient une largeur de 1 cm. Ces cotés sont rigidifiés par un repli de métal de 4 mm préalablement réservé à cet effet. La lame est ensuite pliée en deux, c'est-à-dire à 6 cm exactement de chaque extrémité, les replis de métal tournés vers l'intérieur.
Les lames ressorts latérales sont nettement raccourcies, du fait de leur position plus haute. Elles affectent elles aussi, la forme d'une raquette de 9 cm de long, dont le manche de 2 cm de large s'évase pour former une palette de 4,5 x 1,3 cm à coins arrondis. Cette palette n'est pas évidée. Le bord supérieur est rigidifié par un repli de métal de 4 mm préalablement réservé à cet effet. La lame est ensuite pliée en deux, c'est-à-dire à 4,5 cm exactement de chaque extrémité.
Chaque lame est percée de deux trous à 8 mm de l'extrémité aux fins d'être rivetée à la bombe.

La coiffe proprement dite.

Coiffe en cuir glacé noir - vue de dessus.
Coiffe en cuir glacé noir - vue de dessus.
Coiffe - vue de dessous.
Coiffe - vue de dessous.
Coiffe - vue avant.
Coiffe - vue avant.
Coiffe - vue de coté.
Coiffe - vue de coté.
Détail échancrure latérale de la coiffe.
Détail échancrure latérale de la coiffe.
Couture de la pliure pratiquée sur les côtés de la coiffe.
Couture de la pliure pratiquée sur les côtés de la coiffe.
Détail échancrure et fixation latérale.
Détail échancrure et fixation latérale.
Coiffe en place.
Coiffe en place.
Agrafe de coiffe, vue de dessus.
Agrafe de coiffe, vue de dessus.
Agrafe de coiffe, vue de dessous.
Agrafe de coiffe, vue de dessous.
Agrafe de coiffe, vue de coté.
Agrafe de coiffe, vue de coté.

Elle est composée d'un bandeau de cuir de mouton noirci et glacé, de 7 cm de large et d'une longueur variant en fonction du tour de tête souhaité. Sur l'un des bords est cousu intérieurement un bandeau de feutre de 5 mm d'épaisseur et de 4 cm de large. Les deux bandeaux se recouvrent de 15 mm. Ils sont amincis sur les cotés, par une coupe incurvée, donnant à la coiffe la forme d'un berceau. La coiffe libère ainsi, une fois en place, les échancrures du casque.
Sur le bord opposé du bandeau de cuir, six dents sont maintenues par deux coutures parallèles espacées de 5 mm, parcourant intégralement la totalité du bandeau. Ces dents, de forme triangulaire à sommet arrondi, ont une base de 7 cm et une hauteur de 9 cm et une perforation à 1 cm de leur extrémité, destinée au passage du ruban de réglage en profondeur. Elles sont réparties uniformément sur le bandeau. In fine, le bandeau est refermé sur lui-même par une forte couture en zigzag.
Les dents sont réunies par un ruban de toile noire passant dans chacune des perforations. Le nouage plus ou moins serré de ce ruban permet le réglage de la coiffe en profondeur.
Six agrafes sont cousues, à cheval sur la couture solidarisant le feutre et le cuir, aux points cardinaux de la coiffe. Une paire à l'avant et une à l'arrière, mais seulement une agrafe unique sur chaque coté. Dans chaque paire, les agrafes sont espacées de 35 mm. Chaque agrafe est composée d'une plaquette d'acier inoxydable, de ± 20 x 10 mm terminée par une languette qui se replie sur elle en "S", de manière à former une pince. Une perforation à chaque coin de la plaquette permet de la coudre sur la coiffe. Les agrafes se clipsent sur le rebord des lames ressorts dont le renfort métallique évite tout glissement. Une fois la coiffe en place, le cuir est remplié par-dessus le feutre, à l'intérieur du casque.
Les coiffes existent en neuf tailles allant du 54 au 62. Chaque taille de bombe est prévue pour trois tailles de coiffe. Bombe B = 54, 55, 56 ; bombe C = 57, 58, 59 ; et bombe D = 60, 61, 62.

Nota : On peut trouver sur des casques Mle 36, des coiffes Mle 26 - Mle général classiques montées d'origine, parfois avec des échancrures artisanales obtenues par repli et couture du bandeau.

La jugulaire :

Passant de jugulaire, fixation inamovible par rivet.
Passant de jugulaire, fixation inamovible par rivet.
Passage libre de la jugulaire.
Passage libre de la jugulaire.
Boucle coulissante de réglage.
Boucle coulissante de réglage.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Bouton de fixation de la jugulaire.
Bouton de fixation de la jugulaire.
Bouton démontable Mle 36.
Bouton démontable Mle 36.
Passage libre de la jugulaire.
Passage libre de la jugulaire.

La jugulaire est décalée vers l'avant pour libérer l'échancrure.
La petite enchapure de tôle dans la quelle pivote librement un dé carré de fil d'acier de 20 x 20 mm, faisant fonction de passant de jugulaire, n'est plus fixée par chaque paire de rivets maintenant les lames de coiffe latérales mais par une deuxième paire, située environ au droit de l'extrémité du bandeau. A noter que les quatre rivets apparents, sont parfaitement alignés sur chaque coté du casque.
La jugulaire est identique à celle du nouveau modèle général, telle qu'elle existe à partir de 1936. Elle est constituée d'une sangle de cuir fauve naturel de vachette ou cheval de 57 cm de long pour 15 mm de large. Une de ses extrémités enchape une boucle carrée à échelle, à l'aide d'un rivet tubulaire.
L'autre côté coulisse librement dans un des dés du casque puis dans la boucle de réglage et enfin se fixe sur le deuxième dé grâce à un bouton passant dans les deux perforations ménagées sur la jugulaire.
Le bouton est en deux parties. D'abord une tige creuse taraudée, munie à une extrémité d'une plaque hexagonale. L'autre partie est une vis à tête fendue se vissant dans la première. La jugulaire est ainsi facilement démontable.
On peut également trouver le modèle antérieur muni de deux boutonnières et d'un bouton double en aluminium.

Boucle coulissante de réglage.
Boucle coulissante de réglage.

Les attributs :

Attribut de l'artillerie modèle 15.
Attribut de l'artillerie modèle 15.
Rondache de l'artillerie modèle 37.
Rondache de l'artillerie modèle 37.
Attribut de l'infanterie Mle 15.
Attribut de l'infanterie Mle 15.
Rondache de l'infanterie Mle 37.
Rondache de l'infanterie Mle 37.

Le casque Mle 36 fut essentiellement distribué à des unités de l'artillerie à vocation anti-aérienne. L'attribut le plus fréquent est donc celui de l'artillerie, soit Mle 15 soit Mle 37.
Il fut aussi distribué à des sections de DCA, dans certaines unités d'infanterie. On trouve donc, bien qu'en moindre nombre, des attributs Mle 15 ou Mle 37 de l'infanterie.
Ce casque a été distribué également, à au moins une unité de chasseurs, comme en témoigne les deux photos du § "Historique". Nous ne savons pas dans quelles conditions a eu lieu cette dotation.

Les marquages :

Fabrication ABMM 1939, taille C.
Fabrication ABMM 1939, taille C.
Fabrication FRANCK, taille C.
Fabrication FRANCK, taille C.
Fabrication MAMOU 1936, taille B.
Fabrication MAMOU 1936, taille B.
Fabrication THIBAULT, taille D.
Fabrication THIBAULT, taille D.
Coiffe, taille 56.
Coiffe, taille 56.
Coiffe, tampon de réception.
Coiffe, tampon de réception.

Comme sur le Mle 26 - modèle général, ils sont apposés à la peinture noire ou blanche, au fond de la bombe. Il s'agit de la raison sociale en entier ou en sigle et de la lettre indiquant la taille de la bombe (B, C, ou D). L'année est parfois mentionnée comme chez MAMOU ou ABMM.
En ce qui concerne la coiffe, on peut trouver la taille, un tampon du fabricant ainsi que parfois des tampons de réception. Ces inscriptions sont portées au verso des dents de la coiffe ou du bandeau, en blanc ou en noir, en fonction de la couleur du fond.

Les différences de fabrication :

Les deux positions de évents d'aération.
Les deux positions des évents d'aération.
Fabrication LUM.
Fabrication LUM.
Fabrication ABMM.
Fabrication ABMM.
Fabrication THIBAULT.
Fabrication THIBAULT.
Fabrication JAPY.
Fabrication JAPY.
Fabrication FRANCK.
Fabrication FRANCK.

Comme sur tous les modèles de casque de l'époque, on observe des différences dues aux fabricants. La disposition des évents d'aération est de deux types. Ils sont, soit disposés horizontalement au niveau de l'échancrure, soit obliquement plus en avant (voir schéma).
Le profil des couvre-nuques est le deuxième élément variable. Pour l'observer nous avons pris les profils du ¾ arrière bas de plusieurs casques, délimité par une droite passant par les quatre rivets de flanc et une perpendiculaire passant par le rivet de bandeau. On peut faire trois constatations :
    - La pliure entre la bombe et le couvre-nuque, est soit dans le même plan que la base avant du casque, soit dans un plan différent qui la fait remonter assez haut sur l'arrière de la bombe. Dans le deuxième cas, la flèche du couvre-nuque est plus importante.
    - Le bord inférieur du couvre-nuque est soit plan soit courbe. Dans le premier cas, lorsque le casque est posé sur une table, il repose sur la totalité du couvre-nuque, dans le second cas il repose sur sa pointe.
    - L'angle formé par le bas du couvre-nuque et le bord de l'échancrure est adouci par un arrondi d'un rayon plus ou moins grand. Plus le rayon est petit plus le couvre-nuque parait rectangulaire.
    - Ces variations ont pour corollaire, la forme en demi cercle plus ou moins aplati de l'échancrure.

Quelques exemples

Mle 36 avec attribut Mle 15 de l'artillerie.
Mle 36 avec attribut Mle 15 de l'artillerie.
Mle 36 muni d'une coiffe Mle 26.
Mle 36 muni d'une coiffe Mle 26.
Port des écouteurs du repérage acoustique.
Port des écouteurs du repérage acoustique.