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Casque Modèle 916

Fiche

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Historique

Dès le début de la première guerre mondiale, le Portugal fut directement concerné par le conflit, en raison de l'attaque lancée depuis l'Afrique Orientale allemande le 24 août 1914 sur le poste militaire de Maziua, dans la colonie portugaise du Mozambique.
En conséquence, le Portugal fit savoir le 3 septembre 1914 à la FriedrichStrasse à Berlin par le biais d'un attaché militaire, en poste dans la capitale allemande, qu'il exécutera ses engagements qui le lient à la Grande Bretagne en vertu de la plus vieille alliance scellé entre les deux pays en 1373.
En raison de l'éloignement du pays du théâtre d'opération européen, le Portugal reste à l'écart des combats durant deux ans, période durant laquelle l'état-major portugais s'efforça d'équiper au mieux son armée. Finalement, le 9 mars 1916, l'Allemagne déclare la guerre au Portugal.
Jusque là, l'armée portugaise était seulement équipée de casques d'apparat et de casques coloniaux en feutre. Cependant, le casque colonial en feutre gris durci et doublé de liège, désigné comme "chapeu-capacete" modèle 1913, fut porté durant toute la première guerre mondiale par les troupes portugaises en poste au Mozambique et en Angola. Pour anecdote, ce casque fut utilisé jusqu'en 1961 en Afrique, au sein des troupes de l'infanterie de marine portugaise.
L'ensemble des troupes engagées dans le conflit fut rapidement équipé d'un casque moderne, en commençant par la France avec son casque Adrian modèle 1915. Parallèlement à l'adoption du casque Adrian par la France, le Portugal lança l'étude d'un casque en acier semblable à un casque utilisé durant la grande période du Portugal au XVème siècle : le "cabasset".
Très vite, la réalisation de ce type de casque se révéla techniquement irréalisable pour les usines portugaises de l'époque.
En raison de l'entrée officiel du Portugal dans le conflit durant l'année 1916, et en raison de l'urgence de la situation, où la protection crânienne des soldats portugais engagés dans une guerre de tranchés devenait crucial, le Portugal se tourna traditionnellement vers l'Angleterre pour obtenir de l'aide dans l'élaboration d'un casque moderne.
Déjà équipé du casque Mark I (modèle 1916), l'Angleterre chargea le major John MacInstosh, chef du service des munitions de l'armée britannique, de la réalisation du premier casque portugais selon le prototype envoyé par le Portugal.
Le projet réalisé et les essais balistiques se révélant concluants, la fabrication fut lancée et confiée à une usine métallurgique de Birmingham à la fin de l'année 1916. Ce nouveau casque sera alors désigné comme modèle 916.
Au plus fort de la guerre, la France demanda à son nouvel allié, le 26 décembre 1916, l'envoie de servants de pièces d'artillerie lourde, dont la formation a été intensifiée au camp de Tances.
Le 17 janvier de l'année suivante, les premiers éléments du corps expéditionnaire portugais (C.E.P) quitte Lisbonne par la mer pour rejoindre le front des Flandres via le port de Brest.
Ainsi, la petite armée du général Fernâo Tamaquini, forte de 56 493 hommes dont 3 446 officiers, est essentiellement équipée de matériel britannique et d'un casque plat pour la troupe.
Le nouveau casque portugais, modèle 916, équipera les troupes portugaises montant au front pour la première fois dans le secteur de Neuve-Chapelle le 30 mai 1917.
Cette petite armée, sut se distinguer et eut bon nombre de perte en raison de son inexpérience du combat :
    - Morts : 2 096 hommes dont 79 officiers.
    - Blessés : 5 224 hommes dont 256 officiers.
    - Prisonniers : 6 948 hommes dont 270 officiers.
    - Incapacité au service : 7 279 hommes dont 439 officiers.

Troupes portuguaises équipées du chapeu-capacete modèle 1913.
Troupes portuguaises équipées du "chapeu-capacete"
modèle 1913.

Le casque modèle 916 sera toutefois utilisé de manière que le casque Mark I britannique qui se révéla rapidement plus résistant que lui. Le Portugal accepta rapidement la proposition de l'Angleterre d'équiper les troupes portugaises du casque "Brodie" Mark I, déjà fabriqué en grand nombre, qui sera repeint en gris et désigné comme casque modèle 917.
Au lendemain du conflit, le casque standard des troupes portugaises resta le casque modèle 917 de fabrication britannique qui sera utilisé jusqu'à la fin des années 30, après qu'il soit reconditonné à partir de 1930.
L'ensemble des casques modèle 916 fut alors reversé à une organisation paramilitaire, la "Defensa Civil Territorial" (D.C.T), au sein de laquelle ces casques furent repeints en vert foncé et ornés de l'emblème de la D.C.T.

Casque modèle 916. Casque modèle 916. Casque modèle 916.
Casque modèle 916. Casque modèle 916. Casque modèle 916.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Trou d'aération et ondulation.
Trou d'aération et ondulations.
Bordure.
Bordure.

La coque du casque modèle 916 portugais est fabriquée d'un seul tenant par emboutissage d'une fine plaque d'acier léger. Sa forme est proche du casque Mark I britannique bien que la bombe du casque M916 soit plus haute. La bombe se caractérise par une série de stries bombées partant du niveau sommital du casque, répartie équitablement entre elles par rapport aux axes cardinaux du casque.
Cette caractéristique rappelle sans aucun doute la forme originale du casque "cabasset" du XVème siècle, ayant servi comme modèle pour l'élaboration du premier casque portugais.
Pour adoucir la bordure du casque, les bords sont retournés à l'intérieur du casque sur une largeur d'environ 2 mm.
L'aération du casque est assurée par deux trous  placés de par et d'autre de la coque. Ces trous à bordure bombée, sont formés lors de l'emboutissage du casque à 8 centimètres de la base du casque. Afin d'assurer la fixation de la coiffe, une paire de  trous est pratiquée  de chaque coté d'une strie sur deux.
La coque du casque modèle 916 est recouverte d'une peinture satinée, d'une nuance pouvant aller du gris/bleu au kaki/beige.
A noter que ce casque ne possède aucun marquage identifiant un quelconque fabricant, bien qu'il soit de fabrication britannique, à contrario du casque Mark I anglais.

La bombe du casque modèle 916 peut comporter un marquage régimentaire apposé à la peinture pour les casques ayant servis au sein de l'armée portugaise. La grande majorité des casques ayant été reversée à la D.C.T fut repeinte en vert foncé et arbore l'insigne de la D.C.T, appliqué soit à l'aide d'un badge, soit par décalcomanie, ou encore à la peinture.

La coiffe :

Intérieur coque.
Intérieur coque.
Coiffe.
Coiffe.
Jointure bandeau de cuir.
Jointure bandeau de cuir.
Seconde jointure du bandeau de cuir.
Seconde jointure du bandeau de cuir.
Fond en toile.
Fond en toile.
Trame de la toile.
Trame de la toile.
Bandeau de rembourrage en toile.
Bandeau de rembourrage en toile.
Revers bandeau de cuir, marquage.
Revers bandeau de cuir, marquage.
Gaufrette aérateur en bois souple.
Gaufrette aérateur en bois souple.
Vue de l'intérieur (partie déchirée de la coiffe).
Vue de l'intérieur (partie déchirée de la coiffe).
Fixation de la coiffe par couture.
Fixation de la coiffe par couture.
Points de couture de fixation de la coiffe.
Points de couture de fixation de la coiffe.

La coiffe est montée dans la coque à l'aide des 24 séries de 2 trous chacune pratiquées sur la base de la circonférence de la bombe. Elle est constituée de deux bandes de cuir d'une largeur de 6 centimètres cousues ensemble (à l'avant et à l'arrière de la coiffe) constituant le bandeau de sudation de la coiffe.
Ce bandeau est en contact avec le crâne du porteur sur environ 4,5 centimètres, les 1,5 autres cm sont cousues sur un double bandeau de toile épaisse, constituant en quelque sorte le point d'assemblage de la coiffe et le rembourrage de celle-ci.
Le fond de la bombe est tapissé d'un bonnet de toile très épaisse à trame chevronnée. Ce bonnet est constitué de quatre morceaux triangulaires de toile, cousus ensemble en croix pour épouser le fond du casque. Cette doublure est cousue en même temps que le bandeau de sudation de la coiffe à l'épaisseur double de tissu épais.

La coiffe est enfin cousue à la coque à l'aide d'un double fil de couture épais, traversant une gaufrette aérateur pour maintenir la coiffe au niveau de la pliure du cuir du bandeau de sudation.
La gaufrette aérateur parcourant l'intégralité de la circonférence interne de la bombe, est fabriquée en bois souple (on peut supposer qu'il s'agit de liège). On peut supposer qu'elle existe en plusieurs épaisseurs, permettant ainsi plusieurs tailles de coiffe dans une bombe fabriquée en taille unique, à l'instar du casque Mark I britannique.

La jugulaire :

Point de fixation.
Point de fixation.
Partie longue de la jugulaire, avec boucle à double passant de fixation.
Partie longue de la jugulaire, avec boucle à double passant de fixation.
Extrémités de la jugulaire.
Extrémités de la jugulaire.
Jugulaire fermée.
Jugulaire fermée.

La jugulaire est maintenue au casque de manière identique à la coiffe, fixée à la bombe par couture sur la cannelure comportant l'évent d'aération.
Elle est fabriquée en deux parties à partir de bandes de cuir épais d'un millimètre, et large de 1,3 cm. La partie longue de la jugulaire, mesurant 36 centimètres, comporte la boucle à double passant de fixation/réglage.
La partie courte, longue de 11 centimètres, a son extrémité libre taillée en pointe afin d'être mieux insérée dans la boucle à double passant. Cette boucle métallique peut être de forme rectangulaire ou aux cotés arrondis.

La boucle de fixation étant sur la partie longue de la jugulaire, ce dispositif réduit fortement les possibilités de réglage de la jugulaire.

Quelques exemples

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Casque arborant l'insigne de la D.C.T. © Collection Jonathan Gavel