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Casque Modèle 51 radio-char - type 1 et 2

Fiche

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Sous-casque modèle 51 du premier type.

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Sous-casque modèle 51 du premier type, fabrication Japy.

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Sous-casque modèle 51 du second type.

Historique

A l'issue du deuxième conflit mondial, deux casques pour équipages de char coexistaient au sein de l'armée française. Le premier, le casque modèle 35 et sa variante le modèle 35/37, étaient issus d'une longue lignée de casques pour équipages de blindés, dérivés du casque Adrian modèle 15 avec la création de l'arme blindée, dénommée artillerie spéciale durant la première guerre mondiale.
Les premiers casques pour équipage de char étaient des casques Adrian modèle 15 modifié par suppression de la visière avant et ajout d'un bourrelet en cuir afin d'amortir les chocs à l'intérieur du blindé. Ces premiers modèles, modifié selon le besoin sur le terrain donnèrent naissance au premier casque adapté aux équipages de char : le modèle 19, qui est une fabrication plus élaboré que le modèle 15 modifié AS. Ce modèle fut le précurseur d'une longue lignée de casque de char, suivi des modèles 23, 26 et enfin modèle 35.
Le deuxième modèle en usage après la seconde guerre mondiale, provenait du rééquipement de l'armée de libération par les Etats-Unis, qui était le "US Tanker helmet Model 1938". Celui-ci avait été conçu comme un casque léger antichoc, pouvant être couvert à l'extérieur du véhicule par une coque de casque US M-1. Ce dispositif ne fut d'ailleurs pratiquement jamais employé au combat.
Au moment de l'adoption du casque modèle 51 TTA, l'intendance voulut s'équiper d'un casque pour équipages de blindés répondant au même concept que le casque modèle 38 américain. Il devait donc être léger, absorber les petits chocs à l'intérieur du véhicule, permettre l'utilisation d'un équipement radio de tête, et pouvoir être rapidement recouvert d'une coque de casque modèle 51 TTA en cas de besoin, il devait donc s'emboîter parfaitement dans celle-ci.
L'aboutissement de ces recherches fut désigné : "Sous-casque radio char modèle 51".
Il était constitué d'une coque rigide en fibres compressées, percée de cinq gros trous d'aération, rappelant de loin le modèle US M1938, mais différence notoire, le modèle français ne possédait pas d'oreillettes, le matériel électro-acoustique utilisé étant à arceau.
La jugulaire, en large "Y", permettait de ne pas en gêner le port et un couvre nuque rigide était fixé à l'arrière.
La grosse majorité de ces casques n'est pas marquée, contrairement aux spécifications et leur fabricant reste non identifié. Seul un lot, fabriqué en 1953 par les établissements JAPY à Voujaucourt (25), est identifiable.
L'intendance jugea qu'il était souhaitable de simplifier la confection semi artisanale et compliquée de ce casque. Un marché fut passé pour cela, en 1954, avec la société Industrielle de Plastiques RICHARD HAAS & Cie, installée 57, rue St Fargeau à Paris (20ème).
Outre la suppression des trous d'aération, la coque nouveau type était moulée d'une seule pièce sans couture et bordure rajoutée. Le cuir fin doublant l'intérieur est également supprimé, le reste est inchangé.
Richard Haas fabriqua la majeure partie des casques du 2ème type, la matière employée était le Céléron, qui est un coton bakélisé thermoformé dans un moule à haute pression.
Le reste des casques produits, fut fabriqué en nylon injecté, en 1955 par la Société des Ingénieurs de l'Automobile - SIA situé au Mans, et en 1959 par la société Marseillaise de moulages plastiques, MPMP.
Le sous-casque radio char fut remplacé, à partir de 1965, par le 3ème type de sous-casque radio char, désigné officiellement  "modèle 65". Celui ci était muni d'oreillettes maintenant l'appareillage électro-acoustique. Cependant le sous-casque radio char modèle 51 demeura encore en service au-delà de cette date, pour les postes où le branchement radio n'était pas requis.

Casque modèle 35 pour troupes blindées.
Casque modèle 35 pour troupes blindées.
Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type. Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type. Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type.
Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type. Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type. Modèle 51 tankiste 1er et 2ème type.

Constitution

La coque :

1er type.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Jointure du bandeau extérieur.
Jointure du bandeau extérieur.
Rivet à tête noyée.
Rivet à tête noyée.
Bandeau et rivets à tête noyée.
Bandeau et rivets à tête noyée.
Couture du bandeau intérieur.
Couture du bandeau intérieur.
Rivets à tête bombée chez Japy.
Rivets à tête bombée chez Japy.
Autre rivets bombés - Japy.
Autre rivets bombés - Japy.
Tampon amortisseur sommital.
Tampon amortisseur sommital.
Tampon amortisseur frontal.
Tampon amortisseur frontal.
Contre-rivets tubulaires.
Contre-rivets tubulaires.
Extérieur du couvre nuque.
Extérieur du couvre nuque.
Passant arrière.
Passant arrière.
Intérieur du couvre nuque.
Intérieur du couvre nuque.
Passant latéral fermé.
Passant latéral fermé.
Passant latéral ouvert.
Passant latéral ouvert.

La coque est constitué d'une calotte hémisphérique, thermoformée en coton bakélisé (Céléron) de 2 millimètres d'épaisseur, percée de 5 gros trous d'aération périphériques, de 15 mm de diamètre, un à l'arrière et deux de chaque coté et sont espacés, de centre à centre, de 8 centimètres. La coque est en outre percée, de pas moins de 17 trous pour les rivets tubulaires maintenant les divers éléments internes et périphériques. Ce sont des rivets à tête plate de 11 mm, noyée dans la surface. Les productions de Japy, présentent des têtes de rivet bombées et proéminentes.
Sur le pourtour intérieur, rigidifiant l'ensemble, est cousu et collé un cerclage en fibres de 4 mm d'épaisseur et de 30 mm de large (sur certains casques elle fait 37mm, les deux dimensions pouvant coexister, une de chaque coté). Extérieurement la couture est masquée par un autre cerclage de 2 cm de large et de 2 mm d'épaisseur. Il est collé sur le pourtour après la pose des différents rivets, il recouvre totalement ou partiellement la tête de ceux qui sont sur son emplacement. L'ensemble est renforcé in fine, de chaque coté par un rivet tubulaire à tête large traversant les deux cerclages et la coque.
Dans le fond de la bombe est collé un tampon amortisseur en caoutchouc alvéolaire de 10 mm d'épaisseur et de 10 cm de diamètre, recouvert de toile fine beige ou verte. Une plaque de mousse caoutchouc de 27 cm de long et de 4cm de large est collée sur l'avant, à l'intérieur de la bombe.
Elle est traversée par les trois rivets avant de la coiffe et les 2 rivets avant de la jugulaire.

Le couvre nuque est constitué par une plaque de fibres trapézoïdale rigide ayant pour dimension 7,5 cm sur 15 cm, aux angles arrondis, et dont le bas est légèrement recourbé vers l'arrière. Il est maintenu à la coque par 5 rivets. Le rivet central maintient également la bande supportant la nuquière de la coiffe, les deux rivets extérieurs maintenant les sangles arrière de la jugulaire. Les trois rivets de la bande nuquière fixent également, intérieurement, trois petites sangles de cuir de 18 mm de large fermées par des boutons pression, servant éventuellement, à maintenir le fil des écouteurs, voire les lunettes. La sangle centrale passe entre la coque et le couvre nuque, elle est donc à l'extérieur de celui-ci.
Le tampon amortisseur frontal et l'intérieur du couvre nuque, sont recouverts d'une fine basane de peau beige. Le sous-casque est recouvert, intérieurement et extérieurement, d'une peinture kaki mat, de couleur identique au casque modèle 51 TTA.
Il s'agit d'une fabrication assez complexe, c'est pourquoi la fabrication du sous-casque radio modèle 51 fut simplifiée à partir de 1954, donnant naissance au 2ème type.

2ème type.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Bordure intérieure.
Bordure intérieure.
Rivets à tête bombée.
Rivets à tête bombée.
Rivets à tête bombée.
Rivets à tête bombée.
Tampon amortisseur sommital.
Tampon amortisseur sommital.
Contre-rivets tubulaires.
Contre-rivets tubulaires.
Plaques de maintien.
Plaques de maintien.
Tampon amortisseur frontal.
Tampon amortisseur frontal.
Extérieur du couvre nuque.
Extérieur du couvre nuque.
Passant arrière.
Passant arrière.
Intérieur du couvre nuque.
Intérieur du couvre nuque.
Passant latéral fermé.
Passant latéral fermé.
Passant latéral ouvert.
Passant latéral ouvert.

La forme générale du sous-casque radio modèle 51 du second type reste la même, mais les trous d'aération sont supprimés. Le renfort périphérique n'est plus constitué de cerclages rapportés, il est désormais moulé dans la masse, à l'extérieur de la bombe, sur une largeur de 21 mm. En conséquence tous les rivets qui se trouvaient à son niveau sont remontés pour être au dessus. Les rivets sont au nombre de 15, dont six destinés à fixer la suspension de coiffe et sont à tête bombée de 9 mm ; les neuf autres ont une tête bombée de 8 mm.
La doublure en peau et toile fine du tampon de fond de la bombe et de la nuquière est également supprimée. Leur surface est une peau de moulage. Le reste est inchangé.
Le sous-casque modèle 51 du second type est toujours fabriqué en Céléron pour les fabrications effectuées par Richard Haas & Cie, mais les productions de la SIA et de MPMP, sont moulées en nylon injecté.

La coiffe :

1er type.

Suspension Riddel.
Suspension "Riddel".
Plaques de maintien triangulaires.
Plaques de maintien triangulaires.
Nuquière à pressions.
Nuquière à pressions.
Bandeau de tour de tête.
Bandeau de tour de tête.

La coiffe du sous-casque modèle 51 du premier type est strictement la même que celle équipant le sous-casque du premier type modèle 51. Elle est constituée d'une suspension de type "Riddel" confectionnée en ruban de toile à chevrons kaki, de 25 mm de large. Le support de coiffe est formé par un ruban circulaire, sur lequel les extrémités des trois rubans en V, sont fixées par six rivets œillets. L'ensemble est maintenu dans la bombe par six rivets tubulaires, se refermant à l'intérieur sur six plaques de maintien triangulaires. Un ruban, sur lequel la sangle nuquière est maintenue par quatre boutons pressions, est fixé de la même manière en trois points à l'arrière du casque.
Le bandeau de sudation est confectionné en basane de cuir beige cousue sur un ruban de toile de 60 cm, se refermant à l'aide d'une boucle coulissante, permettant de régler le tour de tête. Il est fixé au support de coiffe par six pinces métalliques. Les rubans en "V" sont solidarisés, au sommet de la coiffe, par un lien en toile ou un lacet de nylon kaki, permettant de régler la coiffe en profondeur.

Nota : Un petit nombre de sous-casque modèle 51 du premier type a reçu des coiffes du 2ème type, à nuquière cousue et à basane marron (fabrications tardives ou réparations ?).

2ème type.

Suspension Riddel.
Suspension "Riddel".
Nuquière cousue.
Nuquière cousue.

La coiffe du sous-casque radio char modèle 51 du second type suit la même évolution que celle équipant le sous-casque modèle 51 TTA.
La coiffe, constituée d'une suspension de type "Riddel" sur laquelle est monté un bandeau de tour de tête, ne change pas. Cependant, le cuir du bandeau de sudation est teinté en marron foncé.
La nuquière n'est désormais plus amovible par quatre boutons pression, mais est  solidaire de la bande de toile la supportant, par couture.

Bandeau de tour de tête.
Bandeau de tour de tête.

La jugulaire :

1er type.

Jugulaire du 1er type - face.
Jugulaire du 1er type - face.
Jugulaire du 1er type - revers.
Jugulaire du 1er type - revers.
Boucle à ardillon de fixation.
Boucle à ardillon de fixation.
Jugulaire du 1er type - partie longue.
Jugulaire du 1er type - partie longue.
Jugulaire du 1er type, Japy - partie courte.
Jugulaire du 1er type, Japy - partie courte.
Jugulaire du 1er type, Japy - partie longue.
Jugulaire du 1er type, Japy - partie longue.

La jugulaire du premier type dessine de chaque coté un large "Y" dégageant les oreilles, permettant ainsi l'utilisation d'un appareillage radio de tête indépendant au casque. Le haut de la jugulaire est un "V" incurvé, dont les branches mesurent respectivement 17 cm pour la partie avant et 21 cm pour la partie arrière sur 23 mm de large. Ce "V" est découpé d'une seule pièce dans du cuir marron et est doublé de peau beige, également taillée d'une pièce et maintenue par une couture.
La pointe du "V" de droite est prise entre une enchapure de cuir de dimension 4 cm sur 2,7 cm, maintenant une boucle à rouleau à un ardillon de 27 mm x 20 mm et la patelette arrière. Celle-ci est taillée dans une pièce de cuir en forme de raquette, de 6 cm x 4 cm, amincie à 2 cm dans sa partie supérieure. Un passant de cuir est également pris entre ces deux pièces. L'ensemble est solidement cousu.
Sur la pointe du "V" de gauche, est fixée par couture, une sangle de cuir de 20 cm de long et de 20 mm de large, dont l'extrémité libre est taillée en pointe. Elle est perforée par une file de dix œillets de 5 mm.
Pour les fabrications Japy, la jugulaire est légèrement différente : la patelette est rectangulaire et non en forme de raquette, la sangle perforée fait 23 mm de large au lieu de 20 d'où une boucle plus grande (30 x 22mm).
On trouve plusieurs nuances de marron dans les cuirs employés, allant jusqu'au bordeaux pour les fabrications Japy.

2ème type.

Jugulaire droite : de droite à gauche, MPMP, RH, SIA.
Jugulaire droite : de droite à gauche, MPMP, RH, SIA.
Jugulaire gauche: de droite à gauche, MPMP, RH, SIA.
Jugulaire gauche: de droite à gauche, MPMP, RH, SIA.
Jugulaire gauche : de bas en haut, MPMP, RH, SIA.
Jugulaire gauche : de bas en haut, MPMP, RH, SIA.

En ce qui concerne la jugulaire du sous-casque radio char modèle 51 du second type, le "V" de cuir est de dimensions inchangées. Par contre la lanière de fermeture, toujours percée de 10 œillets, est plus large : 30 mm au lieu de 20 mm, impliquant de l'autre coté une boucle à ardillon plus large : 37 x 19mm. L'enchapure de cuir mesure dorénavant 36 x 30 mm.
Les montages présentent de légères différences suivant les fabricants.

Les marquages :

Type 1, fabrication JAPY.
Type 1, fabrication JAPY.
Type 2, fabrication Richard Haas.
Type 2, fabrication Richard Haas.
Type 2, fabrication Jean Galland.
Type 2, fabrication Jean Galland.
Type 2, fabrication SIA.
Type 2, fabrication SIA.
Type 2, fabrication MPMP.
Type 2, fabrication MPMP.

La grande majorité des sous-casques modèle 51 du 1er type n'est pas marquée, et de ce fait le ou les fabricants n'ont pas été identifié. Seul un petit lot, neuf de stock, sorti récemment de réserve, est marqué Japy-1953. Il n'y a aucune lettre code indiquant que la matière utilisée, est du Céléron (C).

Pour les sous-casques du 2ème type, le gros de la fabrication a été réalisé par Richard Haas en 1954, le marquage est présent et complet : R.H&Cie-1954-C. Jean Galland appose uniquement ses initiales, JG. Les exemplaires en nylon (N), fabriqués par SIA-Le Mans en 1955 et MPMP-Marseille en 1959, sont correctement marqués.

L'appareillage électro-acoustique :

Utilisation avec le serre tête à arceau H16/U.
Utilisation avec le serre tête à arceau H16/U.
Serre tête à arceau H16/U.
Serre tête à arceau H16/U.
H16/U, écouteur droit.
H16/U, écouteur droit.
Serre tête à arceau H63/U.
Serre tête à arceau H63/U.
Type 2 avec serre tête à arceau H63/U.
Type 2 avec serre tête à arceau H63/U.
Ecouteur gauche H63/U.
Ecouteur gauche H63/U.
Micro H63/U.
Micro H63/U.
Support à pression du micro H63/U.
Support à pression du micro H63/U.

Les deux variantes du sous-casque modèle 51 ne possédent pas d'équipement radio intégré au casque comme c'est le cas sur le modèle US M1938.
Le sous-casque  peut être utilisé avec ou sans un appareillage indépendant à arceau, porté sous la coiffe, la suspension de type "Riddel" pouvant s'adapter  facilement aux formes.
Les notices de la sous-direction de l'habillement précisent que le sous-casque est étudié pour le port des écouteurs H16/U (MX239-240) d'origine américaine, mais d'autres matériels ont été mis en œuvre comme le H63/UF de marque Elno.

Les accessoires :

Lunettes motorisés modèle 35.
Lunettes motorisés modèle 35.
Lunettes modèle 35 et boîte de transport.
Lunettes modèle 35 et boîte de transport.
Configuration servant de canon automoteur.
Configuration servant de canon automoteur.

Pour la protection des yeux contre la poussière, les lunettes pour éléments motorisés modèle 35 sont toujours en service. Ces lunettes de protection sont constituées de verres fumées, montés sur une armature métallique articulée à la jointure des lunettes. Chaque lunette est entourée d'un jonc en caoutchouc blanc afin de mieux assurer le contact avec le visage. Les lunettes modèle 35 se maintiennent sur le casque à l'aide de deux bandes élastiques se refermant avec un crochet métallique. Elles se rangent dans une petite boite métallique de couleur verte.