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Casque Type 90

Fiche

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Historique

Non impliqué dans le premier conflit mondial, le Japon, comme de nombreux pays non belligérant, étudia la possibilité d'adoption d'un casque en acier à l'instar des principaux protagonistes de la Grande Guerre.
Ainsi avant même la fin des hostilités en Europe et malgré une maigre implication aux cotés des alliés en Asie, les ingénieurs de l'empereur commencèrent l'étude et la fabrication d'un nouveau casque en acier ("Tetsu Bo" en japonais). Les premiers essais de ce nouveau casque furent menés durant l'année 1917, lors des manœuvres militaires exercées à Kanamarugahara. Ce premier casque, entièrement forgé à la main et désigné sous le nom de Toppaigata, est considéré comme offrant une protection supérieure à celle du casque français Adrian modèle 15 et proche de celle du Stahlhelm modèle 16 allemand.
Ce casque connu une première évolution pour tendre vers une fabrication industrielle sous la désignation de casque modèle 1918 d'arsenal.
Deux versions du casque modèle 1918 verront le jour, la première, désigné comme "Star-Vent" en raison de l'aérateur sommital du casque mise en place par 14 petits trous disposés pour former une étoile. Puis apparut une seconde version caractérisée par un aérateur sommital unique surmonté d'une rosace en acier symbolisant la fleur de cerisier (élément symbolique de la culture japonaise affilié à l'esprit samouraï), ce qui vaudra à ce modèle d'être désigné par la nomination "Cherry Blossom".
Ce second modèle comporte désormais un attribut frontal, sous la forme d'une étoile à 5 branches, insigne de l'armée de terre.
Le casque japonais type 90 est l'ultime évolution du casque japonais modèle 18 d'arsenal. Sa conception est proche du modèle 1918 mais possède une forme plus arrondie et la visière proéminente est supprimée, enfin la visière directement maintenue à la bombe est de topologie 3 points au lieu de 4 pour le modèle 1918, dont la jugulaire coulissait dans des anneaux rectangulaires directement fixée au cerclage en cuir de la coiffe.
Le casque Type 90 est adopté en 1930 (90 correspondant à 1930 dans le calendrier japonais : ère showa de 1925 à 1989) et est l'ultime évolution du premier casque adopté par l'armée japonaise. Ce casque est aussi désigné de modèle 30 pour une appellation européenne ou de modèle 30/32 en rapport à sa dernière évolution, qui est le rajout des quatre trous d'aération en 1932.
D'une fabrication plus simpliste que son précurseur le modèle 18, le casque Type 90 est d'une forme ovale, dont la base est plate. La coque est formée par emboutissage d'une plaque d'acier au chrome-molybdène et est fabriquée en deux tailles seulement (petite et grande).
La coque est d'abord fabriquée par l'arsenal de l'armée d'Osaka, puis la production sera aussi effectuée par la manufacture d'acier de Kobé (Kobe Seiko), de Daido (Daido Seiko) et de Nihon (Nihon Takushuko). Les coques sont bleuies en arsenal et sont ensuite peintes de couleur ocre.
La coiffe est calquée sur celle du casque modèle 18, dont la conception rappelle la coiffe du stahlhelm 16 allemand : elle est constituée de trois pattes en cuir, rejointe par un lacet. Chacune des pattes de la coiffe est rembourrée d'un coussinet et est cousue à un cerclage en cuir.
La jugulaire, d'une conception typiquement nippone, est fabriquée à partir d'une sangle de coton d'une longueur totale d'environ 150 centimètres. D'une topologie en trois points, la fixation s'effectue à l'aide d'un nœud.
On estime qu'environ cinq millions de casques Type 90 furent produits entre 1930 et 1945. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la grande majorité de ces casques furent détruits pour en récupérer l'acier afin de résoudre la pénurie d'un Japon ruiné par plus d'une décennie de guerre.
Enfin, on note des exemplaires reconditionnés par d'autre pays, notamment la Chine et la Thaïlande, cette dernière étant alliée du Japon durant le conflit.

Casque modèle 1918 Star-Vent.
Casque modèle 1918 "Star-Vent".
Casque Type 90. Casque Type 90. Casque Type 90.
Casque Type 90. Casque Type 90. Casque Type 90.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Kobe Seiko (petite taille).
Kobe Seiko (petite taille).
Kobe Seiko (grande taille).
Kobe Seiko (grande taille).
Idem avec numéro.
Idem avec numéro.
Grande taille et numéro.
Grande taille et numéro.
Daido Seiko.
Daido Seiko.
Seconde classe.
Seconde classe.
         Ensemble de marquages fréquemment rencontrés.
Ensemble de marquages fréquemment rencontrés.

La coque est fabriquée en deux tailles par emboutissage progressif d'une feuille d'acier au chrome-molybdène d'un millimètre d'épaisseur.
Le casque est ensuite percé de trois trous de forme rectangulaire aux trois tiers du casque pour la fixation de la coiffe (le trou avant jouant le double rôle de fixer l'insigne frontal et maintenir la coiffe; si l'insigne est absent, celui est remplacé par un simple rivet fendu) et de six petits trous répartis par paire aux trois tiers inverses des trous pratiqués pour la fixation de la coiffe. Les trous arrières sont répartis verticalement, alors que les deux paires de trous latéraux sont horizontaux. Ces six trous sont destinés à fixer les supports maintenant les anneaux dans lesquels coulisse la jugulaire. Ces supports maintiennent aussi la coiffe, mais de manière plus lâche que les rivets fendus.
A partir de 1932, deux trous d'aération sont ajoutés de part et d'autre du casque.
La partie interne arrière possède les marquages du fabricant, et le marquage taille de la coque symbolisé par le "Kanji Sho" (小) pour petit et le "Kanji Dai" (大) pour grand.
On peut rencontrer aussi occasionnellement des numéros d'acceptation, matricules ou encore des dates de fabrication.
La bombe est ensuite bleuie en arsenal avant d'être peint de couleur ocre de manière satinée. Une fois la mise en peinture effectuée, le marquage taille est refait à la peinture blanche manuellement en reprenant les "Kanji Sho" et "Dai".
Après fixation des éléments internes du casque, un large coup de pinceau peut être pratiqué sur toute la circonférence du casque dans une teinte proche du casque, mais dont la différence est souvent notable et interprété à tort comme étant un camouflage.
A noter aussi que la bordure du casque est brute, et non repliée vers l'extérieur.

A partir de 1938, considérant que la protection étant insuffisante, ne pouvant arrêter une balle de 7,7mm en coup direct, l'épaisseur de la tôle d'acier fut porté à 2mm alourdissant le casque à 1,9kg, mais permettant à ce nouveau modèle d'arrêter un projectile de 7,7mm ayant parcouru une distance de 500 mètres en coup direct.
Cette nouvelle spécification du cahier des charges peut nous amener à désigner les fabrications postérieures à 1937 comme étant du Type 98.

Armée de terre.
Armée de terre.
Marine.
Marine.
Autre insigne métallique.
Autre insigne métallique.
Version peinte.
Version peinte.

La coiffe :

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Rivet fendu de fixation (insigne).
Rivet fendu de fixation (insigne).
Patte de coiffe.
Patte de coiffe.
Lacet de réglage en profondeur.
Lacet de réglage en profondeur.
Rembourrage en feutre.
Rembourrage en feutre.
Rembourrage en coton.
Rembourrage en coton.
Rembourrage en paille.
Rembourrage en paille.
Coiffe.
Coiffe.
Marquage.
Marquage.
Autre marquage.
Autre marquage.

La coiffe est de conception proche de celle équipant le Stahlhelm modèle 16 allemand, elle est reprise de celle du casque modèle 1918.
Elle est montée sur un cerclage constitué d'un épais bandeau de cuir d'un seul tenant se rejoignant par couture croisée sous la patte avant de la coiffe.
La coiffe est constituée de trois pattes de cuir dont la base se scinde en deux parties, chacune d'elles terminé par un trou pour la jointure des pattes et par la même occasion le réglage en profondeur de la coiffe.
Au dos de chacune des pattes est cousu un compartiment en toile de lin destiné à contenir le rembourrage de coiffe. Le rembourrage est assuré par des petites poches de toile dont la contenance peut varier. On rencontre principalement des bandes de feutre (essentiellement pour les débuts de production), du coton ou des déchets textile et enfin de la paille (utilisé en raison des restrictions de matières premières en fin de guerre).
Ces poches de rembourrage sont ensuite placées dans les compartiments des pattes de coiffe et leur maintien est assuré par des lacets cousus avec le compartiment de toile.
La coiffe est ensuite fixée dans la bombe du casque à l'aide de trois rivets fendus (l'insigne frontale jouant aussi ce rôle, en cas d'absence, l'insigne est remplacé par un classique rivet fendu).
Le cerclage est préalablement troué pour le passage des anneaux latéraux de passage de la jugulaire et une encoche est pratiquée à l'arrière pour le passage de l'anneau arrière.
Souvent un tampon à l'encre est apposé sur un des compartiments de toile d'une des pattes de coiffe. Ce tampon regroupe les informations relatives au fabricant, arsenal ou fabricant privé, ainsi que la date de fabrication faisant référence à l'année du règne impériale de l'empereur Hirohito (1925 - 1989). Par exemple, nous avons ici 16 correspondant à la 16ème année de règne, soit à l'année 1941.
Aussi, on peut noter un rappel de la taille sur le cerclage apposé en pointillé, ou encore un tampon de réception principalement pour les casques de la marine.

Tampon de la marine.
Tampon de la marine.
Coiffe en toile.
Coiffe en toile.
Jointure pattes de coiffe.
Jointure pattes de coiffe.
Marquage grande taille.
Marquage grande taille.

Comme vu avec les matériaux de rembourrage, au cours du déroulement de la guerre, on assiste au rationnement des matières premières. Ainsi, à la fin de la guerre les pattes de coiffe pouvaient être assemblées à partir de deux voir trois morceaux de cuir, de qualités différentes, puis du cuir de porc fut principalement utilisé (comme les coiffes de casques allemands à l'époque). Malgré cela, le cerclage de cuir resta de qualité et confectionné en une seule pièce, sans doute car cette pièce constitue la structure maitresse de la coiffe en terme de solidité.
Enfin, la raréfaction des matériaux entraina la confection de coiffes en toile forte vers la fin de la guerre, dont la conception générale reste identique à une coiffe en cuir.

La jugulaire :

Rivets de fixation.
Rivets de fixation.
Anneau de passage arrière.
Anneau arrière.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Passage jugulaire arrière.
Passage jugulaire arrière.
Passage jugulaire latéral.
Passage jugulaire latéral.
Jugulaire.
Jugulaire.
Passage jugulaire.
Passage jugulaire.
Evolution de la jugulaire au cours du conflit.
Evolution de la jugulaire au cours du conflit.

Contrairement à ce que l'on peut rencontrer d'une manière générale sur les casque européens munis d'une classique jugulaire en cuir, avec éléments de fermeture métallique, la jugulaire du casque japonais Type 90 est constitué d'une longue sangle de coton que le soldat peut nouer de différentes manières.
Cette bande de toile, d'une largeur de 23 millimètres (qui sera diminué à 16 mm à partir de 1943 pour des raisons restrictives), constituée de 16 longueurs de fils tissés ensemble, est assemblé de manière générale par deux bouts, l'un d'environ 90 centimètres, le second d'environ 60 centimètres. On rencontre occasionnellement des jugulaires fabriquées d'un seul tenant d'une longueur d'environ 1,50 mètres.
Chacune des extrémités de la jugulaire possède ses deux angles repliés sur eux-mêmes pour former un triangle, évitant l'effilochement de la jugulaire. Ce procédé peut aussi être remplacé par un simple trait de couture transversal.
Les passants de jugulaire sont constitués de petits anneaux métalliques fixés à la coque à l'aide d'une pièce métallique coudé riveté horizontalement sur les cotés et verticalement à l'arrière.
La jugulaire coulisse au niveau de la nuque dans une sangle de coton, elle-même fixée à l'anneau arrière, et passe ensuite dans les anneaux latéraux.

Emploie jugulaire.
Différentes manières de nouer la jugulaire.

Enfin, la fixation de la jugulaire s'effectue en nouant les deux extrémités, de plusieurs manières :

    1. Méthode principalement utilisée sur les casques modèle 1918, plus tard la longueur de la jugulaire fut rallongée afin de permettre de nouer la jugulaire derrière la nuque pour un meilleur maintien.

    2. Méthode adoptée à partir de 1937-1938 pour éviter le basculement du casque vers l'avant en nouant la jugulaire au niveau de la nuque.

    3. Méthode principalement utilisée par la marine, permettant le port d'un masque à gaz et facilitant son ajustement pour une meilleure étanchéité. Cette méthode de nouage permettait aussi d'enlever le casque d'un seul geste.

    4. Puis la jugulaire fut directement nouée au niveau des oreilles lorsque la jugulaire fut raccourci dans le but d'être directement nouée sous le menton.

    5. Le méthode utilisée pour le casque de parachutiste développés en 1941.

Le camouflage additionnel :

Filet. Filet.
Filet.
Fixation par lacet.
Fixation par lacet.

Le camouflage additionnel du casque peut être assuré à l'aide d'un filet à larges mailles, dont le tissage converge à partir d'un anneau central sommital.
Ce filet peut être confectionné avec différents types de corde, allant d'une corde de couleur verte à sable, de très bonne facture à une facture très médiocre. La mise en place de ce filet est assurée par un lacet parcourant la base de celui-ci.
Le filet peut aussi être remplacé, voir complété par un couvre-casque.

Couvre-casque premier type de la marine avec gros filet de couleur vert. Couvre-casque premier type de la marine avec gros filet de couleur vert.
Couvre-casque premier type de la marine avec gros filet de couleur vert.
Couvre-casque premier type de la marine avec filet fin de couleur sable. Couvre-casque premier type de la marine avec filet fin de couleur sable.
Couvre-casque premier type de la marine avec filet fin de couleur sable.
Couvre-casque second type de l'armée de terre. Couvre-casque second type de l'armée de terre.
Couvre-casque second type de l'armée de terre.
Insigne cousu.
Insigne cousu.
Marquage.
Marquage.
Autre marquage.
Autre marquage.

Le couvre-casque du casque Type 90 est fabriqué à partir de six triangles de toile de couleur vert clair, pouvant tendre vers la couleur sable. Ces six morceaux de toile sont cousus en étoile à partir du sommet du casque.
L'intérieur est doublé d'une épaisseur molletonnée, censée offrir une isolation thermique. Toutefois cette doublure peut être absente en fonction des fabrications.
La base de ce couvre-casque est parcouru par un lacet permettant à celui-ci d'être fixé au casque.
Enfin, l'insigne du corps d'armée est cousue sur la partie frontale du couvre-casque, une étoile jaune sur un disque de toile (ou sans disque) pour l'armée de terre, une ancre de marine sur un fond ovale de toile pour la marine.
Puis un second modèle apparut avec un renfort à la base afin d'éviter une usure prématuré dû aux frottements avec la base du casque.
A noter la présence d'un large tampon rectangulaire à l'intérieur du couvre-casque, indiquant la taille du casque sur lequel il est destiné, l'année de production, et différentes informations sur le fabricant, cachet de réception... etc.