Retour à la rubrique Russie
Casque Ssh 39

Fiche

Preview

Historique

Casque Ssh 36. Casque Ssh 36. Casque Ssh 36.
Soldats soviétiques coiffés du casque Ssh 36 à la veille et durant le début de la seconde guerre mondiale.

L'utilisation de casques modernes au sein de l'armée russe remonte à 1915, période durant laquelle l'armée russe tsariste fut équipée de casques Adrian modèle 15 obtenus auprès de la France en raison de l'entente franco-russe instaurée avant la première guerre mondiale.
Au cours du premier conflit, la Russie conçut son propre casque d'acier : le modèle 17, qui sera utilisé jusqu'au début de la seconde guerre mondiale, conjointement au casque Adrian modèle 15, très utilisé durant les années 20.
A la fin des années 30, Aleksandr A. Shvartz conçut un nouveau casque pour le compte de l'armée rouge. Ce casque fut très utilisé à la fin des années 30, notamment dans le conflit russo-japonais, lors de la campagne de "Khalkin Gol" en 1938, ce qui surnomma le casque modèle 36 ("kaska modyel 36") de "Khalkingolka" en rapport avec ce conflit.
Au début de la seconde guerre mondiale, en 1939, devant l'avancée des conquêtes de l'Allemagne nazie en Europe, plusieurs dirigeants de l'industrie militaire prirent la décision de lancer l'étude d'un nouveau casque en raison d'une guerre inévitable avec l'Allemagne malgré le déni de Staline.
Le grand coût et la difficulté de production du casque modèle 36 n'avantageraient pas l'industrie militaire soviétique dans le cas d'une longue et couteuse guerre contre l'Allemagne et ses alliés.
Parallèlement, le casque modèle 36 fut testé sur le terrain lors des incidents frontaliers avec le Japon à "Khalkin Gol" en 1938-39 et la guerre d'Hiver contre la Finlande en 1939-40, et plusieurs avis défavorables émanèrent des soldats à l'encontre du casque modèle 36. En effet, il lui était reproché d'obstruer la visibilité en raison de sa grande taille, d'être trop instable et enfin d'empêcher le port d'une coiffure d'Hiver en raison des Hivers rigoureux dans les pays de l'Est : pour palier ce problème, les soldats étaient dans l'obligation d'enlever la coiffe) en ne gardant que la jugulaire leur permettant de porter la toque de fourrure "ushanka" traditionnelle russe.
Avant cela, plusieurs tentatives avaient été effectuées, par les survivants de l'équipe de Shvartz (lui-même ayant été arrêté puis exécuté lors des purges staliniennes en 1937), afin d'améliorer le casque modèle 36. Ces essais portèrent sur le raccourcissement de la visière et des flans du casque (1er prototype), pour aboutir à une version destinée aux troupes aéroportées sans cimier (2ème prototype). Une ébauche de ce qui allait devenir le casque modèle 39 fut aussi étudiée, ce casque ayant été obtenu par raccourcissement de l'avant et l'arrière d'un casque modèle 36 (3ème prototype).
C'est ce dernier essai, qui fut retenu en 1939 en raison de sa ligne moderne, est connu sous le nom de casque d'acier modèle 39 ("stalshlyem" 39), donnant en abrégé Ssh 39 : le terme "stalshlyem" remplaçant la désignation "kaska" pour les casques de combats soviétiques à partir du modèle 39.
La forme du casque Ssh 39 sera conservé durant 29 ans caractérisant le casque soviétique de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide jusqu'en 1968.
Le système de coiffe du casque Ssh 39 fut repris du casque italien M933 dont quelques exemplaires furent obtenus par des agents de la Direction générale des renseignements de l'Etat-major des forces armées soviétiques (GRU : "Glavnoyé Razvédyvatel'noyé Upravléniyé") lors de l'apparition de ce nouveau casque au sein de l'armée italienne.
C'est la coiffe du casque italien qui servira de base à la coiffe du nouveau casque Ssh 39, d'abord fabriqué en cuir, elle fut ensuite confectionnée en toile cirée pour des raisons économiques.
Puis, pour des causes de mauvaise stabilité, il fut décidé de revenir à la coiffe en toile avec bandeau de "graleks" (créé en 1933, du nom de ses deux inventeurs, Grafov et Alekseenko, qui est constitué de toile imprégné de caoutchouc naturel chauffé ensemble pour donner un matériau flexible d'une grande résistance) reprise du casque modèle 36.
Le casque Ssh 39 fut produit de 1939 à 1941 (parallèlement à la production du casque modèle 36 qui continua jusqu'en 1941), sa production cessa en 1942 en faveur du casque Ssh 40 dont la fabrication, plus simple, permettait le port d'une coiffe d'Hiver de type "ushanka", problème non résolu avec l'adoption du casque Ssh 39.
Quelques casques Ssh 39 furent reconditionnés en Ssh 40 par l'adjonction des trois pattes de coiffe maintenues par des lames métalliques aux trois trous des rivets de fixation de la coiffe originale.
Enfin, le casque Ssh 39 fut principalement utilisé durant la grande guerre patriotique de 1941 à 1945, après laquelle ces casques, dont l'état était jugé insatisfaisant, furent reconditionnés ou détruits.

Casque Ssh 36.
Casque Ssh 36.
Casque Ssh 39. Casque Ssh 39. Casque Ssh 39.
Casque Ssh 39. Casque Ssh 39. Casque Ssh 39.
Casque Ssh 39. Casque Ssh 39. Casque Ssh 39.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Etoile estampée.
Etoile estampée.
Numéro de lot.
Numéro de lot.
Insigne communiste.
Insigne communiste.

La coque du casque Ssh 39 est fabriquée en trois tailles d'un seul bloc par emboutissage progressif d'une feuille d'acier. La bombe de forme très ronde possède une bordure évasée vers l'extérieur, formant par la même occasion une visière plate à l'avant du casque. Le casque Ssh 39 est le précurseur du casque du soldat soviétique de la seconde guerre mondiale à la guerre froide, la forme du casque étant conservée jusqu'en 1968, les casques Ssh 40 et Ssh 60 restant identique extérieurement.
La coque est ensuite percée à trois reprises à hauteur du dernier tiers du casque, ce qui permet de le différencier au premier coup d'œil de son homologue le Ssh 40.
Les casques Ssh 39 seront peints de couleur vert olive, dont la peinture est désignée par la nomenclature Khv-518 (XB-518 en alphabet cyrillique) ou encore appelée "nitrokraska". Cette peinture, développée en union soviétique, a des caractéristiques anti-corrosives à séchage rapide et résistante à l'eau. On peut toutefois noter des nuances de couleur entre les différentes années de production.
Initialement, les casques russes produits avant 1940 étaient souvent ornés de l'étoile, du marteau et de la faucille, le tout apposé à la peinture rouge, symboles de la Russie Soviétique. L'application de cette étoile a été effectuée au niveau régimentaire et jamais en usine, ce qui explique que l'on rencontre beaucoup de variantes aux trais plus ou moins fins (la couleur rouge est très discrète), et il ne faut pas oublier que pour le soldat soviétique, c'est la seule et unique manière de se "démarquer" des autres membres de son unité. Cet insigne sera beaucoup moins apposé à partir de l'invasion allemande, pour des raisons évidentes de camouflage. Ces marquages sont parfois accompagnés de slogan patriotique. On constate malgré tout que le symbole de l'URSS refera apparition après guerre, souvent de manière simplifiée, par une simple étoile pleine, peinte en rouge vif (dans cet exemple, l'étoile a été apposée de travers, dû à une mauvaise manipulation lors de la mise en peinture).
A noter que toutes les coques présentent un numéro estampé à froid sur la partie arrière, dont nous ignorons à ce jour la signification complète. Le premier chiffre de ce numéro correspond à la taille du casque (Cf tampon spécifiant la taille du casque, si celui-ci n'est pas effacé), le reste du numéro estampé se suit après un espace. Il semblerait toutefois que ce numéro corresponde à un numéro de lot ou d'acier, mais en aucun cas à une date.

Aussi, il exista des couvre-casques mais fabriqués à très peu d'exemplaires (camouflage de type "Ameba" et "petites feuilles"), ces couvre-casques furent également fabriqués au niveau régimentaire.

Les marquages :

Numéro d'atelier et tampon du fabricant.
Numéro d'atelier et tampon du fabricant.
Tampon de réception.
Tampon de réception.
Fabrication non indiquée de 1939, taille 2.
Fabrication non indiquée de 1939, taille 2.
Fabrication Zavod Krasniy Oktyabr de 1941, taille 3a.
Fabrication Zavod Krasniy Oktyabr de 1941, taille 3a.
Fabrication Lysvinskiy Metallicheskiy Zavod de 1941, taille 3.
Fabrication Lysvinskiy Metallicheskiy Zavod de 1941, taille 3.

Les casques Ssh 39 possèdent principalement deux marquages tamponnés à l'encre noire (sous réserve qu'ils ne se soient pas désagrégés avec le temps) en complément du numéro de lot d’acier estampé à froid sur la partie arrière du casque.
Le principal marquage à l'encre est le tampon du fabricant regroupant l'année de fabrication, la taille et le sigle du fabricant. Nous reviendrons plus tard sur ces marquages.
Ensuite, on peut trouver un tampon circulaire contenant une étoile, dans laquelle figure un nombre. Ce tampon correspond à la réception d'un dépot de l'armée, identifié par un code. Ce tampon ne correspond pas à une éventuelle réfection postérieure à une utilisation intensive du casque comme l'affirment certaines sources.
Le second tampon composé d'un numéro correspond sans doute à un tampon de contrôle et/ou de numéro d'atelier.
Les casques Ssh 39 casques présentent essentiellement les marquages ЛM3, et 3KO, la liste exhaustive de tous les fabricants ayant produit des casques Ssh 39 serait :
    - 3KO : "Zavod Krasniy Oktyabr" (Usine Octobre Rouge).
    - ЛM3 : "Lysvinskiy Metallicheskiy Zavod" (Usine métallurgique de Lysva).
    - LMZ : "Leningrad Metallurgicheskiy Zavod" (Usine métallurgique de Leningrad).
Seule l'usine de Leningrad n'a pas marqué sa production, et aurait produit entre 16 000 et 20 000 casques (principalement des casques Ssh 39 et 39-40) jusqu'à la fin du blocus. Ces casques étaient fabriqués avec des alliages de moindre qualité, devant compter sur les stocks en main durant les 900 jours de blocus imposés par l'ennemi.
L'usine Octobre Rouge implantée dans la ville de Stalingrad a eu une production beaucoup plus réduite et aurait fabriqué environ 4 millions de casques jusqu'à la fin 1942, date à laquelle la ville fut intégralement détruite et occupée par l'ennemi (l'usine fut évacuée en 1942 vers Chelyabinsk et continua d'arborer le même nom suite à son déménagement).
L'usine de Lysva, située à 100 kilomètres de Perm au pied des montagnes de l'Oural, marquée par ЛM3, a produit la majorité de la production des casques Ssh 39. Cette usine produisit durant tout au long de la seconde guerre mondiale, avec par la suite la production du casque Ssh 40. Cette longévité de production est expliquée par le fort éloignement de l'usine de la ligne de front et donc hors de portée des bombardiers ennemis. Pour anecdote, l'usine de Lysva existe encore aujourd'hui et fabrique des produits de consommation.

Voici la nomenclature des marquages fabricants :

Nomenclature.

Les marquages fabricants comportent toutes les indications suivantes :
    - 1 : POCT, signifiant taille ("Rost" en russe).
    - 2 : Indication de la taille de la bombe du casque, trois tailles possibles (1 : petite, 2 : moyenne, 3 : grande).
La taille peut être suivie de la lettre A, indiquant une sous taille concernant la coiffe :
1 = 52
1A = 54
2 = 56
2A = 58
3 = 60
3A = 62
    - 3 : Sigle du fabricant (3KO ou ЛM3). L'usine de Leningrad ayant très peu marqué sa production et étant de mauvaise qualité, aucun marquage de cette usine n'a été relevé jusqu'à ce jour.
    - 4 : Année de production, peut être écrite en entière ou seulement les deux derniers chiffres, suivie de la lettre russe "r" (G en alphabet latin) signifiant année.

La coiffe :

Il existe plusieurs modèles de coiffe pour le casque Ssh 39. Quel que soit le modèle de coiffe, celle-ci est maintenue à un cerclage métallique jointif par trois rivets mécaniques, fixant par la même occasion la patte arrière maintenant le cerclage dans la bombe du casque.
Le cerclage, comportant 11 trous répartie de façon équitable sur sa partie supérieure pour la fixation ultérieure de la coiffe à l’aide d'attaches parisiennes, est maintenu à l'intérieure de la bombe par trois pattes métalliques (coudées) chacune rivetés à l'intérieure de la bombe par un rivet mécanique (renforcé d'une rondelle au niveau de la patte de maintien).
Les pattes latérales de la coiffe, maintiennent aussi les deux passants de la jugulaire, où sur l'un deux est estampé à froid la taille de la coiffe. Les pattes latérales de maintien du cerclage sont maintenues à celui-ci avec deux rivets mécaniques.

Coiffe en toile et bandeau de "graleks" :

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Jointure cerclage.
Jointure cerclage.
Patte latérale.
Patte latérale.
Attache de coiffe.
Attache de coiffe.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Rembourrage en feutre.
Rembourrage en feutre.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Bandeau en graleks.
Bandeau en graleks.
Lacet de réglage en profondeur.
Lacet de réglage en profondeur.
Taille.
Taille.
Coiffe.
Coiffe.

Ce modèle de coiffe est le plus couramment rencontré, principalement sur les exemplaires fabriqués en 1940-41. Cette coiffe, reprise du casque Ssh 36, est constituée d'une jupe de toile fabriquée à partir d'une bande de tissu vert/beige jointive par 3 lignes de couture verticales à l'arrière du casque. Une couture est présente à l'avant de la coiffe pinçant la toile afin d'obtenir un effet bombé à la jupe de la coiffe. La base de cette jupe est parcourue par un lacet permettant le réglage en profondeur de la coiffe.
Le haut de la coiffe comporte une bande dentelée de feutre épais sur la partie interne de la coiffe, enveloppant aussi le cerclage après la pause de la coiffe, maintenue par deux lignes de coutures. Le rembourrage de la coiffe est complété par trois bandes de feutre réparties aux trois tiers internes de la coiffe, afin de mieux protéger la coiffe du contact du cerclage et des branches des attaches parisiennes. Ces bandes de feutre sont cousues sur l'extrémité de la jupe de toile.
La coiffe est complétée d'une bande de "graleks" (apparenté à de la toile cirée, constitué de toile recouverte de caoutchouc chauffé ensemble afin d'obtenir une matière flexible et résistance) dont la surface en relief peut comporter des motifs différents d'une coiffe à l’autre. Cette bande de toile cirée, jointive par une couture oblique, est cousue sur toute la circonférence de la coiffe.
La coiffe est maintenue au cerclage à l'aide de 11 attaches parisiennes peintes en vert olive. Enfin, la taille est notée à l'aide d’un gros tampon à l'encre noire sur la jupe en toile, ce marquage peut aussi se retrouver sur la bordure extérieure en toile.

Coiffe en toile :

Coiffe en toile.
Coiffe en toile.
Autre variante.
Autre variante.

Une variante de la coiffe la plus commune du casque Ssh 39 est simplement constituée d'une jupe de toile, sans bandeau de "graleks". Le rembourrage et la fixation de cette coiffe restant identique au modèle précédemment décrit, on ignore encore d'adoption de ce modèle de coiffe, mais on peut supposer des raisons économiques alors que l'Union Soviétique est proche de la catastrophe durant l'année 1941 après l'invasion allemande débutée le 22 juin.

Coiffe en cuir :

Coiffe en cuir.
Coiffe en cuir.

A l'origine, le casque Ssh 39 fut muni d'une coiffe en cuir similaire à la coiffe du casque italien M933, dont quelques exemplaires ont pu être acquéris par les services de renseignement de l'armée.
Constituée d'une bande de cuir (ou de plusieurs morceaux cousus les uns aux autres pour former une seule bande) scindée en neuf pattes, cette coiffe est maintenue à un cerclage proche du modèle italien.
L'extrémité de chacune des pattes de coiffe est percée pour le passage du lacet de réglage en profondeur. Par ailleurs, chacune des pattes possède six trous disposés en losange pour l'ération.
Tout comme les modèles de coiffe décrit plus haut, la base de cette coiffe est rembourrée à l'aide d'une bande de feutre et est maintenue au cerclage par des attaches parisiennes.
Le cuir étant une matière première très prisée par l'industrie militaire, ce modèle de coiffe fut rapidement abandonné pour des raisons économiques.

Coiffe en toile cirée :

Coiffe en toile cirée noire.
Coiffe en toile cirée noire.
Coiffe en toile cirée brune.
Coiffe en toile cirée brune.
Détail patte de coiffe.
Détail patte de coiffe.
Rembourrage en feutre.
Rembourrage en feutre.

Après l'abandon du cuir dans la fabrication des coiffes, ce matériau fut très vite remplacé par une matière "ersatz". Fabriquée de manière identique au modèle en cuir, cette coiffe est fabriquée en toile cirée ("graleks") dont la couleur peut être brune ou noire, et le relief de surface pouvant changé d’une fabrication à une autre, la base de cette coiffe se scinde en huit pattes, chacune parcourue de 6 trous d’aération disposés en losange. L'extrémité de chaque patte comporte un trou renforcé au revers d'une rondelle de la même matière collé, ou bien deux trous simples selon la variante de coiffe, pour le passage du lacet de réglage en profondeur.
Cette coiffe fut rapidement abandonnée car considéré comme peu fiable, il fut donc décidé de revenir à la coiffe second type en toile du casque modèle 36.

La jugulaire :

Patte de maintien.
Patte de maintien.
Passant et fixation.
Passant et fixation.
Revers fixation.
Revers fixation.
Jugulaire avec renfort métallique.
Jugulaire avec renfort métallique.
Jugulaire sans renfort métallique.
Jugulaire sans renfort métallique.

Les passants de jugulaire sont maintenus aux deux pattes latérales soutenant le cerclage. Ils sont constitués d'un anneau rectangulaire plat aux angles arrondis (ce modèle sera conservé jusqu'au dernier modèle de casque russe en acier : casque Ssh 68), maintenu dans une patte métallique se repliant sur la base du passant, jouant ainsi le rôle de charnière. La patte métallique soutenant l'anneau est fixée en même temps que les pattes latérales maintenant le cerclage par deux rivets mécaniques.
La jugulaire, principalement fabriqué en toile forte de coton, peut aussi se rencontrer sous la forme d'une bande de toile pliée et cousue sur toute la longueur ou encore en toile cirée, en fonction des ressources en matière première ou par nécessité, comme l'atteste les fabrications durant le siège de Leningrad.
La jugulaire est composée de deux parties d'une largeur d'environ 1,5 centimètres pour une longueur pratiquement identique d'environ 24 et 30 centimètres, respectivement pour les parties libre et avec boucle. La couleur de la jugulaire peut varier d'une couleur beige/vert pour les fabrications en toile forte de coton, ou beige très clair pour les jugulaires en toile ou encore marron pour les jugulaires fabriquées en toile cirée.
La partie droite de la jugulaire comporte la boucle de fixation à double passants, constituée d'une simple boucle carrée à deux fentes légèrement incurvée. Cette partie comporte aussi un anneau fabriqué dans la même matière que la jugulaire, afin de maintenir l'excédent de jugulaire.

La partie gauche de la jugulaire, toute simple, se fixe en passant dans les deux fentes de la boucle. Cette partie peut comporter un renfort métallique à son extrémité pour éviter l'effilochement de celle-ci. Dans le cas où l'extrémité de la jugulaire n'est pas munie d'un renfort métallique, cette extrémité est renforcée par couture.
Les parties métalliques de la jugulaire sont peintes de couleur vert olive de manière non systématique, l'atteste cet exemple où le renfort d'extrémité de jugulaire est brut.
La fixation des deux parties de la jugulaire aux passants s'effectue à l'aide d'un rivet plat fendu, renforcé d'une rondelle. Ce modèle de jugulaire sera conservé pour le casque Ssh 40 et ce type de fixation sera maintenu jusqu'en 1954.

Quelques exemples

Exemple 1. Exemple 1. Exemple 1.
Exemple de casque Ssh 39 reconditionné après guerre par remise en peinture et apposition de l'étoile rouge.

Exemple 2. Exemple 2. Exemple 2.
Exemplaire de 1939 avec coiffe en toile et étoile du régime communiste.

Exemple 3. Exemple 3. Exemple 3.
Exemplaire de prise allemande, repeint en bleu foncé et déversé à la "Luftschutz".

Exemple 4. Exemple 4. Exemple 4.
Exemplaire de 1941 de l'usine de Lysva.

Comparatifs et avertissement

Comparatif entre les casques Ssh 39 et Ssh 40 :

Casque Ssh 39.
Casque Ssh 39.
   Casque Ssh 40.
Casque Ssh 40.

Le casque Ssh 39 est le précursseur d'une grande lignée de casque symbolisant le casque soviétique. La forme de ce casque sera conservé sur les deux modèles suivants et sera maintenue jusque dans les années 70.
Ainsi, afin de différencier les casques Ssh 39 et Ssh 40, il suffit simplement de compter le nombre de rivets visibles de l'extérieure :
    - Le casque Ssh 39 comporte trois rivets hauts.
    - Le casque Ssh 40 comporte six rivets bas.
    - Le casque Ssh 60 comporte quatre rivets hauts.

Ne pas confondre le casque russe Ss 39 et le casque tchèque Vz 53 :

Casque russe Ssh 39.
Casque Ssh 39.
   Casque tchèque Vz 53.
Casque tchèque Vz 53.

Après la seconde guerre mondiale, le casque soviétique devint la référence dans la plupart des pays appartenant au pacte de Varsovie. La Tchécoslovaquie fabriqua à partir de 1953 un casque très semblable au casque Ssh 39 désigné comme Vz 53. Ce casque est facilement trouvable depuis l'effondrement du bloc communiste et de nombreuses personnes peu scrupuleuses n'hésitent pas à faire passer ce casque comme Ssh 39 ou à le maquiller comme tel. Voici les principales différences entre ces deux casques :

    1. Bien que ces deux casques aient une forme presque identique, l'échancrure arrière du casque tchèque Vz 53 est moins prononcée que son homologue russe.

    2. Toujours au niveau de la coque, les casques russes sont toujours munis d'un numéro estampé à froid sur la partie interne arrière du casque et dont la nomenclature est [1-3] xxxx. Les casques tchèques Vz 53 peuvent être muni d'un nombre à deux chiffres. Attention toutefois aux coques de casques russes ayant servies à la fabrication de casque Vz 53.

    3. Le cerclage et ses pattes de maintien sont peints de couleur vert olive pour le casque Ssh 39. Ils sont de couleur brut pour le casque tchèque Vz 53. Par ailleurs, le cerclage tchèque, souvent de forme ronde, est églable en trois points.

    4. Enfin, les boucles de maintien de la jugulaire sont rectangulaires sur les deux modèles, mais sont peintes de couleur vert olive et sont plates pour les casques russes. Elles sont arrondies et brut pour les casques tchèques.
La jugulaire tchèque, fabriquée en cuir, est de conception identique au modèle russe et est fixée de manière similaire au casque Ssh 39.

Casque tchèque Vz 53 bidouillé. Casque tchèque Vz 53 bidouillé. Casque tchèque Vz 53 bidouillé. Casque tchèque Vz 53 bidouillé.
Exemple de casque tchèque Vz 53 bidouillé en casque russe Ssh 39.

Voici un exemple de casque Vz 53 maquillé en casque russe Ssh 39. Pour cela, la coque a été vieillie par ponçage fin, et a été munie de l'étoile communiste que l'on rencontre jusqu'en 1940.
La jugulaire en cuir a été supprimée et la coiffe tchèque réglable a été remplacée par une fausse coiffe en toile, muni d'inscription en cyrillique pour masquer la supercherie.