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Casque "Kasda" M-1

Fiche

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Historique

Kasda M-1. Kasda M-1. Kasda M-1.
Mark II reconditionné. Mark II reconditionné. Mark II reconditionné.
Casque Mark II daté de 1943, avec une coiffe fabriquée en 1952, fourni par l'Angleterre à Israël.

L'état hébreux est devenu indépendant le 14 mai 1948, sur la base du partage du territoire de la Palestine décidé par l'organisation des Nations Unis (ONU), territoire qui était jusque là sous le contrôle de la Grande-Bretagne. L'état d'Israël est donc né en 1948, et ce fut l'aboutissement d'une longue lutte menée par les mouvements sionistes. L'indépendance fut acquise après une lutte particulièrement violente où ce nouvel état devait d'une part s'imposer aux yeux du monde arabe, mais aussi conquérir les territoires considérés comme appartenant à l'état hébreux.
La région étant administrée par l'Angleterre avant cet épisode sanglant, c'est bien évidemment avec beaucoup de matériels britanniques que les troupes israéliennes furent équipées, dont ces forces armées étaient désignées par le terme "Tsahal", qui est l'abréviation Zva Haganah Le'Israël (signifiant la force d'auto-défense d'Israël).
Dès le lendemain de l'indépendance, Israël se retrouva en guerre contre les pays arabes voisins qui refusaient le partage de la Palestine, et l'armée faite au départ de bric et de broc, dû faire face aux troupes irakiennes, syriennes, libanaises, égyptiennes et jordaniennes.
C'est donc avec essentiellement des casques Mark II britanniques que fut équipé "Tsahal", et minoritairement des casques Mark III et Mark IV, qui furent aussi par les troupes arabes.
Suite à ce conflit étalé sur les années 1948-1949, Israël en sortit vainqueur avec un agrandissement de son territoire d'environ un tiers, ce qui ne calma pas les tensions dans la région.
Du fait de ce climat géopolitique très instable, le pays connu une succession de conflit, d'abord en 1956 à la suite de la nationalisation du canal de Suez par l'Egypte dirigé par Nasser, conflit mené aux cotés de la France et de la Grande-Bretagne, puis en 1967 durant la "guerre des six jours" une fois de plus contre l'Egypte mais aussi contre la Jordanie et enfin la guerre du Kippour en 1973 contre l'Egypte et la Syrie.
Dans le but d'équiper ses troupes, Israël fit appel à des sources diverses, équipant son armée avec du matériel hétéroclites, avec des casques de fabrication britannique (Mark II, Mark III, et Mark IV, mais aussi des casques Mark II AT) et sud-africaine (Mark II), de casques modèle 51 TTA français et aussi de casques US M-1. Une grande partie de ces casques issus des stocks de la seconde guerre mondiale, souvent détériorés, furent reconditionnés avec un remplacement de la coiffe par une suspension de type Riddel fabriqué avec les moyens du bord.
Dans le but de ne plus dépendre de l'étranger pour équiper son armée, Israël décida de produire son propre équipement, et ainsi le premier casque de fabrication israélienne fut de conception américaine, copié sur le casque US M-1 (qui était à l'époque considéré comme un très bon casque, utilisé par de nombreuses armées à travers le monde), déjà en dotation au sein de "Tsahal".
Pour la fabrication de ce nouveau casque, beaucoup de coques de M-1 déjà en dotation furent récupérées et reconditionnées avant l'utilisation de casque lourd de fabrication israélienne. Il fut décidé d'utiliser la jugulaire trois points du casque Mark II AT d'origine britannique.
La coiffe serait assurée par un liner, comme à l'origine et donc la fabrication est légèrement simplifiée par suppression de la "neckband". Ce liner de fabrication israélienne, fabriqué en toile de nylon imprégné de résine, par la société Tamal (société existant toujours à l'heure actuelle, spécialisé dans l'industrie plastique) et qui répondait aux normes US MIL SPEC H-001988 C.
Ce nouveau casque de fabrication nationale, fut alors désigné comme son modèle de base, sous la désignation Kasda M-1.
Parallèlement, des essais furent menés par cette société pour la fabrication d'un casque de type M-1, avec coiffe Cradel extractible et fabriqué en plastique balistique "Corlon". Ce projet ne fut pas retenu et fut repris par la Corée du Sud pour donner naissance au casque modèle 80, utilisé en grand nombre par l'Irak.
Le Kasda M-1 fut utilisé en grand nombre par "Tsahal" jusqu'à l'adoption généralisée du nouveau casque en matière composite OR 201, produit par la société Orlite Enginnering & co, durant les années 80.
Il est intéressant de noter que le casque M-1 aux spécifications israéliennes fut aussi repris par l'armée singapourienne. On peut d'ailleurs supposer que ces casques sont de fabrication israélienne, le pays ayant depuis de nombreuses années une importante industrie d'armement, dont l'exportation est considérable.

Casque Mark II AT de fabrication britannique, utilisé par Tsahal.
Casque Mark II AT de fabrication britannique, utilisé par Tsahal.
Kasda M-1. Kasda M-1.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Aprêt et peinture texturée.
Aprêt et peinture texturée.
Marquage fabrication israélienne.
Marquage fabrication israélienne.

La coque du casque israélien M-1 est d'abord récupérée sur les nombreux exemplaires déjà en dotation au sein de "Tsahal". Ces casques, issus des importants stocks de la seconde guerre mondiale, mais aussi de l'approvisionnement en matériel militaire des Etats-Unis dans le cadre de l'aide américain apporté à Israël dans son combat.
Ces coques peuvent alors être du modèle 1941 à pontets fixes, ou modèle 1943, ou 1951 ou encore 1966 à pontets mobiles.
Ces coques sont fabriquées par emboutissage progressif d'une feuille d'acier au manganèse "Hadfield", et donc la bordure est adoucie par un jonc fermé à l'avant pour les casques produits avant fin 1944, puis fermé à l'arrière par la suite.
Afin d'y placer les pontets de jugulaire nécessaire au maintien de la jugulaire trois points reprise du casque Mark II AT d'origine britannique, ces casques durent subir quelques modifications. Les pontets d'origine sont supprimés et les emplacements des trois nouveaux pontets sont meulés afin de pouvoir les souder à la coque.

Pour cette manœuvre, la peinture d'origine est conservée et cette manipulation est pratiquée au détriment de celle-ci.
Les nouveaux pontets sont ainsi posés par soudure électrique, occasionnant des traces de soudures au niveau de ceux-ci (trous dans la coque, brasures).
La coque est ensuite apprêtée à l'aide d'un apprêt de couleur rouge et est peinte de couleur vert kaki, directement sur la peinture d'origine.

Par la suite, la coque du casque M-1 fut fabriquée par Israël sur la même conception que le casque de fabrication américaine. On distingue ces fabrications par le symbole de "Tsahal" et les deux derniers chiffres de l'année de production estampés à froid sous la visière du casque.

La coiffe :

Le casque M-1 israélien est une adaptation du casque M-1 américain aux normes US M1966. En raison du grand nombre de casques M-1 importés par les Etats-Unis issus des importants stocks de la seconde guerre mondiale, ou de fabrication récente dans le cadre de l'aide fournit par les Etats-Unis.
Dans ce cadre, beaucoup de casques US M-1 M66 furent utilisés par Israël avant l'adoption de ce nouveau casque. De ce fait, beaucoup de liner furent donc récupérés de ce casque, dont la coque était modifiée aux standards isréliens.
Cependant, un nouveau liner fut produit pour ce nouveau casque, qui est une simplification du liner US M1961 dont la "neckband" est supprimée.

Le liner.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue avant.
Marquage du fabricant Tama.
Marquage du fabricant Tama.
Marquage visière.
Marquage visière.

La bombe du liner du casque M-1 israélien est fabriquée à partir de toile de nylon imprégnée de résine phénolique/Polyvinyle de butyral (PVB) formées dans un moule à haute pression.
La forme de ce liner est très semblable à celle du liner de fabrication américaine, cependant sa base est beaucoup moins profilée et est plus plane.
Le marquage du fabricant Tama, inscrit en alphabet latin et hébreux, est directement moulé au fond de la bombe lors du moulage du liner, ainsi que le symbole de "Tsahal" au niveau de la visière. Ce symbole est d'ailleurs apposé sur tout matériel destiné aux forces israéliennes.
Il existe deux versions de ce liner, dont une est munie d'une neckband et l'autre non contrairement au liner américain. Le liner est donc percé de six à neuf trous pour la pose de la suspension et d'une neckband si le liner en est munie d'une.
L'extérieur du liner est enfin peint de couleur vert kaki de manière légèrement sablée après le montage des éléments internes du liner.

La suspension "Cradel".

Suspension Cradel.
Suspension Cradel.
Plaque de maintien.
Plaque de maintien.
Boucles de réglage de la suspension.
Boucles de réglage de la suspension.
Bandes de toile de la suspension.
Bandes de toile de la suspension.
Bandeau de tour de tête (headband).
Bandeau de tour de tête (headband).
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Clip de fixation.
Clip de fixation.
Clip avec et sans ergot.
Clip avec et sans ergot.
Coiffe.
Coiffe.
Suspension Riddel datée 1981.
Suspension "Cradle" datée 1981.
Headband datée 1979.
"Headband" datée 1979.

La coiffe est composée d'une suspension de type "Cradle" en toile forte multipoint de couleur verte (Oliv Drab No.7), et est identique à celle installée dans liner M1961 "infantry" américain. La suspension est constituée d'un cerclage en toile, sur lequel sont fixées par couture les trois sangles de maintien en profondeur. Les trois sangles, se croisant en leur milieu dans la doublure centrale de la sangle transversale, sont fixées par couture à l'avant et sont maintenues à l'arrière à trois boucles coulissantes, chacune fixée à une petite patte en toile, elle-même fixée par couture à l'arrière du cerclage de toile : ce dispositif permettant le réglage en profondeur de la coiffe.
Cette suspension est fixée à l'intérieur du liner au niveau de chaque intersection du cerclage et des sangles de maintien en profondeur à l'aide de rivets mécaniques. Ces rivets de fixation passent par un rivet creux, disposé à chaque intersection des différents éléments de toile de la suspension, et se referment sur une plaque métallique peinte en noir de forme triangulaire (éléments appelés "A-washers"), afin d'assurer le maintien de la suspension dans le liner.
Le maintien sur la tête est assuré par la traditionnel "headband" et est de conception strictement identique au modèle final utilisé sur tous les casques US M-1 à partir de 1961.
Le bandeau de tour de tête est constitué d'une bande de toile forte de couleur verte (Oliv Drab No.7) longue d'environ 75 centimètres, sur laquelle est cousue une bande de cuir fin. Cette bande de cuir est d'abord cousue sur le revers haut du bandeau, puis est cousue à la base de la bande de toile.

Marquage.
Marquage.

Des encoches et des interstices sont pratiqués à intervalle régulier pour le passage des six agrafes métalliques permettant la fixation de la "headband" sur la suspension du liner. (A noter que contrairement aux "headband" de fabrication américaine, les agrafes du bandeau peuvent être parfaitement lisses. En effet, les agrafes avant d'un bandeau US sont munies d'ergots assurant la fixation à l'avant de la coiffe, les quatre autres sont lisses permettant au bandeau de coulisser sur la suspension et ainsi de mieux s'adapter à la tête du soldat. Ceci étant dit, cette pratique est loin d'être systématique sur les "headband" de fabrication israélienne).

Version munie d'une neckband.

Liner muni d'une neckband.
Liner muni d'une neckband.
Autre vue.
Autre vue.
Points de fixation.
Points de fixation.
Neckband.
Neckband.

Le liner du casque M-1 israélien peut être muni d’une "neckband" à l'instar du liner M1961 américain. Ainsi la coiffe est complétée par une bande de toile assurant un meilleur maintien au niveau de la nuque évitant ainsi au casque de basculer en avant en cas de manœuvre brusque.
La "neckband" est maintenant constituée d'une bande de toile forte rectangulaire de couleur verte (Oliv Drab No.7) dont les coins sont repliés sur eux-mêmes et maintenus par couture, ainsi que les deux bandes de toile, permettant la fixation de la "neckband" sur les cotés du liner. Une troisième bande, plus courte, est cousue à la base pour se fixer au centre arrière du sous-casque. A noter que l'extrémité libre de chacune des pattes de toile est taillée en pointe afin de mieux s'insérer dans les boucles de fixation.
Le maintien de la "neckband" s'effectue avec les trois petites boucles à double passants et dentelées, dont la base lisse de celles-ci est prise dans une patte métallique repliée sur elle-même, jouant ainsi le rôle de charnière et riveté ensuite dans le liner (au centre arrière et sur les cotés).
Il semblerait que les liners israéliens munis d'une "neckband" furent produits avant le modèle qui en est dépourvu, sans doute dans l'optique de simplifier la coiffe et son processus de fabrication.

La jugulaire :

Passant latéral, et trace de reconditionnement.
Passant latéral, et trace de reconditionnement.
Passant arrière.
Passant arrière.
Jugulaire en web.
Jugulaire en web.
Mentonnière.
Mentonnière.
Renfort d'extrémité.
Renfort d'extrémité.
Boucle de fermeture.
Boucle de fermeture.
Marquage.
Marquage.
Fixation latérale.
Fixation latérale.
Fixation arrière.
Fixation arrière.
Jugulaire montée.
Jugulaire montée.
Différentes trames.
Différentes trames.

La jugulaire est de topologie trois points, reprise de celle équipant le casque Mark II AT d'origine britannique, et est fixée aux trois pontets du casque. Les deux passants latéraux sont constitués d'une boucle rectangulaire dans laquelle coulisse une barre autobloquante (dentée à son sommet). Cette boucle est fixée sur une pièce métallique en forme de "T", repliée sur elle-même à la base de la boucle. Ce support, jouant le rôle de charnière, est ensuite soudé à la coque par trois points de soudure électrique.
Le passant arrière est une simple boucle rectangulaire, pivotant sur le même type de support, et est fixé à la coque par le même principe.
La jugulaire est fabriquée à l'aide de sangle en toile de coton de type "Web" (dont la trame peut varier selon les fabrications, pouvant être plus fine que le traditionnel "Web" rencontré sur le casque Mark II AT), large de 2 centimètres, dont la couleur peut varier de beige sable à une couleur plus verte et dont toutes les extrémités sont renforcées par un embout métallique. Elle est composée de deux bandes de toile Web croisées pour former la mentonnière, doublée d'une pièce de cuir. La partie longue de la jugulaire, longue de 65 centimètres, destinée à passer dans le passant arrière, comporte une boucle à double fente de fermeture.
La seconde bande de toile, constituant la jugulaire, longue de 52 centimètres, se fixe latéralement aux passants autobloquants, et la partie longue s'insère dans la boucle arrière du casque et se fixe à la boucle à double fente de la partie gauche.

Le camouflage additionnel :

Camouflage toile de jute, et filet.
Camouflage toile de jute, et filet.
Vue de coté.
Vue de coté.
Détail fixation.
Détail fixation.
Marquage fabrication.
Marquage fabrication.

Il existe de nombreux artifices de camouflage pour le casque israélien M-1, aucun d'eux étant fabriqué de manière officielle. L'élément additionnel de camouflage le plus couramment employé sur les casques israéliens est un morceau de toile de jute, dont le maintien peut être assuré par un filet dont la taille des mailles peut varier.
Le maintien peut aussi être assuré par un morceau de chambre à air de roue de véhicule. Sur le même concept, une bande de caoutchouc beige fut fabriquée pour ce rôle.