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Casque Modèle 942/60

Fiche

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Historique

L'idée de la création de troupes aéroportées au sein de l'armée italienne remonte à 1927, suite aux grandes manœuvres de l'armée soviétique à Kiev, après lesquelles l'Italie envoya des observateurs militaires en URSS afin de mettre en place un projet de création d'unités parachutistes.
Dès 1927, une petite unité fut mise en place de manière expérimentale, mais très vite ce projet fut avorté et il fallut attendre 1938, grâce au maréchal Italo Balbo alors gouverneur général de la Lybie sous contrôle italien, pour voir la création de la première unité aéroportée italienne.
En juin 1940, deux écoles pour troupes aéroportées existent sous l'égide de la "Regia Aeronautica", la première à Castelbenito en Lybie et la seconde à Tarquinia près de Rome.
Au départ, les unités aéroportées furent équipées de casques en toile ou en cuir issu des casques utilisés par les pilotes de l'armée de l'air, étant donné que le casque M933 de l'infanterie était inadapté au saut en parachute car offrant trop de résistance à l'air.
La nécessité d'un casque adapté aux troupes aéroportées se fit rapidement sentir en raison de l'implication de l'Italie aux cotés de l'Allemagne combattant en Europe.
Ainsi le casque modèle 933 fut simplifié au niveau de sa forme en découpant ses bords afin d'obtenir une base plane, et fut muni d'une coiffe en cuir doublée de mousse de caoutchouc pour amortir les chocs.
Afin d'assurer la stabilité du casque sur la tête, ce casque est muni d'une épaisse jugulaire en cuir fixée en quatre points, dont les deux lanières arrière sont reliées par un couvre-nuque.
Ce casque, apparut en 1941, est désigné comme modèle 941, équipe pour la première fois les parachutistes occupant les îles grecques de Zante et Cefalonia.
Ce modèle sera amélioré à la fin de l'année 1941 avec l'ajout à l'avant du casque d'un épais boudin de cuir rembourré destiné à protéger le nez en cas de basculement du casque vers l'avant et le couvre-nuque est supprimé.
Adopté dès l'année 1942, cette nouvelle version prend la désignation de casque modèle 942 (ou modèle 941/42, car reste une amélioration du casque modèle 941) et équipe la division parachutiste Folgore, qui sera engagée en Afrique du Nord en juillet de la même année.
On note cependant l'utilisation sporadique de casques modèle 32 tchèques, capturés sur l'armée yougoslave lors de l'intervention de l'Italie dans les Balkans, au sein d'un bataillon parachutiste mise en place en avril 1942 en projet de l'occupation de l'île de Malte.
Le casque modèle 942 fut alors généralisé au sein des troupes parachutistes de l'armée italienne, puis au sein des troupes de la république sociale italienne après l'armistice de 1943.
Après la seconde guerre mondiale, le casque modèle 942 continua à être utilisé de manière ponctuelle, une grande partie de l'armée étant équipée de matériel britannique en 1945. Avec la reconstruction de l'armée italienne intégrée au sein des forces de l'OTAN en pleine guerre froide, la production de matériel italien, et donc de casques, reprend dans l'immédiat après guerre.
Le casque modèle 933 est modernisé dès 1947 par l'ajout d'une jugulaire en toile d'un seul tenant et à cette même époque la production du casque modèle 942 repris après de légères modifications au niveau de la coiffe et de la jugulaire qui est désormais fixée à trois passants, dont deux autobloquants sur les cotés. On peut qualifier ce casque comme modèle 942/47.
Il faut attendre la fin des années 50 avant que soit modernisé le casque de parachutiste modèle 942, avec la simplification de la fabrication de la coque, une amélioration de la coiffe et enfin le remplacement de la jugulaire par un modèle en toile muni d'une mentonnière. Cette modernisation fut établie après quelques recherches avortées sur un nouveau modèle fabriqué en fibre de verre.
Fabriqué dès 1960, ce modèle, qualifié de casque modèle 942/60, sera utilisé jusque dans les années 90, période durant laquelle le casque en matière composite calqué sur le modèle PASGT fut généralisé de manière généralisé au sein de l'armée italienne.

Modèle 941/42.
Modèle 941/42.
Modèle 942/60. Modèle 942/60. Modèle 942/60. Modèle 942/60.
Modèle 942/60. Modèle 942/60. Modèle 942/60. Modèle 942/60.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Marquage.
Marquage.
Inscription taille.
Inscription taille.

La coque du casque parachutiste modèle 942/60 est reprise du modèle 942/47, bien que sa forme soit désormais plus arrondie et sa fabrication simplifiée.
La bombe, fabriquée en plusieurs tailles, est formée d'un bloc par emboutissage progressif d'une plaque d'acier, et contrairement aux modèles antérieurs, la bordure est laissée brut et n'est désormais plus évasée vers l'extérieur, ce qui constitue la différence principale avec le modèle 942. Cependant, on note certains cas où des coques fabriquées durant la seconde guerre mondiale ont été récupérées.
La coque est ensuite percée de quatre trous, deux de chaque coté, au niveau de la base pour la fixation ultérieure des éléments internes du casque.
Un trou est pratiqué de chaque coté sur le tiers supérieur arrière du casque pour permettre l'aération du crâne.
Une lettre suivie d'un numéro est estampée à froid sur la bordure interne arrière du casque, identifiant certainement l'usine de fabrication et le lot de production.
La coque est ensuite peinte de couleur vert olive de manière satinée à l'intérieur, puis à l'extérieur après fixation de la coiffe et des passants de jugulaire.
A noter que le fond de la bombe peut présenter un chiffre inscrit au feutre, permettant d'identifier la taille de coiffe pour laquelle est destinée la coque, aidant ainsi l'assemblage lors de la fabrication.

La coiffe :

Rivet éclaté.
Rivet éclaté.
Jointure cerclage.
Jointure cerclage.
Patin en cuir.
Patin en cuir.
Jointure cuir.
Jointure cuir.
Bourrelet avant.
Bourrelet avant.
Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Rembourrage mousse.
Rembourrage mousse.
Vue de coté.
Vue de coté.
Doublure, et fond en mousse.
Doublure, et fond en mousse.
Fond en mousse.
Fond en mousse.
Marquage taille.
Marquage taille.
Coiffe.
Coiffe.

La coiffe est montée sur un cerclage en acier jointif à l'arrière par deux rivets maintenant le passant de jugulaire arrière assurant la jointure.
Elle est constituée d'une bande de cuir dont la base est scindée en 7 pattes, le haut de la coiffe comporte entre chaque patte une encoche pratiquée dans le cuir repliée à l'intérieur, et constituant ainsi deux ceintures de cuir liant les 7 pattes de coiffe.
La bande de cuir constituant la coiffe est reliée par une couture rectangulaire en zig-zag, qui constitue une différence avec les productions antérieures à 1945, dont la couture est rectiligne.

Les pattes de coiffe sont reliées entres-elles par le fond de coiffe constitué d'un disque de mousse composé d'un ensemble de mousse à 3 étages, dont le premier étage est composé d'un disque de mousse large, comportant 8 trous pour l'aération du crâne et un plus gros trou en son centre. Le troisième étage est constitué d'un disque de diamètre plus petit, jouant le rôle d'amortisseur en cas de contact violent avec le fond de la bombe. Ces deux étages circulaires sont collés entre eux et lient l'étage intermédiaire constitué d'une étoile à 7 branches, dont le centre comporte un disque de toile. Les 7 branches, composées de deux épaisseurs de mousse et chacune d'elle percée de deux gros trous. Ces branches de mousse sont alors collées au dos de chaque patte de cuir de la coiffe, liant ainsi chacune d'elle.
La taille de la coiffe est spécifiée à l'aide d'un tampon à l'encre noire apposé sur le disque de toile visible dans le gros trou du disque de mousse composant le fond de la coiffe.
Cet ensemble est ensuite riveté au cerclage par de petits rivets mécaniques, de même que le protège nez constitué d'un boudin en cuir rembourré de crin de cheval et ainsi que les trois passants de jugulaire.
La coiffe est enfin fixée à la coque par 4 rivets éclatés en étoile au niveau des 4 trous pratiqués à la base de la coque.

La jugulaire :

Passant latéral.
Passant latéral.
Vue de coté.
Vue de coté.
Passant arrière.
Passant arrière.
Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Jugulaire topologie 3 points.
Jugulaire topologie 3 points.
Mentonnière doublée d'une pièce de cuir.
Mentonnière doublée d'une pièce de cuir.
Passage arrière.
Passage arrière.
Fixation arrière.
Fixation arrière.
Fixation latérale.
Fixation latérale.

La jugulaire est constituée de deux bandes de toile de couleur beige, large de 2,7 centimètres, et jointive par couture en étant croisées pour constituer la mentonnière qui est doublée d'une pièce de cuir.
La première bande de toile, longue de 37 centimètres, dont chaque extrémité est repliée sur elle-même de manière à former un triangle cousu, est destinée à être fixée aux deux passants latéraux du casque. Les deux passants latéraux sont constitués d'une boucle rectangulaire dans laquelle coulisse une barre autobloquante.
Ces deux boucles ont la base prise dans une patte métallique repliée sur elle-même, jouant le rôle de charnière, et rivetée au cerclage de la coiffe.
La sangle arrière, mesurant 54 centimètres, possède son extrémité gauche munie d'une boucle semblable aux passants latéraux du casque. L'autre extrémité, replié sur elle-même de façon identique aux sangles latérales, est destinée à être fixée à la boucle auto bloquante, après avoir été passé dans la boucle arrière. La boucle arrière du casque est constituée d'une fine boucle rectangulaire fixée de manière identique aux passants latéraux, et qui par ailleurs assure la jointure du cerclage à l'aide de deux rivets.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque.
Couvre-casque.
Détail montage.
Détail montage.
Vue à plat.
Vue à plat.
Autre modèle.
Autre modèle.
Points de fixation couvre-nuque.
Points de fixation couvre-nuque.
Revers.
Revers.

Il existe plusieurs types de couvre-casque pour le modèle 942/60, identiques à ceux utilisés avec le casque modèle 933/47 et dont il existe deux types de conception de fabrication.
Le premier type de fabrication rencontré après la seconde guerre mondiale est un couvre-casque fabriqué à partir de quatre morceaux triangulaire de toile camouflé, reprenant le schéma de camouflage adopté par l'armée italienne en 1929 et dont les trois couleurs ont été modifiées au lendemain de la seconde guerre mondiale. La base de ce couvre-casque est parcourue d'un élastique pris dans un ourlet permettant son maintien sur le casque.
Les autres modèles de couvre-casques sont fabriqués à partir d'un unique morceau circulaire de toile camouflée.
Le morceau de toile utilisé dans la confection du couvre-casque est cousu à intervalle régulier afin de former une jupe, permettant au couvre-casque d'épouser la forme arrondie du casque.
La base du couvre-casque est parcourue d'un élastique pris dans un ourlet pratiqué en repliant la base du couvre-casque sur elle-même, puis doublé d'une fine bande de toile.
Le premier couvre-casque est constitué d'une simple jupe de toile alors que le second type de couvre-casque, qui semble être plus tardif comporte un volet de toile cousu sur sa partie arrière recouvrant trois bouton destinés à maintenir un couvre-nuque en toile fixé par trois boutonnières.

Vue à plat.
Vue à plat.
Filet.
Filet.
Fixation.
Fixation.
Vue à plat.
Vue à plat.
Embout en bois.
Embout en bois.

Après la seconde guerre mondiale est apparut un filet de couleur marron, dont les mailles de 1,5 centimètres de coté, mesurant 38 cm de coté. Ce filet a la particularité d'avoir un embout en bois à chacun de ses angles destiné à être coincé entre la coque et la coiffe du casque.
Ces embouts de bois permettent ainsi de mieux calé le filet après son montage contre la coque après avoir serré le lacet de fixation.