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Casque Modèle 85

Fiche

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Historique

Doté d'un casque d'inspiration allemande jusqu'au milieu des années 40, l'armée irlandaise s'équipa auprès du Royaume-Uni alors qu'elle chercha à s'éloigner de l'image du Tommies anglais suite à son indépendance.
L'armée britannique, équipée du nouveau casque de type Mark III (essentiellement des casques Mark IV, fabriqué à partir de 1945 et dont la production fut reprise au début des années 50, alors que le casque Mark III fut produits majoritairement en 1943 et 1944), dont la forme rappelle celle d'une carapace de tortue, rompant avec la traditionnelle silhouette du casque plat, chercha à se débarrasser de son important stock de casques Mark II.
Bien qu'ils fussent utilisés minoritairement dans l'armée britannique jusque dans les années 50, les casques Mark II furent distribués à diverses armées à travers le monde, soit par le biais de sociétés de revente, soit directement dans le cadre d'un échange militaire (comme la Belgique, la Grèce, Israël et enfin l'Irlande).
C'est ainsi que les forces de défense irlandaises furent équipées d'un grand nombre de casques Mark II issus des stocks de la seconde guerre mondiale, ou reconditionné après la seconde guerre mondiale avec changement de la coiffe et de la jugulaire, toutes deux produites de 1945 aux années 50 ou issus des stocks résiduels.
Dès réception par l'armée irlandaise, ces casques furent remis en couleur afin de s'approcher le plus possible de la couleur des uniformes irlandais. Les bombes furent repeintes d'une épaisse couche de peinture gris beige et orné d'un insigne à l'avant appliqué par peinture ou décalcomanie de la branche de l'armée où était affecté le casque.
A noter que les casques livrés à l'Irlande étaient des casques d'utilisation militaire et civile (munis d'un à quatre trous sur les côtés afin de les différencier : Mark II N° 2 A, B, C et D) et furent tous utilisés indifféremment au sein de l'armée irlandaise.
Puis au fur et à mesure que l'armée britannique se débarrassait de ses casques de type Mark III (Mark IV, et V), les forces militaires irlandaises furent équipés progressivement à partir des années 70 de ces casques acquis auprès du Royaume-Uni.
Afin de suivre la tendance des casques fabriqués en matière composite, à l'instar de l'armée anglaise, l'état-major de l'armée irlandaise décida en 1982 d'équiper ses troupes d'un casque plus moderne. L'étude d'un nouveau casque commença et dans la foulée un appel d'offre fut lancé, à l'heure, où la mondialisation et la disparition des conflits généralisés, permet de se fournir auprès d'un autre pays, sans risquer d'amalgame entre armées.
L'étude et l'appel d'offre fut remporté par une société israélienne, Orlite Engineering, fabricant de casques pour le compte de Tsahal et exportant déjà le modèle en dotation dans l'armée israélienne vers de nombreux pays.
Connu sous la désignation OR 201 en Israël, ce casque est adopté par l'armée irlandaise sous la dénomination : "Helmet, Infantry, 1985", en rapport à son année d'adoption. Le casque OR 201 (modèle 85) fut conçu sur la base du casque modèle 76, créé en 1976 alors qu'Israël était soucieux de ne plus dépendre de l'étranger en matière d'équipement militaire. Les recherches israéliennes, débutées dans les années 70, commencèrent par l'étude de la fabrication sous licence du casque US M-1 en matière composite, et muni d'une jugulaire en trois points. Ce projet était une adaptation du "Kasda" M-1 en matière composite, et ne fut pas mené à terme et fut repris ensuite par la Corée du Sud pour ses besoins et pour l'export (notamment en Irak).
L'état-major israélien, soucieux de doter les forces de Tsahal d'un casque qui devait être à la fois confortable, compact et permettant aux soldats de viser et tirer dans n'importe quelle position. Un tel casque fut mis au point en 1976, démuni de visière et de garde-nuque, équipé d'une jugulaire trois points identique à celle du "Kasda" M-1 équipant jusque-là les forces de Tsahal.
La forme de ce casque, épousant de très près la forme du crâne, fut mise au point par le biais d'enquêtes anthropométriques de l'université de Tel-Aviv.
Connu sous la dénomination modèle 76, ce casque fut dans un premier temps fabriqué dans un nouveau matériau composite, combinant fibres de verre et nylon balistique, employées par couches noyées dans de la résine. Le coût de production d'un tel casque était alors inférieur à celui d'un casque fabriqué en kevlar, matériau principalement utilisé dans la fabrication des casques en matière composite. Toutefois, en cours de production, le casque M76 fut fabriqué en kevlar, sans doute dans un souci de résistance balistique.
Ce casque fut fabriqué par les sociétés israéliennes Orlite Engineering et Tama (entreprise existant toujours à l'heure actuelle, spécialisé dans l'industrie plastique), cette dernière société produisant auparavant le liner du casque "Kasda" M-1.

Casque Mark II de fabrication britannique.
Casque Mark II de fabrication britannique.

Rapidement, la jugulaire du casque M76, identique à celle du "Kasda" M-1 (et donc reprise du casque Mark II AT britannique), se révéla difficile d'emploi. En effet, la fermeture était assurée par une boucle coulissante tout à fait primitive, qui devait être fermé après s'être assuré d'avoir passé la sangle arrière de la jugulaire dans sa boucle située au niveau de la nuque.
A partir de 1985, le casque M76 fut muni d'une nouvelle jugulaire, fabriquée en matière synthétique dont la fermeture est assurée par un clip à dégrafage rapide.
Cette nouvelle version, désignée comme OR 201, fut déversé dans la foulée au sein de l'armée israélienne et proposé à l'export. Il équipe notamment diverses armées d'Amérique du Sud et l'Irlande. Le casque OR 201 fut fabriqué au départ par la société Orlite Engineering, puis plus récemment par la société Rabintex.
Le casque modèle 85 fut distribué à toutes les branches des forces de défenses de l'armée irlandaise jusque dans les années 2000, lorsqu'il fut remplacé par le casque RBH 303 AU fabriqué par la société Rabintex.

Casque irlandais OR 201 Casque irlandais OR 201 Casque irlandais OR 201
Casque irlandais OR 201 Casque irlandais OR 201 Casque irlandais OR 201

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

La bombe du casque OR 201 est reprise du modèle 76. Produite en deux tailles, moyenne et grande, la coque est fabriquée par succession de couches de toile de fibres kevlar tissées pour former un tissu d'armure toile (ou taffetas). Ces couches de toile de kevlar sont noyées dans une résine balistique thermo-formable puis mise en forme dans un moule sous vide.
Après formation de la bombe, la bordure est découpée afin d'obtenir la forme souhaitée et la bordure brute est protéger après mise en peinture par un jonc en caoutchouc noir collé, jointif à l'arrière et destiné à protéger les bordures fragiles du casque.
La bombe est percée à six reprises pour la fixation ultérieure de la suspension de coiffe, puis à trois reprises aux trois tiers du casque, pour la mise en place des passants de jugulaire.
L'intérieur de la bombe est peint de couleur noir mat, avant mise en place des amortisseurs en caoutchouc collés sur les cotés, au fond, à l'avant et à l'arrière.
La bombe est mise en couleur après rivetage de la suspension de coiffe, et mise en place des passants de jugulaire qui sont vissés. Le casque est peint de couleur vert olive, additionné à du sable pour obtenir un aspect granité afin de réduire les reflets.

Etiquette du fabricant Orlite.
Etiquette du fabricant Orlite.
Indication taille.
Indication taille.
Etiquette marché irlandais.
Etiquette marché irlandais.

Les casques OR 201, fabriqués en Israël, et exporté comportent des étiquettes papiers collées à l'intérieur de la bombe. Une première, de forme rectangulaire, indique la taille (SIZE - M ou L). Une seconde, plus grande, porte les références du fabricant, le numéro de série et le modèle du casque. Cette étiquette est démunie du symbole de Tsahal pour un casque destiné à l'exportation. Cette étiquette, spécifique au fabricant israélien, est rapidement abandonnée au profit d'une étiquette liée au marché irlandais. Cette étiquette comporte les mentions "Infantry Helmet" (et parfois "Infantry Helmet model 85"), suivi d'un encart dans lequel est indiqué l'année de fabrication et un autre contenant le numéro de série du casque. A noter que ces étiquettes servent souvent de support pour noter le nom et le matricule du soldat.

La coiffe :

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Suspension de type Cradel.
Suspension de type Cradel.
Rivet et plaque de maintien.
Rivet et plaque de maintien.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Bandeau de tour de tête.
Bandeau de tour de tête.

Boucle de réglage et agrafe de fixation.
Boucle de réglage et agrafe de fixation.
Vue de revers.
Vue de revers.
Agrafe de fixation.
Agrafe de fixation.
Détail passage.
Détail passage.
Coiffe.
Coiffe.

La coiffe du casque OR 201 est reprise du liner "Kasda" M-1, dont la coiffe est calquée sur celle du liner américain M1961. La coiffe est constituée d'une suspension de type Cradel, fabriquée à partir de bande en toile de nylon de couleur verte (à contrario du casque M76, dont la suspension est fabriquée en toile de coton), large de 2,8 cm.
La suspension est fabriquée sur un cerclage en toile, jointif à l'avant, sur lequel sont cousues les trois sangles de maintien en profondeur. Ces trois sangles se croisent en leur milieu dans la doublure centrale de la sangle transversale.
Fixées par couture à l'avant, ces sangles sont maintenues à l'arrière à trois boucles coulissantes. Chacune d'elle est maintenue par un empattement en toile cousu à l'arrière du cerclage de toile, dans le prolongement des sangles de la suspension. Ce dispositif permet le réglage en profondeur de la coiffe.
Cette suspension est fixée à l'intérieur de la bombe au niveau de chaque intersection des sangles à l'aide de rivets mécaniques à tête légèrement bombée. Le maintien est assuré par un disque métallique plaquant la suspension contre les parois internes du casque et dont le concept est repris des A-washers du liner du "Kasda" M-1.
Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête, calqué sur la headband américaine et donc aussi reprise du liner du casque M-1 israélien.
Ce bandeau est constitué d'une bande de toile de nylon longue de 65 cm, sur laquelle est cousue une bande de cuir fin de couleur beige. Cette bande de cuir est d'abord cousue sur le revers du bandeau, puis est cousue à la bande de la bande de toile sur toute la longueur. Des encoches et des interstices sont pratiqués à intervalle régulier pour le passage des six agrafes métalliques de maintien. Ces agrafes sont reprises du modèle américain, et contrairement au liner US, celle-ci sont parfaitement lisses. Elles permettent le maintien du bandeau de tête au cerclage de toile de la suspension.
La circonférence du bandeau de tête se règle à l'aide d'une boucle coulissante, maintenue par couture à une des extrémités. L'extrémité libre du bandeau de tête est repliée sur elle-même à plusieurs reprises et cousue afin de ne pas être désolidarisé de la boucle de réglage.

Amortisseur avant et arrière.
Amortisseur avant et arrière.
Amortisseur de fond de bombe.
Amortisseur de fond de bombe.

A l'instar du casque modèle 76, la coiffe est complétée par plusieurs amortisseurs en caoutchouc de couleur noire, destinés à amortir les chocs. Ils sont collés directement contre les parois internes du casque.
Deux amortisseurs de forme rectangulaire, à face striée sur la longueur, sont collés à l'avant et à l'arrière. Le tampon arrière comporte une encoche au niveau de la boucle arrière assurant le passage de la jugulaire.
Deux autres amortisseurs de forme carrée, à face incurvée, sont collés de chaque coté de la coiffe et un dernier, de forme circulaire, est collé au fond de la bombe.

Amortisseur latéral.
Amortisseur latéral.

La jugulaire :

Tête de vis.
Tête de vis.
Passant latéral.
Passant latéral.
Passant arrière.
Passant arrière.
Mentonnière recto/verso.
Mentonnière recto/verso.
Jugulaire et anneau en cuir de maintien de l'excédent.
Jugulaire et anneau en cuir de maintien de l'excédent.
Boucle arrière.
Boucle arrière.
Système de fermeture.
Système de fermeture.
Système de fermeture - ouvert/fermé.
Système de fermeture - ouvert/fermé.
Patelette de protection.
Patelette de protection.
Jugulaire montée.
Jugulaire montée.

La jugulaire, en topologie trois points au principe équivalent au casque modèle 76, est fabriquée à partir de bande de toile de nylon large de 1,8 cm, de couleur verte.
Fabriquée en deux parties, la partie droite de la jugulaire est constituée d'une bande de toile de nylon, pliée en V et dont une des branches plus longue est destinée à être passé dans la boucle arrière et la plus courte à être inséré dans le passant latérale.
La pliure de cette bande comporte le clip de fermeture en plastique, dont le maintien est assuré par 1 forte couture triangulaire. Les deux branches en toile s'entrecroisent à environ 11 cm du clip de fermeture pour former la mentonnière. Afin d'adoucir le contact avec la peau, la mentonnière est doublée de cuir. Cette doublure est composée d'un rectangle de cuir cousu sur ses deux longueurs à la toile de nylon de la jugulaire. Contrairement à la jugulaire du modèle 76, la mentonnière du casque OR 201 est désormais évidée. L'extrémité courte destinée à être fixée au passant latéral droit mesure environ 18 cm et a son extrémité pliée sur elle-même (sur environ 3 cm) et cousue. La bande de toile la plus longue, mesurant 40 cm et destinée à être passée dans le passant arrière du casque puis la boucle triangulaire de la partie gauche, comporte à son extrémité deux carrés de velcro cousus (velours et astrakan) destinés à maintenir une boucle coulissante en plastique permettant le réglage de la longueur.
La partie gauche de la jugulaire est constituée d'une simple bande de toile, longue de 18 cm, attenante à la boucle de fermeture. Cette boucle à ouverture rapide, fabriquée en plastique noir teinté dans la masse, retient le clip de fermeture par ses deux ergots. L'ouverture est effectuée par un bouton à presser afin de resserrer ces ergots et ainsi libérer le clip de fermeture.
Afin de protéger la peau du système de fermeture, celui-ci est doublé d'une large pièce de cuir. Cette doublure est composée d'un morceau de cuir plié en deux et découpé pour former une large forme hexagonale, dont les contours découpés sont cousus entre eux par une ligne de couture périphérique. Cette pièce est ensuite cousue à la bande de toile fixée au passant latérale du casque.
La boucle de fermeture comporte une fente pour le passage de la longue bande de toile de la partie droite de la jugulaire. La boucle coulissante en plastique est insérée sur cette bande après être inséré dans la boucle arrière du casque. L'extrémité de cette bande est passée dans la boucle de fermeture et enfin fixée par son extrémité velcro à la barre centrale de la boucle.
Les passants latéraux sont constitués d'une boucle métallique, dans laquelle coulisse une barre autobloquante, peinte en noir. La boucle métallique comporte un petit empattement en cuir, plié sur lui-même, et dont le maintien est assuré par un petit rivet mécanique. Cette patelette de cuir permet un réglage plus rapide de la jugulaire en libérant la pression appliquée sur la jugulaire assurant son maintien. L'excédent de jugulaire est retenu par une boucle en cuir, fermée par un rivet, et glissée dans les bandes latérales avant d'être insérées dans les passants de jugulaire.

Les passants latéraux sont maintenus de chaque coté par un empattement en toile, plié sur lui-même et cousu, puis vissé dans la bombe avec une rondelle de maintien.
La boucle arrière, de forme rectangulaire fabriquée dans une tige d'acier, est maintenue par un empattement métallique formant une enchapure à sa base, et vissé à l'arrière du casque.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque vert.
Couvre-casque vert.
Couvre-casque DPM.
Couvre-casque DPM.

Après l'adoption du casque modèle 85 (OR 201), un couvre-casque est élaboré sur la base du couvre-casque en dotation dans l'armée britannique sur le casque Mark VI.
Ce couvre-casques est principalement confectionné à partir de deux morceaux de toile de couleur verte afin de s'harmoniser avec l'uniforme irlandais, cousus sur la longueur, et dont la base est parcourue par un lacet de fixation pris dans un ourlet pratiqué par une couture parcourant la circonférence du couvre-casque.
Deux morceaux de toile rectangulaire sont cousus à la base du couvre-casque au niveau des deux décrochements du casque, zones sujettes aux frottements lorsque le casque est posé à plat.
Des bandes de toile élastique sont cousues sur le couvre-casque, afin de rajouter d'éventuels éléments supplémentaires de camouflage. Ces bandes, au nombre de 4, dont deux sont cousues parallèlement sur la circonférence du casque, puis deux autres croisées sur le sommet du couvre-casque.
Ces couvre-casques comportent une étiquette du fabricant cousue, sur laquelle le soldat peut spécifier son nom et son numéro de matricule.

Puis avec l'adoption des nouveaux uniformes en automne 1999, un nouveau modèle de couvre-casque fut fabriqué afin d'harmoniser les uniformes. Ce schéma de camouflage, appelé DPM (Disruptive Pattern Material), n'est pas repris du camouflage britannique. Il est composé de tâches vertes (nuance vert clair et vert olive), noires et marron, ce camouflage est semblable au camouflage français centre-Europe.