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Casque Modèle 38/42

Fiche

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Historique

La conception du casque modèle 38/42, initialement fabriqué par les Pays-Bas et reconditionné par l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale remonte aux années 20. Soucieux de moderniser son armée, les Pays-Bas commencèrent dès 1924 l'étude d'un nouveau casque afin de remplacer le modèle 16 dérivé du casque Adrian français modèle 15. L'étude de ce nouveau casque s'échelonna de 1923 à 1927, pour donner naissance au nouveau modèle 27 "Nieuw Model", reprenant la coiffe et la jugulaire du modèle précédent. La forme de ce nouveau casque présente un profond changement avec une forme épousant plus la forme de la tête avec une nuquière plus développée. Ce casque fut fabriqué par arsenal d'Artillerie Inrichtingen à Hembrug, près d'Amsterdam et sera plus tard produit par les usines de Vereenigde Blikfabrieken à Krommenie/Amsterdam (VERBLIFA).
Ce casque devint donc le casque de dotation de l'armée hollandaise à partir de 1928, et sera modernisé en 1934 par allongement de son couvre-nuque et agrandissement du décroché latéral du casque pour donner un modèle très semblable : le modèle 34, qui sera uniquement produit uniquement par la société VERBLIFA.
La Roumanie était depuis la première guerre mondiale équipée du casque Adrian modèle 15 de fabrication française, tout comme un certains nombres des pays frontaliers, notamment la Grèce, la Yougoslavie et l'URSS. Cette dernière n'ayant pas accepté la perte de la Bessarabie au profit de la Roumanie en mars 1918, la Roumanie, consciente du risque de conflit, décida de changer de coiffure pour ses forces armées et s'intéressa dès 1935 au nouveau casque hollandais modèle 34.
Le gouvernement roumain se rapprocha donc de la société néerlandaise N.V. De Vereenigde Blikfabrieken de Krommenie/Amsterdam (VERBLIFA) et conclut un contrat avec cette société en date du 5 septembre 1938 pour la fabrication de 500 000 exemplaires arborant l'insigne du roi Carol II.
Ce sont en tout 628 000 casques qui sont livrés par la société néerlandaise Verblifa entre le 5 septembre 1938 et le début de l'année 1942. En effet, le contrat initial du 5 septembre 1938 fut complété par un second contrat le 8 avril 1939 pour la fabrication de 62 330 casques, dont 14 422 modèles pour officier munis d'une jugulaire en cuir de couleur fauve.
Le 2 avril 1940 une dernière commande fut contractée pour la fabrication de 300 000 exemplaires, qui ne peut être entièrement satisfaite en raison de l'invasion allemande (50 700 casques ont été livrés, le contrat étant résilié le 23 février 1942 avec une dernière livraison de 1 500 unités).
Ces casques, considérés comme casque modèle 38 pour la Roumanie, était en tout point identique au casque modèle 34 destiné à l'armée hollandaise, à l'exception de l'insigne frontal aux armoiries du roi Carol II. Ces casques étaient dès réception tamponnés par l'intendance roumaine à l'aide d'un tampon encreur de forme circulaire appliqué au fond de la bombe. Ce tampon ayant en son centre les armoiries de la maison royal de Roumanie, surmontées de la mention România M.A.N (abréviation de "Ministerul Apararii Nationale") pour Roumanie Ministère de la Défense Nationale et surmontant la mention C.R.R (abréviation de "Carol II Regele României") pour Carol II Roi de Roumanie.
En mars 1938 le roi Charles II (Carol II), dans un contexte de crise économique, politique et institutionnelle, abolit la démocratie parlementaire et s'arroge les pleins pouvoirs (période dite de la dictature carliste), puis, tout en cherchant à apaiser l'Allemagne par une garantie de livraison du pétrole roumain, signe avec la France et le Royaume-Uni, le 13 mai 1939, un accord garantissant les frontières et l'indépendance de la Roumanie.
Carol II refuse de participer au dépeçage de la Tchécoslovaquie alors que l'Axe lui offrait la Marmatie du Nord ou Ruthénie, et, lorsqu'en application du Pacte germano-soviétique, l'Allemagne nazie et l'URSS envahissent la Pologne, la Roumanie, neutre, garantit le droit d'asile aux membres du gouvernement polonais en exil et aux divisions polonaises en fuite. Le roi Charles II s'efforce de maintenir encore sa politique pendant quelques mois, mais la défaite militaire de la France et la situation très précaire de la Grande-Bretagne rendent très théoriques les assurances que ces deux pays avaient faites à la Roumanie.
À peine la France a-t-elle signé l'armistice, que l'URSS lance un ultimatum à la Roumanie le 26 juin 1940. Suivant le Pacte germano-soviétique, le gouvernement de Joseph Staline exige de l'ambassadeur roumain à Moscou, Gheorghe Davidescu, la cession de la Bessarabie et de la Bucovine du nord sous peine d'envahir la Roumanie, et Manfred von Killinger, ambassadeur allemand à Bucarest, somme Carol II d'obtempérer. Le 28 juin 1940, l'URSS occupe la Bessarabie et la Bucovine du nord.
Pour éviter le sort de la Pologne voisine, rayée de la carte de l'Europe par l'Allemagne nazie et l'URSS, le 4 juillet 1940, Charles II, remplace ses ministres anglophiles et francophiles par le gouvernement d'Ion Gigurtu (premier ministre du 4 juillet au 4 septembre 1940), qui déclare adhérer loyalement à la politique de l'Allemagne nazie, et laisser Adolf Hitler arbitrer le conflit territorial entre la Roumanie et la Hongrie au sujet de la Transylvanie.
Mais ce "prix de la paix" précipite la chute du roi : la Garde de fer de Horia Sima et le général Ion Antonescu s'unissent pour un coup d'état qui aboutit à l'abdication et à l'exil de Carol II au profit de son fils de 19 ans Michel Ier, qui redevient donc roi. A l'abdication du roi Carol II le 6 septembre 1940, les insignes des casques modèle 38 commencèrent à être retiré.
La Garde de fer et Antonescu établissent un régime totalitaire désigné du nom d'état national légionnaire qui va inéluctablement pencher du côté des forces de l'Axe et de leur politique.
Le 8 octobre 1940, officiellement à la demande de la Roumanie, les troupes allemandes franchissent la frontière roumaine. Quelques semaines plus tard, en novembre 1940, la Roumanie adhère à l'Axe. Quant aux effectifs de la Wehrmacht stationnés en Roumanie, ils seront bientôt plus de 500 000, qui contrôlent les voies de communication, les puits de pétrole, et se mettent à pied d'œuvre pour attaquer l'URSS.


Casque modèle 38 fabriqué par la société VERBLIFA au Pays-Bas (modèle 34).

Pour être en mesure de reconquérir la Bessarabie, Antonescu accepte d'engager son pays plus avant dans la collaboration avec le Reich.
Le 22 juin 1941, les troupes roumaines traversent le Prut, participant à l'opération Barbarossa contre l'Armée rouge aux côtés de la Wehrmacht, des Hongrois et des Italiens. Elles récupèrent la Bessarabie puis traversent le Dniestr par Tighina et Dubăsari et, en 1941, entrent dans Odessa et Sébastopol où elles prennent une part essentielle dans les combats. Le siège d'Odessa se prolonge jusqu'au 14 octobre 1941. L'armée roumaine occupe la Podolie et le Yedisan, territoires soviétiques situés sur la rive gauche du Dniestr, c'est-à-dire à l'est de la Moldavie historique. Les Roumains appellent alors "Transnistrie" cette zone d'occupation militaire qui leur est dévolue. à Odessa, les Corps IV et V de l'armée roumaine, commandés par le général Nicolae Ciupercă, se livrèrent à des crimes de guerre contre les résistants et les Juifs, sur ordre du régime Antonescu.
En novembre 1942, le général roumain le plus important de la période : Petre Dumitrescu, commandant de la IIIe armée roumaine, bénéficie un moment de la mise à disposition par les Allemands de leur VIe armée pour lui permettre de résister à une offensive soviétique. Le gouvernement Antonescu considérait comme inévitable une guerre avec la Hongrie au sujet de la Transylvanie, mais en février 1943, l'armée roumaine est décimée à Stalingrad et doit battre en retraite aux côtés de son allié allemand. Elle perdra, au cours de cette campagne, plus de 220 000 hommes dont 120 000 morts, 80 000 prisonniers emmenés en Sibérie (d'où environ 28 000 reviendront après la guerre) et 18 000 enrôlés dans les divisions alliées "Vladimirescu" ou "Horia-Cloșca-Crișan".
Equipé du casque modèle 38 importé des Pays-Bas avant l'invasion de ce pays par les forces allemandes, l'armée roumaine combattant aux côtés de l'Allemagne sera fournit par cette dernière de casques modèle 34 (mais aussi 27 et 38) capturés lors de l'invasion de 1940.
Durant la guerre et au titre de l'effort de guerre, une certaine quantité de casques hollandais (modèle 27, 34 et 38 confondus) sera reconditionné au standard allemand (c'est à dire par une remise en peinture "Feldgrau" et l'installation de l'aménagement intérieur modèle 31 allemand).
Ce reconditionnement étant effectué à partir de 1942, ce nouveau modèle hybride sera désigné par la communauté des collectionneurs comme modèle 38/42. Il sera utilisé principalement par les troupes roumaines jusqu'à la fin de la guerre, coiffant les troupes combattant l'armée rouge jusqu'en 1944 puis les forces de l'axe à partir d'août 1944 après le renversement du gouvernement d'Antonescu.
Ce casque sera utilisé par l'armée roumaine jusque dans les années 70 jusqu'à l'adoption du casque modèle 73 dont la conception reste proche du modèle 38.

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Casque hollandais modèle 34 !

Casque modèle 38/42. Casque modèle 38/42. Casque modèle 38/42.
Casque modèle 38/42. Casque modèle 38/42. Casque modèle 38/42.

"Schutzmannschaft"

Des photos d'époque et des artefacts de fouille attestent l'utilisation de casque modèle 34 hollandais reconditionnés par l'Allemagne au sein des bataillons de "Schutzmannschaft" (en abrégé Schuma). La Schuma était une force de police auxiliaire collaboratrice, composée de personnes indigènes des régions d'Europe de l'Est occupées par l'Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale. La "Schutzmannschaft" est créée le 25 juillet 1941 par le Reichsführer-SS Heinrich Himmler et est subordonnée à la Police d'Ordre ("Ordnungspolizei" : Orpo). A la fin de 1941, quelque 45 000 hommes servaient dans des unités de "Schutzmannschaft", dont la moitié environ dans des bataillons. En 1942, la Schuma voit ses effectifs augmentés à environ 300 000 hommes, avec des bataillons représentant environ un tiers de la force.
Créés pour soutenir les efforts de guerre allemands, en particulier la lutte contre les partisans, bon nombre de ces bataillons ont participé à l'Holocauste et ont causé des milliers de morts juifs. Habituellement, les bataillons étaient des unités volontaires et n'étaient pas directement impliqués dans le combat. Au total, environ 200 bataillons ont été formés. Chaque bataillon avait une force autorisée d'environ 500 personnes, mais la taille réelle variait considérablement. Ils ne doivent pas être confondus avec les bataillons de police allemands ("SS-Polizei-Bataillone") que la Police de l'Ordre a formés entre 1939 et 1945 et qui ont également participé à l'Holocauste.
Certains des casques modèle 34 reconditionnés par l'Allemagne pour le compte de la Schuma étaient dotés de l'insigne de la "Schutzmannschaft" en décalcomanie.

Casque modèle 38/42.
Exemple de bombes de casques modèle 38/42 dont les cuirs ont été récupérés au lendemain de la guerre.

Constitution

La coque :

Modèle 34 hollandais reconditionné.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Fente de transport.
Fente de transport.
Détails peinture, et traces de la peinture hollandaise.
Détails peinture, et traces de la peinture hollandaise.
Trace de l'insigne hollandais retiré.
Trace de l'insigne hollandais retiré.

Initialement la bombe du casque hollandais modèle 34 fut fabriquée en deux tailles : une de taille standard et une grande taille (qui était identifiée par un tampon "GR" appliqué sur le cerclage en cuir de la coiffe hollandaise entre les deux pattes avant). Elle est formée d'un bloc par emboutissage progressif d'une plaque d'acier. Après formation, la bordure du casque est taillée, puis évasée vers l'extérieur et enfin retournée à l'intérieur sur 5 millimètres afin d'adoucir le tranchant du casque.
La coque est ensuite percée de sept trous pour la fixation des éléments intérieurs du casque. Ces trous suivent une ligne oblique partant de la visière du casque et s'élevant vers l'arrière afin de disposer convenablement l'imposant couvre-nuque au niveau du coup du porteur.
Comme l'ensemble des casques hollandais, le modèle 34 est aussi doté à l'arrière d'une fente de transport de forme oblongue de dimension 22 x 4 millimètres. Cette fente est utilisée pour accrocher le casque au paquetage ou au ceinturon en utilisant la longue jugulaire.
L'année de fabrication en deux chiffres accompagnée d'une lettre peut être estampé à froid à l'arrière du casque, cette pratique semble disparaître durant la dernière année de fabrication du casque modèle 34 (mi 1939 - 1940).
Un insigne est soudé à l'avant du casque avant mise en peinture. Les casques modèle 34, fabriqués exclusivement par la firme VERBLIFA, étaient peints de couleur vert kaki clair (proche d'un vert pomme) de manière satinée.
Après l'invasion allemande de 1940, une grande partie des casques modèle 34 de l'armée hollandaise fut saisie par l'armée allemande. Une partie de ces casques fut simplement réemployée par la "Luftschutz" : dans ce cas, la bombe était repeinte de couleur bleu foncé et souvent était appliqué sur la partie frontale l'insigne décalcomanie de la "Luftschutz".
Au cours de la guerre, une quantité non déterminée fut reconditionnée pour l'effort de guerre allemand. Ces casques ont vu leur aménagement intérieur retiré, et trois pattes métalliques installées afin d'accueillir l'aménagement intérieur modèle 31, standard des casques allemands modèle 35.
Une patte métallique, aux côtés pliés obliquement et au centre percé, est rivetée horizontalement aux deux trous avant de la bombe à l'aide de petits rivets mécaniques à tête hémisphérique. Une plus petite patte comportant un orifice à une des ses extrémités est rivetée à chaque trou arrière de la bombe.
L'insigne hollandais d'origine est dessoudé et les bombes sont remises en peinture sans avoir été décapé (laissant apercevoir la peinture vert olive d'origine lorsque la peinture allemande est griffée).
La peinture appliquée est le "Feldgrau" foncé granuleux, standardisé le 1er mars 1940. Du sable fin, ou de la limaille d'aluminium, est rajouté à la peinture pour obtenir un granité.

Modèle 38 hollandais reconditionné.

Modèle 38 reconditionné vue de biais.
Modèle 38 reconditionné vue de biais.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Modèle 38 reconditionné vue de dos.
Modèle 38 reconditionné vue de dos.
Vue de dessus.
Vue du dessus.

Comme précisé dans l'historique, une certaine quantité de casques modèle 38 hollandais fut saisie lors de l'invasion allemande de 1940. La plupart de ces casques furent reconditionnés de manière analogue au modèle 34. Curieusement les casques modèle 38 furent à priori dans l'ensemble reconditionné, alors que l'on rencontre fréquemment des casques modèle 34 laissés dans leur configuration d'origine et affectés dans la "Luftschutz". La bombe du casque modèle 38 hollandais (nationalité précisée pour ne pas faire l'amalgame avec le modèle 38 roumain qui est ni plus ni moins un modèle 34 hollandais) est plus courte que le modèle 34. Le couvre-nuque est raccourci, en effet ce modèle était destiné à équiper les troupes néerlandaises en poste en Indonésie ("Koninklijk Nederlands-Indisch Leger" ou en abrégé KNIL) et était à l'origine doté d'un bavolet en cuir en guise de couvre-nuque.
Enfin, ce modèle est dépourvu de fente de transport.

La coiffe :

Coiffe Innenausstattung 31 de fabrication allemande.
Coiffe "Innenausstattung" 31 de fabrication allemande.
Revers.
Revers.
Marquage fabricant du cerclage.
Marquage fabricant du cerclage.
Rappel taille de coiffe.
Rappel taille de coiffe.
Marquage revers de la coiffe, fabrication de juillet 1943.
Marquage revers de la coiffe, fabrication de juillet 1943.

La coiffe du casque modèle 38/42 est constituée d'une coiffe modèle 31 de fabrication allemande. Créé en 1931, cette nouvelle garniture intérieure est mise en service, pour remplacer la coiffe modèle 27 employées dans les casques de la famille M16, alors en service en Allemagne. Le brevet a été déposé en 1929 par la Schuberth-Werk AG à Braunschweig.
Cet ensemble, désigné "Innenausstattung" 31, comporte une coiffe en cuir montée sur un cerclage fabriqué dans un premier temps en aluminium puis en acier zingué, lui-même relié à un cerclage extérieur, toujours en aluminium, par un ensemble de lames ressorts. Ces lames permettent d'ajuster la coiffe et servent également d'amortisseurs. Ce deuxième cerclage est fixé à la coque par les 3 rivets (et contre-rivets traditionnels pour les casques allemands modèle 35 et dérivés).
En outre deux enchapures latérales maintiennent les dés de jugulaire.
La garniture intérieure se compose de : un cerclage extérieur, un cerclage intérieur muni de 5 lames-ressorts, une coiffe en cuir et une jugulaire. Pour les casques hollandais reconditionnés, ce sont principalement des coiffes fabriquées à partir de 1942 qui sont employées (le descriptif technique de la coiffe tient donc compte des modifications ayant eu lieu ultérieurement).
Le cerclage extérieur est la pièce maitresse de la garniture intérieure. Il est constitué par une bande plate d'acier galvanisé, de 35 mm de large. Il est fermé sur lui-même par 2 rivets à tête ronde.

Autre exemple de marquage, fabrication de juin 1943.
Autre exemple de marquage, fabrication de juin 1943.

Un trou de 8 mm est percé à l'arrière, sur la jonction. A l'avant 2 mortaises à extrémités arrondies sont percées de chaque côté. Elles mesurent 5 mm de large sur 23 mm de long. Ces trois perforations sont destinées à recevoir les rivets retenant le cerclage à la coque.
Cinq passants, deux de chaque côté et un à l'avant, sont pratiqués sur sa périphérie : le métal compris entre deux fentes parallèles de 18 mm, espacées de 10 mm, est repoussé vers l'intérieur. Chaque passant est destiné à recevoir les extrémités opposées de deux lames-ressorts consécutives du cerclage intérieur.
Enfin de chaque côté, une enchapure est fixée par un axe maté autorisant la rotation. Il s'agit d'une pièce de tôle de 62 x 16 mm pliée en 2. L'arrondi est suffisamment large et haut pour que le dé de jugulaire qui y est retenu puisse s'incliner dans toutes les directions. Les dés de jugulaire sont en fil d'acier zingué de forme rectangulaire de 24 x 16 mm aux angles arrondis.
Le bord du cerclage est incliné vers l'intérieur en haut et vers l'extérieur en bas, dans le but de le rigidifier. Ce bord reste plat de part et d'autre de l'enchapure pour permettre sa rotation.
Le cerclage intérieur est constitué par un bandeau d'acier de 35 mm de large, fermé par 2 petits rivets à tête bombée. Il est percé à 5 mm du bord supérieur, d'une série de 10 à 14 trous (suivant la taille). Répartis sur la périphérie, ils reçoivent les attaches du cuir et de la bande de feutre. Au centre, il est percé de 5 trous qui recevront quant à eux, les rivets des cinq lames ressorts fixées sur son pourtour. Elles mesurent 212 x 15 mm et ont les extrémités arrondies. Elles sont fixées en leur milieu et sont enfilées dans les passants du cerclage extérieur, y maintenant la coiffe et servant en même temps d'amortisseur. Chaque passant du cerclage extérieur reçoit les extrémités opposées de deux lames-ressorts consécutives. Celles-ci faisant 15 mm de large il reste un jeu de 3 mm qui leur permet de s'incliner légèrement.
Les coiffes employées dans le reconditionnement des casques modèle 38 sont principalement du fabricant "Beiderman und Czarnikow" à Litzmannstadt dont la fabrication des coiffes modèle 31 débute en 1942 dans cette localité. Ce fabricant berlinois produit sous son nom à partir de 1937 et à compter de 1943 sous le "Reichsbetriebsnummer" 0/0256/0038.
La coiffe en cuir est formée par un bandeau de cuir de mouton ou de chèvre, festonné sur un bord en dents de loup. Le bandeau est coupé à la juste longueur ce qui fait que ces dents sont au nombre de 7, 8 ou 9 (avec parfois des demi-dents) suivant la taille. Chacune est perforée de cinq trous d'aération disposés en quinconce. Les extrémités des dents sont arrondies et comportent une petite perforation destinée au passage du cordon de serrage. Cette perforation est renforcée par une rondelle de cuir collée sur l'envers.
Un cordonnet de coton blanc permet le serrage du sommet de la coiffe et par là même, son réglage en profondeur.
Le cuir est fixé sur le cerclage intérieur par 10 à 14 rivets (suivant la taille) en aluminium à large tête, en forme d'attaches parisiennes. Ultérieurement ces rivets seront en acier zingué.
Une bande de feutre de 4 cm de large, est cousue sur la face interne du cuir, avant rivetage sur le bandeau métallique.
Vers la fin de la guerre le cuir de porc sera employé pour économiser les cuirs plus nobles. Le cuir de porc est beaucoup plus rigide que les autres, il n'est pas lisse et souvent on voit le dessin de la peau sur les deux faces.
La coiffe en cuir de la garniture intérieure est produite, soit directement par le fabricant, soit par un sous-traitant. On y retrouve des marquages variés. Le seul qui soit systématique est celui de la taille. Il se trouve au recto d'une des dents de loup (en général une dent arrière). Les chiffres sont tamponnés à l'encre noire ou bleu foncée. Ils sont entourés d'un cercle mais pas systématiquement. Ils correspondent exactement aux chiffres indiqués sur le cerclage.
Au verso de la coiffe la taille est parfois répétée, accompagnée d'une ou plusieurs inscriptions telles que lettre, date, chiffres romains.
Dans une grosse majorité des cas, le nombre indiqué au verso est égal à la taille +1, voire +2. Il n'existe aucune explication documentée de ces inscriptions. De ce fait les hypothèses avancées, ne sont donc que des suppositions.
Des rivets spécifiques permettent de maintenir le cerclage dans la coque. Ils sont conçus sur le principe des attaches parisiennes. Leur tête semi bombée mesure 13 mm de diamètre. Deux lames parallèles de 17 x 7 mm à bouts arrondis, tiennent lieu de tige. Les têtes sont pré peintes car montées sur la coque après finition.
Sur les casques modèles 35 allemands, des contre-rivets renforcent la tenue du rivet, ce qui n'est pas le cas dans le reconditionnement des casques hollandais (Il s'agit de rondelles métalliques de 13 mm de diamètre dans les quelles sont pratiquées deux fentes qui recevront les lames du rivet).
Fabriqué en acier, ils comportent en général le nom du fabricant et l'année de fabrication gravés sur les lames. Plusieurs fabricants de rivets appliquent leur marque sur les lamelles des rivets de fixation de l'I 31 à la coque. Ces marques ainsi que l'année, sont gravées dans le métal.
Tout comme la coiffe, ce sont principalement des rivets fabriqués par la firme "Beiderman und Czarnikow" que l'on rencontre. Ce fabricant est identifié par le marquage B & C + année de production sur 4 chiffres.

    Plus

Pour plus de détails de l'Innenausstattung 31, se référer à la fiche du casque allemand modèle 35.

Orifice latéral de fixation de la jugulaire hollandaise inutilisé.
Orifice latéral de fixation de la jugulaire hollandaise inutilisé.
Orifice arrière de fixation de la coiffe hollandaise inutilisé.
Orifice arrière de fixation de la coiffe hollandaise inutilisé.
Tête de rivet.
Tête de rivet.
Fixation latérale arrière de la coiffe.
Fixation latérale arrière de la coiffe.
Maintien par rivet, sans contre-rivet.
Maintien par rivet, sans contre-rivet.
Maintien avant de la coiffe.
Maintien avant de la coiffe.
Coiffe en place.
Coiffe en place.
Vue d'ensemble.
Vue d'ensemble.

Ne pouvant être fixée directement dans la bombe à l'instar des casques modèle 35 en raison des parois obliques des casques hollandais, une adaptation des bombes modèle 34 est effectuée.
Une patte métallique, aux côtés pliés obliquement et au centre percé, est rivetée horizontalement aux deux trous avant de la bombe. Une plus petite patte comportant un orifice à une des ses extrémités est rivetée à chaque trou arrière de la bombe. Ainsi, les orifices latéraux de montage de la jugulaire et l'orifice arrière de montage de la coiffe hollandaise sont laissés inutilisés.
Cet aménagement de la bombe permet le montage de l'Innenausstattung 31 à l'envers. Un rivet est passé dans chaque patte métallique et traverse le trou correspondant du cerclage, les rivets latéraux arrière, s'engagent dans les mortaises. Les lames de chaque rivet sont rabattues pour bloquer l'ensemble.

La jugulaire :

Jugulaire de fabrication allemande.
Jugulaire de fabrication allemande.
Pontet mobile.
Pontet mobile.
Détail fixation de la jugulaire.
Détail fixation de la jugulaire.
Marquage.
Marquage.
Exemples de marquages rencontrés.

La jugulaire est celle employée habituellement dans les casques allemands modèle 35. Elle se fixe aux deux passants mobiles, solidaires du cerclage extérieur.

Il en existe une grande variété, due au nombre important de fabricants, qui, cependant doivent respecter les caractéristiques du brevet de base.
La jugulaire doit être taillée dans de la sangle de cuir de 1,5 cm de large. Le côté extérieur doit être noirci. Cette finition varie du noir brillant au brun mat. Le fil de couture peut être noir, blanc ou marron. En fin de guerre apparaissent comme pour les coiffes, des jugulaires en peau de porc, plus fines.
Le segment le plus long, doit mesurer environ 42 cm et présenter une extrémité perforée d'environ 12 à 13 trous. Ces perforations sont de forme ronde ou oblongue. A l'autre extrémité deux boutonnières doivent être pratiquées. Elles permettent de fixer la sangle au dé de la garniture au moyen d'un bouton en aluminium.
Le segment le plus court, doit mesurer environ 11 à 12 cm. L'autre extrémité enchape une boucle à un ardillon en aluminium sablé ou en acier nu.
La boucle se porte généralement sur la joue gauche, mais la facilité de démontage permet aux gauchers qui le souhaitent, de la porter sur la joue droite.
Les jugulaires de fabrication allemande sont généralement marquées. Les marquages sont en général situés à l'intérieur de la partie longue de la jugulaire, estampés dans le cuir. Il existe quelques rares cas de tampons à l'encre. Le marquage peut affecter plusieurs formes : le nom complet ou abrégé de l'entreprise, avec ou sans adresse, ou tout simplement son code au "Waffenamt" (3 lettres en minuscules).
En 1942, le RBNr ("Reichsbetriebsnummer") fait son apparition en remplacement des noms et adresses des firmes. L'année n'est plus indiquée. Fin 1944, RBNr est parfois remplacé par RFNr ("Reichsfabriknummer"). De nombreuses jugulaires produites à partir de fin 1944 n'ont plus reçu aucun marquage.

    Plus

Pour la liste exhaustive des fabricants des jugulaires allemandes, se référer à la fiche du casque allemand modèle 35.