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Casque Ssh 60

Fiche

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Historique

Le casque Ssh 40 descendant du casque Ssh 39, dont la forme est strictement identique, est au lendemain de la seconde guerre mondiale le casque symbolisant le plus le soldat de la grande guerre patriotique qui fit rage de 1941 à 1945 (tout comme le casque M-1 pour les troupes américaines).
Malgré ce grand succès, l'intendance de l'armée rouge n'est pas complètement satisfaite du casque Ssh 40, le jugeant à cette époque très instable sur la tête. En dépit de ces défauts, le casque Ssh 40 allait être au lendemain de la guerre exporté en grand nombre dans les pays d'Europe de l'Est (qui adopteront plus tard des copies du casque russe) alors sous le joug du contrôle soviétique, ainsi qu'en Corée du Nord pour l'Asie.
Après la seconde guerre mondiale, des tentatives furent tentées afin de remédier à cette instabilité reprochée en partie à une coiffe inadaptée, mais principalement à la jugulaire en toile, sur laquelle les modifications se porteront principalement.
En effet, la jugulaire en toile, fixée en deux points et se fixant à l'aide d'une boucle à double fente jugée peu pratique, sera tout de même fabriquée jusqu'à la fin de la production du Ssh 40 en 1960.
Un essai de casque Ssh 40 avec une jugulaire fixée en quatre points (jugulaire identique à celle installée sur le casque Est-Allemand modèle 56) qui sera fabriqué en assez grand nombre, mais jamais à grande échelle, car jugé trop cher à produire, à une époque où la reconstruction du pays est la priorité de l'économie, comme le décida Staline après la guerre.
Ce casque sera d'ailleurs à tort considéré comme casque de parachutiste, alors qu'il n'en est rien, les troupes aéroportées continuant à utiliser le casque en toile, semblable aux bonnets de pilote. Le casque Ssh 40 avec jugulaire en cuir fixée en quatre points sera néanmoins principalement utilisé par les troupes motorisées.
Un essai de fabrication avec jugulaire simple en cuir, fixée avec boucle à ardillon fut alors tenté, jugé plus pratique que la traditionnelle jugulaire de toile. Ce type de jugulaire sera utilisé sur les futurs modèles de casques russes, fabriqué en acier.
L'autre gros problème reproché au casque Ssh 40 est sa coiffe jugée alors instable car ne pouvant pas se régler de manière précise au tour de tête du soldat, car constituée de trois pattes solidaires de la coque, fabriqué alors en trois tailles seulement.
De plus, cette coiffe ne permettait pas le port de la toque de fourrure "ushanka" traditionnelle russe, indispensable durant les rigoureux hivers russes.
C'est donc pour cette raison qu'une nouvelle coiffe fut créée pour le casque Ssh 40 dont la coque était encore jugée satisfaisante. Cette nouvelle coiffe sera désormais muni de quatre pattes, dont la circonférence est réglable à l'aide de lacets, pouvant ainsi amener la circonférence au maximum pour le port de la "ushanka".
Cette nouvelle coiffe, d'abord fixée aux traditionnelles six rivets bas du casque Ssh 40 : ce casque fabriqué, à de très rares exemplaires, sera alors qualifié de casque Ssh 40, 1960M (M pour modification).
Il fut donc décidé de fabriquer un nouveau casque en fixant la suspension à quatre supports métalliques fixés en haut de la coque, donnant ainsi naissance au casque Ssh 60, perpétuant ainsi la lignée du casque Ssh 39.
Le casque Ssh 60 sera fabriqué jusque dans les années 70, parallèlement à la production du casque Ssh 68, essentiellement dans l'usine "Krasniy Oktyabr" (Octobre rouge) à Volgograd, anciennement Stalingrad et reste encore utilisé de nos jours comme l'atteste l'intervention russe en Géorgie en août 2008.

Casque Ssh 40.
Casque Ssh 40.
Casque Ssh 60. Casque Ssh 60. Casque Ssh 60.
Casque Ssh 60. Casque Ssh 60.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Marquage étoile.
Marquage étoile.

La coque du casque Ssh 60 est strictement identique à celle du casque Ssh 40. Elle est fabriquée en trois tailles d'un seul bloc par emboutissage d'une feuille d'acier.
La coque est ensuite percée à six reprises, deux rivets bas, de part et d'autre du casque pour la fixation de la jugulaire, et quatre rivets hauts pour la fixation de supports de coiffe : cette disposition des rivets permet de différencier ce modèle de ses homologues les casques Ssh 39 et 40.
Tout comme le casque Ssh 40, le casque Ssh 60 pèse 1290 grammes, quel que soit la taille, en ce qui concerne certaines fabrications, ce qui implique que la même quantité d'acier a été utilisée pour les casques de taille 1, 2 et 3. Nous pouvons en déduire qu'un casque de taille 3 est moins efficace qu'un casque de taille 1, étant donné que les parois sont plus mince (la taille s'applique sur le volume de la coque et non sur la coiffe).
Pour d'autres fabrications, nous pouvons observer un poids de 1190 à 1290 grammes pour une coque en taille 1, 1340 grammes pour une coque en taille 2.
A noter que toutes les coques présentent un numéro estampé à froid sur la partie arrière, dont nous ignorons à ce jour la signification complète. Le premier chiffre de ce numéro correspond à la taille du casque (Cf. tampon spécifiant la taille du casque, si celui-ci n'est pas effacé), le reste du numéro estampé se suit après un espace. Il semblerait toutefois que ce numéro corresponde à un numéro de lot ou d'acier, mais en aucun cas à une date.
On peut aussi retrouver une étoile stylisée estampée à froid sur la visière avant du casque.

Les marquages :

Marquage avec tampon du fabricant, produit en 1967 en taille 2.
Marquage avec tampon du fabricant, produit en 1967 en taille 2.

On rencontre essentiellement deux types de marquages pour le casque Ssh 60 apposés essentiellement sur la partie arrière du casque, le premier avec tampon du fabricant, semblable à ceux apposés durant la seconde guerre mondiale. Ce tampon, essentiellement celui de l'usine "Krasniy Oktyabr" (Octobre rouge) à Volgograd : codé par le sigle 3KO pour "Zavod Krasniy Oktyabr" (Usine Octobre Rouge).
Ce tampon rectangulaire comporte aussi la taille (1, 2 ou 3) après la lettre "P" pour POCT, signifiant taille ("Rost" en russe) et les deux derniers chiffres de l'année de fabrication.
La taille est aussi indiquée dans le numéro estampé à froid dans le casque. Le casque comporte aussi différents numéro de contrôle à l'encre noire, présents sur la coque, mais aussi sur les différents éléments du casque.

Marquage sans tampon du fabricant, année de production non indiquée, en taille 1.
Marquage sans tampon du fabricant, année de production non indiquée, en taille 1.

Le second type de marquage que l'on peut rencontrer est sans tampon fabricant, seul la taille est indiquée dans un tampon rectangulaire après la lettre "P".
La seule référence à l'usine de fabrication est un nombre dans un cercle (ici, 1, correspondance non déterminée).

La coiffe :

Support d'élément de coiffe.
Support d'élément de coiffe.
Fixation patte de coiffe.
Fixation patte de coiffe.
Patte de coiffe.
Patte de coiffe.
Détail fixation patte de coiffe.
Détail fixation patte de coiffe.
Lacet de réglage en circonférence.
Lacet de réglage en circonférence.
Détail passage du lacet.
Détail passage du lacet.
Coiffe de couleur brune.
Coiffe de couleur brune.
Coiffe de couleur noire.
Coiffe de couleur noire.

La coiffe est constituée de quatre pattes fixées à quatre supports de coiffe en forme de "T". Ces supports sont constitués de deux morceaux de métal fin, afin d'avoir un effet ressort, rivetés ensemble à l'aide de deux petits rivets mécaniques. Ces quatre supports sont ensuite rivetés au fond de la coque à l'aide de rivets mécaniques, visible de l'extérieur, caractérisant d'un coup d'œil le casque Ssh 60.
Les pattes de coiffe, fabriquées en toile cirée (dont la couleur peut varier : marron, noir, gris) dont la base est repliée sur elle-même par couture pour le passage du lacet de réglage en profondeur, comportent à leur sommet une bande de feutre pliée sur la longueur cousue à la patte de coiffe. Cette bande de feutre servira à ne pas abimer la patte en toile cirée par frottement contre son support.
Ce qui fait la caractéristique de la coiffe du casque Ssh 60 est la possibilité de régler la coiffe à une circonférence maximale (circonférence intérieure de la coque, pour le port de la "ushanka") à une taille plus adaptée à une tête. Cette aptitude est obtenue par le passage d'un lacet entre chaque patte de coiffe, passage obtenu par une pièce de cuir ou de toile cousue au sommet de chaque patte.
Ainsi, après fixation de chaque patte à leur support à l'aide de deux attaches parisiennes, quatre lacets, passant dans ces orifices en cuir, permettent un laçage de chaque élément de coiffe afin d'obtenir la circonférence souhaitée, la tension étant obtenu par les lames ressorts assurant le maintien de la coiffe.

La jugulaire :

Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Détail.
Détail.
Vue de coté.
Vue de coté.
Rabat de protection.
Rabat de protection.
Boucle de fixation à ardillon.
Boucle de fixation à ardillon.

La jugulaire est fixée à deux passants de jugulaire rivetés de part et d'autre du casque. Les passants de jugulaire sont constitués d'une boucle métallique rectangulaire prise dans une patte de métal fin jouant le rôle de charnière. A la fixation du passant de jugulaire, une enveloppe de cuir recouvre la surface du passant de jugulaire, cette enveloppe servira à maintenir une rabat, en cuir ou en toile forte, rivetée en même temps que la jugulaire. Ce rabat a pour but d'adoucir le passant de jugulaire, étant donné que la circonférence de la coiffe peut être à "fleur de peau" de la coque.
Ainsi, les deux parties de la jugulaire, large de 2 centimètres, sont directement rivetées aux passants articulés, ainsi qu'une bande de cuir ou de toile, d'une longueur de 7 centimètres, servant de protection.

Jugulaire fixée.
Jugulaire fixée.

La partie la plus longue de la jugulaire, mesurant 32 centimètres, comportent 12 trous pour être fixée à la seconde partie de la jugulaire comportant la boucle à ardillon de fixation maintenue par un rivet. Cette partie comporte au dos de la boucle une pièce de cuir, cousue en deux points, destinée à protéger le visage du soldat du métal de la boucle. La partie courte de la jugulaire, d'une longueur de 24 centimètres, comporte aussi deux anneaux de cuir, un fixé en même temps que la boucle de fixation, l'autre libre, destinés à maintenir l'excédent de jugulaire.
A noter que c'est la surface lisse du cuir qui est en contact avec la peau du soldat.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque Dubok.
Couvre-casque "Dubok".
Revers.
Revers.
Couvre-casque Livan.
Couvre-casque "Livan".
Revers.
Revers.
Couvre-casque KLMK.
Couvre-casque "KLMK".
Revers.
Revers.

Avec la chute du bloc soviétique et le renouveau de l'armée russe ces dernières années amena l'armée russe à créer une multitude de nouveau schéma de camouflage, et donc autant de couvre-casques correspondants.
Fabriqués à partir de trois morceaux de toile camouflée, cousus sur la longueur, ces couvre-casques possèdent une base élastique leur permettant d'être posé sur de nombreux modèles de casques, notamment le Ssh 40 et ses dérivées, et le casque Ssh 68. Certains modèles peuvent aussi présenter des inserts en toile permettant l'ajout de camouflage supplémentaire.
Devant la diversité des uniformes employés par l'armée russe, on assiste à une utilisation variée de couvre-casques : ici en exemple, un couvre-casque arborant le schéma de camouflage "Dubok" et un autre le schéma "Livan", tout deux essentiellement employés au sein de l'armée ukrainienne, ou encore le couvre-casque au schéma de camouflage "KLMK" utilisé au sein de l'armée russe.