Retour à la rubrique Yougoslavie
Casque PC 99

Fiche

Preview

Historique

Bien que le premier saut en parachute fût effectué le 2 septembre 1926 par le sous-lieutenant Dragutin Dolanski à une altitude de 650 mètres, le parachutisme sportif débuta timidement en 1928 en Yougoslavie. L'année 1938 a été particulièrement importante pour le parachutisme yougoslave, en raison de l'exposition First Aircraft International se déroulant à Belgrade. Cette exposition, effectuée à l'aéroport de Zemun, comprenait un saut combiné de dix parachutistes, comprenant Katarina Matanović, première et seule femme parachutiste avant 1941.
L'armée yougoslave réalise à cette occasion l'importance des unités parachutistes et ouvre une école de parachutisme à Pančevo le 1 octobre 1939. Cinquante soldats issus des forces aériennes sont sélectionnés pour suivre le premier stage parachutiste sur le terrain d'aviation de Zemun, près de Belgrade. Au même moment, à 19 km de la capitale, à Pancevo, 40 officiers vont aussi suivre un entrainement similaire. Al'issu des stages, ces deux groupes recevront un brevet de sauts différent.
Cet école fut déplacé par la suite à Novi Sad en 1941, où les unités parachutistes restèrent en poste jusqu'au déclenchement de la seconde guerre mondiale. L'invasion de la Yougoslavie par l'armée allemande en Avril 1941 met provisoirement fin à une éventuelle unité parachutiste.
Durant la guerre, ces troupes jouèrent toutefois un rôle important dans presque toutes les grandes opérations militaires, lors de la lutte contre l'envahisseur aux cotés des partisans de Tito.
A la mi-1944, le quartier général de Tito demanda de l'aide aux alliés pour former une unité parachutiste. Après le transfert du quartier général sur l'île de Vis, les commandes urgentes furent délivrées par des messagers parachutés.
En septembre 1944, une centaine de partisans furent envoyés à Bari en Italie pour suivre un stage de parachutisme sous la direction d'instructeurs anglais. Cette troupe fut complétée par une autre centaine de volontaires. La formation se déroula à Gravina et fut achevé le 14 octobre 1944 avec la formation d'un premier bataillon de parachutistes (191 soldats et officiers) commandé par le lieutenant Čedomir Vranić. Ce 1er bataillon de parachutistes fut formé à la topographie et au tir, ainsi qu'à l'exercice de sabotage. Les alliés fournirent au bataillon complet armes et matériel, excepté les parachutes.
En décembre 1944, le bataillon est envoyé à Dubrovnik et le 6 janvier 1945 à Belgrade. Ce bataillon d'élite, n'ayant aucune expérience du combat durant la seconde guerre mondiale, est dissous à la mi-juillet 1945.
En dehors des troupes formées en Italie, un certains nombre de parachutistes yougoslave ont été formés en URSS durant la guerre et de retour au pays ils furent intégrés dans les unités de parachutistes existantes.
Bien que le pays soit intégré au Kominform, un conflit de pouvoir éclate entre Tito et Staline. Le dirigeant yougoslave tente, par ses contacts avec les PČ bulgares et albanais au sein d'une Fédération balkanique, de fonder une union régionale qui contrarie les projets des Soviétiques. Ces derniers visent, par le biais de leurs agents sur place, à placer le régime yougoslave sous tutelle : Tito résiste cependant à ces pressions et évite la mainmise soviétique. En 1948, Staline décide de se débarrasser de Tito : le 28 juin, le Kominform émet une condamnation du Parti communiste de Yougoslavie et appelle "les forces saines du PCY (Parti communiste yougoslave) à imposer une nouvelle ligne politique à la direction". La Yougoslavie est chassée du Kominform, et le traité d'alliance soviéto-yougoslave est dénoncé par Moscou. Tito tient bon et, loin d'être renversé par les staliniens du parti yougoslave, soumet ces derniers à des purges : les cadres communistes "kominformiens" ou dénoncés comme tels sont réprimés et, pour partie, envoyés dans le camp de concentration de l'île de Goli Otok, au nord de l'Adriatique.
N'étant membre ni du pacte de Varsovie ni de l'OTAN, la Yougoslavie affiche sur le plan international une politique de neutralité. En 1954, Tito rend visite à Jawaharlal Nehru et noue des contacts avec d'autres dirigeants d'Afrique et d'Asie. Encouragé en 1955 par la conférence de Bandung, Tito lance en 1956 à Brioni la première conférence des pays non-alignés ; avec Nehru et Gamal Abdel Nasser, Tito fonde le Mouvement des non-alignés, adoptant par ailleurs une position anti-colonialiste et soutenant des mouvements indépendantistes, comme le FLN durant la guerre d'Algérie.
Confronté à un enclavement du pays coincé entre les blocs de l'Est et Ouest, Tito développe l'armée de manière importante afin de prévenir le risque d'invasion du pays, fort de son héroïque résistance durant la guerre où une poignée de résistant luttèrent avec efficacité contre l'envahisseur allemand. Fort de cette expérience, Tito organise l'installation de défense et de cache d'armes à travers les montagnes du pays. C'est ainsi que la Yougoslavie s'équipe rapidement durant la guerre froide au point de tenir quelques années de siège sans production supplémentaire.
Entre 1946 et 1950, un cours de formation de parachutistes était en vigueur au sein de la force aérienne. En 1946, sur l'ordre du quartier général suprême, le 46ème bataillon de parachutistes a été formé à Bela Crkva. En 1948, le bataillon a été transféré à Novi Sad et en raison de la menace d'une invasion potentielle de l'Est (Tito ne souhaitant pas s'intégrer au système soviétique, appartenant ainsi aux pays non alignés durant la guerre froide), le bataillon a été de nouveau transféré, cette fois à Mostar en Janvier 1951. Le bataillon est resté stationné à Mostar jusqu'en 1954, où il fut une fois de plus transféré à Novi Sad et combiné à la nouvelle 63ème brigade de parachutistes (63. Падобрански батаљон / 63. Padobranski bataljon).

En 1952, le 46ème bataillon de parachutistes fut divisé en deux parties. Une partie est restée à Mostar, et l'autre a été transféré à Šabac. C'est sur ce second groupe que le 63ème bataillon de parachutistes fut formé officiellement le 5 février 1953.
En raison de la position dominante de l'armée populaire yougoslave (JNA), et le manque de compréhension sur l'utilisation d'une telle force, alors dépendante de l'armée de l'air, sur ordre du quartier général de la JNA, la 63ème brigade de parachutistes est rejetée en 1959. Toutefois, trois bataillons parachutistes indépendants furent formés : 159ème bataillon de parachutistes à Skopje, 127ème bataillon de parachutistes à Batajnica et 148ème bataillon de parachutistes à Cerklje.
En 1964, un centre de formation de parachutistes a été formé en combinant les 159ème et 127ème bataillons de parachutistes à Niš.
Par la suite, la 63ème brigade de parachutistes est une fois de plus formée le 5 décembre 1967 au sein du centre de formation en fusionnant les 127ème, 148ème et 159ème bataillons.
Afin d'équiper les troupes aéroportées de l'armée yougoslave d'un casque de protection, l'intendance yougoslave lance l'étude pour la confection d'un casque pour les troupes aéroportées, le casque modèle 59 étant inadapté à cet usage.
Ce nouveau casque doit avoir une forme la plus profilé qui soit, assez léger et doit être très stable une fois sanglé.
L'armée yougoslave décide alors de se calquer sur le modèle soviétique, par l'utilisation d'un casque léger destiné au saut devant être remplacé au sol par un casque standard.
Ce nouveau casque, fabriqué en fibre de verre pour gagner en légèreté, fut fabriqué par la société PAP basé à Ljubljana, actuellement situé en Slovénie. Désigné comme casque de parachutiste type 99 (PADOBRANSKA KACIGA TIP PČ 99, PČ pour padalec čelada en slovène), ce casque fut utilisé jusque dans les années 90. Il fut successivement utilisé par la JNA jusqu'à sa dissolution en 1992, puis par l'armée de Yougoslavie, puis par l'armée de la république serbe de Bosnie.
De la formation de la brigade jusqu'à aujourd'hui, les parachutistes du 63ème bataillon ont participé à 250 grandes manœuvres tactiques combinées, réalisées avec un succès notable. Durant la période 1947-1990, 330 000 sauts en parachute ont été effectués, et de 1990 jusqu'à présent plus de 10 000 sauts ont été effectués chaque année. Le 63ème bataillon de parachutistes a gagné la renommée de l'une des meilleures unités para grâce aux efforts exceptionnels de la part de la troupe et des officiers, obtenant des notes élevées dans les manœuvres combinées.
Dans toutes les crises de l'après-guerre d'ex-Yougoslavie, le 63ème bataillon parachutiste a toujours été le premier déployé, avec le plus haut degré de préparation au combat. Dans le cadre de conflits armés dans le territoire de l'ex-Yougoslavie, le bataillon a effectué toutes les tâches honorablement, assurant la protection de tous les aéroports. En 1999, les membres du 63ème bataillon luttèrent contre l'UCK au Kosovo.

Insigne de la 63ème brigade parachutiste.
Insigne de la 63ème brigade parachutiste.
Casque Yougoslave PČ 99. Casque Yougoslave PČ 99. Casque Yougoslave PČ 99. Casque Yougoslave PČ 99.
Casque Yougoslave PČ 99. Casque Yougoslave PČ 99. Casque Yougoslave PČ 99.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

La bombe du casque PČ 99 est est formée par succession de couches de toiles de fibres de verre tissées, pour former un tissu d'armure toile (ou taffetas). Ces couches de toiles de verre sont noyées dans une résine thermo-formable puis mises en forme dans un moule sous vide.
Ce procédé de fabrication confère au casque une surface parfaitement lisse à l'extérieur et texturée à l'intérieur en raison de la trame des fibres de verre. La bordure du casque est découpée après formation du casque, et est laissée brute. Les parois du casque étant de faible épaisseur, ce casque présente souvent des parties cassées au niveau des bords.
La faible épaisseur de la bombe confère au casque PČ 99 aucune protection balistique, ce modèle étant destiné à protéger la tête du parachutiste durant le saut uniquement, et devant être remplacé au sol par un casque standard modèle 59, puis modèle 59/85.
La forme du casque PČ 99 englobe une grande partie de la boite crânienne, et présentant un large dégagement à l'avant. Ce casque de forme aérodynamique n'oppose ainsi aucune résistance lors du saut, et permet aussi de manœuvrer facilement entre les suspentes du parachute.
La bombe est percée de huit trous pratiqués à intervalle régulier sur la circonférence médiane pour la fixation des supports de coiffe.
La bombe est mise en couleur à l'extérieur de manière satinée par une épaisse couche de peinture vert kaki clair. La bordure intérieure du casque est légèrement peinte.

Eclat de peinture.
Eclat de peinture.
Insigne armée de terre.
Insigne armée de terre.

Le fond de la bombe parait de couleur jaune, alors qu'il s'agit de la couleur de la peinture extérieure que l'on voit par transparence, la résine et les fibres de verre constituant la bombe étant translucides.
Durant l'ère titiste, les casques PČ 99 arbore une large étoile rouge appliquée à l'aide d'une décalcomanie. A la chute du régime communiste, cette étoile est retirée des casques, sur lesquels on peut encore observer les traces de cet ancien insigne.
Rattachées à l'armée de terre, les unités parachutistes appliquent par la suite l'insigne de l'armée de terre appliqué par disque autocollant. Sans doute fabriqué en plusieurs tailles, la bombe du casque PČ 99 ne comporte aucun marquage indiquant celle-ci.

La coiffe :

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Tête de rivet.
Tête de rivet.
Fourreau lacet de montage de la coiffe.
Fourreau lacet de montage de la coiffe.
Bandeau de coiffe avec suspension, recto/verso.
Bandeau de coiffe avec suspension, recto/verso.
Marquage taille.
Marquage taille.
Jointure bandeau de tête.
Jointure bandeau de tête.
Suspension de type Riddel.
Suspension de type "Riddel".
Fond de coiffe - recto.
Fond de coiffe - recto.
Fond de coiffe - verso.
Fond de coiffe - verso.
Détail montage fond de coiffe.
Détail montage fond de coiffe.
Fourreaux de montage de la coiffe, œillets du bavolet.
Fourreaux de montage de la coiffe, œillets du bavolet.
Détail montage de la coiffe.
Détail montage de la coiffe.
Laçage du lacet à l'arrière.
Laçage du lacet à l'arrière.

La bombe est rembourrée d'un disque de mousse collé au fond du casque, et une bande de mousse collée sur la périphérie, dans le but de mieux amortir les chocs.
La coiffe est constituée d'une suspension de type "Riddel" fixée à la bombe par le biais de six petits fourreaux en toile. Ces fourreaux en toile sont maintenus dans la bombe à l'aide de petites plaques de maintien métalliques, de forme rectangulaire et rivetés à la bombe par des rivets mécaniques à tête bombée.
La coiffe est constituée d'un large bandeau fabriqué en webbing de coton blanc sur laquelle sont cousues quatre petites bandes pliées en V, et dont les extrémités sont cousues au bandeau de toile. Liées ensemble à l'aide d'un lacet en nylon blanc, ces bandes constituent la suspension de la coiffe. Chacune des extrémités de ces bandes a ses extrémités repliées sur elles-mêmes et cousues par deux traits de couture parallèle, formant ainsi un fourreau de toile. Ces fourreaux, au nombre de huit, permettront le maintien de la suspension dans la bombe à l'aide d'un long lacet en nylon blanc, inséré alternativement dans un fourreau de la bombe puis un fourreau de la suspension.
Le bandeau de toile comporte à chacune de ses extrémités trois œillets métalliques permettant la jointure de celui-ci et le réglage du tour de tête sur environ 2 centimètres à l'aide d'un lacet en nylon. La taille de la coiffe est par ailleurs indiquée au dos de la bande de cuir, spécifiant les deux tailles possibles.
Le maintien sur la tête est assuré par une large bande de cuir vernis de couleur vert/bleu ou plus rarement marron, cousue au dos du cerclage de toile de la suspension et rabattue à l'intérieur de celle-ci. Les extrémités arrondies de cette bande de cuir, dépassant du cerclage, sont repliées sur elle-même et comporte un trou pour le passage du lacet de maintien de la coiffe.
Afin de mieux protéger le sommet du crâne en cas de choc au sommet du casque, la coiffe est munie d'un disque amortisseur d'environ 13 centimètres de diamètre. Fabriqué en cuir vernis vert/bleu ou marron en fonction des fabrications, au dos duquel est cousu un épais disque de feutre.

Etiquette du fabricant.
Etiquette du fabricant.

Ce disque est maintenu sur la suspension à l'aide de quatre petits lacets en nylon blanc, insérés dans huit trous pratiqués dans le disque de fond de coiffe.
Le maintien sur la tête est complété par un serre tête riveté à la bombe aux cinq rivets arrière de la bombe. C'est sur ce serre tête qu'est assemblée la jugulaire du casque. Ce serre tête, fabriqué en cuir vernis vert/bleu ou marron et dont la bordure plus fine est rabattue à l'intérieur et maintenue par une couture périphérique. Ce bavolet comporte un dégagement circulaire au niveau des oreilles, recouvert d'un rabat en cuir cousu vers l'avant, et maintenable à l'arrière à l'aide d'un large bouton pression à tête peinte en noir. A noter que les extrémités avant du serre tête comporte un œillet métallique afin d'y passer le lacet de maintien de coiffe, plaquant ainsi mieux cette partie contre le visage du parachutiste. En effet, les points de fixation avant de cette partie étant en léger retrait.
Enfin, une étiquette en toile imprimée est collée sur le bandeau de toile de la suspension, indiquant la raison sociale du fabricant, sa localisation et le la désignation du casque. La date de fabrication est tamponnée au tampon encreur sur cette étiquette (jour - mois - année).

La jugulaire :

Détail passage bandeau de la jugulaire.
Détail passage bandeau de la jugulaire.
Passage sangle en toile de la jugulaire.
Passage sangle en toile de la jugulaire.
Fermeture par double boucle.
Fermeture par double boucle.

La jugulaire fait partie intégrante du bavolet du casque. Elle est composée d'une bande de tissu blanc, riveté en même temps que les fourreaux de maintien de coiffe latéraux et le bavolet du casque. Cette bande de toile parcoure de part et d'autre le casque, en passant à l'extérieur du bavolet de cuir par le biais d'un trou dédié. Elle est de longueur suffisante afin de former deux passants en V de chaque coté, constituant ainsi deux passants de jugulaire. Elle est cousue à l'arrière du serre tête en cuir.
On rencontre deux types de jugulaire pour le casque PČ 99. Chacune d'elle constituée d'une mentonnière, ces jugulaires sont fabriquées en cuir vert/bleu ou marron, dont la mentonnière est évidée. La mentonnière est doublée d'une peau de chamois, afin d'adoucir le contact avec la peau, cousue sur toute la périphérie de la jugulaire et l'évidement pratiqué pour la mentonnière.

1er type.

Jugulaire avec mentonnière du premier type, fixation libre des deux côtés.
Jugulaire avec mentonnière du premier type, fixation libre des deux côtés.

Une première version de la jugulaire comporte ses deux extrémités libres, mesurant environ 32 centimètres. Elle se fixe aux doubles boucles métalliques insérées de chaque coté du casque sur la bande de toile parcourant l'arrière du casque. Le maintien de cette jugulaire est assuré par tension des extrémités (14 centimètres)de celle-ci dans les deux doubles boucles, et ce pourquoi cette jugulaire est souvent absente des casques PČ 99 car n'étant plus soumis à une tension lorsque que le casque n'est pas porté. Toutefois, une des extrémités de la jugulaire comporte un petit trou sans doute destiné à assurer de manière permanente le maintien de la jugulaire du coté concerné.

2ème type.

Jugulaire avec mentonnière du second type, solidaire du casque.
Jugulaire avec mentonnière du second type, solidaire du casque.

Un second modèle de jugulaire fut alors créé pour remédier à cela, en la rendant inamovible au casque en étant solidaire à une simple boucle, par couture de la jugulaire dans celle-ci sur environ 6 centimètres. L'autre extrémité étant maintenue par tension à une double boucles.