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Casque Modèle 32

Fiche

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Historique

Avec l'arrivée au pouvoir de Hirohito en 1926, on assiste à une montée du militarisme au Japon. Le budget réservé à l'armée ne cesse de croître, avec une augmentation de 27% en 1927, 35% en 1935 et 46% en 1936.
En 1931, l'empire du Japon envahit la Mandchourie à la suite de l'incident de Mukden, orchestré par des officiers japonais de l'armée du Kwantung. Cet épisode entrainera la sortie du Japon de la SDN (Société Des Nations, ancêtre de l'ONU) et la création d'un nouvel état vassal du Japon en Mandchourie, le Manzhouguo.
Le 26 février 1936, on assiste à un véritable coup d'état militaire. Au matin, les militaires de la Kōdōha investissent les ministères et assassinent le ministre des Finances Takahashi ainsi qu'un certain nombre de dignitaires du régime. Ces militaires s'opposent à une faction rivale, la Tōseiha, et souhaite établir une dictature impériale ainsi que l'élimination des conglomérats commerciaux (zaibatsu). La révolte est matée trois jours plus tard sur ordre personnel de l'empereur Hirohito, qui menace de prendre la tête de l'armée.
Avec la nomination de Fumimaro Konoe au poste de premier ministre, le lobby militaro-industriel prend définitivement le contrôle de la politique interne du pays. En 1937, l'empereur Hirohito autorise l'invasion de la Chine (Guerre sino-japonaise de 1937-1945), qualifiée de guerre sainte (seisen) et constituant la première étape de la politique impérialiste du Japon.
En 1941, l'empereur autorise la conquête de l'Asie du sud-est dans le but de créer la Sphère de co-prospérité de la grande Asie orientale. La guerre en Asie et dans le Pacifique se poursuit jusqu'en 1945, avec la défaite des forces shōwa et l'occupation du Japon.
Parallèlement à cette montée du nationalisme nippon et la croissance des forces armées japonaises, on assiste à une modernisation de l'équipement militaire. Essentiellement équipée du casque d'arsenal modèle 18 en Mandchourie, l'armée japonaise commence à être peu à peu équipée du nouveau casque Type 90 créé en 1930.
Cependant, l'armée et la marine essayèrent plusieurs modèles de casques avant l'adoption du casque Type 90 par l'ensemble des forces armées nippones, comme des casques calqués sur le casque Mark I britannique ou encore le Stahlhelm 16 allemand.
Comme l'ensemble des armées à travers le monde, le Japon s'équipa de véhicules blindés dont l'utilisation s'est généralisée depuis l'apparition de l'arme blindée durant la première guerre mondiale.
Le personnel est rapidement confronté au problème de l'utilisation d'un casque destiné à l'infanterie au sein d'un véhicule blindé, casque qui de par son encombrement dans un espace confiné, gêne énormément l'équipage.
De nombreux pays à travers le monde avaient adopté un casque spécialement étudié pour les équipages de blindés. Ces casques devaient avant tout protéger la tête du membre d'équipage des chocs occasionnés dans le blindé en déplacement sur un terrain chaotique.
Ainsi, l'intendance militaire japonaise mis au point un casque antichoc pour ses équipages de blindés en 1932, désigné de ce fait modèle 32 par les collectionneurs.
Essentiellement doté de petits chars d'assaut, les troupes blindées japonaises étaient principalement utilisées comme un support à l'infanterie, leur maniabilité et leur rapidité en firent des armes redoutables.
Confronté à un espace très exigu, le casque modèle 32 était donc très compact et était fabriqué en matière légère et isolante. En effet, la plupart des blindés japonais utilisés sur les théâtres d'opération, furent soumis à de rudes chaleurs, une grande partie du continent asiatique étant soumis à un climat tropical. De ce fait, les blindés japonais étaient doublés d'amiante afin d'isoler l'équipage des températures élevées auxquelles les chars pouvaient être confrontés.

Casque de tankiste d'hiver modèle 34.
Casque de tankiste d'hiver modèle 34.

Le casque modèle 32 fut dans un premier temps confectionné en cuir, puis rapidement en toile.
Un second modèle fit son apparition en 1934 pour les blindés déployés dans des régions froides. Entièrement confectionné en cuir, ce casque, désigné comme modèle 34, était doublé de fourrure de lapin.
Les casques de tankiste japonais furent utilisés tout au long de la seconde guerre mondiale, jusqu'à la défaite du Japon en 1945.

Casque de tankiste modèle 32 - version été. Casque de tankiste modèle 32 - version été. Casque de tankiste modèle 32 - version été.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Coté gauche.
Coté gauche.
Vue arrière.
Vue arrière.
Coté droit.
Coté droit.
Réglage latéral de la bombe.
Réglage latéral de la bombe.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Volet en cuir de protection.
Volet en cuir de protection.
Bandeau central.
Bandeau central.
Couture de la bordure.
Couture de la bordure.
Event sommital - extérieur.
Event sommital - extérieur.
Event sommital - intérieur.
Event sommital - intérieur.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Etoile en cuir.
Etoile en cuir.
Etoile brodée.
Etoile brodée.

La bombe du casque de tankiste modèle 32 est formée de deux hémisphères aplatis sur les côtés et assemblés longitudinalement. Les côtés du casque sont dégagés en forme de U inversé pour la mise en place du système de réglage du casque. Les parties constituant la bombe du casque sont fabriquées en feutre épais et assemblées ensemble lors de la mise en place de la matière qui recouvre le casque.
Dans un premier temps recouvert de cuir fin, le casque modèle 32 fut rapidement recouvert de toile de couleur marron. Ainsi la bombe est recouverte sur les deux tiers supérieurs de six morceaux de toile de forme triangulaire, cousus entre eux et dont les pointes sont réparties au niveau sommital du casque.
La visière et la nuquière du casque sont recouverts d'une bande de toile, recouvrant la bordure intérieur. La bordure est par ailleurs renforcée d'une forte ligne de couture. Une bande de toile, d'une largeur de 2 centimètres, rejoint les visières du dôme de la bombe par une ligne de couture sur ces deux longueurs.
Les côtés de la bombe sont munis d'une partie réglable en forme de U cousue à l'aide d'une forte ligne de couture. Cette partie rembourrée, doublée de cuir à l'intérieur, comporte deux pattes munies de trois trous renforcés d'un œillet métallique. Ces deux pattes sont jointives à l'aide d'un gros lacet rond qui permet de plus ou moins rejoindre la partie avant et arrière du casque et ainsi s'adapter à la circonférence du crâne du porteur.
Un volet de cuir est cousu du côté arrière du casque afin de réduire la surface désagréable engendrée par le passage du lacet dans les œillets creux.
Le point sommital du casque est muni d'un trou de 1,5 centimètres de diamètre destiné à assurer l'aération de la tête. Ce trou est renforcé d'une forte ligne de couture.
Une étoile, fabriquée à l'aide d'une pièce de cuir ou brodée, est cousue sur un morceau de toile ayant la forme d'un pentagone, lui-même cousu à l'avant du casque. L'étoile étant le symbole de l'armée impériale japonaise.
Enfin, le casque de tankiste modèle 32 est fabriqué en deux tailles, tout comme le casque Type 90. La taille, indiquée à l'aide d'un tampon à l'encre au fond de la bombe, est spécifiée par un caractère de type Kanji avec pour symbole 大 pour grand et 小 pour petit. La conception particulière de ce casque permet ensuite d'obtenir une taille plus adaptée en fonction de chaque soldat.

La coiffe :

Coiffe.
Coiffe.
Partie avant de la coiffe.
Partie avant de la coiffe.
Suspension en cuir et lacet de réglage en profondeur.
Suspension en cuir et lacet de réglage en profondeur.
Détails pattes en cuir.
Détails pattes en cuir.
Extrémités pattes de cuir et passage du lacet.
Extrémités pattes de cuir et passage du lacet.
Assemblage des parties en cuir et fond en toile.
Assemblage des parties en cuir et fond en toile.
Fond en toile cousu sur ses bords.
Fond en toile cousu sur ses bords.
Points de fixation dans la bombe.
Points de fixation dans la bombe.
Bandeau frontal et arrière.
Bandeau frontal et arrière.
Bandeau frontal fixé en deux points à la coiffe et cousu sur la bordure de la bombe.
Bandeau frontal fixé en deux points à la coiffe et cousu sur la bordure de la bombe.
Détails points de couture.
Détails points de couture.
Bandeau frontal en cuir fauve.
Bandeau frontal en cuir fauve.
Coiffe.
Coiffe.

La coiffe du casque de tankiste modèle 32 est d'une conception complexe axée sur deux bandeaux de cuir placés à l'avant et à l'arrière du casque, et sur huit pattes de cuir rejointes par un lacet.
Le fond de la bombe est tapissé d'un fin voilage de toile de type mousseline, cousu au niveau du trou d'aération sommital, puis cousu manuellement au niveau des décrochements latéraux du casque et enfin à la base des pattes de cuir de la coiffe par une ligne de couture aussi effectuée à la main.
Les huit pattes de cuir sont en fait constituées de quatre morceaux de cuir de couleur fauve dont la base se scinde en deux fines pattes de cuir. L'extrémité de chacune d'elle est repliée et cousue manuellement par deux points de couture, afin de constituer un fourreau pour le passage du lacet de réglage en profondeur de la coiffe.

Ces pièces sont cousues manuellement deux à deux par une ligne de couture, simultanément avec le voile de fond de coiffe. Les parties avant et arrière ainsi créées sont ensuite maintenues sur les côtés au niveau du cuir du décrochement latéral du casque par deux points de couture.
Le maintien sur la tête est assuré par deux bandes de cuir, de couleur noire ou fauve, placées à l'avant et à l'arrière du casque. Ces bandes, de forme trapézoïdale inversée aux angles arrondis, sont renforcées par une ligne de couture pratiquée sur toute la bordure, puis par deux lignes de couture parallèles effectuées sur toute la longueur.
Chacune de ces bandes est cousue par le biais d'un fort point de couture unique à chacun de ses angles inférieurs (plus petite longueur du trapèze formé) aux extrémités des parties en cuir composant la suspension de la coiffe.
Les bandes trapézoïdales sont enfin fixées au niveau de la plus grande longueur à la bordure avant et arrière du casque. Le maintien est assuré par une couture effectuée à l'aide d'un fort fil passant successivement à l'extérieur du casque tous les 1,5 centimètres, puis un unique point sur le bandeau où le fil est noué pour ensuite repasser à travers la parois du casque. Cette disposition permet d'obtenir une tension de la coiffe et ainsi faire flotter la coiffe dans la bombe en obtenant un interstice entre la paroi interne de la bombe et les bandeaux frontal et arrière de la coiffe.
Cette disposition singulière, fabriquée de manière semi artisanale, permet à la coiffe de mieux amortir les chocs occasionnés à l'intérieur d'un véhicule blindé.

Les marquages :

Comme la plupart des équipements japonais de la seconde guerre mondiale, le casque de tankiste modèle 32 comporte des marquages effectués à l'aide d'un tampon à l'encre apposés au fond du casque. Du fait de la nature du fond de la bombe, ces marquages peuvent se révéler difficilement déchiffrable en cas de forte utilisation du casque.
Ces marquages regroupent la date de fabrication précédée du caractère 昭 pour Showa. La date est indiquée par un nombre à deux chiffres, avec par exemple 16 pour 1941, qui est la seizième année de l'ère Showa qui a débuté en 1926.
Les marquages regroupent ensuite un cachet de réception de l'armée, le tampon du contrôleur puis la raison sociale du fabricant. Enfin, la taille est indiquée par les caractères 大 pour grand et 小 pour petit.

Marquage, fabrication de 1941.
Marquage, fabrication de 1941.
Autre marquage.
Autre marquage.

La jugulaire :

Point de fixation de la jugulaire.
Point de fixation de la jugulaire.
Partie gauche avec boucles de fixation.
Partie gauche avec boucles de fixation.
Partie droite.
Partie droite.
Boucles de fermeture.
Boucles de fermeture.
Partie longue de la jugulaire.
Partie longue de la jugulaire.
Doublure en toile et détail points de couture de la partie longue.
Doublure en toile et détail points de couture de la partie longue.
Point de fixation.
Point de fixation.
Jugulaire fermée.
Jugulaire fermée.

La jugulaire est constituée de deux parties en cuir doublées de toile cousue sur toute la bordure de la pièce de cuir. En forme de V, à la pointe arrondie proéminente, ces deux parties sont fixées en quatre points à l'aide d'un fort fil de couture au niveau des bandeaux de cuir avant et arrière de la coiffe.
La forme en V de ces deux éléments offre un large dégagement pour les oreilles du porteur et la topologie en quatre points permet un parfait maintien du casque.
La partie gauche de la jugulaire comporte les deux anneaux de fermeture, dont la base de ceux-ci est prise dans une petite patte de cuir. Cette patte de cuir est glissée dans une fente pratiquée à la moitié de la pointe du côté gauche de la jugulaire. La fixation de cet élément est assurée par deux paires de lignes de couture parallèles par paire et entrecroisées entre les deux paires, formant un damier en fort fil de couture effectué à la main.
La partie droite de la jugulaire est munie d'une longue bande de cuir doublé, se terminant en pointe, d'une longueur de 18 centimètres. Cette bande de cuir, fixée de manière identique aux deux boucles de fermeture, assure le maintien du casque sous le menton du soldat en se fermant par entrelacement dans les deux boucles métalliques. La fermeture étant assurée par tension de la longue bande de cuir dans les deux boucles.

Les accessoires :

Lunette de protection.
Lunette de protection.
Vue de biais.
Vue de biais.
Sangle de maintien et boucle de réglage.
Sangle de maintien et boucle de réglage.

Comme la plupart des équipages de véhicules blindés à travers le monde, les tankistes japonais furent équipés de lunettes de protection afin de protéger les yeux de la poussière mise en suspension lors du déplacement du véhicule, de la fumée occasionnée par l'utilisation des armes à bord, ou encore les gaz d'échappement dégagés par le moteur.
Il existe plusieurs modèles de lunette de protection, fabriquées en verre montées sur une armature métallique munie d'une bonnette en toile afin d'épouser le visage du porteur. Les lunettes sont portées à l'aide d'un élastique réglable par le biais d'une boucle coulissante.