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Casque T-91

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Historique

L'histoire du peuple slovène est une succession de conquêtes par différentes puissances étrangères qu'elles soient Austro-hongroise, Française, Italienne ou Ottomane. Le territoire de l'actuelle Slovénie commence à partir du 9ème siècle à passer de main en main au gré des invasions des puissances voisines et reste sous la domination des Hasbourgs d 14ème siècle à 1918. Intégré au sein de l'empire Austro-hongrois, c'est aux cotés des forces centrales qu'un grand nombre de Slovènes combattent.
La Première Guerre mondiale touche durement le pays, notamment sur le front de Soča à l'ouest du pays. Après que la bataille de Caporetto annonce la fin des combats sur le sol austro-hongrois en 1917, le parti populaire slovène demande l'instauration d'un état semi-autonome regroupant les slaves du sud. Cette revendication est rapidement reprise par l'ensemble du spectre politique local sous le terme de "Mouvement de la Déclaration".
La prise du pouvoir par des nationalistes croates, slovènes et serbes le 6 octobre 1918 lors de la chute de l'Empire conduit à une déclaration formelle d'indépendance le 29 octobre suivant. L'état des Slovènes, Croates et Serbes naît le 1er décembre 1918. Ce nouvel état, développement du royaume de Serbie, prendra le nom de royaume de Yougoslavie en 1929.
A l'issue de la seconde guerre mondiale, la Slovénie intègre la république fédérative socialiste de Yougoslavie, proclamée le 29 novembre 1943. En 1947, l'Italie perd la quasi totalité de la Vénétie julienne et l'Istrie fut ensuite placée provisoirement dans la zone B du Territoire libre de Trieste. Ce territoire fut dissous de facto en 1954. La zone A comprenant la ville de Trieste fut rendue à l'Italie. La zone B fut attachée à la fédération de Yougoslavie.
Par ce fait l'Istrie se vida par un fort exode offrant une région et accès stratégique à la mer à l'actuelle Slovénie.
La mort de Tito l'unificateur, survenue en 1980, puis la disparition de l'URSS permirent aux dissidences de se mettre en place. Les frustrations envers un état fédéral jugé inefficace et dispendieux s'accumulent et, en parallèle à la crise économique que traverse l'ensemble du bloc socialiste dans les années 1980, les tensions entre les partis communistes slovène et serbe (dirigé par Slobodan Milosevic) s'exacerbent. Le 27 septembre 1989, le Parlement slovène réforme la constitution de la République et retire le monopole du pouvoir politique à la "Ligue des Communistes de Slovénie" tout en affirmant le droit pour la République de quitter la Fédération. Le 7 mars 1990 le terme "socialiste" est retiré du nom de l'état, qui devient "République de Slovénie".
Le 23 décembre 1990, un référendum sur l'indépendance aboutit avec près de 89% des voix. La déclaration formelle intervient après le passage d'une loi en ce sens le 25 juin 1991.
De la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1990, la politique nationale de défense de Tito avait toujours été appliquée. Cette politique laissait à chacune des républiques une force armée autonome dénommée "défense territoriale" ("Teritorialna obramba"). Cette force armée, en quelque sorte englobée dans l'armée yougoslave, était équipé de matériel yougoslave, et fut donc coiffé successivement des casques modèle 59, modèle 59/85 et modèle 89. Le pouvoir central, de son côté, disposait de l'armée populaire yougoslave (JNA) qui était bien mieux armée et qui couvrait tout le territoire. Le cas échéant, la JNA pouvait demander un appui aux différentes forces territoriales locales.
Le 28 septembre 1990, le gouvernement slovène fit voter un amendement constitutionnel stipulant que la défense territoriale serait désormais placée sous les ordres directs du gouvernement slovène et non plus ceux de la JNA. Au même moment le gouvernement créa une structure secrète de commandement alternatif dénommée "Manevrska struktura narodne zaščite" (MSNZ). Cette structure devait permettre au gouvernement de disposer d'un organe militaire de commandement pour diriger la force territoriale avec autant d'efficacité que le faisait précédemment le pouvoir central yougoslave. De fait, sept mois avant le début du conflit, les Slovènes s'étaient préparés à l'affrontement et ils avaient établi des plans en vue d'une campagne militaire pour défendre leur territoire contre les attaques de la JNA. Ils étaient néanmoins conscients de leur infériorité militaire par rapport aux forces fédérales ; c'est pourquoi le ministre slovène de la défense, Janez Janša, et ses stratèges travaillèrent à une approche de guerre asymétrique qui se fondait sur le concept de la guérilla.
Finalement, la Slovénie déclara officiellement son indépendance le 25 juin 1991, alors qu'elle avait annoncé qu'elle le ferait le lendemain ; cette anticipation avait comme but de prendre au dépourvu le pouvoir central. Le même jour, la république de Croatie faisait de même.

Casque modèle 89 yougoslave.
Casque modèle 89 yougoslave.
Insigne de l'armée slovène.
Insigne de l'armée slovène.

Suite à cette déclaration, le pouvoir centrale décide l'intervention de la JNA afin d'éviter l'éclatement de la Yougoslavie. Il s'en suit un conflit de 10 jours entre le nouvel état slovène et le pouvoir centrale yougoslave, dont les forces slovènes ressortent triomphantes, obtenant ainsi l'indépendance du pays.
En raison de la faible intensité et de la courte durée des combats, les pertes furent assez réduites en comparaison avec d'autres conflits. Selon les estimations slovènes, 44 soldats de la JNA perdirent la vie et 146 autres furent blessés. Les Slovènes, quant à eux, perdirent 18 soldats et eurent 182 blessés. Douze étrangers furent tués durant le conflit, principalement des journalistes et des camionneurs Bulgares. 4 692 soldats de la JNA et 252 policiers fédéraux furent faits prisonniers. Selon un rapport de la JNA, celle-ci aurait perdu 31 tanks, 22 véhicules de transport blindés, 6 hélicoptères, 6 787 armes d'infanterie, 87 pièces d'artillerie et 124 canons anti-aériens aussi bien par destruction que par confiscation durant les combats. Les dégâts dans les installations restèrent également modérés.
Au terme de la guerre, la Slovénie obtint sa scission avec la Yougoslavie. Elle fut reconnue comme un pays à part entière par tous les pays de la communauté européenne le 15 janvier 1992 et elle put rejoindre l'Organisation des nations unies dès le 22 mai 1992. Son économie déjà développée, son éloignement par rapport aux zones instables de Serbie et sa proximité avec d'anciens pays européens comme l'Autriche et l'Italie permirent au pays de rejoindre l'Union européenne dès le 1er mai 2004 et la zone euro dès 2007.
Les forces armées slovènes furent fondées à la suite de l'indépendance du pays. Dans un premier temps, l'armée slovène s'équipa essentiellement de matériel yougoslave, jusqu'à la création de son propre matériel dont la conception a débuté dès les années 90.

La création et la fabrication d'un casque de conception slovène furent donc demandées auprès de la société Veplas ("Velenjska plastica"). Cette société, dont les origines remontent à 1948, fut fondée en 1978 par la fusion des sociétés Galip Sostanj et Velenje. Veplas est à l'heure actuelle le leader slovène dans le domaine des matériaux composites. Ce premier casque, créé en 1991, fut fabriqué en matière composite à partir de fibres d'aramide (dérivées du Kevlar) à l'instar du casque modèle 89 yougoslave. Désigné comme Veplas T-91, ce modèle équipe rapidement l'ensemble de l'armée slovène et fut utilisé jusque dans les années 2000.
Après 1993, l'armée slovène dépendait du service militaire obligatoire dont les conscrits recevaient 6 à 7 mois d'entraînement. En 2003, le gouvernement slovène abolit la conscription dès le mois de juillet 2004, les forces armées slovènes ont presque été complètement réorganisées en une armée professionnelle basée sur des volontaires. Actuellement, il y a approximativement 7600 troupes d'active et près de 1700 en réserve. L'armée slovène est composée de trois brigades, la 1re et la 72e ainsi que d'une brigade aérienne et de défense aérienne. En plus de ces unités aériennes, l'armée slovène comprend aussi une unité navale, mais ces deux composantes aériennes et navales sont subordonnées à l'armée slovène.
Une réorganisation majeure des forces armées slovènes est actuellement en cours avec comme objectif de les transformer d'une force de défense territoriale à une force pouvant être déployée principalement pour des missions de maintien de la paix.

Casque Veplas T-91. Casque Veplas T-91. Casque Veplas T-91.
Casque Veplas T-91. Casque Veplas T-91. Casque Veplas T-91.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Exemplaire muni de son jonc en caoutchouc de protection. Exemplaire muni de son jonc en caoutchouc de protection.
Exemplaire muni de son jonc en caoutchouc de protection.
Insigne de l'armée slovène, peinture texturée.
Insigne de l'armée slovène, peinture texturée.
Bordure du casque et différence d'épaisseur.
Bordure du casque et différence d'épaisseur.

La bombe du casque Veplas T-91 est formée par succession de couches de toiles de fibres d'aramide tissées, pour former un tissu d'armure toile (ou taffetas). Ces couches de toiles d'aramide sont noyées dans une résine balistique thermo-formable puis mises en forme dans un moule sous vide.
Tout comme le casque modèle 89, le casque Veplas T-91 semble avoir été fabriqué en taille unique et partage tout deux la même coiffe.
Une fois matricé, les excès de fibres d'aramide noyées dans la résine sont ébavurés afin d'obtenir la silhouette du casque. Le casque T-91 a une forme dérivée du casque yougoslave modèle 89, dont la visière est plus haute et présentant un décrochage plus important au niveau des oreilles. Aussi, la bombe est moins épaisse au niveau sur les cotés au niveau des oreilles, pour une épaisseur de 4 millimètres contre 7 mm pour le restant de la bombe.
La coque est percée des six trous périphériques destinés à la fixation de la coiffe maintenue à l'aide de vis et écrous, dont le maintien est assuré par des plaques métalliques de forme triangulaire.

Le casque est peint de couleur vert kaki foncé, de manière satinée dans un premier temps, puis de manière texturée à l'extérieur afin de réduire les reflets du soleil.
Afin de protéger la bordure brute du casque, un jonc en caoutchouc de type joint de portière de véhicule, ou un jonc profilé en U, peut être placé sur la bordure du casque. Ce jonc en caoutchouc est souvent retiré lorsque le casque est utilisé avec un couvre-casque, le jonc gênant sa mise en place. Cependant, on trouve des cas d'utilisation par-dessus le couvre-casque.
L'avant du casque arbore le symbole des forces armées slovènes, appliqué à l'aide d'un adhésif rond transparent sur lequel sont imprimées deux épées croisées, sur lesquelles se superpose une flamme aux couleurs de la Slovénie. Il s'agit d'une représentation du mont Triglav d'argent, plus haut sommet de la Slovénie.

La coiffe :

Intérieur coque.
Intérieur coque.
Plaque de maintien, vis et écrou.
Plaque de maintien, vis et écrou.
Point d'ancrage et d'assemblage de la suspension.
Point d'ancrage et d'assemblage de la suspension.
Suspension Riddel - face.
Suspension Riddel - face.
Suspension Riddel - revers.
Suspension Riddel - revers.

La coiffe est de type "Riddel" et est identique à celle utilisée dans le casque yougoslave modèle 89, elle-même inspirée du casque PASGT américain.
Elle est constituée d'une bande de toile forte en nylon d'une longueur d'environ 84 centimètres, rejointe à l'arrière. Quatre bandes de toile forte en coton sont cousues sur le cerclage en toile (2 bandes de 12 centimètres et 2 bandes de 24 centimètres).
La bande de toile avant de la suspension à sa base pliée en deux et cousue pour former un fourreau pour le passage du lacet de réglage en profondeur de la coiffe. Les deux bandes latérales, pliées en V, ont leurs extrémités cousues aux points de fixation latéraux de la coiffe. Enfin, la bande arrière comporte au dos une bande velcro (coté velours) cousue. Ces bandes se rejoignent par un lacet, sur lequel est insérée une bande "velcro" (coté crochets) par le biais de deux œillets métalliques afin de se fixer sous la bande arrière de la suspension et permettant ainsi le réglage en profondeur de la coiffe.
Chaque point d'intersection entre le cerclage de toile synthétique et la suspension en toile de coton est pourvu d'un trou pour le maintien de la suspension dans la bombe. La fixation de la coiffe dans la coque est assurée par des vis et des écrous circulaires, maintenant une plaque de forme triangulaire, plaquant ainsi la suspension contre la coque. Ces éléments étant rajoutés après la mise en peinture, sont préalablement peints de couleur vert kaki foncé.

Lacet de réglage et bande velcro de maintien.
Lacet de réglage et bande velcro de maintien.
Bandeau de tête.
Bandeau de tête.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Clip de maintien.
Clip de maintien.
Suspension Riddel munie du bandeau de tête.
Suspension Riddel munie du bandeau de tête.
Point de fixation de la coiffe.
Point de fixation de la coiffe.
Coiffe.
Coiffe.

Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête, calqué sur la "headband" américaine, d'une longueur d'environ 65 centimètres, qui est constitué d'une bande de cuir brun cousue sur une bande de toile forte en coton, le tout rembourré d'une épaisse bande de feutre. L'extrémité gauche du bandeau comporte une boucle à double passant, peinte en verte, permettant le passage de l'autre extrémité et ainsi du réglage du tour de tête. Le bandeau est fixé au cerclage de la suspension grâce à six agrafes métalliques peintes de couleur verte, reprises du casque yougoslave modèle 59/85.

La jugulaire :

Jugulaire, pièce en plastique de jointure et point de fixation.
Jugulaire, pièce en plastique de jointure et point de fixation.

La jugulaire du casque Veplas T-91 a une topologie en trois points. Elle est constituée de deux bandes de toile, large de 2,5 cm pour environ 33 cm de long. Ces bandes de toile comporte une pièce en plastique noir pourvue de trois fentes, de forme pentagonale. Ces pièces permettent aux bandes de toile de former deux V, du point de fixation arrière de la coiffe, aux points de fixation latéraux avant de la suspension. Chaque extrémité comporte un trou pour être fixée dans la bombe en même temps que la suspension de coiffe.
Une troisième bande de toile, longue de 42 cm environ, est cousue à la pièce en plastique placée sur la partie droite de la jugulaire. A sa base est cousue une bande velcro velours et son extrémité libre comporte une bande velcro crochet permettant la fermeture de la jugulaire, après être passée dans la pièce en plastique gauche. L'extrémité de cette bande de toile est par ailleurs repliée et cousue afin de ne pas s'échapper de cette pièce en plastique.

Le camouflage additionnel :

Couvre-casque arborant le camouflage Amoeba.
Couvre-casque arborant le camouflage "Amoeba".
Maintien par bordure élastique.
Maintien par bordure élastique.
Couvre-casque, vue à plat.
Couvre-casque, vue à plat.
Couvre-casque, intérieur.
Couvre-casque, intérieur.

Avec l'introduction des nouveaux uniformes au sein des forces armées slovènes en 2003, arborant le schéma de camouflage "Amoeba" (calqué sur le camouflage yougoslave MD89), un couvre-casque fut créé pour le casque Veplas T-91.
Ce couvre-casque est constitué de trois morceaux de toile cousus ensemble longitudinalement. La base du couvre-casque est cousue sur elle-même pour former un ourlet dans lequel est passé une bande élastique assurant le maintien sur le casque.
Enfin une bande élastique large de 2 cm, recouverte d'un fourreau en toile bariolée maintenu par deux lignes de couture parallèle, est cousue à intervalle régulier de 7,5 cm, à partir des deux lignes de coutures assemblant le morceau de toile centrale du couvre-casque. Cette bande de toile élastique, destiné à maintenir du camouflage supplémentaire, est cousue de telle sorte à épouser la forme du casque, en suivant le décrochage de la visière.
Souvent, le jonc en caoutchouc du casque est supprimé afin de permettre la pause du couvre-casque taillé au plus juste. On rencontre cependant des cas d'utilisation du jonc par-dessus le couvre-casque, protégeant ainsi le couvre-casque de l'usure prématurée engendrée par la bordure du casque.
Aussi, on note des cas d'application du grade appliqué au feutre à l'avant du couvre-casque.