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Casque Modèle 30 "Kobe"

Fiche

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Historique

Parallèlement à l'adoption du casque Type 90 en 1930 au sein de l'armée japonaise, l'intendance japonaise lança un projet de nouveau casque basé sur le Type 90 en cours de distribution générale à destination des forces combattantes nippones.
Ce projet de casque garde la forme générale du Type 90, à l'exception d'un décrochement à l'avant afin de dégager la visière avant. Ce nouveau prototype est désormais fabriqué dans un nouvel alliage d'acier au nickel-chrome-manganèse-molybdène contrairement au Type 90 fabriqué en acier au chrome-molybdène.
Ce casque reste équipé de la coiffe et de la jugulaire du Type 90.
Bien que ce nouveau casque soit une amélioration, ce modèle ne fut pas adopté par l'armée japonaise ayant déjà choisi le Type 90 pour l'ensemble de ses troupes. Le peu d'exemplaire fabriqué fut alors distribué à la police des frontières en poste en Mandchourie.
En plus de ce modèle à visière dégagée, l'armée expérimenta un casque de forme identique muni d'une plaque d'acier supplémentaire rivetée à l'intérieur avant du casque. Cette plaque supplémentaire était destinée à améliorer la protection frontale des servants de mitrailleuse en proie au fort danger du fait de l'immobilité de leur poste. Ce nouveau projet, mis en place par la manufacture d'acier de Kobé (Kobe Seiko), ne fut pas adopté par le Japon en raison du poids additionnel mal réparti, rendant le casque difficile à porter longtemps et instable sur la tête.
Au lieu de recycler les casques déjà produits, le Japon proposa ce nouveau modèle à l'exportation et ils furent vendus au Portugal à la recherche d'un nouveau modèle pour ses forces armées.

Casque modèle 916.
Modèle 917/30.
Modèle 917/30.

Soucieuse de remplacer le casque modèle 917 d'origine britannique largement dépassé dans les années 30, le ministère de la Défense essaya en 1939 plusieurs casques étrangers. Dans cet optique, le Portugal répondit favorablement à la proposition d'export du Japon afin de tester le projet de casque issu des usines de Kobé.
Ces casques, extrapolés du Type 90 adopté par l'armée nippone, ont une forme qui reprend même la légère crête présente au sommet du casque.
Nous ne savons pas à l'heure actuelle si ce casque fut livré au Portugal muni des éléments internes ou si seul les bombes furent livrées, comme pour le casque modèle 34/39 grec.
Le Portugal reprocha à ce casque les mêmes points que le Japon. Afin de contrer l'instabilité due au surpoids à l'avant du casque, l'intendance portugaise ajouta une épaisse jugulaire en cuir fixée en quatre points.
Malgré un intérêt particulier pour ce casque, et le changement de la coiffe et de la jugulaire pour palier à son principal défaut, le Portugal n'adopta pas ce modèle pour ces forces armées. Cependant, le casque issu des usines de Kobé servit de modèle à l'élaboration du modèle 940 adopté à partir de 1940.
Rejetant ce casque, le ministère de la Défense attribua l'intégralité des exemplaires importés du Japon, aux forces de police de la sécurité publique ("Policia Segurança Publica").

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Rivet d'aération.
Rivet d'aération.
Bordure.
Bordure.
Protection frontale additionnelle.
Protection frontale additionnelle.
Rivet de fixation.
Rivet de fixation.
Jointive au cerclage.
Jointive au cerclage.
Rivet plat de fixation de la coiffe et rivet rond de fixation de la plaque frontale.
Rivet plat de fixation de la coiffe et rivet rond de fixation de la plaque frontale.
Coque.

La coque est formée d'un seul tenant par emboutissage d'une plaque d'acier au nickel-chrome-manganèse-molybdène. A l'instar du casque Type 90, on ne sait pas si le prototype issu des usines de Kobé a été fabriqué en deux tailles afin d'être adapté à tous les tours de tête, aucun marquage estampé dans l'acier de la bombe n'étayant cette hypothèse.
La forme de la bombe est très proche du modèle d'essai japonais à visière dégagée, reprenant la forme générale du casque Type 90 avec une légère crête en son sommet. Cependant, le couvre-nuque du casque de Kobé est plus allongé que sur les casques dérivés du Type 90.
La coque est percée de deux trous sur le sommet, renforcés d'un œillet en laiton creux en étoile, pour la formation des évents d'aération. Elle est ensuite percée de huit trous pour la pose de la plaque frontale en acier rivetée à l'intérieur de la bombe.
Enfin, cinq autres trous sont réalisé: 3 pour la fixation du cerclage (dont 2 en commun avec la jugulaire), 2 pour la jugulaire uniquement (4 points de fixation).

Tout comme les casques de fabrication japonaise, la coque est bleuie avant d'être revêtue d'une peinture satinée de couleur ocre.
Après le montage de la coiffe et de la jugulaire de fabrication portugaise, la coque a sans doute été remise en peinture dans le but de masquer la tête des nouveaux rivets.

La coiffe :

Coiffe.
Coiffe.
Patte de coiffe.
Patte de coiffe.
Cerclage en aluminium.
Cerclage en aluminium.
Jointure cerclage, rivet de fixation arrière.
Jointure cerclage, rivet de fixation arrière.
Tête de rivet plate.
Tête de rivet plate.
Compartiment de rembourrage, fixation par couture au cerclage.
Compartiment de rembourrage, fixation par couture au cerclage.
Bouton pression de fermeture.
Bouton pression de fermeture.
Détails recto/verso partie femelle.
Détails recto/verso partie femelle.
Pression mâle.
Pression mâle.
Extrémité patte de coiffe recto/verso.
Extrémité patte de coiffe recto/verso.

La coiffe est inspirée de celle équipant le casque Type 90 japonais, avec une touche d'inspiration allemande. Elle est constituée de trois pattes de cuir. Chacune d'elle est composée d'un morceau rectangulaire de cuir épais, dont la base est scindée en deux parties arrondies assez courtes, qui réceptionneront le lacet de réglage en profondeur de la coiffe. Ce lacet est inséré dans chaque extension des pattes de coiffe dans un trou renforcé d'un œillet creux métallique, riveté en étoile.
Les cotés de chacune des pattes de coiffe sont repliés et cousus à l'intérieur, maintenant par la même occasion un compartiment de rembourrage en toile de couleur ocre/jaune. Ce compartiment est fermé en bas par une ligne de couture horizontale. La base ouverte du compartiment de rembourrage est doublée et renforcée d'une ligne de couture. Elle comporte un bouton pression femelle destiné à fermer cette poche de toile. La tête du bouton pression, sur laquelle est estampée une croix, est d'ailleurs renforcée d'un petit disque de cuir. L'autre face du bouton pression comporte la mention "M.B. TRADE MARK", sans doute en référence au fournisseur de cet élément.
Le compartiment en toile contient le rembourrage de chacune des pattes de coiffe, que l'on peut supposer être effectué à l'aide de morceau de feutre, coton, crin de cheval... etc.
Les pattes de coiffe sont cousues à un cerclage en aluminium. Il est parcouru, sur toute la circonférence, d'une gouttière sur laquelle sont pratiquées trois séries équidistantes de 14 trous chacune. Ces trois séries de trous permettent la fixation de chaque patte de coiffe à l'aide d'un épais fil de couture. Au centre de chacune de ces parties est riveté un bouton pression mâle, pour la fermeture du compartiment de rembourrage des trois pattes de la coiffe.
La coiffe est montée à l'intérieure de la bombe par rivetage du cerclage dans celle-ci. Il est tenu par 3 rivets qui traversent la coque, le rivet arrière est renforcé d'une rondelle. La jugulaire à 4 points est tenue à l'avant par les deux rivets qui tiennent le cerclage et à l'arrière par deux autres rivets qui n'ont que cette fonction. Ces 4 rivets sont extérieurement plats. Le rivet arrière de fixation du cerclage est bombé comme ceux qui tiennent la plaque de blindage.
La jugulaire :

Points de fixation de la jugulaire.
Points de fixation de la jugulaire.
Parties de la jugulaire, topologie en quatre points.
Parties de la jugulaire, topologie en quatre points.
Fixation par rivet.
Fixation par rivet.
Jointure articulée des parties en cuir de la jugulaire.
Jointure articulée des parties en cuir de la jugulaire.
Revers.
Revers.
Boucle de fixation.
Boucle de fixation.
Jugulaire fermée.
Jugulaire fermée.
Jugulaire.
Jugulaire.

La jugulaire est de configuration quatre points, afin de palier le déséquilibre du à la plaque d'acier supplémentaire ajoutée à l'avant du casque. Elle est fabriquée à partir de bande de cuir épais de 2 millimètre, pour une largeur de 1,7 cm. Ces bandes de cuir ont la particularité d'avoir les cotés rainurés.
Deux bandes d'une longueur de 12 centimètres, sont rivetées à l'arrière de la coiffe , rejoignant deux bandes d'une longueur identique, rivetées aux points de fixation avant de la coiffe .
Les deux parties de la jugulaire sont assemblées aux deux bandes latérales à l'aide d'un rivet mécanique suffisamment lâche pour que l'ensemble puisse s'articuler.
La partie gauche de la jugulaire,dont l'extrémité est taillée en pointe,  longue de 15,5 cm, comporte 4 trous permettant autant de possibilité de fixation dans la boucle à ardillon de la partie droite.
La boucle à ardillon, munie d'un rouleau facilitant l'insertion de la seconde partie, est rivetée à une bande de cuir longue de 11,5 cm. Afin de protéger la joue du porteur du casque, la boucle est doublée d'un morceau de cuir trapézoïdal, aux cotés légèrement arrondis. Cette protection est fixée par deux rivets mécaniques, entre lesquels est placé un anneau en cuir, destiné à maintenir l'excédent de jugulaire.