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Casque M45 Saarbataillon

Fiche

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Version du Mle 45 français pour le "Saarbataillon" (configuration après 1957).

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Version du Mle 45 français pour le "Saarbataillon" (configuration après 1957).

Historique

A la fin de la guerre, la Sarre est d'abord incluse dans la zone d'occupation française. En 1947 elle devient une région autonome dont le premier ministre est Johannes Hoffmann. Elle est placée sous la tutelle économique et militaire de la France. Le "Saarbataillon", force anti-émeute encasernée du territoire de la Sarre, est créé en avril 1946 par le gouverneur militaire français, Gilbert Grandval. Le bataillon compte jusqu'à 200 hommes répartis en deux compagnies. Ses tâches sont le maintien de l'ordre et les services de sécurité et de représentation interne, la garde des résidences officielles du gouverneur militaire Grandval ou du premier ministre Johannes Hoffmann, ainsi que des tâches protocolaires telles les gardes d'honneur lors d' occasions officielles.
Il perçoit des équipements français et notamment une version spécifique du casque modèle 45, avec une coque en duralumin. De ce fait, les pattes de soutien de la coiffe sont rivetées, les douze têtes de rivets nécessaires étant visibles sur le sommet de la bombe, de part et d'autre du cimier. En outre le couvre-nuque est moins volumineux et plus horizontal. Le cimier est chromé et amovible, deux trous pour l'attribut sont percés sur le devant. Celui-ci représente les armes de la Sarre. La coiffe est un modèle spécifique en cuir. Ce casque sera utilisé exclusivement par le "Saarbataillon".

Après le referendum du 23 octobre 1955, la réintégration de la Sarre dans la RFA est en marche. Le Sarre-bataillon est converti le 27 octobre 1955, en inspection de formation de la police.
Le 15 septembre 1956 en vertu du règlement d'homogénéisation au niveau fédéral, il devient un détachement de la "Bereitschaftspolizei" (BEPO, police anti-émeute) du "Land".
La Sarre sera rattachée officiellement à la république fédérale d'Allemagne (RFA) en janvier 1957.
Les casques seront "défrancisés", les cimiers et les attributs seront démontés, une grande partie sera stockée, le reste servira à des gardes d'honneur ou des parades, l'écusson de la Sarre remplacé par une cocarde jaune-rouge-noir au centre d'une étoile à douze branches.
Pour le maintien de l'ordre ce sont des casques SH 35/50 qui seront employés.

M50
Casque SH 35/50 police de la Sarre.

Les photos d'époque représentant ce casque sont extrêmement rares, de même que les exemplaires en configuration initiale, avec cimier et attribut. Quelques exemplaires étaient conservés au musée de la police de Sarrebruck, mais il a fermé. Herr Rainer Freyer du site Saar-Nostalgie, nous a aimablement communiqué quelques photos, dont il est l'auteur, prises dans cet établissement.

Saar-Nostalgie Saar-Nostalgie Saar-Nostalgie
Saar-Nostalgie Saar-Nostalgie Saar-Nostalgie
Documents du site Saar-Nostalgie. (© Rainer Freyer)

Constitution

La bombe :

La coque.

Vue de face.
Vue de face.
Vue de côté.
Vue de côté.
Vue de dos.
Vue de dos.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

La coque existe en deux tailles, comme pour le casque du modèle général. Mais la différence essentielle vient de ce qu'elle est emboutie dans une plaque de duralumin.
Elle a la forme d'une demi-sphère ovalisée, prolongée à l'arrière par un couvre-nuque, incliné à 60°, d'une largeur constante de 3,5 cm pour les deux tailles (contre 50 pour le modèle général), il est de ce fait moins couvrant, et le profil du casque de la visière à l'arrière du couvre-nuque est plus horizontal.
Le couvre-nuque se raccorde, par une courbe en doucine, à un embryon de visière horizontale de 7 à 8 mm de large. Ces dimensions sont identiques sur les deux tailles. Par rapport au modèle général, la coque est un peu plus ronde, l'axe longitudinal est plus court d'environ 1 cm tandis que le transversal est plus long de 5 mm. Il n'y a plus que sept perforations d'aération.
Il n'y a pas de jonc, la bombe est à bords francs, légèrement meulés.

Vue intérieure.
Vue intérieure.
Fixation des pattes en T.
Fixation des pattes en "T".
Têtes des rivets des pattes en T.
Têtes des rivets des pattes en "T".
Trou pour le cimier devant les 7 évents.
Trou pour le cimier devant les 7 évents.
Trous de fixation et traces de l'insigne.
Trous de fixation et traces de l'insigne.
Vu de l'intérieur et traces de la contre-plaque.
Vu de l'intérieur et traces de la contre-plaque.

Deux perforations circulaires pour attribut sont pratiquées sur l'avant.
Les lames support de coiffe sont, comme sur le modèle général, quatre lames ressorts en acier destinées à supporter la coiffe réglable. Chaque lame affecte la forme d'un "T" de dimension 10 x 12 cm. Elles sont nervurées pour accroitre leur rigidité et galbées pour épouser l'intérieur de la bombe.
La coque étant en duralumin, elles sont rivetées et non soudées. Chaque lame reçoit à sa base trois rivets à bout martelé, disposés en triangle équilatéral. Leur tête bombée est visible à l'extérieur de la coque. Les quatre groupes de trois rivets disposés en couronne autour du cimier donnent au casque un aspect caractéristique.

Pontet de jugulaire et son enchapure rivetée.
Pontet de jugulaire et son enchapure rivetée.
Extrémité de la cornière.
Extrémité de la cornière.
Rivet latéral de maintien de la cornière.
Rivet latéral de maintien de la cornière.
Rivet central de maintien de la cornière.
Rivet central de maintien de la cornière.

Les enchapures des pontets de jugulaire sont également maintenues par un rivet du même type.
Ce sont deux enchapures métalliques (une de chaque côté) de dimension 12 x 20 mm dans les quelles s'articulent les dés de jugulaire à angles arrondis (20 x 20 mm).
Une cornière de 10 x 4 mm est fixée par 3 rivets à tête ronde, matés et non peints sur la face interne, pour servir d'appui au bandeau de cuir, en opposition avec la petite visière.

Le cimier.

Trous de fixation de part et d'autre de l'aération.
Trous de fixation du cimier.
Cimier recto, verso  et ses vis de fixation.
Cimier recto, verso et ses vis de fixation.
Vis du cimier en place.
Vis du cimier en place.

Le petit cimier est identique dans sa forme au modèle général, percé de quatre lumières rectangulaires (18 x 4 mm), deux de chaque côté, au niveau des aérations de la bombe. Il est par contre amovible et entièrement chromé. Deux petites pattes, taraudées en leur centre, sont soudées à l'intérieur. Elles recevront les vis, qui traversant la coque, maintiendront le cimier en place. Deux perforations supplémentaires sont pratiquées à cet effet, sur le sommet de la bombe.
Il n'existe qu'une dimension unique de cimier pour les deux tailles de bombe. Ce cimier sera repris sur le casque Mle 45 de la Sureté Nationale (CRS).

Le bandeau.

Vue d'ensemble.
Vue d'ensemble.
Tête du rivet latéral gauche.
Tête du rivet latéral gauche.
Vue intérieure des 4 rivets maintenant le bandeau.
Vue intérieure des 4 rivets maintenant le bandeau.
Extrémités repliées du rivet latéral gauche.
Extrémités repliées du rivet latéral gauche.

Un bandeau de cuir, d'une longueur de 34 cm, rembourré de bandes de feutre découpées en forme, est fixé sur le devant du casque. Il a environ 1 cm d'épaisseur, une largeur de 5 cm au centre et 3 cm sur les côtés (contre 6 cm et 3,5 cm sur le modèle général).
Le bandeau est identique pour les deux tailles. On le voit parfaitement sur la photo de côté des deux casques. La distance entre le bout du bandeau et le rivet de jugulaire est plus importante sur la grande taille.
Contrairement au modèle général, il est maintenu par quatre attaches parisiennes. Celle centrale est supprimée et remplacée par deux autres réparties à chaque tiers de la longueur du bandeau.
La moitié des bandes de feutre est traversée par les deux attaches parisiennes à large tête intermédiaires, puis le reste des bandes est positionné par dessus, emprisonnant les têtes des rivets. La pièce de cuir enveloppe le tout en commençant par l'arrière, elle est également traversée par les attaches parisiennes. Elle recouvre ensuite l'avant et une couture ferme le bas du bandeau, les bouts sont repliés sur l'arrière, le surplus de cuir reste pendant.
Le bandeau est mis en place, prenant appui sur la cornière en haut et sur la visière en bas, les rivets intérieurs traversant les perforations de la coque prévues à cet effet. Le surplus de cuir se replie et est collé à l'intérieur de la bombe, occultant la visière. Les attaches parisiennes sont alors ouvertes par-dessus ce cuir et les deux attaches latérales sont mises en place, à travers la totalité de l'épaisseur, leur tête étant apparente à l'extérieur.
On remarquera que toutes les pièces détachées sont identiques pour les deux tailles.

Comparaison des tailles.

Comparaison des tailles. Comparaison des tailles.
Comparaison des tailles. Comparaison des tailles.
Comparaison des deux tailles sous différents angles. Petite taille à gauche, grande taille à droite.

La différence réside dans la circonférence : 69,5 cm pour la petite taille, contre 74 cm pour la grande taille. La hauteur des casques des deux tailles est identique : 16 cm. La largeur du couvre-nuque est identique : 3,5 cm pour les deux tailles. On a vu par ailleurs que toutes les pièces détachées, bandeau, cimier, pontets, sont identiques pour les deux tailles.

La coiffe :

Les deux parties de la coiffe (feutre gris), côté tête.
Les deux parties de la coiffe (feutre gris), côté tête.
Les deux parties de la coiffe (feutre gris), côté coque.
Les deux parties de la coiffe (feutre gris), côté coque.

Deux bandeaux destinés à s'agrafer l'un dans l'autre sont taillés dans une basane de cuir marron de 12 cm de large, doublée d'un côté d'une bande de feutre de 35 mm, blanc ou gris foncé, sur la quelle elle est rempliée de 10 mm. Le surplus de cuir débordant du bandeau est festonné en dents de loup aux sommets arrondis.
Ces dents de loup reçoivent un œillet à leur extrémité dans le quel passera un lacet permettant le réglage en profondeur.
Le premier bandeau mesure 37 cm de long. Il comporte trois dents de loup en son centre, le reste est taillé à la largeur du feutre. Les angles des extrémités sont abattus à 45° pour former une pointe. A partir de 5 cm de chaque pointe, est sertie une série de cinq pressions femelles, suivant un entraxe de 13 mm. Leurs ouvertures sont situées côté cuir, leurs têtes apparaîssent côté feutre. Ces têtes sont nickelées sur les coiffes à feutre blanc et peintes en gris clair, sur celles à feutre gris foncé. Deux passants en toile de 4 cm de long, sont cousus à plat côté feutre. Ils sont pliés de façon à déborder du côté remplié. Ils sont situés au centre du bandeau entre les dents de loup.
Le deuxième bandeau mesure 41 cm. Il comporte cinq dents de loup. Au niveau de chaque intervalle des passants sont cousus (six au total) dans les mêmes conditions que sur le premier bandeau. A 45 mm de chaque extrémité est serti un bouton pression mâle, dont la tête est noyée sous le cuir.

Têtes des pressions femelles (coiffe à feutre blanc).
Têtes des pressions femelles (coiffe à feutre blanc).
Ouvertures des pressions femelles (coiffe à feutre blanc).
Ouvertures des pressions femelles (coiffe à feutre blanc).
Pression mâle (coiffe à feutre blanc).
Pression mâle (coiffe à feutre blanc).
La tête de la pression mâle est noyée sous le cuir (coiffe à feutre blanc).
La tête de la pression mâle est noyée sous le cuir (coiffe à feutre blanc).
Têtes des pressions femelles (coiffe à feutre gris).
Têtes des pressions femelles (coiffe à feutre gris).
Ouvertures des pressions femelles (coiffe à feutre gris).
Ouvertures des pressions femelles (coiffe à feutre gris).

Le montage de la coiffe se fait de la manière suivante : Les deux bandeaux étant face à face côté cuir, les pointes du premier sont retournées et introduites dans les passants extrèmes du deuxième. En fonction du tour de tête désiré, chaque pression mâle est clipsée dans une des pressions femelles. Les dents de loup sont réunies par un lacet, en serrant plus ou moins en fonction de la profondeur souhaitée.

Intérieur (coiffe à feutre gris).
Intérieur (coiffe à feutre gris).
Extérieur (coiffe à feutre gris).
Extérieur (coiffe à feutre gris).
Vue de 3/4 dessus (coiffe à feutre blanc).
Vue de 3/4 dessus (coiffe à feutre blanc).
Vue de 3/4 dessous (coiffe à feutre blanc).
Vue de 3/4 dessous (coiffe à feutre blanc).
Position des passants sur une lame.
Position des passants sur une lame.
Le large éventail de réglages de la coiffe la rend compatible avec les deux tailles de bombe.
Le large éventail de réglages de la coiffe la rend compatible avec les deux tailles de bombe.

La mise en place dans la bombe s'effectue en enfilant un des huit passants, sur chaque extrémité des quatre lames métalliques en "T". La circonférence de la coiffe, peut se régler de 54 à 62 cm et de ce fait convient pour les deux tailles de coque.

La jugulaire :

Jugulaire, vue d'ensemble.
Jugulaire, vue d'ensemble.
Rivetage au pontet droit.
Rivetage au pontet droit.
Rivetage au pontet droit (dessous).
Rivetage au pontet droit (dessous).
Passage dans le pontet gauche et dessus de la boucle.
Passage dans le pontet gauche et dessus de la boucle.
Rivetage de la boucle de réglage.
Rivetage de la boucle de réglage.
Passage de la jugulaire dans la boucle.
Passage de la jugulaire dans la boucle.

La jugulaire du casque modèle 45 équipant le "Saarbataillon" est du modèle 26, en cuir avec boucle coulissante de réglage. Elle est vernie en noir et ses rivets sont aluminium naturel. Certains exemplaires présentent sur chaque bordure un liseré marqué au fer. La boucle coulissante possède un profil en "S" aplati, facilitant le passage de la courroie.

Peinture et insigne :

Attribut Saarbataillon Arthus Bertrand.
Attribut "Saarbataillon" Arthus Bertrand.
Attribut en place.
Attribut en place.
Exemplaire du musée de la police de Sarrebruck.
Exemplaire du musée de la police de Sarrebruck (© Rainer Freyer).

La coque est entièrement recouverte d'une peinture laquée noire, le cuir du bandeau est teint également en noir.
L'attribut est un écusson émaillé aux couleurs de la Sarre, de dimension 3,2 x 2,2 cm, de fabrication française : "Arthus Bertrand, Paris" ou sarroise : "Franz Fiedler, Sarrebruck". Cet insigne est commun aux casques et aux casquettes souples du "Saarbataillon". Deux pattes métalliques sont soudées à l'arrière, permettant son accrochage dans les trous prévus à cet effet. A l'intérieur, les pattes sont repliées sur une contre-plaque rectangulaire. Cet accessoire, indispensable aux casquettes, n'a pas forcément été monté sur tous les casques. On retrouve sa trace sur certains d'entre eux.

Rattachement de la Sarre à la RFA :

Photo d'époque avec cocarde de casquette.
Photo d'époque avec cocarde de casquette, après 1955.
Trace circulaire laissée par la cocarde.
Trace circulaire laissée par la cocarde.
Reconstitution.
Reconstitution.

Entre le referendum du 23 octobre 1955, en faveur de l'intégration de la Sarre dans la RFA et son officialisation le 1er janvier 1957, le Sarre-bataillon est converti en inspection de formation de la police.
Pendant cette période, les casques sont "défrancisés", les cimiers et les attributs sont démontés, certains sont repeints en blanc. Une grande partie est stockée, le reste sert à des gardes d'honneur ou des parades. Le nouvel attribut de casquette, une cocarde jaune-rouge-noir placée au centre d'une étoile à douze branches, est également monté sur quelques casques, maintenu par une vis sur la perforation frontale supérieure.

Casque repeint en blanc.
Casque repeint en blanc.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

Rédaction : Pierre de Hovre (Cascophile)
Photos et documentation : Claude 1999

Sources et bibliographie :
- Herr Rainer Freyer et le site Saar Nostalgie.

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