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Casque Modèle 16

Fiche

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Historique

Lorsque la première guerre mondiale éclate en 1914, l'Italie reste neutre face au conflit alors qu'elle était alliée à la triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie) depuis le 6 mai 1891.
Dans les années qui précèdent la guerre, le Royaume d'Italie intensifie ses rapports avec la France et le Royaume-Uni, bien qu'elle soit membre de la Triple Alliance, un traité défensif qui la lie à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Rome est en effet conscient de ne pouvoir obtenir le soutien de l'Autriche pour l'expansion de son territoire vers le Trentin-Haut-Adige, Trieste, Istrie et la Dalmatie, les terres irredente.
Peu de jours avant la déclaration de la guerre de l'Allemagne, le 3 août 1914, le gouvernement conservateur d'Antonio Salandra déclare que l'Italie ne prendrait pas part au conflit, puisque le caractère défensif de la Triple Alliance ne l'y oblige pas.
Le 26 avril 1915, au terme d'une longue négociation, le ministre des Affaires étrangères Sidney Sonnino signe le pacte de Londres (sans l'approbation du parlement) avec la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie). Celui-ci promet à l'Italie, en cas de victoire, Trente et le territoire jusqu'au Brennero, les villes de Gorizia, Trieste et Gradisca d'Isonzo, l'Istrie (à l'exclusion de Fiume) jusqu'à la baie de Kvarner et une partie de la Dalmatie.
Le 3 mai, l'Italie se désengage de la Triple alliance et le 23 mai 1915 l'Italie entre en guerre aux côtés de la Triple-Entente, et c'est au cours de la nuit du 24 mai que les troupes italiennes franchissent la frontière qui les sépare de l'empire austro-hongrois.
Cependant l'armée est mal équipée, dont le matériel est usé suite au conflit italo-turc de 1911-1912 et la guérilla avec les rebelles en Lybie.
Rapidement, comme l'ensemble des différents fronts, les positions italiennes s'enlisent dans une interminable guerre de tranchées protégées par d'épais réseaux de barbelés.
Ces obstacles, gênant le déplacement des troupes, entrainent la formation de petits groupes francs dont la mission est de se glisser entre les lignes adverses afin de détruire les réseaux de barbelés. Décidé par le Comando Supremo, ces groupes sont entrainés et dotés d'un imposant équipement de protection. Cet équipement comprend un casque d'acier de forme ovale, muni d'une large plaque frontale de renfort et une cuirasse d'acier. Ces artifices de protection sont fabriqués à Milan par l'ingénieur M. Farina qui dirige une petite usine domiciliée au 10, rue Ruffini. Parallèlement, l'usine Farina fabriqua un casque similaire dénommé casque de tranchée pour le reste des troupes, même si il semble peu semblable d'équiper toute une armée d'un tel casque.
Très inconfortable et d'une efficacité limitée, ces casques ne sont pas appréciés par la troupe et les reproches formulés à l'encontre des casques Farina décident le Comando Supremo de passer une importante commande de casques Adrian auprès de la France afin de palier à l'urgence de la situation.
Ces casques commencent à équiper les troupes transalpines à partir du mois d'octobre/novembre 1915. Les premières livraisons sont standards à l'armée française et sont encore équipés de la grenade toute arme siglée R.F. Les fabrications suivantes furent fabriquées spécialement pour l'Italie, dont la bombe n'est pas muni de fente pour la fixation d'un attribut et sont dans un premier temps peints en gris-bleu puis par la suite en gris-vert afin d'être assortis à l'uniforme italien.
A la fin de l'année 1916, 1 800 000 unités sont commandées et 1 600 000 exemplaires sont déjà livrés.
Les casques modèle 15 italien, démunis d'insigne frontal métallique, sont rapidement munis d'un insigne frontal appliqué au pochoir, bien qu'il n'existe pas d'instruction officielle réglementant la disposition d'insignes sur les casques. Par exemple, dans l'infanterie, on peint en noir le numéro du régiment surmonté de la couronne royale.
Parallèlement à l'achat de casques Adrian auprès de la France, l'Italie commence à fabriquer son propre casque Adrian à partir de 1916 afin d'obtenir son indépendance vis à vis des importations de matériels militaires nécessaires à l'effort de guerre. La bombe et la visière sont fabriquées d'un seul tenant lors de l'emboutissage du casque et le cimier est fixé à la bombe par soudure. Désigné officiellement comme "Elmetto Metallico Leggero" (sans doute contrairement au modèle lourd Farina) à l'occasion de la circulaire N° 4542 du Commandement suprême paru le 24 Avril 1916. Ce nouveau casque est classifié en tant que modèle 15 "Lippman", bien qu'il ait été fabriqué et distribué en 1916 (sans doute en rapport au modèle 15 français sur lequel il est calqué). Ce casque est nommé modèle 16 dans le milieu des collectionneurs afin de différencier les deux modèles.
Après l'armistice de 1918, les deux modèles sont conservés par l'armée et les attributs appliqués sur les casques ne sont pas uniformes, s'inspirant de traditions nées dans les tranchées.
L'uniformisation des insignes préoccupe l'état-major, qui édite en 1921 un cahier des charges très précis afin que les insignes soient fabriqués en cuivre d'une épaisseur de 4/10ème d'épaisseur, muni d'une agrafe double de fixation, distante de 35 mm l'une de l'autre, à l'instar des attributs français.
Ce cahier des charges est modifié partiellement en 1923 puis en 1925 suite à l'adoption de nouveaux attributs.
Suite à l'adoption du nouveau casque modèle 933 à partir de 1933, les casques Adrian sont progressivement remplacés, puis déversés à des organisations axillaires. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, beaucoup d'Adrian sont encore en dotation au sein de l'armée, principalement dans les troupes de secondes zones.

Le casque modèle 16 fut utilisé lors de la guerre d'Espagne de 1936 à 1939 dans le cadre de l'aide apportée par l'Italie aux troupes franquistes.

Casque Adrian modèle 15.
Casque Adrian modèle 15.
Casque modèle 36. Casque modèle 36. Casque modèle 36. Casque modèle 36.
Casque modèle 36.

Constitution

La coque :

Fabrication précoce.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Bordure pliée à l'extérieur.
Bordure pliée à l'extérieur.
Fixation cimier avant.
Fixation cimier avant.
Fixation cimier arrière.
Fixation cimier arrière.
Fente d'aération.
Fente d'aération.

La forme du casque modèle 16 est reprise du casque Adrian modèle 15 importé de France, dont la fabrication est désormais simplifiée. Contrairement au modèle français, la bombe est fabriquée d'un seul bloc avec la visière, qui est fabriquée en trois pièces pour le casque modèle 15 français.
La bombe italienne est formée par emboutissage progressif d'une plaque de tôle d'acier laminée. Après emboutissage, la bombe est passée dans un tour pour être lissée, elle est ensuite ovalisée en force, sur une forme.
Une aération de dimension 5 x 1 cm est percée au sommet de la bombe, elle est protégée par un retroussis. Le trou d'aération est protégé à l'extérieur par un cimier semblable au casque Adrian modèle 15 et dont la forme diffère légèrement du modèle français. La crête du cimier est plus élevée, et les extrémités du cimier sont plus pointues que le modèle français. Enfin, il est fixé à la bombe par trois points de soudures électriques appliqués à chacune des extrémités contre quatre rivets fendus en aluminium pour le modèle 15.
La bordure brut du casque est adoucie en étant retournée et aplatie à l'extérieur du casque, alors que la bordure du casque français est adoucie par un jonc rapporté en deux parties.
Des agrafes crampons, en tôle de 7/10èmes, sont soudées aux quatre points cardinaux de la bombe, destinées à maintenir le système de coiffe et d'aération, elles comportent deux branches de dimension 90 x 5 mm. La base des deux agrafes latérales se prolonge par une enchapure enfermant un dé métallique rectangulaire de dimension 10 x 20 mm, faisant office de passant de jugulaire. Ce concept de système de fixation des éléments internes du casque est strictement identique au casque modèle 15 de fabrication française.
Les bombes italiennes semblent avoir été fabriquées en trois tailles, qui semblent aussi être légèrement plus grandes que le modèle 15 français. Elles sont désignées également A, B et C.
Les casques modèle 16 fabriqués durant la première guerre mondiale et jusqu'à 1921 furent peints de couleur gris/vert très foncé, dont la peinture est mélangée à du sable très fin afin de réduire les reflets du soleil sur le casque. La peinture fut appliquée à l'aérographe puis séchée au four.
Tous les casques sont munis de quatre bandes ondulées en aluminium de 3/10èmes, destinées à assurer l'aération de la coiffe entre celle-ci et la paroi du casque. L'amplitude des ondulations est fonction de la taille de la bombe et de celle de la coiffe. L'ensemble, bandes ondulées clinquant et coiffe, est maintenu par les agrafes-crampons soudées à la bombe.

Fabrication plus tardive.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Bordure pliée à l'extérieur.
Bordure pliée à l'extérieur.
Fixation cimier avant.
Fixation cimier avant.
Fixation cimier arrière.
Fixation cimier arrière.
Marquage.
Marquage.

Pour les modèles produits après 1921, la peinture utilisée est de couleur gris/vert très claire et satinée. Beaucoup d'exemplaires produits avant cette date ont été reconditionnés et remis en peinture dans cette nouvelle couleur.
A noter que la bordure pliée à l'extérieur du casque est repliée de manière plus régulière.
Ces exemplaires peuvent présenter un cimier fixé à l'aide de rivets mécaniques à tête plate ou arrondie, au nombre de trois à chaque extrémité du cimier. L'étude d'exemplaires présentant un nombre de rivets inférieur à 3, complétés de points de soudure électrique laisse supposer que la pose de rivets mécaniques a pu être appliquée lors de réparation.
Les exemplaires peints de couleur gris/vert clair peuvent laisser apparaître un tampon de fabricant et/ou de réception, complété d'un marquage de taille.

Autre marquage avec taille.
Autre marquage avec taille.

Les insignes :

128ème régiment d'infanterie.
128ème régiment d'infanterie.
231ème régiment d'infanterie.
231ème régiment d'infanterie.
Attribut modèle 25 - artillerie de campagne.
Attribut modèle 25 - artillerie de campagne.
3ème régiment de cavalerie.
3ème régiment de cavalerie.
Cavalerie légère.
Cavalerie légère.
10ème régiment d'infanterie.
10ème régiment d'infanterie.
Ecole d'infanterie.
Ecole d'infanterie.
Unité du génie.
Unité du génie.

Initialement, aucun insigne n'était prévu pour les casques métalliques utilisés au sein de l'armée italienne. Très vite l'application de marquage d'unité fut généralisée au sein des troupes, reprenant de manière générale les insignes régimentaires. Pour l'infanterie, le numéro du régiment surmonté d'une couronne royale était appliqué à l'aide d'un pochoir de couleur noire, et exceptionnellement de couleur blanche.
La circulaire N° 12720 du Commandement suprême édité le 15 Juillet 1916 déclare que les coiffures métalliques devraient être marquées avec des symboles semblables à ceux portés sur les chapeaux de feutre généralement utilisé avant l'adoption de casques modernes en acier. Ces insignes devaient être appliqués avec de la peinture noire. On dénote aussi l'application d'insigne régimentaire par grattage de la peinture, la couleur noire se dénotant mal de la couleur foncée du casque.

En 1921, l'application d'insignes sur les casques fut réglementée par une nouvelle circulaire spécifiant que les insignes régimentaires, pour la plupart s'inspirant de traditions nées dans les tranchées, devaient être fabriqués en tôle de cuivre de 4/10ème d'épaisseur, comportant au dos deux agrafes soudées et espacées de 35 mm l'une de l'autre. L'insigne était appliqué au casque après avoir percé deux trous disposés verticalement et espacé de 35 mm.
De nouveaux insignes firent leur apparition en 1923, 1925, 1928, 1930 et enfin en 1933.
L'adoption du casque modèle 933 en 1933, et adopté par l'ensemble de l'armée, abandonne l'utilisation d'insignes métalliques, exclusivement réservés aux casques Adrian.
La circulaire N°175 du 1er mars 1934 spécifie l'utilisation d'emblèmes peints au pochoir. Ces insignes, repris du modèle 933, seront eux aussi utilisés sur les casques Adrian durant les années 30-40.

La coiffe :

Intérieur de la bombe.
Intérieur de la bombe.
Agrafe double de fixation, et lame d'aération.
Agrafe double de fixation, et lame d'aération.
Lame ondulée d'aération en aluminium.
Lame ondulée d'aération en aluminium.
Agrafe double avant ou arrière.
Agrafe double avant ou arrière.
Agrafe latérale avec passant de jugulaire.
Agrafe latérale avec passant de jugulaire.
Détail mise en place lame ondulée.
Détail mise en place lame ondulée.
Coiffe en toile cirée.
Coiffe en toile cirée.
Détail assemblage.
Détail assemblage.
Revers.
Revers.
Coiffe en toile cirée.
Coiffe en toile cirée.
Coiffe en cuir.
Coiffe en cuir.
Autre coiffe en toile cirée.
Autre coiffe en toile cirée.

La coiffe est reprise de celle du second type appliquée dans les casques modèle 15 de fabrication française. Durant la période de production s'étalant de 1916 à 1918, face à la pénurie de matière première, la coiffe était fabriquée en toile cirée, montée sur un bandeau en drap de laine, généralement de couleur kaki.
Elle est composée d'un bandeau de toile cirée sur lequel sont cousues six dents découpées séparément afin de minimiser les chutes. La toile cirée utilisée peut être de couleur différente sur une même coiffe, fonction des approvisionnements, on rencontre des panachages : bandeau d'une couleur et dents d'une autre. La couleur varie du noir au blanc cassé.
Le bandeau est cousu sur un turban de drap de récupération, sur lequel viennent se fixer les agrafes-crampons de la bombe. L'ensemble est cousu sur un turban constitué d'une double épaisseur de drap de laine, assemblé en elles par trois lignes de couture parallèles parcourant la circonférence de la coiffe.
Les six pattes de coiffe, terminées d'un trou renforcé d'un œillet métallique, sont jointes ensemble à l'aide d'un lacet, permettant le réglage en profondeur de la coiffe.
Les coiffes existent en neuf tailles allant du 54 au 62. Chaque taille de bombe est prévue pour trois tailles de coiffe. Bombe A = 54, 55, 56 ; bombe B = 57, 58, 59 ; et bombe C = 60, 61, 62; l'adaptation se faisant par la garniture d'aération décrite plus haut.
Au lendemain de la guerre, les coiffes furent fabriquées en cuir de couleur fauve, montée sur un bandeau en drap de laine de couleur gris/vert, identique à celui utilisé pour la confection des uniformes italiens.

A noter que l'on peut rencontrer de manière anecdotique des coiffes du premier type appliquées au début de la production des casques Adrian modèle 15. Ce type de coiffe est fabriqué par découpe d'une seule pièce de cuir, dont la base est scindée en sept pattes. On peut supposer que ces coiffes furent récupérées de casques Adrian modèle 15 mis au rebut.

Aussi, on note l'utilisation de coiffe en cuir de casques modèle 933 utilisée dans les casques modèle 16 durant les années 30-40. La coiffe du modèle 933, fabriquée en cuir scindé en huit pattes jointives à l'aide d'un lacet, était maintenue dans la bombe par son bandeau de feutre ancré aux quatre agrafes crampons.

La jugulaire :

Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Boucle coulissante.
Boucle coulissante.
Rivet creux sur une jugulaire de couleur grigioverde.
Rivet creux sur une jugulaire de couleur grigioverde.
Boucle coulissante.
Boucle coulissante.

La jugulaire est reprise de celle du casque Adrian modèle 15 de fabrication française. Elle est constituée d'une sangle de cuir de couleur marron de 52 cm de long pour 13 mm de large. Une de ses extrémités enchape une boucle carrée à échelle, à l'aide d'un rivet mécanique ou d'un rivet creux éclaté en étoile.
Elle est maintenue aux deux passants de jugulaire soudés aux parois internes latérales du casque. Il sont constitués à la base des deux agrafes latérales, se prolongeant par une enchapure enfermant un dé métallique rectangulaire de dimension 10 x 20 mm.
L'autre côté de la jugulaire coulisse librement dans un des dés du casque puis dans la boucle de réglage coulissante et enfin se fixe sur le deuxième dé grâce à un rivet mécanique ou creux éclaté. La teinte du cuir est de couleur marron jusqu'en 1921, date à partir de laquelle le cuir utilisé est teint de couleur gris/vert, comme l'ensemble des cuirs d'équipements de l'armée italienne, et dont les côtés sont rainurés.
De manière générale, les jugulaires sont maintenues à l'aide de rivets creux éclatés en étoile.