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Casque Modèle 63

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Historique

L'Afrique du Sud, membre du Commonwealth depuis 1931, sous la direction Jan Smuts s'engage aux côtés des alliés durant la seconde guerre mondiale. L'armée sud-africaine équipée du casque Mark II fabriqué sous licence en Afrique du Sud, combat auprès de la 8ème armée en Afrique du Nord, puis en Italie jusqu'à la fin de la guerre.
En 1945, Jan Smuts participe à la rédaction du préambule de l'Organisation des Nations Unies (ONU), et malgré ses préconisations pour une libéralisation du système racial en Afrique du Sud, il perd les élections générales en 1948 au profit du parti national. Le nouveau premier ministre, Daniel François Malan, met en place la politique d'apartheid, renforcé en 1956 par la suppression de la franchise du droit de vote des "Coloureds".
En 1960, le massacre de Sharpeville puis l'interdiction de l'ANC ("African National Congress" en anglais : Congrès national africain) et des mouvements nationalistes africains mènent à la condamnation de la politique de l'apartheid par l'ONU et par la communauté internationale.
Le 31 mai 1961, le pays devient une république à la suite d'un référendum où les électeurs votent majoritairement pour la fin de la monarchie. La République d'Afrique du Sud est alors proclamée, et le dernier gouverneur général du pays, Charles Swart, devient ainsi le premier président d'État.
Lors de la conférence du Commonwealth de 1961, l'Afrique du Sud devait renouveler son adhésion mais se retire face à l'opposition des états membres à population non-blanche, ainsi que le Canada à cause de la politique d'apartheid de l'Afrique du Sud (ce retrait prendra fin en 1994 avec la victoire de l'ANC aux premières élections multiraciales, nommant Nelson Mandela à la présidence).
L'ANC débute alors la lutte armée dans "l'Umkhonto we Sizwe" et en 1963, Nelson Mandela, l'un des chefs de "Umkhonto we Sizwe" est condamné à perpétuité pour terrorisme et les autres chefs de l'ANC sont emprisonnés ou exilés. En 1966, Hendrik Verwoerd, premier ministre d'Afrique du Sud et grand architecte de l'apartheid, est assassiné.
De par son isolement géographique (l'Afrique du Sud, situé à la pointe australe du continent Africain, est confinée entre la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe (Rhodésie), le Mozambique et le Swaziland) et aussi par sa séparation du Commonwealth, l'Afrique du Sud devra compter sur elle-même pour de moderniser son armée et aussi assurer le contrôle de son territoire.
C'est dans ce contexte que l'Afrique du Sud se rapproche de la France pour l'acquisition d'un certain nombre d'exemplaires d'un casque conçu par la société française J. Dunois & fils à Vincennes, destiné à l'exportation et basé sur le modèle 51 TTA alors en usage au sein de l'armée française. Finalement, le pays décide en 1963 de fabriquer ce casque sous licence, en raison de l'isolement international du à sa politique.
La production du casque désigné comme modèle 63 débute la même année et la fabrication est confiée à la société C.J. Fuchs Ltd. qui était déjà un important fournisseur des SADF ("South-African Defense Forces"). Ce casque sera aussi décliné pour les troupes aéroportées avec l'utilisation d'une jugulaire fixée en trois points, à l'instar du casque français modèle 56 TAP.
Surnommé "Staaldak" au sein de l'armée sud-africaine, le casque modèle 63 est significatif des conflits ayant fait rage dans le Sud-Ouest africain (de nos jours la Namibie) et l'Angola, notamment la guerre de la frontière sud-africaine, qui se déroula de 1966 à 1988. Cette guerre éclate entre l'Afrique du Sud et ses alliés (principalement l'UNITA, acronyme du nom portugais "União Nacional para a Independência Total de Angola" : Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) d'une part et d'autre part, le gouvernement de l'Angola, la SWAPO ("South West Africa People's Organization" en anglais : Organisation du peuple du Sud-Ouest africain) et leurs alliés, principalement l'URSS et Cuba.

Casque Mark II.
Casque Mark II.
Casque modèle 51 fabriqué par la société Dunois & fils à Vincennes pour l'exportation. Casque modèle 51 fabriqué par la société Dunois & fils à Vincennes pour l'exportation.
Casque modèle 51 fabriqué par la société Dunois & fils à Vincennes pour l'exportation.

En 1977, le conseil de sécurité des Nations unies vote un embargo sur les ventes d'armes à l'Afrique du Sud, qui mène alors des interventions militaires en Angola.
L'effet de cette mesure encourage plusieurs États, en 1984, à décréter un embargo économique et financier contre le pays pour mettre un terme à la répression et à sa politique d'apartheid. Cette décision contribuera à la remise en cause du régime, qui devra engager des pourparlers avec les organisations noires avant de libérer Nelson Mandela en février 1990 et d'abolir l'apartheid.
Cette guerre est notamment marquée par la bataille de Cuito Cuanavale qui oppose en Angola du 12 au 20 janvier 1988 les soldats angolais et cubains aux combattants de l'UNITA soutenus par l'armée sud-africaine. Elle constitue la plus importante bataille engagée sur le continent africain depuis la Seconde Guerre mondiale et est un élément déclencheur du règlement de la situation politique de la Namibie.
La bataille de Cuito-Cuanavale met aux prises 7 000 soldats de l'armée sud-africaine, 10 000 combattants de l'UNITA contre 20 000 soldats angolais et 5 000 soldats cubains.
Elle se solde par un échec relatif de toutes les forces engagées, en dépit des proclamations de victoire des uns et des autres, et marque les limites de la solution militaire. Au nombre impressionnant de soldats angolais et cubains tués, répond l'absence de conquête territoriale de l'UNITA qui échoue à prendre la ville aux Cubains.
Suite aux contacts établis depuis 1985 avec la SWAPO, du soutien des États-Unis à la solution dit du "linkage" (indépendance de la Namibie contre retrait cubain d'Angola) et de l'avancement des négociations avec l'Angola entreprises depuis 1984, le Conseil sud-africain de sécurité nationale présidé par Pieter Botha opte pour une solution négociée, rejetant l'idée de mener une guerre totale à l'issue incertaine qui pourrait déboucher sur une coûteuse occupation militaire de la moitié du territoire angolais.
Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba prévoyant la mise en œuvre de la résolution 435, soit des élections en Namibie sous le contrôle des Nations unies en contrepartie du repli du contingent cubain.
Les 8 et 12 août, l'Afrique du Sud et la SWAPO, mouvement national namibien installé en Angola, acceptent la cessation des hostilités l'un envers l'autre et le 22 août, l'accord de paix est signé entre l'Angola et l'Afrique du Sud à Ruacana.
Le secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar se rend alors aux Union Buildings de Pretoria, pour préparer l'accord de Brazzaville, qui aboutira à la signature du 22 décembre prévoyant le calendrier de la mise en œuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d'Angola.
Le casque modèle 63 restera en usage au sein de la SADF jusqu'à l'adoption du casque modèle 83, dans les années 80 (copié sur le casque israélien OR 201 dans le cadre d'une collaboration militaire avec Israël).

    Plus

Le casque modèle 51 TTA français !

Casque modèle 63. Casque modèle 63.
Casque modèle 63. Casque modèle 63.
Casque modèle 63. Casque modèle 63. Casque modèle 63.

Constitution

Comme dit précédemment, le casque modèle 63 est une fabrication sous licence d'un casque destiné à l'exportation conçu par la société française J. Dunois & fils à Vincennes, et basé sur le modèle 51 TTA type 3 français. Il est quasiment identique au casque Dunois dont il est issu, bien qu'il puisse y avoir, cependant, quelques variations dans l'équipement intérieur.

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Jointure jonc arrière.
Jointure jonc arrière.

La bombe du casque lourd affecte une forme hémisphérique en léger pain de sucre. Le décrochement au niveau de l'axe transversal, surélève la visière d'une façon beaucoup moins prononcée que sur le modèle 51 français. Vue de dessus cette partie semble rectiligne. Le couvre nuque est bas et très évasé. Le tout confère au rebord du casque, un aspect très plat.
La bombe n'existe qu'en une seule taille, le réglage du sous-casque pouvant s'adapter à tous les tours de tête.
Ses dimensions intérieures, sont les suivantes :
    - Profondeur 174 mm.
    - Axes mesurés sur un plan horizontal distant de 138 mm du sommet : Grand axe = 240 mm, petit axe = 214 mm. Une tolérance de ± 1 mm est admise.
La bombe est formée par emboutissage successif d'une plaque d'acier au manganèse amagnétique de 1,2 à 1,3 mm d'épaisseur.
La bombe est ensuite détourée et la bordure tranchante est cerclée d'un jonc en acier inoxydable de 0,4 mm d'épaisseur, de 9 mm de large (avant pliage central), raccordé à l'arrière et soudé électriquement sur la face interne par 13 points de soudure. Les extrémités du jonc sont jointes bord à bord.
A l'instar du casque modèle 51 TTA type 3, le modèle 63 sud-africain est recouvert d'une peinture lisse peu sensible aux infrarouges de couleur vert foncé.
La bombe munie de ses pontets est d'abord apprêtée avec une sous-couche de couleur rouge, puis est mise en couleur avec une peinture synthétique vert olive foncé, séchée au four.

Fabrication de 1963 : marquage peinture.
Fabrication de 1963 : marquage peinture.
Fabrication de 1964 : marquage peinture.
Fabrication de 1964 : marquage peinture.
Fabrication de 1965 : marquage peinture.
Fabrication de 1965 : marquage peinture.
Fabrication de 1976 : marquage transfert.
Fabrication de 1976 : marquage transfert.

Le fond de la bombe peut comporter le marquage du fabricant Fuchs appliqué à l'aide d'un tampon à la peinture de couleur blanche. La qualité du marquage évolue avec les années de fabrication, il sera plus tard effectué à l'aide de transferts décalcomanies. De plus la lettre centrale appliquée en début de fabrication disparaît dans les années 70.
Ce marquage, appliqué en cercle comporte la raison sociale de la société : C.J. FUCHS LTD. puis l'année de fabrication refermant le cercle. Les marquages peuvent comporter la lettre "M" contenu dans un "U" géométrique (toutefois on peut noter l'absence de la lettre M, avec présence du U géométrique), ces caractères disparaissent dans les années 70.
Les coques livrées par Dunois ne comportent aucun marquage. Un certain nombre de coques se révélant sans marquage, il est très difficile de déterminer s'il s'agit de Dunois importés ou de fabrications Fuchs non marquées (ce qui parait cependant peu probable).

La coiffe :

Le sous-casque.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

Le sous-casque modèle 63 a sensiblement la même forme que la bombe métallique, dans laquelle il entre à frottement doux.
Il est moulé par injection en matière thermoplastique, dans une seule taille, la coiffe dont il est muni pouvant s'adapter à tous les tours de tête. A la différence du sous-casque type 3 français, le sous-casque sud-africain est plus épais ce qui explique un surpoids d'environ 100 grammes.
Il est composé d'une calotte, d'une coiffe et d'une petite jugulaire en cuir.
Les dimensions de la calotte sont les suivantes : axes de la base : 25 x 23,5 cm, profondeur : 15 cm.
Après formation, la bombe du sous-casque est percée de plusieurs séries de trous :
    - Une série de six trous de Ø 3,5 mm, destinée à maintenir le support de coiffe constitué d'une suspension de type "Riddel". Le trou central avant est percé au-dessus de la visière à 19 cm du sommet et le trou central arrière à l'opposé à 18 cm du sommet. Les six trous pour le maintien du support de coiffe sont répartis de façon équidistante, à environ 11,7 cm les uns des autres, sur une circonférence quasi-horizontale.
    - Une série de trois trous de Ø 4 mm. Un à l'avant, 3 cm au-dessus du trou central de coiffe est bordé par un œillet métallique de Ø 3,5 mm et fait fonction d'aération. Puis deux trous à 9 cm de part et d'autre et à 3,5 cm du bord du casque sont destinés aux boutons supports de la jugulaire.
Un bouton support de jugulaire de 4 à 4,5 mm, en laiton nickelé, est riveté de chaque côté. Ce rivet peut être appliqué sans tête arrondie, auquel cas la tête est laissée brute (Ø 9 mm). Dans le cas où ces rivets possèdent une tête arrondie, celle-ci est vernie dans la nuance de la calotte.

La suspension "Riddel".

Suspension Riddel.
Suspension "Riddel".
Point de fixation par œillet (jointure cerclage).
Point de fixation par œillet (jointure cerclage).
Plaques de maintien, vis et écrous.
Plaques de maintien, vis et écrous.
Point de fixation.
Point de fixation.
Suspension montée.
Suspension montée.
Agrafe de maintien du bandeau.
Agrafe de maintien du bandeau.

La coiffe est constituée d'une suspension de type "Riddel", elle est confectionnée en ruban de toile à chevrons, de 28 mm de large et de couleur kaki clair. Les découpes sont enduites de colle pour éviter l'effilochement.
Le support de coiffe comprend un ruban de pourtour de 64 cm et 3 rubans de fond pliés en "V", de 25 cm chacun.
Les rubans de fond sont assemblés à celui de pourtour par six œillets de 4 mm en laiton bronzé noir. L'un d'eux maintient également les deux extrémités du ruban de pourtour qui se recouvre de 1,5 cm, pour former une circonférence de 61 cm. Les œillets sont répartis uniformément à 10,5 cm d'intervalle. Les rubans en V sont solidarisés, au sommet de la coiffe, par un lacet rond en coton, sans embout, de Ø 3,5 à 4 mm et de 27 cm de long, permettant de régler la profondeur de coiffe. Celui-ci est de couleur identique à la suspension.
Le support de coiffe est fixé à la calotte par 6 vis à tête goutte de suif avec écrous hémisphériques en laiton bronzé. L'écrou est verni de couleur kaki.
Le serrage des vis sur le ruban du pourtour se fait par l'intermédiaire de contreplaques triangulaires légèrement galbées. Elles sont en acier doux cadmié (aspect métal nu). Ce dispositif permet un démontage rapide de la coiffe dans le cadre de la maintenance des équipements.

Bandeau de tour de tête (recto/verso).
Bandeau de tour de tête (recto/verso).
Détail jointure bande de cuir, couture dissimulée.
Détail jointure bande de cuir, couture dissimulée.
Jointure aux extrémités amincies.
Jointure aux extrémités amincies.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Coiffe avec bandeau à cuir brun.
Coiffe avec bandeau à cuir brun.
Coiffe avec bandeau à cuir vert.
Coiffe avec bandeau à cuir vert.

Le bandeau de sudation est constitué par un ruban de toile à chevrons kaki, de 70,5 cm, renforcé sur 50,5 cm par une bande, large de 3,8 cm, en cuir de teinte brun cuivré ou plus rarement de couleur vert kaki, repliée de 9 mm sur le côté du ruban et maintenu, sur toute la longueur, par deux coutures. Cette bande de cuir peut être constituée de plusieurs morceaux joints, auxquels cas les extrémités sont amincies pour éviter de former une surépaisseur. La jointure peut être assurée par couture dissimulée ou par couture visible sur la largeur de chacune des extrémités jointes.
Le bandeau est fixé au support de coiffe par six pinces-ressort, espacées de 9,5 cm, fabriquées en laiton bronzé.
Le réglage de la pointure est assuré par une boucle à griffes en acier doux cadmié (aspect métal nu), enchapée par une extrémité repliée du ruban et fixée par une couture. L'extrémité libre du ruban de coiffe s'engage dans la boucle et la maintient à la pointure désirée.

La jugulaire en cuir.

Bouton de fixation.
Bouton de fixation.
Rivet sans tête.
Rivet sans tête.
Rivet avec tête.
Rivet avec tête.
Dé triangulaire de fixation.
Dé triangulaire de fixation avec rouleau.
Dé triangulaire de fixation.
Dé triangulaire de fixation.

Le sous-casque est muni d'une petite jugulaire en cuir hérité du liner du casque M-1 américain. Elle est fabriquée à partir d'une bande de cuir de 52 cm de longueur, 12 à 13 mm de large et pour environ 1,2 mm d'épaisseur. Le cuir utilisé est de couleur marron cuivré.
La jugulaire est d'une seule pièce. Elle est fixée au casque par 2 dés triangulaires en fil métallique de Ø 1,5 mm, comportant un rouleau qui laisse libre les extrémités. Chaque dé présente, à l'entrée de sa partie étroite, un léger étranglement qui permet, sous la pression, le passage du bouton support de jugulaire et le maintien du dé sur celui-ci. Ces dés sont en corde à piano avec rouleau en acier doux, et sont bondérisés et vernis de couleur vert kaki ou cadmiés.
Le montage de la jugulaire est le suivant : sa longueur est réglable au moyen d'un clip enchapé à l'une de ses extrémités. L'autre extrémité passe dans un dé triangulaire, coulisse dans le clip et vient enchaper le deuxième dé triangulaire. Les enchapures sont fermées par un rivet en laiton, dont la tête, est vernie marron. Le clip de jugulaire est en acier doux bondérisé verni de couleur kaki.

Clip de réglage.
Clip de réglage.

La jugulaire :

Pontet et patelette de maintien.
Pontet et patelette de maintien.
Détail maintien de la jugulaire, sert par la même occasion au réglage.
Détail maintien de la jugulaire, sert par la même occasion au réglage.
Eléments de la jugulaire, avec parties métalliques peintes en vert, sans renfort aux extrémités.
Eléments de la jugulaire, avec parties métalliques peintes en vert, sans renfort aux extrémités.

Eléments de la jugulaire, avec parties métalliques zingués, avec renfort métallique aux extrémités.
Eléments de la jugulaire, avec parties métalliques zingués, avec renfort métallique aux extrémités.
Boucle ajourée et crochet de fermeture.
Boucle ajourée et crochet de fermeture.
Verso.
Verso.
Autre modèle de boucle en acier cadmié (peinture verte ayant disparue).
Autre modèle de boucle en acier cadmié (peinture verte ayant disparue).
Renfort métallique.
Renfort métallique.
Détail fermeture de la jugulaire.
Détail fermeture de la jugulaire.

Le casque modèle 63 sud-africain reprend le dernier type de pontet employé sur le casque modèle 51 TTA français. Les pontets sont fixés de part et d'autre de la bombe à proximité du jonc. Il a la forme d'un oméga, dont les extrémités aplaties sont soudées électriquement par résistance, sur toute la surface de contact. La pliure des extrémités est arrondie.
Il est réalisé en fil d'acier doux de 3,4 mm de section. Le passage libre est de 25 x 8 mm, chaque extrémité soudée mesure 10 mm de long. Le pontet doit être incliné par rapport au support, de façon à être vertical lors du port du casque.
La jugulaire est confectionnée en sangle tubulaire de toile kaki de 19 mm de large. Elle se compose de deux patelettes et de la jugulaire proprement dite.
Chaque patelette est constituée d'un morceau de sangle de 12 cm de long, deux fois replié pour former deux enchapures. Le pontet latéral de la bombe est pris dans l'une d'elles, tandis que l'autre maintient deux anneaux ronds. Un rivet tubulaire double, placé à mi-longueur de la patelette et à mi-largeur de la sangle, maintient les trois épaisseurs.
Les deux éléments de la jugulaire sont de type M-1, confectionnés en toile tubulaire de 19 mm de large, d'une couleur assortie à celle du casque, c'est à dire kaki.
Le plus grand élément comportant la plaque ajourée destinée à maintenir le crochet de fermeture est constitué d'une bande de toile d'environ 32 cm de long. Une de extrémité enchape la plaque ajouré dans ses deux fentes et est plié une seconde fois, avant d'être solidarisé par une couture carrée et croisée de 12 mm de côté.
On note deux types de boucle ajourée, une première possédant un côté triangulaire, de forme identique à celle employée sur le casque modèle 51 français, généralement fabriqué en tôle d'acier doux cadmié peinte de couleur vert kaki et de dimension 66 x 24 x 1,5 mm. Le second type de boucle, en tôle d'acier doux cadmié peint en kaki de dimension 20 x 29 x 1,5 mm, ne comportant qu'une fente, a son côté entièrement enchapé dans la jugulaire. La pliure de la toile étant très étroite, la couture de solidarisation est de forme rectangulaire.
Le côté court de la jugulaire est constitué d'une bande d'environ 30 cm de long. Il comporte un crochet spécial en fil d'acier cadmié de 2,5 mm de section. Le crochet est maintenu par pliure solidarisée identique à celle maintenant la plaque ajourée. La pliure, qui prend quatre épaisseurs de sangle, forme un repli de protection suffisamment long pour toucher le pli de l'enchapure de la plaque ajourée, lorsque la jugulaire est fermée.
Les deux éléments de la jugulaire sont fixés à la bombe du casque par le biais des deux doubles boucles, permettant par la même occasion le réglage de la longueur de la jugulaire. Les extrémités des deux parties de la jugulaire, si elles ne sont pas renforcées d'un empiècement métallique bronzé noir, ont leurs angles coupés et le tout est enduit de colle pour éviter l'effilochement.

Le camouflage additionnel :

Filet de camouflage en chanvre.
Filet de camouflage en chanvre.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Détail point sommital.
Détail point sommital.
Filet de camouflage utilisé avec de la toile de jute.
Filet de camouflage utilisé avec de la toile de jute.

Le seul artifice de camouflage utilisé sur le casque modèle 63 est le filet réglementaire. Ce filet est fabriqué en fibre de chanvre et ses mailles font 3 centimètres de coté. Sa construction est tubulaire, les mailles étant disposées en quinconce. Une cordelette passant dans les mailles supérieures, les resserre pour fermer le haut du filet. Une cordelette passe dans les mailles inférieures et tient la fonction de cordon de serrage.
En raison du climat sec du Sud du continent africain, ce filet est couramment utilisé avec de la toile de jute de couleur sable maintenue sous le filet en guise de couvre-casque. On note toutefois de rares cas où cette toile est maintenue à l'aide d'un morceau de chambre à air de véhicule.
Le camouflage peut être accentué par quelques coups de peinture sur la toile de jute employée. On note aussi des cas de camouflage par tâches de peinture directement appliquées sur la bombe.

Fabrication Fuchs ou Dunois Vincennes ?

Le casque modèle 63 sud-africain fut fabriqué sous licence en Afrique du Sud à partir de 1963, avant cela l'armée sud-africaine achetait ses casques auprès de la société française Dunois & fils à Vincennes. Le modèle exporté par la société Dunois est la version export du casque modèle 51 TTA français, dont la jugulaire a été adaptée pour le marché sud-africain.
Sous réserve d'avoir un marquage attestant la fabrication, il est difficile de faire le distinguo entre un casque modèle 51 export de la société Dunois et un casque modèle 63 de fabrication Fuchs. Les deux modèles étant simplement identifié par modèle 63 en rapport à son année de fabrication en Afrique du Sud.

Ainsi, nous pouvons constater qu'il existe deux types de coques modèle 63 :
1 - Coque sans marquage, une seule couche de peinture verte. Patelettes de montage de la jugulaire repliée 3 fois pour être rivetée au pontet. Ce type de coque pèse environ 1150 grammes. Ce type de coque est généralement équipée d'une jugulaire "type modèle 51 française", soit sans renfort aux extrémités et munie d'une grande boucle ajourée de fermeture.
2 - Coque marquée Fuchs, peinture verte appliquée sur un apprêt de couleur rouge. Pattelettes repliée 4 fois pour rivetage. Ce type de coque pèse environ 1230 grammes, soit environ 100 g de plus que la coque de type 1. Ces coques sont généralement équipées d'une jugulaire aux extrémités renforcées par un empiècement métallique, et munie d'une petite boucle ajourée de fermeture.

Coque 1 - patelette 3 plis.
Coque 1 - patelette 3 plis.
Coque 2 - patelette 4 plis, bombe apprêtée avant mise en peinture.
Coque 2 - patelette 4 plis, bombe apprêtée avant mise en peinture.

Nota : la jugulaire étant un élément interchangeable, nous ne tiendrons pas compte de celle-ci comme élément d'identification.

Aussi, nous constatons deux types de sous-casque :
A - Petit cercle à l'entrée d'injection (Ø 1,7 cm), généralement équipé d'un bandeau de tour de tête et d'une petite jugulaire en cuir rouge. Le poids varie de 350 à 390 grammes.
B - Grand cercle à l'entrée d'injection (Ø 4 cm), généralement équipé d'un bandeau en cuir vert (nous n'avons pas réussi à observé de jugulaire en cuir). Le poids varie de 240 à 250 g, soit environ 100 g de moins que le sous-casque type A.

Sous-casque A - petit cercle d'injection, cuir rouge.
Sous-casque A - petit cercle d'injection, cuir rouge.
Sous-casque B - grand cercle d'injection, cuir vert.
Sous-casque B - grand cercle d'injection, cuir vert.

De plus, nous observons que le sous-casque type A entre parfaitement dans une coque type 1, mais pas dans une bombe type 2. Un sous-casque type B allant bien dans une bombe type 2 et entre largement dans une coque type 1. Nous pouvons en déduire que les couples d'origine sont coque 1/sous-casque A et coque 2/sous-casque B.


La société Dunois a développé une gamme de casques d'exportation basée sur le casque modèle 51 TTA français. Les coques sont à bords plats avec un décrochement visière quasi nul. Ces coques pèsent environ 1110 g avec une jugulaire Mle 51, ce qui les amène à environ 1140 g en rajoutant le poids de 2 patelettes type Mle 56 TAP.
En observant un sous-casque de la gamme exportation de la société Dunois, nous observons l'utilisation de cuirs brun-rouges identiques au sous-casque type A ayant servi à cette comparaison. Ce sous-casque pèse 380 grammes.

Nous pouvons donc penser que le couple coque 1/sous-casque A pourrait être celui fourni par la société Dunois & fils au départ et le couple coque 2/sous-casque B (bombe généralement identifié par son marquage Fuchs) celui produit en Afrique du Sud sous licence par la société Fuchs.


  Coque Sous-casque
Casque Marquage Poids Type jugulaire Type patelette Bandeau Poids Jugulaire en cuir
Export sans 1110 g Modèle 51 sans rouge 380 g oui, rouge
C1 sans 1147 g patelette 3 plis rouge 394 g oui, rouge
C2 Fuchs + année + U 1225 g patelette 4 plis vert 250 g (sans jugulaire) sans
C3 Fuchs 1228 g patelette 4 plis vert 240 g (sans jugulaire) sans
X1 sans 1114 g patelette 3 plis rouge 342 g (sans jugulaire) sans