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Casque Modèle M-1

Fiche

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Modèle M-1, sans couvre-casque.

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Modèle M-1, avec couvre-casque.

Historique

La séparation de Singapour de la Malaisie en août 1965, obligea le gouvernement à amorcer une étude de stratégie de défense et la création d'une armée afin de disposer d'une stratégie de dissuasion pour protéger ce jeune état d'adversaires potentiels.
La tâche était d'autant plus difficile en raison des mauvaises relations établies avec l'Indonésie et la Malaisie.
Ainsi dans les années 60, Singapour fut assisté par beaucoup de pays du bloc Ouest (n'oublions pas que le monde est plongé dans une guerre froide entre le bloc Est et Ouest), notamment par les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, Israël, la Nouvelle-Zélande...etc.
Le ministre de l'intérieur et de la défense de l'époque, Goh Keng Swee, proposa en juin 1966 au gouvernement d'instaurer la conscription obligatoire, jugée comme seul moyen de renforcer les forces armées. Cette décision fut prise car le gouvernement singapourien fut largement impressionné par Israël du succès de l'utilisation d'une petite armée régulière, appuyée par un grand nombre de citoyen de réserve. Singapour estima que le développement de ce type de forces armées encourage la fierté nationale et l'autonomie.
C'est donc dans cette perspective que le développement de l'armée fut encadré par des instructeurs israéliens et l’évolution de l'armée de terre avança rapidement.
En 1970, le gouvernement divisa le ministère de l'Intérieur et de la défense en deux ministères distincts. L'évolution de l'armée de l'air et la marine s'est faite à un rythme plus lent contrairement à l'armée de terre.
Dans les années 1970, les forces armées ont été élargies et de nouveaux systèmes d'armes ont été acquis à l'étranger, les industries de défense ont été établies, et les systèmes de soutien logistique militaire ont été améliorés.
C'est donc dans ces conditions que Singapour adopta dans les années 60 un casque calqué sur le modèle US M-1 model 1966, du fait que Singapour a toujours maintenu de bonnes relations militaires avec les Etats-Unis et a appuyé le stationnement des forces américaines en Asie pour enrayer l'expansion communiste au VietNam.
Cette copie du casque US M-1, en tout point identique et fabriqué sous licence, possédait une jugulaire simple, fixée en deux points.
Puis, plus tard, Singapour adopta un casque proche du casque M-1 israélien, étant lui-même très proche de son homologue américain.
Ce casque fut fabriqué sous licence à Singapour et fut encore utilisé après la distribution du casque kevlar C-1 au sein des forces armées singapouriennes au début des années 90.

Casque M-1 en utilisation dans l'armée Singapourienne.
Casque M-1 en utilisation dans l'armée Singapourienne.
Modèle M-1. Modèle M-1.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Peinture granitée.
Peinture granitée.

La forme du casque M-1 singapourien est une reprise du casque M-1 américain, mais est moins haut tout comme le M-1 israélien, dont il est sans aucun doute plus inspiré.
La coque est formée d'une pièce par emboutissage d'une feuille d'acier au manganèse "Hadfield". La bordure du casque est bordée d'un jonc en acier fermé à l'arrière.
Tout comme le M-1 israélien, trois passants de jugulaire sont soudés aux trois tiers du casque.
Une couche d'apprêt, de couleur rouge orangé, est ensuite appliquée puis La coque est peinte de couleur vert foncé, de manière satinée à l'intérieur et de manière granitée (avec de la fine sciure de bois) à l'extérieur.
Il est intéressant de noter que la coque ne possède aucun marquage.

Le sous-casque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.

Le liner est fabriqué en thermoplastique (teinté dans la masse de couleur vert foncé) tout comme les sous-casques du casque hollandais modèle 53 fabriqués à partir du début des années 70.
Le liner singapourien est très épais comparé au sous-casque hollandais, ce qu'il lui procure une grande rigidité. A noter que du fait de cet important épaisseur, les bords sont ébavurés grossièrement.
Le liner est ensuite percé de onze trous, six pour la fixation de la suspension "Cradel", trois pour les trois boucles de maintien de la "neckband" et deux pour les pivots de la jugulaire en cuir.

Vue de dessus.
Vue de dessus.
Etiquette de nomenclature.
Etiquette de nomenclature.

Il est intéressant de noter que le fond du liner comporte une étiquette en papier comportant le numéro de nomenclature, la désignation copiée sur le liner US modèle 73, le fabricant, sans oublier la mention S.A.F. pour "Singaporian Armed Force".

Coiffe.
Coiffe.
Suspension Cradel.
Suspension Cradel.
A-washer.
A-washer.
Boucle de suspension.
Boucle de suspension.

La coiffe du liner est copiée sur le liner américain fabriqué à partir de 1961. Elle est constituée d'une suspension de type "Cradel" fabriquée en toile forte en nylon de couleur verte.
La suspension est constituée d'un cerclage en toile, sur laquelle est cousue trois bandes de toile cousues sur le tiers avant de la suspension. Ces trois bandes se croisant en leur centre, les deux bandes latérales passant dans une doublure de la bande centrale, sont fixées à trois boucles à double fente, qui sont maintenues sur le tiers arrière de la suspension à trois petites pattes de toile. Ces trois boucles permettent le réglage en profondeur de la coiffe.
La suspension est ensuite rivetée à la coque du liner à l'aide de six rivets, le maintien étant renforcé par une plaque en laiton de forme rectangulaire, phosphatée en noir. Une fois de plus, ce procédé est copié sur le liner américain fabriqué de 1941 à 1973 ("A-washers").

Bandeau de tour de tête.
Bandeau de tour de tête.
Agrafes de fixation.
Agrafes de fixation.
Agrafe posée.
Agrafe posée.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Bandeau posé.
Bandeau posé.

Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête, dont le concept est aussi copié sur le modèle américain ("sweatband"). Mais le modèle singapourien possède une fabrication typique, il est fabriqué à partir d'une bande de toile cirée de couleur brune, d'une longueur de 52 centimètres, pour 6,5 de large.
Cette bande de toile cirée est cousue, seulement en haut, sur une bande de toile forte en nylon, d'une longueur de 67 centimètres pour 3 de large. La bande de toile cirée étant plus large que la bande de toile servant de support, permet à la "sweatband" d'épouser la forme de la suspension pour un meilleur confort.
L'extrémité droite comporte une boucle de réglage à double fente, identique, elle aussi au modèle américain.
La fixation du bandeau de tour de tête est effectuée à l'aide de six agrafes métalliques, qui font elles aussi une caractéristique du modèle singapourien. Ces agrafes sont constituées par une petite bande métallique bronzée en noire, dont une des extrémités est affinée pour s'insérer dans la fente pratiquée à l'autre extrémité.
A noter que les agrafes sont insérées dans la "sweatband" uniquement en traversant la bande de toile de nylon.

Boucle de fixation.
Boucle de fixation.
Neckband.
Neckband.
Détail fixation.
Détail fixation.
Neckband posée.
Neckband posée.

Tout comme les liners américains fabriqués à partir de 1961, le liner singapourien possède une "neckband" permettant un meilleur maintien du casque sur la tête.
La "neckband" est constituée d'un morceau rectangulaire de toile forte en nylon, dont les angles sont coupés. Sur ce morceau de toile sont cousues trois fines bandes de toile permettant d'être fixée aux trois boucles à double fentes fixées sur la partie arrière du liner.
Cette disposition permet d'avoir la "neckband" bien posée au niveau de la nuque, ce qui évite que le casque parte en avant en cas d'à-coup.

Fixation jugulaire.
Fixation jugulaire.
Boucle à levier.
Boucle à levier.
Boucle ouverte.
Boucle ouverte.

Tout en continuant de comparer ce casque aux différents modèles américains dont il est inspiré, on constate que le modèle singapourien possède une petite jugulaire en cuir, alors qu'elle fut abandonnée sur les liners américains équipés d'une suspension de type "Cradel" et d'une "neckband" fixée en trois points.
La jugulaire en cuir du liner singapourien est copiée sur le modèle américain créé durant la seconde guerre mondiale, elle est fabriquée à partir d'une bande de cuir brun épais (2 millimètres) d'une longueur de 64 centimètres pour 1,2 de large.

Elle comporte à une de ces extrémités un triangle de fixation, l'autre extrémité comporte une boucle à clip (permettant de régler la longueur), dans laquelle repasse la jugulaire, en ayant passé au préalable dans le second triangle de fixation.
La fixation de la jugulaire s'effectue en clipsant les deux triangles aux deux pivots rivetés de part et d'autre du liner.

La jugulaire :

Passant latéral.
Passant latéral.
Passant arrière.
Passant arrière.
Jugulaire.
Jugulaire.
Jugulaire - coté droit.
Jugulaire - coté droit.
Anneau de fixation - coté gauche.
Anneau de fixation - coté gauche.
Anneau de fixation.
Anneau de fixation.
Extrémité renforcée.
Extrémité renforcée.

La jugulaire est de topologie trois points, fixée aux trois pontets du casque. Les trois pontets du casque sont une reprise du M-1 israélien. Les deux passants latéraux sont constitués d'une boucle rectangulaire dans laquelle coulisse une barre autobloquante (dentée à son sommet). Cette boucle est fixée sur une pièce métallique en forme de "T", repliée sur elle-même à la base de la boucle. Ce support, jouant le rôle de charnière, est ensuite soudé à la coque par trois points de soudure électrique.
Le passant arrière est une simple boucle rectangulaire, pivotant sur le même type de support, et est fixé à la coque par le même principe.
La jugulaire est fabriquée en toile de coton de couleur verte et dont toutes les extrémités sont renforcées par un embout métallique. Elle se fixe latéralement aux passants autobloquants, l'excédent de jugulaire étant maintenu par un anneau en toile.
La partie droite de la jugulaire comporte la partie longue s'insérant dans la boucle arrière du casque. Cette bande de toile de la jugulaire se fixe à la boucle à double fente de la partie gauche, l'excédent de jugulaire étant aussi maintenu à un anneau en toile.
La fixation de la jugulaire est assurée par un anneau métallique, la partie droite de la jugulaire passant dans celui-ci et se repliant sur elle-même par velcro.
Cette jugulaire est une reprise du modèle équipant le casque kevlar C-1.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque.
Couvre-casque.
Etiquette.
Etiquette.
Fentes et lacet de fixation.
Fentes et lacet de fixation.

Le couvre-casque du M-1 singapourien est fabriqué à partir de quatre morceaux de tissus, arborant un camouflage proche du "Woodland" américain.
Ce couvre-casque s'insère directement sur le casque et trois fentes sont prévues pour le passage de la jugulaire (il est intéressant de noter que la jugulaire doit être retirée pour poser le couvre-casque).
La tension du couvre-casque est assurée par un lacet en toile camouflée.
Enfin, le couvre-casque possède une étiquette présentant le type (lui aussi repris sur la désignation américaine), le fabricant et le numéro de contrat.

Détail lacet.
Détail lacet.